Un roi, un ministère, une France
29 pages
Français

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Un roi, un ministère, une France

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Description

SI quelque chose me représente le chaos, c’est un gouvernement dont chaque membre suit un système particulier, sans s’inquiéter, le moins du monde, des autres.Que serait-ce, si leurs systèmes n’étaient pas seulement divers, mais contraires ?Il y a des choses qui sont si vraies qu’on a une sorte de honte à les prouver, et si mal observées, qu’on serait tenté de croire qu’elles ne sont point vraies.L’Angleterre dont on nous parle sans cesse, et qu’il faut bien considérer comme un modèle, dans tout ce qui touche au régime constitutionnel ; l’Angleterre a un ministère tout un ou tout autre.Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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EAN13 9782346103805
Langue Français

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Exrait

À propos de Collection XIX
Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIX e , les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Louis-Auguste Dupuy
Un roi, un ministère, une France
PRÉFACE
C ’EST ici l’ébauche d’un grand ouvrage auquel j’ai consacré tous mes loisirs. Je ne dis point cela pour le faire valoir ; car il faudrait prouver d’abord que mes loisirs ont un prix. Je ne veux qu’excuser la concision qu’on y pourra remarquer. Il y a des chapitres qui pourraient être la matière d’un livre. C’est une compensation pour tant de livres, qui, réduits à leur vraie substance, ne tiendraient pas la place d’un chapitre.
Si le public goûte cet essai, peut-être m’enhardirai-je à lui offrir quelque in-4°. Jusque-là, j’ai dû me borner à la modeste brochure. Il faut être bref, quand on n’a pas acquis le droit d’être ennuyeux.
AVANT-PROPOS
O N veut de l’unité en tout, dans le caractère, dans la conduite, dans les principes. Il n’y a que dans les choses d’intérêt public qu’il semble qu’elle soit déplacée. Est-ce que la raison a deux règles et deux mesures ?
On convient que l’unité est la source du beau et du vrai. L’analyse la découvre dans les chefs - d’œuvre de l’art comme dans les merveilles de là nature. N’y aurait-il donc que le premier de tous les arts, celui de gouverner, qui la repoussât comme une étrangère ?
La coutume consacre quelquefois des adages que la raison repousse, et les proverbes ne sont pas toujours la sagesse des nations. Il en est un dont le crédit ne résistera pas à l’examen ; c’est celui-ci : Diviser pour régner. Les politiques de tous les temps l’ont écrit sur leurs bannières ; ne serait-ce pas une absurdité pour une vérité ?
Qu’entendent-ils par cette division nécessaire ? qu’il faut brouiller les partis pour les concilier après ? Ce serait vouloir se rendre malade, pour avoir le plaisir de guérir. Entendent-ils que les partis, attentifs à leurs fautes réciproques, détourneront les yeux des fautes du gouvernement ? Il faudra craindre bien plutôt qu’ils n’emploient leur activité à l’entrainer chacun dans leur route ; et qu’ainsi, tiraillé dans des sens divers, il ne puisse jamais être lui-même.
Il faut le dire ; les gouvernans et les gouvernés me paraissent avoir jusqu’ici assez mal entendu leurs intérêts. Suivons les uns et les autres, dans leur politique.
 
Les gouvernans ont formé deux classes ; l’une a dit : Gouverner, c’est faire que toutes les volontés se taisent devant une seule. En raffinant ce précepte, on a trouvé qu’il serait plus expéditif d’étouffer toutes les volontés moins une, que de leur imposer silence. De là l’éternelle confédération entre l’ignorance et le despotisme.
La simplicité de cette marche a effrayé les autres. Mais il n’y avait point division sur le but. La pensée, ont-ils dit, est quelquefois assez forte par elle-même pour s’affranchir, et quand elle s’élève sur les débris de ses chaînes, malheur à ceux qui les ont forgés. Au lieu de l’opprimer, égarons-là. Quand sa force sera dissipée, il nous en restera bien plus contre elle.
 
Même divergence apparente et même but dans les sentimens des gouvernés. Les uns ont dit : Humilions, détruisons le gouvernement, et nous serons libres ; c’est comme s’ils eussent dit : Brisons le nœud qui nous attache les uns aux autres, et nous serons forts.
Une secte nouvelle arrive qui s’écrie : Non, ne brisons rien, ne détruisons rien ; construisons à côté.

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