Petites Chroniques #19 : Festival de Deauville — Réalisateurs et Présidents mythiques
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Description

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !

Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.

Petites Chroniques #19 : Festivals de cinéma — Le cinéma à l'heure américaine

Depuis 40 ans, les américains débarquent sur les planches de Deauville. Rétrospective d'un festival de cinéma mythique.

Les Petites Chroniques, c'est aussi :

Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur

Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Faits divers et people

Petites Chroniques #3 : Destins de Femmes — Marilyn Monroe, l'éternelle

Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long

Petites Chroniques #5 : L'Année 80

Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1

Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix

Hors-série #1 : Napoléon Bonaparte — La chute de l'Aigle

et bien plus encore...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782366029598
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Festival de Deauville
Réalisateurs et Présidents mythiques
Éditions Chronique
1970-1979
Le cinéma d’auteur et les mutations économiques
Entre les bouleversements causés en amont par l’émergence des nouveaux cinémas (années 60) et, en aval, par les soubresauts d’un septième art se débattant avec la télévision dans le maelström des industries culturelles (années 80), la décennie 70 est constituée par un champ de forces contradictoires. L’échec des changements radicaux du début amène ensuite le rétablissement provisoire d’une situation minée de l’intérieur par des maux anciens, qui auront bientôt raison de cet édifice fragile.
Des cinémas périphériques
Gagné par les ondes post-soixante-huitardes, le cinéma dominant voit surgir des courants de rupture qui prônent la différence et une volonté militante d’intervention politique. Décentralisées, tournant en 16 mm ou en vidéo, des coopératives de réalisation s’attaquent partout aux systèmes en place avec un audiovisuel de guérilla : Cinema Action en Angleterre, l’École de Berlin en RFA, l’Atelier Workshop au Danemark ou le groupe King Kong à Anvers dénoncent, accusent pour la révolution et contre la cinéphilie. Au Japon, N. Tsuchimito filme les ravages du nucléaire (Minamata) et S. Ogawa les expulsions arbitraires (Narita). En France, l’armée au Larzac, le conflit Lip, le nucléaire à Malville fournissent des sujets brûlants. Jean-Luc Godard théorise au sein du groupe Dziga Vertov, Chris Marker travaille avec SLON, René Vautier crée l’UPC Bretagne. Du monde arabe (L’heure de la libération a sonné, H. Srour, Liban, 1974) aux États-Unis (Harlan County USA, B. Kopple, 1977), les caméras sont au service des luttes sociales ou de libération nationale.
Un système qui résiste
La puissance de résistance du spectacle cinématographique est encore énorme. Adaptant ce qui peut l’être pour assurer sa défense, le système digère la contestation et annexe même bien des territoires défrichés par les francs-tireurs des débuts. Les pionniers sont écrasés ou rejoignent les macrostructures d’un empire dirigé par d’habiles gestionnaires. Le libéralisme économique fait bon ménage avec les cinémas d’État et avec les subventions ou les commissions des régimes dirigistes, et l’on gère la crise comme hier on gérait la prospérité. Les plus riches attirent les meilleurs dans la forteresse où ils jouiront d’une liberté surveillée. Les cris de révolte sont étouffés par les profondes moquettes des salles d’exclusivité. Le cinéma perd toujours du public, mais gagne en légitimité. On parle d’expression, de création et le débat social est vite effacé par les effluves de nostalgie. Loin des essais parfois pathétiques des marginaux, le cinéma fabrique donc du neuf et lestar-system est encore au zénith dans le cinéma américain. Paul Newman révélé vingt ans auparavant comme Dustin Hoffman et Robert Redford sur la brèche depuis dix ans sont rejoints au hit-parade par les brillants représentants de la nouvelle génération, tels Al Pacino, Jack Nicholson et surtout Robert De Niro. Si l’on ajoute encore Elliott Gould, Gene Hackman ou Clint Eastwood, on voit que l’industrie américaine continue à produire de grandes stars comme au plus beau de son âge d’or.
D’autant plus que le tableau est aussi brillant du côté féminin : à la suite de Jane Fonda ou de Mia Farrow, déjà consacrées, Faye Dunaway, Diane Keaton et Jill Clayburgh illuminent les écrans, où Liza Minnelli vient concurrencer Barbra Streisand. Lestar-systemse porte également fort bien en Europe, où Isabelle Adjani, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Dominique Sanda, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Claude Brasseur rejoignent alors le cinéma français. Cette vitalité du cinéma spectacle est d’autant plus remarquable que de nouveaux auteurs parviennent partout à toucher le public. Par exemple aux États-Unis, les années 70 amènent au premier plan Woody Allen, Martin Scorsese, George Lucas, Francis Ford Coppola, Michael Cimino, Jerry Schatzberg, John Cassavetes, Robert Altman, ou le Tchèque immigré Milos Forman.
D’autres pratiques de réception
Le ver est dans le fruit. Ses ravages minent les infrastructures et attaquent les racines. Les réussites esthétiques masquent la faiblesse économique et l’industrie fait faillite pendant que l’art étincelle. La blessure la plus visible touche la fréquentation. Simultanément, la production, en pleine incertitude, hoquette d’un extrême à l’autre, suivant les illusions ou les désillusions du moment. La décennie 70 apparaît un peu comme celle des derniers feux d’un cinéma à la fois art et industrie que les nouvelles vagues des années 60 avaient contribué à prolonger. Contesté idéologiquement, concurrencé violemment par la télévision, il se débat avec panache mais dans un combat d’arrière-garde. Il devra changer, si la consommation des films se modifie et si les sources financières se déplacent massivement des guichets des salles vers la télévision. D’autres orientations sont possibles… l’histoire du cinéma continue.
1980-1994
Succès public du cinéma américain
Il suffit de consulter le programme de Canal Plus pour en saisir l’ampleur. Deux explications peuvent être avancées. Plus que tout autre cinéma dans le monde, il répond aux attentes d’un public considérablement rajeuni depuis la fin des années 60 (les moins de vingt-cinq ans sont alors devenus majoritaires) et plus attiré par les gadgets, les effets outrageusement modernistes, les situations et les personnages de convention. Aussi est-ce un cinéma de la répétition. Dans les années 50, les films conçus en série (Sissi…) ne connaissaient qu’un rapide déclin. Désormais le succès s’installe. LesRocky,Halloween,Dents de la mer, Rambo,Psychoseautres et Superman se fécondent les uns les autres, et l’on ne compte plus les titres de films affublés d’un numéro d’ordre. Le cinéma américain contemporain affirme son goût de la parodie et du pastiche, en tout cas de l’application de recettes éprouvées. Imitation d’auteurs devenus quelque peu mythiques (Brian De Palma à la recherche du docteur Hitchcock ; ou Anthony Perkins réalisantPsychose III), continuation de genres au passé glorieux, transfert d’un support à l’autre,remakes de films américains ou français fleurissent sans que la création y trouve vraiment son compte. Il est une autre explication. Alors que le cinéma européen cultive, trop souvent, sa « petite sensation » (Cézanne), le système de production yankee s’attaque aux « grands sujets », psychologiques (Kramer contre Kramer), sociaux (fait
symptomatique, Sidney Lumet tourne sans discontinuer) ou politiques. Le succès, en France, deTrois Hommes et un couffinassez, le public moderne, l’indique parallèlement à la pure distraction et toujours par son truchement, recherche, aussi, du symbolique. Le cinéma qu’il espère, au moins quelquefois par an, doit parler à son inconscient, mais en des termes qui le déchargent de ses tourments quotidiens, ce que font aujourd’hui bon nombre de téléfilms, sur un mode il est vrai dévalué. Le succès inattendu deMon oncle d’Amérique, celui, plus discutable, duCercle des poètes disparus, vont dans le même sens, illustrant l’extrême plasticité d’un public désireux du meilleur comme du pire. Le cinéma américain a toujours su parler de son temps, exposer, avec une lucidité certaine, les « malaises dans sa civilisation ».Le Cavalier électrique(Sydney Pollack), DanielRosenberg, Sidney Lumet), (l’affaire La Rivière (Mark Rydell), ou laForêt d’émeraude(John Boorman), sont les exemples typiques. L’écologie, la fin des grands mythes fondateurs de la nation américaine, la question des minorités, celle des rapports de la banque et de la paysannerie, la hantise du communisme, autant de plaies soumises au fer rouge de la représentation. Pourtant, depuis la mort des grands ancêtres, ce cinéma ambitieux dans ses thèmes ne donne plus que des films académiques, sans capacité d’innovation esthétique. Caractéristique est à cet égard l’évolution d’un Sydney Pollack, cinéaste prometteur dans les années 60 et qui, en 1986, galvaude son talent, avecOut of Africa. Les années 80 furent celles de son effacement. Soucieuse de défendre un cinéma malade de ses spectateurs, elle fait désormais acte de promotion, renonçant à tout débat comme à tout enjeu culturel, confondant valeur économique et valeur artistique. Woody Allen, ce n’est pas un hasard, est l’un des cinéastes phares de la génération venue à la cinéphilie dans les années 80. Dans la période, Jim Jarmucsh, Francis Ford Coppola, David Lynch, Martin Scorsese et, plus récemment, David Cronenberg, ont aussi conquis droit de notoriété. Entre les effets de mode, l’euphorie de succès parfois trop rapides, certains se sont laissés aller à des facilités. Toute œuvre, pour progresser, suppose que soit menée une lutte. L’avenir le dira, peut-être aura-t-elle fait défaut à Woody Allen acclamé à chacun de ses films par une critique unanimement flatteuse. Espoir du cinéma comique dans les années 70, il réussit aujourd’hui davantage dans les films où il ne paraît pas en tant que personnage. Comparé à Sherlock juniorKeaton), (Buster La Rose pourpre du Caire n’en est pas moins un comble de facilité technique. Le cinéma américain contemporain ne peut pas rivaliser avec celui de ses aînés. Jerry Lewis terminant son dernier film grâce à des amis et des capitaux français, John Cassavetes travaillant en marge du système, paraissent les plus estimables.
DEAUVILLE ET SON FESTIVAL
10 juillet 1862
Clermont-Ferrand – Morny est fait duc
Président du Corps législatif, Charles Morny est un habile négociateur. Brillant, dépensier, Morny aime les femmes, les chevaux de course, les toiles de maîtres et les opéras-bouffes. Il lancera la station balnéaire de Deauville. Il est affairiste et le sucre l’a rendu riche. Du beau sang lui coule dans les veines. Talleyrand est son grand-père. Il est le fils naturel de la reine Hortense et l’empereur est son demi-frère. Mais que lui manque-t-il donc ? Un titre ? Il l’obtient de Napoléon III qui le nomme duc. Le voici devant un parterre de notables, en train de prononcer l’éloge du « César moderne » qui a daigné honorer son fidèle serviteur… Et de la tribune, il lance sa nouvelle devise : « Pro patria et imperatore ! »
Son Excellence monsieur le duc de Morny (1811-1865). Bibliothèque Nationale, Paris.
12 septembre 1975
France – Les Américains débarquent à Deauville
André Halimi et Lionel Chouchan sont les inventeurs et organisateurs du premier Festival européen du cinéma américain, qui se tient à Deauville. Henri Langlois est l’un des parrains de cette manifestation qui se refuse à tout palmarès final : à Deauville, les films ne sont que montrés. La programmation se divisera en sept sections comprenant notamment des avant-premières, des productions indépendantes et encore des films de télévision et publicitaires. Parmi la sélection, on attend avec impatienceNashville, de Robert Altman etRollerball, de Norman Jewison.
7 septembre 1981
Paris – Jack Lang boude le Festival de Deauville
Le nouveau ministre de la Culture, Jack Lang, a fait connaître sur l’antenne d’Europe 1sa décision de ne pas se rendre au septième Festival du cinéma américain de Deauville. Cette manifestation ne sert selon lui qu’à la promotion des succès estivaux des grandes compagnies américaines et il ne la cautionnera pas. De fait, en dehors de quelques films indépendants, qui, de plus, sont souvent non sous-titrés, la programmation du Festival ne permet pas de réel échange entre les œuvres et leur public : plutôt qu’un lieu de test pour des films difficiles ou dont le succès est incertain, Deauville se résume...
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