Dans les bois
143 pages
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Dans les bois , livre ebook

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Description


Que faire quand votre amour du lycée est également votre suspect numéro un ?


Quand le roi du bal du lycée de Eastview est porté disparu, Charlie Schiffer, dix-sept ans, doit mettre ses talents de détective au service de Dare Chalmers, l’idole de la classe, pour l’aider à retrouver son frère jumeau. Entre marais débordants d’alligators et club de strip-tease, rien ne peut stopper ce duo d’enquêteurs amateurs.


Dare incarne le petit ami dont Charlie a toujours rêvé : il est charismatique, séduisant, poli... Mais comme le répète souvent sa mère : même les suspects les plus improbables peuvent être des criminels. Quand les preuves s’accumulent et révèlent les motivations secrètes de leur cible, Charlie doit réussir à rester objectif pour retrouver le coupable, même si cela signifie trahir l’homme auquel il tient plus que tout.


#Enquête #Disparition #PremierAmour #MM

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9791038107311
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Laura Lascarso
Dans les bois
Les enquêtes de Charlie Schiffer - T.1

Traduit de l'anglais par Mélina Suffit


Teen Spirit
Mentions légales
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre original :
In the pines
Teen Spirit © 2021, Tous droits réservés
Teen Spirit est un label appartenant aux éditions Bookmark.
Traduction © Mélina Suffit
Suivi éditorial © Nolwenn Onillon
Correction ©  Elysea Raven
Illustration de couverture © AngstyG
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit est strictement interdite. Cela constituerait une violation de l'article 425 et suivants du Code pénal. 
ISBN : 9791038107311


Chapitre un
 
Ma mère m’a toujours dit que même les suspects les plus improbables peuvent être des criminels. Vous pouviez être charmant, gentil ou charismatique, cela ne suffisait pas à vous innocenter. Même si vous pensez connaître quelqu’un, leurs plus sombres désirs vous sont inconnus : la vengeance, la cupidité, la luxure, l’orgueil… C’est pour cela que vous ne pouvez pas vous fier à votre instinct pour résoudre une affaire. Il ne faut considérer que les preuves tangibles et les faits.
Le métier de ma mère, c’est de résoudre des crimes, et moi, je l’aide.
Si ça ne tenait qu’à moi, je passerais mes journées à feuilleter des rapports de police, étudier des résultats d’analyses et écouter des témoignages. Malheureusement, il y a toujours ce petit truc qui m’en empêche.
Le lycée.
C’est d’ailleurs là que je me trouvais, par un jour frais de novembre, selon les standards de Floride, à attendre que commence l’un des rites de passage les plus douloureux pour n’importe quel lycéen américain introverti : le regroupement d’avant-match.
Le gymnase n’était pas vraiment un environnement propice à la lecture ou à la réflexion, mes deux passe-temps préférés. Les chaussures d’un millier d’adolescents à l’haleine douteuse couinaient sur le sol ciré, et leurs rires, semblables à ceux des hyènes, résonnaient entre les murs de parpaings. Et ne parlons pas du fait que ces rassemblements ne sont finalement qu’un défilé de jeunes musclés moulés dans du Lycra : des cyclistes en automne, des bodys de lutte en hiver, des pantalons de base-ball moulants au printemps… Et je ne parle que des mecs.
Nous étions obligés de venir. Enfin, non, mais cela nous rapportait des points supplémentaires, ce qui revenait au même pour un élève comme moi, qui voulait réussir à tout prix. Comme d’habitude, j’étais arrivé en avance. Assis dans la section réservée aux premières, attendant que les tribunes se remplissent et que l’adulation des sportifs commence, je repérai Dare Chalmers qui montait dans les gradins, deux marches à la fois grâce à ses longues jambes vêtues de jean. Moitié rebelle et moitié bourgeois, Dare serait pour toujours gravé dans mon esprit comme étant le Fantôme de l’Opéra, depuis qu’il avait joué ce rôle dans la comédie musicale du lycée au printemps dernier. On m’avait appelé au dernier moment et confié la tâche importante de maintenir fermée la porte de la chambre du Fantôme. Tout du moins, jusqu’à ce que celui-ci, avec son masque et sa cape, la franchisse d’un pas rapide et la claque avec vigueur.
Voyez-vous, l’équipe technique n’avait pas pris la peine d’installer le mécanisme pour qu’elle se ferme correctement, et elle ne cessait de s’ouvrir en grinçant aux moments les plus importuns. Dare avait pensé, à raison, que j’étais le seul élève du lycée qui n’aurait rien de mieux à faire de mes soirées, pour les trois week-ends de représentations. En retour, j’ai eu un béguin sans espoir pour le mec le plus charismatique et le plus populaire de notre école.
Correction : le deuxième mec le plus populaire. Le premier, c’était Mason Chalmers, son jumeau, et le roi du bal de rentrée.
Les professeurs du lycée Eastview avaient attribué aux jumeaux diablement attirants les doux surnoms de Fourbe et de Chaos. Cependant, ils se ressemblaient si peu qu’il était facile d’oublier leur lien familial. Ils étaient issus d’une lignée irlandaise, à la peau olive et aux traits sombres. Dare était grand et élancé, avec un visage expressif, pouvant passer de la tragédie à la comédie en un clignement de cils. Mason était un peu plus réservé. Il avait à peu près la même stature que moi, et des cheveux blond cendré coupés en brosse. Mason était absolument hétéro, ce qui était dommage vu comme il remplissait bien son body de lutteur, tandis que Dare…
Dare était une énigme.
Il ne s’agissait pas tant de savoir qui il avait embrassé, mais plutôt qui il n’avait pas embrassé. J’avais vu plusieurs photos de Dare avec des élèves du club de théâtre couvrant toute l’échelle de Kinsey : la joue du Fantôme appuyée sur la poitrine imposante de Christine, Dare qui déposait un baiser sur la joue d’Aaron Biserka, le metteur en scène, Dare qui dansait dans une pièce à la lumière tamisée, entre une fille et un garçon, les yeux aussi noirs que ceux d’un raton laveur face au flash de l’appareil photo.
C’était ce mélange de magnétisme et d’ambiguïté qui attirait mon attention vers Dare chaque fois qu’il arrivait quelque part. Comme s’il sentait le poids de mon regard, Dare leva la tête, et me lança un rictus digne du Joker. Ses cheveux souples retombaient gracieusement sur ses yeux, et il les repoussa en arrière de la main. Je l’observais, désespérément charmé. À ma grande surprise, et à mon grand désespoir, il dévia son chemin et se dirigea vers l’endroit où j’étais assis. Mon estomac se noua et mon cerveau se mit à tourner à plein régime, comme une roue de hamster.
— Je peux m’asseoir ici, Charlie ? me demanda Dare.
Bien que ce soit gênant, il me fallait avouer qu’après la dernière représentation du spectacle, j’avais téléchargé la bande-son du Fantôme de l’Opéra . Pendant l’été, j’avais écouté « All I ask of you » en boucle, comme un dément.
— Bien sûr, mais les places des terminales sont devant.
Je fis un geste de la main vers l’étendue de bancs en bois encore vides, notre zone dédiée, que j’évitais. Trop d’animosité envers moi là-bas.
— Je suis sûr qu’elles aimeraient que tes fesses s’y posent.
Oups, ce n’était pas sorti comme je l’avais prévu.
Dare gloussa et s’assit à mes côtés.
— Je vais garder cette place au chaud jusqu’à l’arrivée de ton rencard.
Je n’aurais pas su dire s’il m’insultait ou s’il flirtait avec moi, comme souvent avec Dare Chalmers, ce qui me laissait confus.
Dare se faufila juste à côté de moi, plus près que la normale, ce qui n’était pas inhabituel pour lui. Sa bulle d’espace personnel était bien plus petite que la mienne. C’était peut-être un truc d’acteur ? Pendant ce temps, le frère de Dare, Mason, ainsi que leur meilleur ami à tous les deux, Joey Pikramenos, s’assirent sur le banc devant nous. Daniela de Costa, la petite amie de Mason, s’éloigna de l’équipe des pom-pom girls pour monter dans les gradins. Elle était petite, mais le compensait par sa personnalité. En plus de son uniforme, elle portait la veste d’équipe de Mason, reconnaissable au patch sur le côté droit de sa poitrine, qui représentait deux lutteurs en pleine prise. Daniela me lança un regard mauvais avant de déposer un baiser mouillé sur la bouche de Mason. Elle grimpa ensuite sur ses genoux et exécuta un twerk ouvertement sexuel qui me fit rougir.
— Prenez une chambre, se plaignit Joey avant de donner un coup dans l’épaule de Mason.
Je me reculai dans mon siège pour leur laisser de l’espace.
Daniela rit, et après avoir excité Mason comme il se doit, elle se pencha par-dessus son épaule pour parler à Dare.
— Mon maquillage, ça va ?
Dare étudia son visage.
— Je vais juste…
Il se servit de la pulpe de son pouce pour effacer une trace de gloss au coin de ses lèvres rose bonbon. Daniela lui lança un baiser pour le remercier. Ce geste tellement intime, effectué de façon si décontractée, me fit ressentir la morsure de la solitude.
Daniela se retourna ensuite vers Mason, et le surprit à regarder une seconde de trop le reste de l’équipe de pom-pom girls. Elle attrapa son visage entre ses mains manucurées en vert et blanc, les couleurs de notre école, et le fit pivoter vers elle.
— Dis-moi que je ne t’ai pas vu regarder sous la jupe de pom-pom girl de Kylie Crawford, ordonna-t-elle, l’air belliqueux.
Je me demandais pourquoi elle spécifiait que c’était une jupe de « pom-pom girl ». Était-ce pire de mater une fille quand elle était en uniforme ?
— Elles ne portent pas de shorty dessous ? l’interrogeai-je.
Daniela tourna si vivement la tête vers moi que sa queue de cheval vint fouetter le visage de Mason. Elle me toisa comme si je venais de me téléporter ici depuis l’espace.
— Ça ne s’appelle pas comme ça ? Des shortys ?
Je lançai des regards autour de moi, à la recherche d’un quelconque soutien.
Dare et Mason laissèrent échapper un petit rire. Ils ne se ressemblaient pas, mais ils avaient le même rire, un ha ha ha profond et haché. Ils pensaient probablement que je faisais exprès d’être aussi étrange pour sortir Mason d’une situation périlleuse. Les ados populaires pensent toujours que tout tourne autour d’eux.
— T’es vraiment bizarre, me dit Daniela.
Elle accentua chaque mot, mais ce qui me dérangeait le plus, c’était qu’elle n’avait pas répondu à ma question. Elle lança un regard entendu à Dare, comme s’ils avaient déjà parlé ensemble de ma bizarrerie.
— Excuse Daniela, lança Dare en lui tapotant le bras. Elle suit un régime sans glucides, et elle a un petit creux. Ce sont bien des shortys, oui.
— Parle toujours, Dare. Ne sois pas jaloux parce que je suis magnifique.
Elle fit bouffer sa queue de cheval pour accompagner ses mots.
— Encore un kilo et je serai au top. Mason Chalmers, continua-t-elle en se retournant vers lui, tu viens avec moi.
Daniela attrapa la main de Mas

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