Brûler
268 pages
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Brûler , livre ebook

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Description



Tout ce qu’ils veulent, c’est être en sécurité... et pouvoir aimer.


Austin, Mack et Tan ont trouvé un endroit sûr dans une ferme déserte. Ils ont de quoi se nourrir et un abri, mais que devront-ils faire pour le garder ?


Des visiteurs inattendus ne cessent de se présenter, et il devient de plus en plus difficile de distinguer les amis des ennemis... et la frontière entre le bien et le mal devient de plus en plus floue.


Ils sont là l’un pour l’autre, et ils se rapprochent de plus en plus, mais lorsque la catastrophe frappe et menace ce qui s’est développé entre eux, trouveront-ils un moyen de s’en sortir ?


Brûler est le deuxième livre de la série Survivre, une série à suspense se déroulant dans une réalité alternative et qui raconte l’histoire de trois hommes blessés qui se battent non seulement pour rester en vie, mais aussi pour prospérer au milieu d’une invasion extraterrestre.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782382281642
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Brûler
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2020 Nora Phoenix
Titre original : Smolder
© 2020 Nora Phoenix
Traduit de l’anglais par Christelle S.
Relecture et correction par Agathe P.
 
Conception graphique : © Jay Aheer pour Simply Defined Art
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-164-2
Première édition française : septembre 2021
Première édition : janvier 2020
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour mon fils.
Sache que tu es aimé, mon pote, quoi qu'il arrive. Il n'y a rien que tu puisses dire ou faire qui me ferait arrêter de t'aimer. Mon souhait le plus cher pour toi est d'être toi-même… et que tu t'aimes tel que tu es.
 
 
Brûler
Survivre #2
 
 

 
 
Nora Phoenix
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Austin se réveilla désorienté, le lit trop doux, trop confortable. Un corps chaud se pressait contre lui, ses membres faufilés entre les siens. Tan. La mémoire lui revint, et la tension quitta son corps. La ferme, la ferme de Doug et Ruthie. C’était là qu’ils étaient.
Dehors, dans le couloir, Newt gémissait, probablement angoissé parce qu’il était séparé des humains. Trois semaines et demie s’étaient écoulées depuis les attaques, calcula Austin, ayant gardé le fil des jours, donc si Doug et Ruthie étaient partis peu après, le chien était resté seul pendant au moins deux semaines avant qu’ils ne se montrent. Pas étonnant qu’il se soit langui de compagnie.
Il se dégagea avec précaution de Tan et se glissa hors du lit. Tan laissa échapper un murmure, puis se retourna dans le lit et chercha la présence de Mack. Austin sourit, une sensation de chaleur dans le ventre, tandis que Mack rapprochait Tan dans son sommeil. Il avait parcouru un long chemin, leur petit lapin effrayé. Et ce qu’ils avaient expérimenté deux jours plus tôt avait été incroyable. Les baisers, le visage de Mack émerveillé, sa bouche à la fois avide et souple, si heureuse de plaire. Tout ce qu’Austin avait désiré sans le savoir.
Il attrapa les vêtements qu’il avait jetés sur le sol, puis s’éclipsa hors de la chambre et referma la porte derrière lui avec un léger clic. Newt pressa sa gueule contre ses jambes, son nez humide et froid sur la peau chaude d’Austin.
Austin s’accroupit et lui frotta la tête.
— Nous sommes toujours là, mon grand. Ne t’inquiète pas maintenant.
Le chien laissa échapper un autre gémissement, puis lécha sa main. Austin sourit. Les animaux étaient tellement plus faciles à satisfaire que les humains. Ils se moquaient de ce à quoi vous ressembliez, de qui vous aimiez ou baisiez. Tout ce qu’ils voulaient, c’était que vous les aimiez, et en retour, vous obteniez une dévotion sans fin jusqu’à leur dernier jour.
Il s’habilla, Newt observant tous ses mouvements comme s’il avait peur qu’Austin disparaisse. Dès qu’il fut habillé, il entra dans la cuisine, où il sortit des croquettes pour Newt et remplit son bol d’eau fraîche. Le chien attaqua immédiatement sa nourriture. Austin lui gratta la tête une dernière fois et le laissa à son repas.
Un regard sur le fourneau compliqué que Tan avait manipulé avec tant d’aisance fit décider Austin que le café pouvait attendre. L’idée du café lui mettait l’eau à la bouche, mais il ne fallait pas qu’il s’y habitue. Non seulement ils avaient assez de café pour une semaine ou deux tout au plus, puisque Doug et Ruthie semblaient être des amateurs de thé, mais ils n’avaient pas déterminé combien de temps ils allaient rester ici. Pour l’instant, la ferme était un petit coin de paradis, mais pour combien de temps ?
Il but un verre d’eau, puis s’en versa un autre, la gorge un peu sèche. Il débattit avec lui-même pendant deux secondes avant de décider que deux Oreos feraient un excellent apéritif au petit-déjeuner et gémit lorsque le goût atteignit sa langue. Comment pouvaient-ils être aussi bons alors qu’avant, il ne les aimait pas tant que ça ?
Le verre d’eau dans les mains, il se tint devant la fenêtre de la cuisine, regardant dehors. Une main froide se serra autour de son cœur lorsqu’il aperçut les signes révélateurs du gel, la fine couche blanche qui recouvrait l’herbe brune. L’hiver arrivait, et où les mènerait-il ? Il frissonna et but une gorgée de son eau.
Ils ne pouvaient pas échapper à l’hiver, pas vrai ? Il faudrait aller rapidement vers l’ouest pour cela, mais ils n’arriveraient jamais à traverser le Wyoming avant les chutes de neige. Ils avaient encore des centaines de kilomètres à parcourir avant d’atteindre le Nevada. Des centaines de kilomètres de néant, car la zone entre eux et Salt Lake City était peu peuplée. Ils n’auraient nulle part où loger, sauf à la belle étoile, et la petite tente ne suffirait pas à les garder au chaud. De plus, que mangeraient-ils ou boiraient-ils ? Ils pourraient tomber sur une ferme occasionnelle comme celle-ci, mais les chances qu’elle soit abandonnée étaient minces, et ils pourraient se faire tirer dessus avant de pouvoir demander de l’aide.
Et bien sûr, le problème non négligeable de la menace de la conscription militaire planait au-dessus de leurs têtes. Si ce plan se concrétisait – et Austin n’en doutait guère, puisque le gouvernement aurait besoin de tout le monde sur le pont s’il voulait vaincre les Zagoriens –, ils seraient dans la merde jusqu’au cou. Tous ceux qui les repéreraient sauraient qu’ils étaient supposés servir et les dénonceraient.
Il laissa échapper une longue expiration. Rester ici pourrait être leur meilleure option, mais seulement à court terme. Cela ne leur apporterait pas la liberté, et si par miracle le gouvernement parvenait à battre les Zagoriens, Mack, Tan et lui seraient renvoyés directement au camp. Ou pire. Ils ne s’étaient pas seulement échappés du camp – un délit fédéral qui pouvait les conduire en prison pour au moins dix ans –, mais ils avaient aussi tué des employés fédéraux.
Le chaos régnait peut-être maintenant, mais si le gouvernement découvrait ce qu’ils avaient fait, ils seraient condamnés à mort. Les EUC n’avaient aucun scrupule à exécuter la peine de mort, ayant aboli les nombreuses possibilités d’appel qui avaient eu cours pendant de nombreuses années. La route était courte entre le procès, la condamnation et la mort.
— Bonjour ! dit la voix douce de Mack, et quelques secondes plus tard, il trouva une place à côté d’Austin devant la fenêtre.
Après une courte hésitation, il s’approcha, son épaule heurtant celle d’Austin, et Austin sourit. Le gentil et timide Mack. Il lui donna un léger coup de coude.
— Bonjour.
— Le gel, dit Mack en regardant dehors. Il ne va pas tarder à neiger.
— Non, dit Austin, le cœur glacé à nouveau.
Que diable allaient-ils faire ? Pouvaient-ils se permettre de passer l’hiver ici ? Il pourrait durer jusqu’en avril, et tant de choses pourraient changer et mal tourner en six mois.
— Nous avons des décisions à prendre, dit Mack, sa voix transmettant la même gravité qu’Austin ressentait.
Cela soulagea un peu le poids sur son cœur. Il n’était pas seul dans tout ceci. Ils étaient ensemble, une équipe, et ils avaient chacun des talents et des connaissances uniques qui pourraient aider.
— Tan dort encore ? vérifia-t-il.
Mack sourit.
— Non, mais il a dit qu’il ne quitterait pas le lit avant d’avoir senti le café. Quelque chose à propos du fait qu’il mérite d’être dorloté pour une fois.
— Il n’a pas tort, mais j’avais trop peur de toucher à la cuisinière, donc tu devras faire bouillir de l’eau.
— Je m’en occupe.
Quand il s’écarta, Austin tendit sa main libre vers lui et le rapprocha.
— Je peux avoir mon baiser du matin avant ?
Cette jolie rougeur qu’Austin adorait se répandit sur les joues de Mack.
— Je n’étais pas sûr que tu en voulais un, marmonna-t-il en jetant un coup d’œil à Austin avant de regarder à nouveau le sol.
Austin s’assura que sa voix ne trahissait pas la colère qui montait en lui lorsqu’il réalisa à quel point Mack était marqué.
— Bien sûr que oui, dit-il en tirant doucement jusqu’à ce que Mack comprenne l’allusion et fasse un pas en avant, relevant son visage.
Austin déposa un doux baiser sur ses lèvres, ne se faisant pas confiance pour plus pour le moment. Au fond de lui, un feu s’était allumé pour en montrer plus à Mack, mais ce dernier n’était pas prêt pour tout ça. Et à vrai dire, Austin non plus. Les choses s’étaient passées rapidement, et il n’était pas certain de ses propres sentiments et motivations. Jusqu’à ce qu’il le soit, il leur devait à tous d’être prudent.
Il s’assit à la table de la cuisine tandis que Mack s’affairait à faire bouillir de l’eau et à préparer du café pour eux trois.
— Tu peux allumer la radio si tu veux, dit Mack. Elle est réglée sur une des stations pirates que j’ai trouvées.
— Mon café est prêt ? Interrogea Tan depuis la chambre, et Austin rit.
De la part de n’importe qui d’autre, il aurait trouvé que c’était exagéré, mais pas de la part de Tan. Si quelqu’un méritait d’être dorloté et chéri, c’était bien lui. Une vie entière à être pris en charge ne compenserait toujours pas ce qu’il avait traversé.
— J’y travaille ! répondit Mack en criant.
— Eh bien, bouge-toi un peu, alors !
Austin et Mack partagèrent un sourire.
— Tu as entendu Sa Majesté, dit Austin. On ferait mieux de lui faire un petit-déjeuner aussi.
Ils travaillèrent ensemble dans un silence confortable pour préparer le café et le petit-déjeuner, mettant le tout sur la table de la cuisine. Quand tout fut prêt, Austin entra dans la chambre, où Tan était blotti sous les couvertures jusqu’au nez.
— Le petit-déjeuner est servi, Milord, dit-il en s’asseyant sur le lit.
Tan poussa les couvertures vers le bas, feignant un regard hautain.
— Comment osez-vous me parler si familièrement, espèce de paysan ?
Mais avant qu’il n’atteigne la fin de sa phrase, son visage se fendit d’un rictus, et Austin gloussa.
— Tu devrais peut-être envisager une autre carrière que celle d’acteur.
Il se pencha pour un baiser rapide, les lèvres douces de Tan étant trop tentantes pour y résister.
— Allez, bébé, allons manger. Je suis affamé.
Ils discutèrent de choses légères pendant le petit-déjeuner, et ça semblait surréaliste, comme si le monde extérieur n’était pas une horreur absolue en ce moment. Comme s’ils n’étaient que trois amis séjournant dans une ferme pour quelques jours. Pourtant, même en sachant que cela ne pouvait pas durer, Austin s’en imprégna, reconnaissant pour ce court répit.
Quand ils eurent fini de manger, Mack leur prépara une deuxième tasse de café, et avec un accord tacite, ils s’installèrent à la table de la cuisine.
— On a eu la première gelée, dit Austin.
— On a eu de la chance que ce ne soit pas plus tôt, dit Tan. Le gel a été tardif cette année.
Austin cligna deux fois des yeux. C’était si facile d’oublier que Tan savait de quoi il parlait, ayant grandi dans une ferme. Mack et lui en savaient dix fois plus qu’Austin.
— La neige ne va plus tarder, dit doucement Mack.
— Oui, et ça va être une saloperie, dit Tan.
— Nous devons décider si nous restons ici ou si nous bougeons, dit Mack.
Ils échangèrent des regards inquiets.
— Écoutez, nous n’avons pas assez d’informations pour prendre cette décision, reprit finalement Mack. La menace de l’hiver est une bonne raison de rester, tout comme le risque d’être forcé de servir dans les forces armées, mais il peut y avoir de bonnes raisons de partir aussi.
— Comme les gens qui se présenteront ici, cherchant désespérément de la nourriture, dit Tan.
— Oui, répondit Mack. Ou une présence accrue d’extraterrestres. N’oublions pas que même une petite ville comme Wright avait des araignées-robots extraterrestres.
Austin fronça les sourcils.
— Oui, ça ne me semble toujours pas normal. On pourrait penser qu’ils ont des villes bien plus grandes sur lesquelles se concentrer. Il doit y avoir une explication à leur présence ici, mais je n’arrive pas à la trouver. Il n’y a littéralement rien ici excepté des fermes et des mines de charbon.
— Et du pétrole, dit Mack, et Austin et lui se figèrent.
— Du pétrole, répéta Austin lentement. Est-ce que ça pourrait être aussi simple que ça, qu’ils ont attaqué la Terre pour le pétrole ?
— Ce ne serait pas la première guerre pour le pétrole, dit Tan. L’histoire a montré que les ressources naturelles sont une très bonne raison de faire la guerre.
— Mais tu as dit que le champ ici était difficile à forer, fit remarquer Austin.
— Si tu te soucies de l’impact environnemental, oui, dit Mack. Mais si on ne se préoccupe pas de ça, je pense que ce serait beaucoup plus facile.
— Si c’est vrai, ils se concentreraient sur toutes les zones où il y a du pétrole, dit Austin. Le Texas, le golfe du Mexique. La Floride, je crois ?
Il les énuméra sur ses doigts.
Mack approuva.
— Oui. Le sud de la Côte Est, je suppose. Et l’Alaska, bien sûr. Et ça, c’est juste dans les anciens États-Unis. À part ça, on parle de l’Amérique du Sud, du Moyen-Orient, de certains pays d’Afrique du Nord. Les pays en « stan ».
— Aucun d’entre eux n’a la puissance militaire de l’Amérique du Nord, fit remarquer Austin. Ils seraient beaucoup plus faciles à envahir.
— J’imagine que oui, surtout s’ils ont mis en place une attaque IEM là aussi. Alors peut-être qu’ils concentrent leurs plus grosses forces ici ? dit Mack.
— Ce champ de pétrole vaut-il tant d’efforts ? S’interrogea Austin. Je ne peux pas m’empêcher de penser que s’il était si important, il aurait été exploité plus tôt, au mépris des conséquences. Ce n’est pas comme si ça les avait déjà arrêtés quand l’argent était en jeu.
Mack haussa les épaules.
— C’est vrai, mais peut-être que les extraterrestres savent quelque chose que nous ne savons pas. On dirait que leur technologie est supérieure à la nôtre, donc peut-être qu’ils ont conclu qu’il y avait plus que nous pensions ou bien ils ont un moyen plus facile de le faire sortir. Mais n’oublions pas que nous ne faisons que spéculer ici. Nous ne savons pas avec certitude s’ils sont après le pétrole.
— Disons qu’ils le sont, qu’est-ce que cela signifie pour nous ? Pour nos plans ? demanda Tan.
Les épaules d’Austin s’affaissèrent.
— Vu que nous sommes juste au-dessus de ce foutu champ de pétrole, je dirais que nos chances ne sont pas bonnes.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Le silence fut lourd dans la cuisine après les mots d’Austin. Le pétrole . Mack n’arrivait pas à croire que c’était si évident. Tant de guerres avaient été menées pour le pétrole, mais qu’il était décourageant de constater que même les extraterrestres en avaient après les combustibles fossiles. Tout ceci n’aurait pas été moins horrible s’ils avaient eu un but plus noble pour attaquer la Terre, mais quand même. Cela semblait si banal, si commun pour ce qui entrerait dans l’histoire comme la Première Guerre Intergalactique. Presque décevant.
— Peut-être que Mack a raison et que nous n’avons pas assez d’informations pour prendre une bonne décision, dit Tan avec un léger tremblement dans la voix.
— Je suis d’accord, dit Austin. Nous devons en savoir plus avant de décider de partir ou de rester.
Mack acquiesça.
— Faisons une liste des questions que nous avons ou des choses que nous voulons prendre en compte dans notre décision.
Mack prit le petit carnet et le stylo sur la table de la cuisine, grâce à la toujours pratique Ruthie, et commença à écrire.
— Donc, nous voulons savoir avec certitude si les Zagoriens sont après le pétrole. Quoi d’autre ?
— S’ils ont attaqué les EUC ou le monde entier, dit Austin, et Mack le nota.
Il pariait sur plusieurs endroits. Les EUC n’étaient certainement pas l’endroit idéal pour le pétrole.
— Comment vaincre les araignées-robots, dit Tan. Parce que l’eau ne sera pas toujours disponible.
En quelques minutes, ils avaient une bonne liste de questions. Mack posa son stylo et regarda Austin, le surprenant avec une expression mélancolique sur le visage. Mack n’avait aucun mal à deviner à quoi Austin pensait, ou plutôt à qui.
— Peut-être devrions-nous aussi mettre sur la liste d’apprendre ce qui est arrivé à ton père, dit Mack.
Austin secoua la tête, les yeux lourds et tristes.
— S’il est toujours en prison, ce que je suppose, il doit être à Houston. C’est trop loin d’ici pour envisager de tenter quoi que ce soit.
— S’il y est toujours, dit Tan, et Austin tourna la tête.
— Qu’est-ce que tu veux dire ? Où pourrait-il être ?
— Mec, si le chaos était semblable à celui de notre camp et que toute la prison n’avait plus de courant, les détenus n’auraient-ils pas pris la fuite, eux aussi ? Profité de l’occasion quand elle s’est présentée ? Ton père est un homme intelligent. Tu ne crois pas qu’il aurait fui quand il le pouvait ?
Austin haleta.
— Ça… ça ne m’a même pas traversé l’esprit.
— Peut-être qu’il va te chercher, suggéra Mack.
Le visage d’Austin se remplit d’espoir, et ses yeux s’éclairèrent.
— Il le ferait. S’il est dehors, il va venir me chercher. Mais comment pourrait-il savoir où je suis ? Nous n’avons aucun moyen de le contacter.
Mack réfléchit à la question. Austin avait raison, mais c’était vrai pour toutes les communications. Sans Internet ni téléphone, ils n’avaient que des radios pour communiquer. Son père possédait lui aussi une radio amateur, et il avait expliqué avec force détails à Mack qu’elle serait essentielle dans un scénario de survie. Il s’avérait que l’homme avait eu raison sur ce point.
— Radio, dit-il. Ces radios amateurs qui sont utilisées pour créer les émissions que nous recevons, c’est ce qui nous reste pour communiquer. Elles consomment peu d’énergie, et la plupart des survivalistes auront soit une grande réserve de piles, soit des alimentations alternatives, comme l’énergie solaire.
— Tu ne penses pas que nous allons récupérer le courant ? demanda Tan.
— Peut-être. Tout dépend de ce que les extraterrestres vont autoriser et contrôler et de l’ampleur des dégâts sur les infrastructures. Techniquement, les lignes fixes à l’ancienne devraient encore fonctionner, ou du moins, devraient être faciles à remettre en service. Toutes les tours de téléphonie cellulaire ont été détruites par l’IEM, mais les téléphones fixes sont analogiques et fournissent leur propre énergie, à condition que la compagnie de téléphone ait de l’électricité, bien sûr. Donc, si le gouvernement donne la priorité au rétablissement du courant, les gens pourraient passer des appels avec des téléphones analogiques, comme les téléphones à cadran. Il y en a encore suffisamment en stock partout pour être utile.
Tan laissa échapper un soupir, son visage révélant de l’étonnement.
— Je trouve ça assez stupéfiant que l’on se remette à utiliser des choses qui étaient autrefois jugées obsolètes. Les téléphones à cadran, par exemple. Je ne sais même pas comment en utiliser un, bordel de merde.
— Je n’arrive pas à croire que tu saches tout ça, dit Austin à Mack, et celui-ci se sentit réchauffé à l’intérieur par ce compliment. C’est sacrément impressionnant. T’emmener lors de notre évasion s’est avéré être la meilleure décision qui soit, pour plus d’une raison.
— Je suis d’accord avec ça, dit Tan en se penchant.
Il pressa un de ces doux baisers flottants sur les lèvres de Mack qui le rendaient nerveux et heureux en même temps.
— Je suis si heureux que tu sois avec nous.
Mack déglutit.
— Nous ? demanda-t-il, sa voix croassant de stress d’aborder le sujet qui dansait dans son cerveau depuis cette scène de baiser entre eux deux jours plus tôt.
Depuis, aucun d’eux n’avait fait un pas de plus, et Mack avait craint que ce soit une erreur de leur part, que Tan et Austin regrettent de l’avoir embrassé.
— Y a-t-il un nous ? Et si oui, qu’est-ce que nous sommes ?
Tan et Austin se regardèrent avec une expression que Mack fut incapable de déchiffrer. Tout ce qu’il savait, c’était que le silence s’était installé, ces deux-là étant enfermés dans un concours de regards qui ressemblait à un combat de volontés pour savoir qui parlerait. Il avait une fois de plus fait une erreur.
Dans l’enceinte, les règles avaient été strictes. Il fallait demander à l’un des aînés la permission de sortir avec quelqu’un si on l’aimait bien. Deux personnes de sexe opposé pouvaient être ensemble uniquement si elles étaient mariées, et si elles ne l’étaient pas, elles étaient chaperonnées en permanence. Il n’y avait rien entre les deux. Amitié dans un groupe ou rendez-vous avec un chaperon, c’étaient les seules options.
Bien sûr, Mack n’avait jamais eu de rendez-vous. Il avait même eu quelques sourires intérieurs sur le fait qu’ils n’avaient jamais pensé à placer des restrictions similaires sur les amitiés de même sexe, même s’il le faisait peut-être maintenant après son coming-out . Un coming-out forcé, plus exactement, car il n’aurait jamais révélé la vérité de son plein gré. Il avait su ce qui se passerait, et il avait eu malheureusement raison.
Mais le fait était que soit vous étiez amis, soit vous sortiez ensemble, ce qui signifiait que vous étiez petit ami et petite amie, avec l’intention de vous marier un jour. Mais cela le laissait où avec Austin et Tan ? Étaient-ils amis ? Mais alors, où placer le baiser ? Ce dernier donnait l’impression de sortir ensemble, mais cela signifiait-il qu’ils devaient se demander en mariage mutuellement ? Genre, rendre ça officiel ? Ceci dit, il ne s’était rien passé depuis, alors peut-être que c’était un coup d’un soir ?
C’était pour cela qu’il avait demandé des éclaircissements, il voulait savoir ce qu’ils étaient. Mais apparemment, ce n’était pas comme ça que les choses fonctionnaient dans le monde réel ou peut-être dans le monde gay. Il était clair comme de l’eau de roche qu’il était peu préparé à survivre en dehors de l’environnement protégé dans lequel il avait grandi.
— Peu importe, dit-il doucement.
Il regarda le sol, ne voulant pas voir la pitié dans leurs yeux.
— Je suis… Peu importe.
— Mack, dit Austin.
— C’est bon, dit Mack. Tu n’as pas besoin de dire quoi que ce soit. C’était une question stupide.
Une main douce se posa sur son épaule.
— Non, elle ne l’était pas, dit Tan. Tu sembles avoir plus de courage pour poser les questions difficiles que nous deux. Nous préférons aller de l’avant, sans savoir où nous en sommes, plutôt que de demander et d’affronter la possibilité d’un rejet.
— R-rejet ? coassa Mack.
Tan lui pressa l’épaule, puis la lâcha.
— Pas dans ce cas, mon chéri. Ne t’inquiète pas. Nous t’aimons beaucoup, d’accord ?
De l’autre côté, Austin se pencha vers lui et un doigt doux souleva son menton. Il rencontra des yeux gentils.
— Tan a raison. Ce n’est pas une question à laquelle il est facile de répondre, Mack.
— Oh, dit Mack, se sentant encore plus stupide malgré le réconfort que tous deux lui avaient apporté.
Austin lui lâcha le menton.
— La vérité, c’est que je ne sais pas ce que nous sommes. Ce n’est pas si facile à définir, tu sais ?
Mack ne le savait pas, mais il commençait à comprendre qu’il existait beaucoup plus d’options entre les amis et les petits amis.
— Que voudrais-tu que nous soyons ? demanda Tan, et les joues de Mack s’enflammèrent.
Ce n’était pas juste de lui retourner la question, surtout quand il n’avait aucune idée des possibilités.
— Laisse-moi le formuler comme ça, chéri. Tu veux qu’on s’embrasse ? Qu’on explore un peu plus, peut-être ?
Mack aurait détourné le regard avec embarras si les yeux de Tan n’avaient pas été si gentils et doux.
— Je n’étais pas sûr que vous vouliez ça parce que vous n’avez rien fait depuis… depuis que nous nous sommes embrassés.
Tan inclina la tête.
— Toi non plus. Tu ne peux pas toujours nous laisser prendre l’initiative, mon chéri. Tu vas devoir préciser ce que tu veux aussi. Tes limites ne sont pas vraiment claires pour nous, puisque tu es si… inexpérimenté. Il n’y a rien de mal à cela, mais tu ne peux pas nous reprocher d’être prudents avec toi. Tu es fragile, et nous ne voulons pas te briser.
— Fragile ? demanda Mack, n’aimant pas du tout ce mot.
— Pas en général, mais quand il s’agit de relations et de sexe, oui. Nous y allons doucement parce que nous ne voulons pas te presser ou te pousser de quelque façon que ce soit, dit Tan.
— Oh, dit encore Mack, en réalisant que ce qu’il avait craint être un manque d’intérêt était en fait de la préoccupation pour lui.
Tan n’avait pas tort. Il avait peut-être envoyé des signaux contradictoires ou pas de signaux du tout, et il devrait être reconnaissant qu’ils soient si prudents avec lui.
— Merci. Je vais essayer d’être plus clair sur ce que je veux.
— Que veux-tu  ? demanda Austin, d’un ton doux et gentil.
Mack était à la croisée des chemins. Il pouvait suivre la voie qu’il avait toujours empruntée et prendre du recul, en acceptant d’être inexpérimenté et maladroit pour toujours, lié par des fondations religieuses auxquelles il ne croyait plus. Cela signifierait aussi perdre Tan et Austin, bien qu’il ne les ait pas vraiment en ce moment. Mais au moins, il y avait l’espoir de plus, une promesse.
Ou il pouvait prendre la route qu’il n’avait jamais prise, la direction que son père avait qualifiée de péché et dont il l’avait si sévèrement averti. Ce chemin était effrayant et inconnu, et peut-être pécheur, pourtant il apporterait aussi la liberté. Et ce chemin incluait Austin et Tan. Quand il laissa cela s’enregistrer complètement, le choix fut facile.
— Je vous veux, dit-il, doucement, mais fermement. Je nous veux. Peu importe comment vous le définissez.
 

 
Chapitre 3
 
 
 
 
S’il y avait un garçon plus gentil que Mack sur la planète, Tan aimerait le rencontrer parce que la façon simple, mais adorable dont le gars venait de s’exprimer lui ouvrait le cœur en grand, et il n’était pas connu pour avoir le cœur tendre. Plus maintenant. Les trois années qu’il avait passées dans cet enfer s’en étaient assurées.
Mais comment aborder une naïveté aussi fragile ? Comment naviguer dans cette chose compliquée et désordonnée qui se passait entre eux sans briser la confiance de Mack en eux ? Sans endommager son cœur de façon permanente ?
— Alors nous sommes sur la même longueur d’onde, parce que c’est ce que je veux aussi, dit Austin, et les yeux de Tan s’écarquillèrent de surprise.
Ce n’était pas ce à quoi il s’était attendu.
— Prenons les choses au jour le jour et restons honnêtes sur ce que nous voulons et ce dont nous avons besoin.
Ah, ça ressemblait plus à Austin. Ça avait fait beaucoup de bien à Tan d’être honnête avec Austin sur ce qu’il voulait. Il lui avait dit qu’il le voulait un million de fois, mais il l’avait toujours repoussé. Une remarque sarcastique et incisive dansait sur le bout de la langue de Tan, mais il se retint, lançant à Austin un regard qui laissait peu de place à l’interprétation. À sa grande satisfaction, Austin se tortilla sur sa chaise.
Mack adressa un sourire radieux dans la direction d’Austin, n’ayant manifestement pas perçu la tension émanant de Tan. Pas grave, se dit Tan. Ils avaient le temps d’arranger les choses, et Mack n’avait pas besoin de savoir. Pas maintenant en tout cas.
— Je suis entièrement partant, dit Tan. Surtout pour la partie expérimentation.
Il fit un clin d’œil à Mack, dont les joues étaient encore si jolies avec un rougissement.
— Moi aussi, dit Mack doucement, et Tan fut surpris pour la deuxième fois de la matinée.
Cet aveu honnête était la dernière chose à laquelle il s’attendait de la part de Mack. Les temps changeaient, apparemment.
— Bien, rétorqua Austin. Alors nous sommes tous d’accord.
Tan eut du mal à réprimer l’envie de lever les yeux au ciel. C’était comme ça qu’il parlait de leur relation, comme d’un arrangement commercial ? Cela prouvait seulement qu’ils avaient encore un long chemin à parcourir, tous les trois.
— Maintenant que ce problème est résolu, dit Austin, je propose que nous fassions le tour de la propriété pour faire l’inventaire des ressources dont nous disposons. La lettre mentionnait des vaches, alors voyons si nous pouvons en trouver.
Ils s’habillèrent de vieilles, mais chaudes vestes de Doug et Ruthie, d’écharpes et de chapeaux, et se dirigèrent vers l’extérieur, Newt sur leurs talons. Mack apporta un fusil, et Tan remarqua qu’il n’était pas tout à fait décontracté dans sa façon de le tenir. S’attendait-il à des ennuis ? Ce n’était pas si absurde après leurs conversations précédentes.
L’air était encore frisquet, leurs respirations laissant des nuages blancs dans l’air vif. La première chose qu’ils rencontrèrent fut le poulailler vide.
— Ruthie a dû laisser sortir les poules, sachant qu’elles avaient une chance de survivre dans la nature, dit Tan. Conservons un œil ouvert sur elles.
— Tu es sûr que nous pourrons les ramener dans le poulailler ? demanda Austin.
...

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