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Des Hommes en noir , livre ebook

175

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Français

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2019

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Le gamin perché dans son arbre a tout vu. Les trois véhicules aux vitres teintées attaqués à l'arme lourde, la riposte, les hommes qui tombent sous les balles, l'arrivée d'un hélicoptère qui évacue les passagers, deux femmes et un homme en noir.Le lendemain, la route a été nettoyée. Plus de cadavre, aucune trace de balles. Le récit du gamin est pris au sérieux à Bogotá par Edilson Jutsiñamuy, le procureur d'origine indienne.Il demande de l'aide à une journaliste d'investigation, Julieta, qui part sur place avec son assistante Johana, une ex-guérillera des FARC. Leur enquête va dévoiler une inquiétante histoire entre la Colombie, le Brésil et la Guyane française, au cœur des puissantes Églises évangéliques qui ont envahi l'Amérique latine. La violence qui subsiste encore dans les bas-fonds de la société est prompte à jaillir et les enfants perdus, vestiges des histoires dramatiques que la fin de la guerre civile a révélées, n'ont pas fini de payer les pots cassés.Sur cette toile de fond, l'auteur construit une intrigue musclée et spirituelle, avec une ironie et un humour dévastateurs, et deux héroïnes fortes, tendres et presque incorruptibles. Un formidable polar dans les montagnes couvertes de jungle d'un pays magnifique.
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Publié par

Date de parution

18 avril 2019

EAN13

9791022608770

Langue

Français

SANTIAGO GAMBOA
DES HOMMES EN NOIR
 
Le gamin perché dans son arbre a tout vu. Les trois véhicules aux vitres teintées attaqués à l’arme lourde, la riposte, les hommes qui tombent sous les balles, l’arrivée d’un hélicoptère qui évacue les passagers, deux femmes et un homme en noir. Le lendemain, la route a été nettoyée. Plus de cadavre, aucune trace de balles.
Le récit du gamin est pris au sérieux à Bogotá par Edilson Jutsiñamuy, le procureur d’origine indienne. Il demande de l’aide à une journaliste d’investigation, Julieta, qui part sur place avec son assistante Johana, une ex-guérillera des FARC. Leur enquête va dévoiler une inquiétante histoire entre la Colombie, le Brésil et la Guyane française, au coeur des puissantes Églises évangéliques qui ont envahi l’Amérique latine. La violence qui subsiste encore dans les bas-fonds de la société est prompte à jaillir et les enfants perdus, vestiges des histoires dramatiques que la fin de la guerre civile a révélées, n’ont pas fini de payer les pots cassés.
Sur cette toile de fond, l’auteur construit une intrigue musclée et spirituelle, avec une ironie et un humour dévastateurs, et deux héroïnes fortes, tendres et presque incorruptibles.
Un formidable polar dans les montagnes couvertes de jungle d’un pays magnifique.
 
S ANTIAGO G AMBOA est une des voix les plus puissantes et originales de la littérature colombienne. Né en 1965, il étudie la littérature à l’université de Bogotá, la philologie hispanique à Madrid, et la littérature cubaine à La Sorbonne. Journaliste au service de langue espagnole de RFI, correspondant à Paris du quotidien colombien El Tiempo , il fait aussi de nombreux reportages à travers le monde pour des grands journaux latino-américains. Sur les conseils de García Márquez qui l’incite à écrire davantage, il devient diplomate au sein de la délégation colombienne à l’Unesco, puis consul à New Delhi. Il vit ensuite un temps à Rome. Après presque trente ans d’exil, en 2014, il revient en Colombie, à Cali, prend part au processus de paix entre les FARC et le gouvernement, et devient un redoutable chroniqueur pour El Espectador .  Sa carrière internationale commence avec un polar implacable, Perdre est une question de méthode (1997), traduit dans de nombreux pays, mais sa vraie patrie reste le roman ( Esteban le héros , Les Captifs du Lys blanc ). Le Syndrome d’Ulysse (2007), qui raconte les tribulations d’un jeune Colombien à Paris, au milieu d’une foule d’exilés de toutes origines, connaît un grand succès critique et lui gagne un public nombreux de jeunes adultes.  Suivront, entre autres, Nécropolis 1209 (2010), Décaméron des temps modernes , violent, fiévreux, qui remporte le prix La Otra Orilla, et Prières nocturnes (2014), situé à Bangkok. Ses livres sont traduits dans 17 langues et connaissent un succès croissant, notamment en Italie, en Allemagne, aux États-Unis. Il a également publié plusieurs livres de voyage, un incroyable récit avec le chef de la Police nationale colombienne, responsable de l’arrestation des 7 chefs du cartel de Cali (Jaque mate), et, dernièrement, un essai politico-littéraire sur La Guerre et la Paix où il passe le processus de paix colombien au crible de la littérature mondiale.  Parce que “le seul endroit où l’on puisse toujours revenir, c’est la littérature”.

 
Santiago GAMBOA
 
 
 
DES HOMMES EN NOIR
 
 
Traduit de l’espagnol (Colombie) par François Gaudry
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Éditions Métailié 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris www.editions-metailie.com
 
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Illustration © Mark D Callanan / Getty Images
 
Titre original : Será larga la noche
© Santiago Gamboa, 2019
Traduction française © Éditions Métailié, Paris, 2019
e-ISBN : 979-10-226-0877-0.
ISSN : 0291-0154
 
Il écumait les confins de la galaxie la rage au cœur, à la recherche d’une réponse – quelque chose de vague, de métaphysique, peut-être. Il hurlait dans le vide, amplifiant son propre tumulte dans l’espoir d’éveiller un écho.
Philip K. Dick, Message de Frolix 8

Ferme bien la porte, mon frère. La nuit sera longue.
José Ángel Valente, Punto Cero
I
A U COMMENCEMENT
Selon le récit de l’enfant, vers six heures du soir les trois 4x4 dépassèrent le virage et s’engagèrent dans le vallon que traverse le Río Ullucos. À bord du premier et du troisième se trouvaient les gardes du corps – deux Nissan Discovery, gris métallisé, c’est du moins ce qu’il lui sembla car il avait le soleil couchant dans les yeux. Le véhicule du milieu, le plus grand, était un Hummer classique à la carrosserie noire, doté d’un blindage de niveau six – on l’apprendrait plus tard – et aux vitres tellement foncées qu’il était impossible de distinguer l’intérieur. Les assaillants attendaient dans trois endroits disposés en équerre et avaient prévu de dynamiter le petit pont, mais un incident de dernière minute les en avait dissuadés. Ils se contentèrent de barrer la route au convoi en mettant en travers le tronc desséché d’un vieil eucalyptus, ce qui ne fut pas inutile, car lorsque les véhicules furent pris sous des tirs croisés, ils ne purent s’enfuir.
Les voyageurs avaient une bonne formation militaire. Aux premières rafales, ils virent qu’ils ne pourraient pas atteindre le prochain virage et placèrent leurs véhicules en V pour protéger le Hummer et éclairer l’endroit avec les phares, ce qui fonctionna un moment, car les balles traçantes finirent par atteindre les carrosseries, détruire les phares et crever les pneus. Ils étaient acculés, mais ils s’organisèrent pour repousser l’attaque. Il leur fallut d’abord sortir des véhicules et repérer les positions de l’ennemi. Ils comprirent rapidement qu’ils étaient cernés. Le feu le plus nourri paraissait venir de la route même, comme si à quelques mètres il y avait un nid de mitraillettes.
Le pire était à venir.
L’enfant les vit passer tout près de l’arbre (un manguier) où il était perché et à sa peur se mêla le vertige. Deux assaillants grimpèrent sur la berge de la rivière et s’y postèrent. Armés d’un bazooka, ils se trouvaient à moins de quarante mètres du Hummer blindé. Ils s’accroupirent sur l’herbe, gesticulèrent, agitèrent les bras, comme pour estimer la trajectoire du tir par des calculs compliqués, mais sans faire le moindre bruit. Finalement ils se décidèrent. L’un se mit à genoux, le canon sur son épaule. L’autre, derrière, prit le temps de viser, quelques secondes qui parurent interminables à l’enfant.
Et il tira.
Le Hummer fut soulevé en arrière, renversant un des hommes, et retomba lourdement en prenant feu. Les artilleurs eurent le temps de recharger calmement le bazooka et de se remettre en position. Le deuxième tir propulsa en l’air le Nissan de droite, au blindage inférieur. Un autre garde du corps mourut écrasé et le feu consuma en partie son corps.
La fusillade redoubla. Perché dans son arbre, l’enfant assistait à un déluge d’étincelles et d’éclairs.
Une balle déchira la nuit et se logea dans le crâne du troisième garde du corps, le plus jeune et plus aguerri, en train de manipuler un extincteur. Quand on trouva son corps, quelques jours plus tard, on sut qu’il s’appelait Enciso Yepes. Un homme de taille moyenne, robuste, les cheveux coupés ras avec une touffe au milieu, à la mode des footballeurs. Sur le téton gauche, un tatouage : “Dieu est mon pote, mon frangin, mon camarade”, et un autre sur le bras gauche : “Estéphanny est l’Amour et Dieu et la Reine d Chattes”. La balle avait perforé la masse encéphalique et brisé l’os frontal à la hauteur de l’œil droit, pour ressortir dans l’air raréfié par la fumée et les rafales, frapper légèrement une aile et, sa trajectoire modifiée, se planter dans le tronc d’un cèdre à cinquante mètres du chemin.
S’il avait survécu, Enciso Yepes serait resté invalide et privé de l’usage de la parole. Il avait trente-cinq ans et trois enfants mineurs avec deux femme

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