Déterrez, c est une erreur
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Déterrez, c'est une erreur , livre ebook

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Description

Quand on sort de prison et qu’on veut refaire sa vie, travailler pour Stephen Barclay présente certains avantages : il a besoin d’un homme de main peu scrupuleux, et il paye bien.

Exactement le genre de job qu’Ernie Larsen est prêt à faire. D’autant plus que la femme de Barclay est plutôt jolie et ne porte pas son riche mari dans son cœur... Puisqu’elle est son héritière, pourquoi ne pas lui donner un coup de main et l’aider à s’en débarrasser ? Moyennant finance, bien sûr.

Le coup est vite monté. Vite fait, bien fait ? Sauf que l’inspecteur Handel n’y croit pas. Il se trompe sur toute la ligne, mais qui sait ce qu’il va découvrir ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 janvier 2014
Nombre de lectures 2
EAN13 9791025100004
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Andre Lay
Déterrez c’est une erreur
French Pulp éditions
Policier



© French Pulp éditions, 2016
49 rue du moulin de la pointe
75013 Paris
Tél. : 09 86 09 73 80
Contact : contact@frenchpulpeditions.fr
www.frenchpulpeditions.fr
ISBN : 9791025100004
Dépôt légal : mai 2014
Couverture : © Véronique Podevin
Le Code de la propriété intellectuelle et artistique interdit toute copie ou reproduction destinée à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


1
L’annonce n’était pas explicite. Larsen plia le journal et le glissa dans la poche de son veston. Il rabattit son feutre délavé sur son front, croisa ses bras derrière sa tête et se rallongea sur le banc vermoulu.
D’après le soleil, il devait être entre sept et huit heures du matin, septembre agonisait dans une multitude de vert, de pourpre et d’or. Larsen frissonna et se replia sur lui-même, cherchant une position confortable.
Il y avait trois jours qu’il était sorti de prison. Il commençait à regretter le confort tout relatif des cellules. Ses reins, après avoir essayé une partie des bancs de la ville, étaient moulus de courbatures.
Il ferma les yeux et tenta de réfléchir. Parmi les innombrables offres d’emplois qu’il avait consultées depuis sa libération, celle qu’il venait de relire lui trottait dans la tête. Il la savait par cœur et la murmura à mi-voix : « Cherche jeune homme, intelligent, fort, sachant conduire, pour seconder homme d’affaires malade. Barclay, 135, avenue des Lacs. »
C’était bref, concis, un peu trop ; cette annonce laissait à Larsen la possibilité d’imaginer une foule d’hypothèses peu tentantes. Servir de secrétaire, de garde-malade, et de chauffeur à la fois, ne lui souriait guère. Après ça, il ne lui resterait plus qu’à préparer les repas, faire la vaisselle, un peu de ménage et amuser les gosses s’il y en avait.
Un pâle sourire détendit ses traits durs. Larsen se laissa glisser de son banc et étira son grand corps, face au soleil. À ses pieds, la ville scintillante ressemblait à un immense bateau de guerre dont l’étrave fendait la rivière en deux. À droite, un des bras du fleuve se perdait dans des marécages. Un peu plus loin, des immeubles sans grâce coupaient l’horizon. À gauche, perdu dans un amont de verdure que trouaient quelques lacs, couleur du ciel, il distinguait le quartier résidentiel. Il se retourna. Le fleuve, après s’être scindé en deux comme pour laisser pousser la ville en son centre, se ressoudait avant de se perdre dans la campagne.
La prison n’était pas visible.
Larsen revint à la réalité.
Derrière les arbres, le gardien du square ouvrait les grilles. Dans quelques instants, les jardiniers allaient arriver. Il était temps de déguerpir. Sa décision était prise, il irait le matin même tenter sa chance. Il était plus que temps, pour lui, de trouver du travail, ses derniers billets ne pesaient pas lourd au fond de sa poche.
Il passa une main sur son menton hirsute et, d’un pas ferme, se dirigea vers la sortie la plus proche. Il cligna de l’œil au gardien et traversa la rue presque déserte.
Quelques instants plus tard, il avalait un café exécrable à la terrasse d’un café. Il fuma une cigarette et se mit à la recherche d’un coiffeur.
À dix heures, Ernie Larsen était complètement transformé. Pendant qu’il se prélassait dans un bain brûlant, un garçon de courses avait porté son costume froissé au pressing, de sorte que, rasé de près, vêtu d’un complet usé mais propre, il ne ressemblait en rien au clochard qu’il était quelques heures auparavant.
Il entama son dernier billet pour acheter une cravate bon marché et un paquet de cigarettes. Un cireur donna à ses chaussures une apparence factice de confort en cachant les craquelures sous une couche de cire, et un éclat qu’elles n’avaient jamais eu.
Ernie Larsen jeta un regard à l’horloge d’une école et héla un taxi. Il était l’heure de se rendre chez l’étrange personnage qui passait des annonces fantaisistes.
Le taxi stoppa près de lui. Larsen s’engouffra dans la voiture et lança l’adresse au chauffeur.
— Avenue des Lacs !
Le gars dévala la descente qui conduisait au centre de la ville. Larsen laissa rouler un moment, puis se pencha en avant. Doucement, il tapota la vitre de séparation. Le chauffeur la fit coulisser et jeta un coup d’œil interrogateur dans le rétroviseur.
— Pas trop vite, j’ai tout le temps !
Larsen hésita une seconde comme s’il cherchait ses mots et reprit :
— Je suis étranger, je voudrais profiter de l’occasion pour jeter un coup d’œil. Ce qu’il espérait se produisit. Le chauffeur, ravi de l’aubaine, se mit à bavarder comme une pie.
Après avoir conté l’histoire de la cité et fait contempler quelques monuments importants à Larsen, le conducteur, tout en guidant son véhicule d’une main sûre, arriva à un chapitre que Larsen ne connaissait que trop. Il jeta un clin d’œil malicieux dans le rétroviseur et reprit en glissant son taxi entre deux autocars.
— Nous avons, à 5 kilomètres d’ici, la prison la plus moderne du pays.
— Vraiment !
— Voulez-vous que nous y allions ?
— Merci, laissons au hasard le soin de m’y conduire !
Le chauffeur éclata de rire.
— Je ne vous le souhaite pas, depuis dix ans qu’elle est en service, aucun détenu n’a jamais pu s’en échapper.
Larsen baissa les yeux. C’était hélas ! trop vrai. Il venait de passer trois ans derrière ces murs infranchissables et malgré le cinéma, la radio et les salles de jeux, les hommes qui y étaient enfermés ne parvenaient jamais à oublier où ils étaient. Sur ce chapitre, il aurait pu en remontrer à son guide.
Il laissa la conversation changer de sujet et jeta un coup d’œil autour de lui. La voiture avait quitté le quartier des affaires et s’engageait dans de larges avenues bordées de maisons spacieuses. En quelque sorte, Larsen n’avait pas menti au chauffeur en disant qu’il ne connaissait pas la ville. Il était arrivé quelques années plus tôt dans un fourgon blindé, et depuis trois jours, il avait erré dans les bas quartiers en cherchant vainement à réunir la somme nécessaire pour regagner la capitale, puis l’annonce avait bouleversé ses plans.
Il revint au sujet qui l’intéressait.
— C’est rudement chic par ici ; le quartier riche, je suppose ?
Le chauffeur hocha la tête d’un air entendu.
— Pour s’établir là, mon gars, faut de la galette.
Larsen frissonna d’aise. Il aimait l’argent, un peu trop même, ce qui lui avait permis de passer des vacances aux frais de l’État. Il se pencha un peu plus.
— Je vais chez Monsieur Barclay, vous connaissez ?
— Ah ! vous allez pour l’annonce ?
Larsen hésita une fraction de seconde et se lança.
— Oui.
— Eh bien, mon vieux, je vous souhaite du plaisir. Barclay contrôle toutes les agences immobilières et avec la crise du logement, il s’est fait un peu d’oseille, le salaud ! Maintenant c’est un des plus riches du pays. Je ne sais pas si vous avez déjà habité avec un ours, mais cela aurait été une excellente préparation. Peu de personnes peuvent le blairer et il n’y a qu’un étranger pour avoir envie de travailler avec lui.
Larsen sourit.
— Je n’ai pas le choix et j’aime les animaux !
— Ça tombe à pic. Si Barclay est un ours, sa femme est une vraie panthère ! Vous allez drôlement vous marrer.
Larsen éclata de rire.
— Vous n’êtes guère encourageant.
— Moi, ce que j’en dis !
— Bien sûr, je vous en suis reconnaissant. Comment est-il, Barclay ?
— Grand, gros, un déménageur en habit, moins emprunté.
— Que lui est-il arrivé ? Maladie ?
— En quelque sorte oui, mais si j’avais passé dix ans de ma vie à m’empiffrer et à boire sec, je ne serais pas étonné si une attaque de paralysie me clouait sur un fauteuil. C’est bien fait pour ses pieds.
Larsen se laissa aller sur la banquette.
— Dites-moi, vous n’avez pas l’air de le porter dans votre cœur.
Le chauffeur hocha la tête d’un air convaincu.
— Je ne suis pas le seul et j’ai dans l’

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