ANTISPECISTE - Itinéraire d un flic - Saison 2
120 pages
Français

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ANTISPECISTE - Itinéraire d'un flic - Saison 2 , livre ebook

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Description



Boucherie vandalisée, boucher pendu à un croc, les indices désignent les activistes de la cause animale mais de Villemur n’aime pas les évidences...



« Au final, et c’est malheureux, une chose semble certaine. À moins que la quantité massive de violence faite aux animaux soit reconnue par ceux qui la perpètrent, et jusqu’à ce que des mesures significatives soient prises pour y mettre fin, aussi certainement que la nuit succède au jour, certains militants, ici ou là, d’une façon ou d’une autre, auront recours à la violence contre des personnes qui maltraitent des animaux, afin de défendre leurs droits animaux. »
La cinquantaine de militants du Front Révolutionnaire Antispéciste Mondial, qui participait à ce rassemblement régional, s’était massé autour du buffet vegan et croquaient, pour les uns, quelques crudités succulentes, pour les autres, des tranches de pain grillé, sans gluten au sarrasin, quinoa et graines, qu’ils avaient tartinées de terrine aux lentilles corail et carottes ou au potimarron curry. Entre deux gorgées de lait de riz, d’amandes ou de millet, d’eau aromatisée basilic-verveine, de thé vert Matcha ou de jus de légumes frais, ils se remémoraient fièrement les multiples actions qui avaient rythmé la semaine écoulée.




Est-ce qu’un boucher, c’est sympa ? Le tablier couvert de sang, ça refroidit les amitiés... Et un antispéciste, est-ce que c’est forcément gentil ? Nœud papillon vissé à la glotte sous son feutre démodé, René-Charles de Villemur se laissera-t-il aveugler par les apparences ?



Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9791023408676
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Luis Alfredo
ITINERAIRE D’UN FLIC
Antispéciste

Feuilleton policier
Saison 02
Troisième épisode
Collection Noire Soeur
 
 
Chapitre 1
 
Une enfilade de tables était dressée au fond du hangar d’un ancien atelier désaffecté, victime de la crise économique. Recouvert d’une nappe en papier recyclé, ce buffet de circonstance offrait à la vue un camaïeu de couleurs vives et naturelles. Au rouge des tomates, déclinées en cœur de bœuf confites au thym, tomates cerises sur tranche de pain au cumin grillé, rose de Berne en salade ou à la provençale, à celui de la mousse de betterave crue, du falafel à la crapaudine râpée, pois chiches cuits ou du houmous à la burpee golden rôtie, répondait le blanc cassé du fromage aux noix de cajou mondées, celui de la mayonnaise à la crème de soja et du lait d'avoine ou d'amande. À ces rouges et blancs s’opposaient les verts des petits pois croquants au wasabi, des choux kalé braisés, des frites de courgettes saupoudrées de basilic, persil frais, et d'origan, du phkali aux épinards et des salades sans fioritures. Venaient ensuite les diverses nuances du brun marron-jaune : canapés au caviar d'aubergines, tartes fines de pommes de terre, boulettes aux pois chiches, pâtés aux lentilles, crackers au lin, sésame, pavot, nuggets de seitan, beignets de fleurs de courgettes, chips de betteraves, vitelotte et patates douces.
Autour de ce buffet où s’alignaient des saladiers débordants de tartare d’algues, de radis, de cornichons, de concombres en tranche, des plats de tortilla à base de farine de pois chiche, des bocaux de confiture de tomates vertes, de grandes assiettes d’aubergines marinées, de copeaux de mangue séchés ou de cœurs de céleri à la tomate, se pressait la foule des convives radieux, émerveillés par cet amoncellement de mets aussi savoureux qu’éthiquement conforme.
Mais la conférence allait débuter. Il était temps de rejoindre les rangées de sièges pliables disposées à l’opposé du buffet, autour d’une tribune de fortune.
Un homme d’une trentaine d’années, le visage émacié, couvert d’une barbe clairsemée, s’avança et se hissa sur l’estrade. Il tapota le micro disposé au-dessus du pupitre et déposa, au côté du verre d’eau qui l’attendait, les quatre feuilles qu’il venait d’extraire de la poche de sa veste couleur kaki. Il ôta l’une de ses sandales en corde et se gratta l’autre pied de l’orteil de celui qu’il avait déchaussé. Puis il posa les yeux sur l’assistance qui s’installait bruyamment et attendit patiemment la fin du crissement des piétements de chaises sur le béton inégal du sol du hangar.
—  Bien… bonsoir à toutes et à tous… il se racla la gorge et enchaina, le visage illuminé par un franc sourire de satisfaction : nous sommes ici pour tirer un premier bilan de la semaine d’action et tenter d’esquisser les perspectives du mouvement, qui d’évidence s’enracine jour après jour, se fortifie et s’étend.
Il marqua une pause et embrassa du regard l’assistance. Aucun ne faisait preuve d’inattention et chacun savourait par avance le miel de son propos. En fait, toutes et tous avaient la même fierté, celle qu’occasionne le sentiment d’appartenir à une avant-garde éclairée. Tous ressentaient la même fébrilité, celle qu’engendre l’action au service d’idées avancées.
L’homme développa son discours en soulignant la forte influence qu’avait exercée sur sa pensée la lecture de la biographie du Mahatma Gandhi. Mais, paradoxalement, il conclut cette introduction par une question inattendue pour quiconque se serait égaré en ces lieux.
« N’existe-t-il pas des circonstances où la violence est justifiée ? Peu soutiennent le contraire ! Mais beaucoup sont en désaccord quant à la définition de ces circonstances. Pourtant, nous pouvons cerner trois conditions.
Premièrement, la violence employée est utilisée pour défendre un innocent.
Deuxièmement, les alternatives non violentes ont été épuisées.
Troisièmement, la violence utilisée n’est pas excessive. Autrement dit, la quantité ou la sorte de violence utilisée ne sont pas supérieures à ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif.
Ceci étant posé et ceci ne pouvant que recevoir l’approbation de tous, une nouvelle question surgit aussitôt. Quel sens donne-t-on au mot « violence » ? Faut-il le restreindre au seul fait de faire physiquement du mal à un être sentient, humain ou autre ? Pour certains, si aucun dommage physique n’est causé à un être sentient, alors, quoi que fassent les gens, aucune violence n’est perpétrée.
Je m’inscris bien évidemment en faux ! »
Afin de valider cette prise de position courageuse, l’orateur égrena de nombreux cas de maltraitance animale et tint à s’appuyer sur des déclarations de Martin Luther King.
«  Il n’est pas nécessaire de blesser quelqu’un physiquement pour qu’il y ait violence. L’incendie et d’autres formes de destruction de propriété sont des formes d’action directe violente  ».
Et c’est à cette violence, entièrement assumée, que nous avons recouru avec succès ! À cette violence totalement justifiée ! »
...

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