Enquête et chocolat
148 pages
Français

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Enquête et chocolat , livre ebook

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Description


Tous aux abris ! Fleur revient pour de nouvelles aventures.



La détective privée la plus poisseuse de France s’octroie un week-end de repos bien mérité en Gironde afin d’assister au mariage de son amie Juliette Rossi.



Au programme : quatre jours de détente et de découvertes gastronomiques dans un luxueux domaine édifié au milieu des vignes.



Rien ne pourra venir gâcher ces vacances tant attendues en compagnie de Kim, sa sœur de cœur et de Cédric, son gendarme préféré.



Rien, à part peut-être ce corps retrouvé à quelques heures de la cérémonie.



Franchement, parfois, avoir un mauvais karma, ça craint !



Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782956105497
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Enquête et chocolat
Dépôt légal : Juin 2021 Copyright © 2021 Séverine SILBERT Tous droits réservés.
Couverture réalisée par : Marilyn De Nilsen Copyright © 2021 Marilyn De Nilsen
ISBN-13 : 978-2-956-1054-9-7
Enquête et chocolat Un pavé dans la pièce montée
Séverine SILBERT
Ce récit est une œuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
REMERCIEMENTS

Et voilà, mon sixième roman est publié.

Je n’aurais jamais cru arriver aussi loin lorsque j’ai commencé à écrire les premières lignes de Ténégria.
Et ce livre n’aurait jamais pu voir le jour sans denombreuses personnes que je tiens à remercier.

Tout d’abord, il y a mon équipe de choc qui me suit depuis plusieurs années déjà. Isabelle, ma correctrice aux yeux de lynx, Marilyn, aux multiples casquettes (graphiste, dessinatrice, supporter), Julie et Blandine, la petite dernière, pour leurs retours de lecture.
Je n’oublie pas non plus celui qui partage ma vie et qui secharge de la mise en page, car ce n’est pas une mince affaire.

Et puis, il y a vous, mes lecteurs. Je dis un grand merci à tous ceux qui me lisent et qui n’hésitent pas à me faire part de leur avis. Vos retours me font un bien fou, surtout en périodede doute, et me boostent.

Je me suis beaucoup amusée en écrivant ces nouvelles aventures de Fleur et j’espère que vous les apprécierez tout autant.

Alors, bonne lecture !
Rappel des règles pour être un bon détective privé

Règle n° 1 : Avoir une bonne condition physique
Règle n° 2 : Savoir utiliser les réseaux sociaux
Règle n° 3 : Maîtriser la filature en voiture
Règle n° 4 : Toujours se méfier des animaux domestiques
Règle n° 5 : Toujours garder son sang­froid
Règle n° 6 : Maîtriser l’art de la dissimulation
Règle n° 7 : Être un as de la mécanique
Règle n° 8 : Savoir mener un interrogatoire
Règle n° 9 : Se construire un réseau d’informateurs
Règle n° 10 : Toujours être plus malin que les autres
Règle n° 11 : Savoir crocheter des menottes
Règle n° 12 : Savoir trancher une corde
Chapitre 1
Il est cinq heures, Paris s’éveille

L’horloge du tableau de bord affiche tout juste cinq heures du matin.
Sérieusement, c’est inhumain d’être debout aussi tôt !
Dire que j’aurais pu être bien au chaud sous ma couette pour encore au moins trois heures si je n’avais pas accepté ce boulot de dernière minute ! Peut-être même me serais-je réveillée avec un teint éclatant et une peau de pêche.
L’espoir fait vivre, non ?
À la place, je ressemble à un cadavre ambulant avec un visage blafard et des cernes qui forment un gouffre sous mes yeux.
Il faut voir le bon côté des choses, je serais à la mode puisque les zombies sont tendance. Et puis, je pourrais rapidement résoudre mes affaires. Un cerveau cuisiné façon sushi ou milk shake, une petite vision, et hop, le tour est joué 1 .
En attendant, Halloween n’est pas avant plusieurs mois et les filtres photo ne fonctionnent pas dans la réalité. C’est bien dommage. Du coup, je garderai cette tête de déterrée toute la journée.
Je vais vous faire une confidence. Même avec plusieurs heures de sommeil en plus, je n’aurais jamais l’air fraîche et pimpante. Je ne suis pas du matin (du soir non plus d’ailleurs) et au réveil, je ressemble à un chat qui aurait mis sa patte dans une prise électrique, dixit ma meilleure amie au franc-parler, si chère à mon cœur.
Je me plains, mais en même temps, j’aurais été stupide de refuser cette nouvelle affaire. C’est de l’argent facilement gagné. Celle-ci est si simple qu’elle sera pliée dans la journée. C’est une banale histoire de salarié soupçonné de travailler au noir pendant son arrêt maladie.
Finalement, oubliez ce que je viens de dire. Je ne dois pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, cela risque fort de me porter malheur.
Après tout, je pensais la même chose pour mon premier contrat et nous savons tous où cela m’a amenée. J’ai été accusée de meurtre et j’ai bien failli finir en morceaux dans un sac-poubelle noir, comme toutes les victimes de Dexter 2 .
Bien au chaud dans ma doudoune violette, la voiture dissimulée dans un petit chemin, je patiente. La camionnette blanche de ma cible ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. Je m’occupe tant bien que mal en vidant une boîte de chocolats de Pâques et en préparant la liste des affaires à emporter dans ma valise.
Demain, avec ma meilleure amie Kim, nous partons pour un week-end de quatre jours en Gironde afin d’assister au mariage de Juliette, une copine rencontrée lors de nos folles années universitaires.
Juliette a fait les choses en grand et invité tout le monde pour un séjour de rêve au milieu des vignes.
Franchement, ce séjour tombe à pic, car j’ai bien besoin de me reposer. Et cerise sur le gâteau, Cédric est aussi de la partie. Du coup, je vais pouvoir profiter de mon compagnon que je n’ai pas vu depuis un mois.
Eh oui, ce n’est pas facile d’être amoureuse d’un homme qui vit à plus de huit cents kilomètres.
Heureusement, la technologie nous permet de nous parler tous les jours, néanmoins, c’est loin d’être suffisant.
Je chéris chaque instant passé en sa compagnie, même s’ils sont trop courts à mon goût.
En attendant, comme je fais toujours tout au dernier moment, mes bagages ne sont pas encore faits. Je ne suis pas totalement irrécupérable, car j’ai tout de même réussi à trouver le temps d’aller acheter une tenue pour le jour de la cérémonie. D’ailleurs, depuis, il pleut tous les jours.
Conclusion, j’ai intérêt à accélérer un peu le mouvement afin d’être prête pour demain. Sinon, ma meilleure amie est bien capable de partir sans moi.

Des phares illuminent soudain la route et m’obligent à remettre à plus tard ma petite liste.
Avant de faire le piquet à une heure aussi matinale, j’ai fait quelques recherches sur l’homme en question et notamment sur ses habitudes. Hier, je suis allée flâner dans la rue où il réside et par chance (comme quoi, parfois, cela m’arrive), j’y ai croisé une adorable mamie très bavarde. Cette dernière promenait son chien et n’a pas mis longtemps à me raconter la vie de son voisin.
Ainsi, j’ai appris que ma cible, un charmant monsieur de quarante ans, récemment divorcé, quittait son domicile tous les matins vers cinq heures. Et ce, depuis un peu plus d’une semaine.
Cette vieille dame m’a rendu un fier service, mais elle m’a aussi donné les chocottes.
Sérieusement, je ne lui ai pas demandé pourquoi elle était debout si tôt afin de surveiller les allées et venues de son entourage, mais je trouve l’idée légèrement effrayante. Pas vous ?
Quoi qu’il en soit, cette commère n’est pas la seule personne louche. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais normalement, quand on est en arrêt maladie pour cause de lumbago, on ne s’amuse pas à quitter son domicile avant le premier chant du coq.
S’il mijote quelque chose ou se moque ouvertement de son patron, je vais très vite en avoir le cœur net.
La camionnette s’engage sur une nationale d’habitude très fréquentée, mais déserte à cette heure-ci.
Je garde une distance raisonnable avec elle. Même si ma voiture est noire et donc beaucoup plus discrète que jaune citron 3 , je ne veux pas risquer qu’il se méfie et me file entre les doigts.
Nous roulons pendant un quart d’heure avant de tourner en direction d’un petit village situé tout près de Chartres.
Je ralentis et me gare à l’écart tandis qu’il arrête son véhicule devant un portail fermé. Je m’empare de mon appareil photo et zoome afin de voir ce qu’il fabrique.
Il appuie sur un interphone et quelques secondes plus tard, le portail s’ouvre.
Je prends plusieurs clichés de ma cible vêtue d’un bleu de travail avant qu’elle ne rentre à nouveau dans sa voiture.
Je m’extirpe de la mienne dès que la voie est libre et veille à ne pas marcher dans les nombreuses flaques d’eau. La terre peine à absorber toutes les larmes tombées du ciel ces derniers jours.
Rapidement, je m’avance vers le portail. Il est bien trop haut pour me permettre de distinguer ce qu’il se passe derrière, mais il m’en faut plus pour m’avouer vaincue.
Je pars à la recherche d’une éventuelle plaque sur le mur susceptible de m’indiquer l’identité du propriétaire, mais je n’en trouve pas. Sur la boîte aux lettres est affiché le nom d’un couple. Cet homme a donc rendu visite à des particuliers. Mais pour quelle raison ? Et pourquoi si tôt ? Il sera bientôt six heures et le soleil ne se lève pas avant deux bonnes heures. Agit-il ainsi pour limiter les risques de se faire prendre ?
La propriété est clôturée par un simple grillage et une immense haie de thuyas obstrue la vue. C’est une aubaine pour moi. Je vais pouvoir y glisser mon puissant objectif et espionner.
Mon matériel en place, je repère rapidement ma cible. Elle est occupée à sortir de l’arrière de sa camionnette, deux gros seaux de peinture, et ce, sans peiner. Au contraire, elle sifflote.
Si ce type a des problèmes de dos, moi je suis mère Térésa. Chacun de ces pots doit au bas mot peser trente kilos. J’en sais quelque chose, car quand j’ai redécoré mon agence, j’ai essayé d’en porter un au magasin de bricolage. En fin de compte, j’ai dû faire du charme au vendeur pour qu’il accepte de les mettre dans mon coffre.
Je prends de nouveaux clichés qui viendront étayer mon rapport.
J’attends quelques minutes, après que monsieur J’arnaque-mon-patron a disparu à l’intérieur d’un bâtiment. Cela m’a tout l’air d’être une dépendance. Je le soupçonne de rénover cet endroit. Toutes les lumières dans la maison principale sont éteintes. Soit les propriétaires sont absents, soit ils dorment toujours.
Comme il ne semble pas décidé à ressortir, je préfère quitter mon point d’observation. Si je m’attarde trop, un voisin risque de s’interroger sur ma présence. Il pourrait même contacter la police après m’avoir confondue avec un voleur.
De toute manière, j’ai assez d’éléments pour satisfaire mon client. Comme je l’avais prévu, c’était une enquête facile.
Les arbres se mettent soudain à bouger et un énorme chien se jette sur moi en réussissant à aboyer et grogner en même temps. Je dois une fière chandelle au grillage. Sans lui, je me serais pris ce molosse enragé de plein fouet.
Surprise, je bondis en arrière, mais glisse sur la terre devenue gadoue.
Ni une ni deux, je me retrouve par terre, les fesses au milieu d’une flaque d’eau.
Mais pourquoi ?!
Pourtant, je le savais. Je n’aurais pas dû crier victoire trop vite. Après tout, je ne serais pas Fleur Deschamps (si, si, vous avez bien lu, c’est l’humour de ma chère maman) s’il ne m’arrivait pas au moins une tuile par semaine.
Heureusement, mon appareil n’a rien. Par réflexe, j’ai maintenu le bras en l’air.
Je me relève rapidement en pestant. Mieux vaut ne pas traîner dans le coin. Les aboiements ont sûrement alerté les propriétaires ou ma cible. D’autant que le sac à puces continue de s’époumoner sur moi.
Méchant chien !
Le fessier trempé, je cours tant bien que mal à ma voiture. J’ôte ma doudoune et la dépose sur le siège pour éviter de le salir. Je démarre et fuis le plus vite possible la scène de crime.
Heureusement, je suis prévoyante. Je garde toujours une tenue de rechange à l’agence. Précaution judicieuse et très utile quand on connaît ma poisse légendaire.
Elle m’a servi pas plus tard que la semaine dernière, lorsque je suis allée laver ma voiture au rouleau. J’ai eu la riche idée de laisser ma vitre entrouverte. Résultat, ma titine était propre à l’extérieur comme à l’intérieur, surtout mon siège. Mon état après quelques minutes de conduite était plutôt comique. Et je dois vous avouer qu’il n’y a rien de plus désagréable que de porter un jean mouillé. Il se raidit en séchant et nous oblige à faire la danse des canards en pleine rue 4 .
Chapitre 2
Nettoyer, balayer, astiquer...

Les cloches de l’église sonnent dix-sept heures quand je pose enfin les pieds sur mon palier.
J’ai passé la journée à rédiger le rapport à la suite de mon excursion matinale et je suis lessivée.
Une chose est sûre, mon client va être ravi, car je n’ai pas lésiné sur les détails et les preuves. Comme à mon habitude, j’ai fait mon travail correctement et à fond.
N’allez surtout pas croire que cela me fasse plaisir de savoir qu’un homme va avoir de gros ennuis par ma faute. Seulement, il connaissait les risques quand il a choisi de frauder.

Toute dégoulinante, à cause de l’orage qui a éclaté pile au moment où je quittais l’agence, je déverrouille la porte avec soulagement. Mon programme pour ce soir, un bon bain chaud et au lit avec un livre.
Une délicieuse odeur de gâteau au chocolat m’accueille. Aussitôt, mon ventre se met à gargouiller malgré les deux muffins dévorés pour le goûter.
Ne me jugez pas, c’est le deuxième repas le plus important de la journée.
Contre toute attente, ce n’est pas Kim, mais un beau blond aux yeux bleus qui se tient derrière les fourneaux.
Un mètre quatre-vingt-dix de muscles, de charme et de craquantitude 5 . Tout cela, rien que pour moi.
Mon Cédric est gendarme, c’est sa vocation. Âgé d’à peine trente-six ans, il dirige déjà une petite brigade à Maussane les Alpilles 6 .
C’est là-bas que je l’ai croisé, neuf mois plus tôt, lors de ma première affaire en tant que détective privée fraîchement licenciée. Mais en réalité, je le connais depuis un peu plus de dix ans. Il fut même mon meilleur ami jusqu’à ce que je coupe volontairement les ponts avec lui, il y a de cela neuf ans. Après avoir su qu’il était au fait des infidélités de mon mari, mais qu’il s’était bien gardé de m’en informer.
Nos retrouvailles furent donc quelque peu mouvementées, mais à l’instar des contes de fées, tout est finalement rentré dans l’ordre. Nous avons réussi à mettre nos griefs de côté et à nous rabibocher.
Notre relation a même pris un nouveau tournant pour le moins inattendu.
Cela va sûrement vous paraître fleur bleue, mais j’ai fini par ouvrir les yeux et réaliser que c’était l’homme de ma vie. J’en suis certaine à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Les un pour cent restants, c’est juste une précaution.
Néanmoins, je ne suis pas du genre à trop m’enthousiasmer et à faire des plans sur la comète. Comme on dit, « chat échaudé craint l’eau froide ».
Nous verrons bien avec le temps comment la situation évoluera. J’ai décidé de vivre notre relation au jour le jour sans prise de tête.
Si seulement ma mère pouvait partager mon point de vue.
Depuis que je lui ai annoncé que Cédric et moi étions en couple, elle ne cesse de faire des allusions sur le mariage et les enfants. Le pire est son total manque de subtilité. Il faut dire que ma chère maman n’a jamais aimé Julien, mon ex (c’était un signe). Par contre, elle a toujours été une fan inconditionnelle de mon petit ami.
Je crois qu’elle m’imagine déjà m’avançant vers l’autel dans une robe blanche. Je suis prête à parier que la liste des invités et le menu pour la réception sont établis depuis longtemps.
Mais revenons à l’instant présent, beaucoup plus intéressant.
Je n’aurais jamais pensé que la vision d’un homme portant un tablier puisse autant m’émoustiller. Le fait que cet homme ressemble à une star du cinéma y est sûrement pour beaucoup.
– Bonjour, ma belle, te voilà enfin !
Il me sourit et je craque devant sa jolie fossette.
Je lui rends son sourire avant de me jeter dans ses bras. Puisqu’il est là, j’ai bien l’intention d’en profiter autant que possible.
Construire une relation à distance n’est pas facile tous les jours. Cependant, je ne m’inquiète pas. Si nous avons pu nous retrouver au bout de neuf ans, ce ne sont pas quelques semaines de séparation qui risquent de mettre à mal notre couple. Il n’empêche, je préférerais le voir plus souvent. Malheureusement, sa profession lui laisse peu de temps libre et de mon côté, j’ai mon agence à faire tourner.
Je l’embrasse avec gourmandise jusqu’à ce que notre baiser devienne plus passionné.
Je le pousse jusqu’au canapé et il s’écroule en riant. Je grimpe sur ses genoux, bien décidée à le dévorer. Ce soir, je vais commencer mon dîner par le dessert.
Il se redresse subitement en criant de douleur.
Et voilà, je savais bien que j’avais trop abusé de chocolat ces derniers temps. Mais il exagère un peu quand même. J’ai dû prendre un ou deux kilos tout au plus. Il doit à peine le sentir.
– Que se passe-t-il ? Pourquoi as-tu braillé ?
Tu n’as pas intérêt à répondre que j’ai grossi, sinon je t’étrangle.
– Quelque chose de pointu s’est enfoncé dans mon dos.
Il fouille derrière lui et brandit un cintre en bois.
Il me jette un regard accusateur.
– Pourquoi me dévisages-tu ainsi ?
– Pourquoi y a-t-il un cintre coincé dans les coussins de ce canapé ?
Je hausse les épaules.
– J’ai dû le laisser tomber ce matin après avoir enfilé ma veste et j’ai oublié de le remettre à sa place. Enfin, j’imagine.
Il pousse un soupir amusé.
– Tu ne m’as pas l’air très convaincu.
– Chérie, ne prends pas mal ce que je vais te dire, mais...
– Généralement, quand on commence sa phrase ainsi, c’est que la personne ne va pas aimer.
Ses lèvres forment un petit sourire moqueur.
– Ton aversion pour le ménage et le rangement n’est plus un secret pour personne.
Choquée, j’ouvre la bouche, mais la referme rapidement, ne sachant pas quoi dire.
– Regarde autour de toi. Tu as une fâcheuse tendance à tout laisser traîner. Et je ne te parle même pas de toutes ces boîtes de chocolats !
– Il n’y en a pas tant que ça, bougonné-je.
– J’en compte au moins une vingtaine.
– Je ne vois vraiment pas où est le problème. En plus, c’est de la faute aux commerçants, ils les mettent sous mon nez afin de me tenter.
– Tu as déjà répondu ça pour les calendriers de l’Avent.
– Et c’était aussi la vérité.
Il ricane.
– D’ailleurs, à ce propos, j’ai croisé Kim à mon arrivée. Elle m’a chargé de te rappeler que c’était à ton tour de jouer la fée du logis. Et elle s’attend à tout voir briller à son retour demain. Sinon, elle te promet une punition de son cru.
Je soupire. Nettoyer, balayer, astiquer... C’est la devise de ma colocataire et meilleure amie. Croyez-le ou non, ce n’est pas toujours facile de vivre avec une maniaque.
Et maintenant, c’est au tour de mon copain. Nous sommes à la limite du harcèlement.
En plus, je le trouve très bien comme il est, cet appartement. Les quelques affaires sur le sol et la vaisselle dans l’évier lui donnent un côté plus « vivant ».
Mais je connais Kim, elle mettra sa menace à exécution si je ne fais rien.
– Je suppose qu’elle dort encore chez ce Guillaume, annoncé-je, peu enthousiaste.
Je ne peux m’empêcher de grimacer en prononçant son prénom.
Il hoche la tête.
– Tu n’as pas l’air de beaucoup l’apprécier.
– Je ne le porte pas particulièrement dans mon cœur, je l’avoue. Mais avant tout, je m’inquiète pour Kim. Elle le connaît à peine et en parle déjà comme si c’était l’homme de sa vie.
Elle l’a rencontré en février dernier, lors d’une croisière pour célibataires. D’après mon amie, cela aurait été un véritable coup de foudre pour tous les deux. Et comble de chance, il vit aussi en région parisienne.
– Qui sait, c’est peut-être le cas.
– J’espère bien que non ! Il est bien trop arrogant et a une fâcheuse tendance à dénigrer les autres. D’après ce qu’il avance, il est archéologue et n’arrête pas de se vanter auprès de tout le monde de sa future expédition pour l’Égypte. Ce serait la plus importe jamais montée, blablabla. Seulement, jusqu’à présent, à part se pavaner dans des cocktails et dormir toute la journée, je ne l’ai pas beaucoup vu travailler.
La vérité, c’est que Kim a le chic pour ramener des petits copains un peu spéciaux.
Il y a eu Nicolas, un soi-disant célèbre artiste peintre qui s’était révélé n’être qu’un baratineur imbu de sa personne. Quelques mois plus tôt, nous avons eu droit à un professeur de philosophie complètement déprimé à force de s’interroger sur la raison de son existence.
Et j’ai bien peur que le dernier en date ne soit pas beaucoup mieux.
– Tu es peut-être juste un peu trop protectrice envers ton amie.
– Sans doute, mais j’ai surtout du mal à la comprendre. Elle est psychologue. Son métier consiste à analyser les gens et pourtant, dès qu’il s’agit de sa vie sentimentale, elle n’est pas fichue de trouver un homme assez bien pour elle. Mais bon, tu vas bientôt faire sa connaissance puisqu’il nous accompagne ce week-end. Tu auras tout le temps de te forger ta propre opinion.
– Eh bien, je sens que ces prochains jours vont être intéressants.
– À n’en pas douter. Mais arrêtons de parler des absents.
Ma voix se fait sensuelle.
– Si je comprends bien, nous avons l’appartement pour nous tout seuls.
Il s’approche de moi, tel un prédateur.
– Qu’avez-vous donc en tête, mademoiselle Deschamps ?
– Je pensais que nous aurions pu commencer par ranger ma chambre.
Je lui caresse le torse.
– Hum. C’est une excellente idée, mais cela va prendre beaucoup de temps, j’en ai bien peur.
– Oh oui. Au moins toute la nuit.
– Alors, nous devrions nous y mettre tout de suite.
– Entièrement d’accord.
Je l’attrape par la ceinture de son tablier et l’attire à moi pour l’embrasser. Il me rend mon baiser avant de me soulever, de passer mes jambes autour de ses hanches et de quitter le salon.
Chapitre 3
Règle n° 13 : Savoir courir

Une agréable odeur de chocolat chaud me sort doucement de ma léthargie. Le matelas s’enfonce à côté de moi.
– Bonjour, Belle aux bois dormants.
Je souris à Cédric en m’étirant. Avec un tel réveil, la journée ne pourra qu’être bonne.
Je m’assois et attrape la tasse fumante qu’il me tend. J’avale une gorgée et manque de m’étouffer en apercevant l’heure.
– Chéri. As-tu remarqué qu’il était à peine six heures ?
J’essaie d’être aimable, mais je crois bien que mes dents viennent de grincer.
– Bien sûr, répond-il, amusé. Normalement, j’avais prévu de te tirer du lit à cinq heures, mais je me suis dit que tu méritais de faire la grasse matinée.
C’est sûr, il se paie ma tête, là.
– Et pour quelle raison devrais-je me lever aussi tôt pendant mes congés ?
– Eh bien, comme nous avons un peu de temps rien que pour nous, j’ai jugé que ce serait l’occasion idéale pour démarrer un petit programme de remise en forme.
Il est sérieux ?
Je le détaille rapidement et constate qu’il a déjà enfilé une tenue de sport. Il avait tout prémédité et il m’a bien eue avec son chocolat chaud.
D’ordinaire, je ne me serais pas gênée pour le reluquer, mais là, il est bien trop tôt.
– Mauvaise idée !
Je lui redonne la tasse si brusquement qu’une partie de son contenu se renverse.
Je me recouche aussitôt et tire la couette sur moi.
Il est hors de question de me lever aux aurores pour faire de l’exercice !
De toute façon, le sport et moi ne nous entendons pas. Pourtant, j’ai essayé de faire plus ample connaissance avec lui. Mais à l’évidence, nous n’avions aucun atome crochu. Ce ne fut pas une décision facile à prendre, néanmoins, j’ai préféré couper court à toute relation avant qu’il ne s’attache trop à moi.
Cédric ricane.
– Ma puce, je sais parfaitement que tu n’en as pas envie, mais tu verras, nous allons bien nous amuser.
– Ça m’étonnerait.
– Très bien, tu ne me laisses pas le choix.
Je n’ai pas le temps de dire ouf qu’il a déjà volé la couette. Le froid m’envahit aussitôt.
– Rends-moi cette couette immédiatement !
Un petit sourire provocateur se dessine sur ses lèvres.
– Non.
– Je suis sérieuse.
– Viens la chercher.
– Tu l’auras voulu !
Furibonde, je sors du lit et m’avance d’un pas décidé vers lui, j’ai bien l’intention de reprendre mon bien.
– Redonne. La. Moi.
– Tu es vraiment grognon le matin.
– À qui la faute ?
J’attrape la couette des deux mains.
Un véritable défi de tir à la corde démarre. Enfin, moi, je tire de toute mes forces. Cédric, lui, se contente de me fixer en se marrant.
Saloperie de muscles !
Impossible de la récupérer.
Monsieur s’amuse bien, mais je vais lui faire ravaler son sourire en coin.
– Lâche-la ou ce soir, tu dors sur le canapé.
Bingo ! Ma menace porte ses fruits, car il s’exécute.
Petit hic, j’aurais dû anticiper son geste et cesser de tirer.
Je pars à la renverse et chute sur le lit. Emportée par mon élan, je roule sur le matelas avant de terminer par terre.
Cédric vient aussitôt m’aider à me relever.
– Ça va, ma puce ?
– Oui, la couette a amorti le plus gros.
– Je suis désolé, je n’avais pas prévu ton numéro de cascadeuse.
C’est ça, moque-toi !
Je serais tentée de le croire s’il n’était pas à deux doigts d’éclater de rire.
Je lui lance mon regard noir, mais cela ne fonctionne toujours pas sur lui. Pourtant, je me suis entraînée ces dix derniers mois.
Il dépose un tendre baiser sur ma joue.
– Bon. Tu es debout, alors autant en profiter pour t’habiller. Ensuite, nous pourrons aller courir.
Oups. Je me suis fait avoir en beauté.
  

Je vous en supplie, que quelqu’un me sauve avant que je ne tombe dans les pommes !
– Surtout, préviens-moi quand tu auras l’intention d’accélérer. Tu es assez échauffée à présent.
Accélérer ?!! Non, mais il plaisante, j’espère. Il vaut mieux pour lui que ce soit le cas, sinon je vais le tuer. Et cette fois, il n’y aura pas besoin d’enquête pour trouver le meurtrier, car j’irai me rendre à la police.
Depuis ce matin, il se prend pour le sergent Harris dans Police Academy . Il me force à courir dehors par un froid de canard. Je suis certaine qu’après, il va m’achever en me faisant faire des pompes.
J’ai l’impression d’être dans le parc du château depuis des heures. Je suis en nage, j’ai la tête qui tourne et mes poumons sont en feu.
Voilà, ça recommence ! Quand je dis que le sport ne m’aime pas, il cherche à me tuer à chaque fois.
– Tu rigoles, j’espère ! Regarde-moi, je suis à mon maximum. Si j’accélère ne serait-ce que d’un iota, tu devras me ramasser à la petite cuillère.
– Ma belle, tu vas si lentement qu’une tortue te battrait à la course.
– Il faut toujours que tu exagères. Tu racontes vraiment n’importe quoi, haleté-je.
Au même moment, parce que je suis Fleur Deschamps et que mon karma prend souvent un malin plaisir à me contredire, nous sommes doublés par un papy se déplaçant avec une canne.
Morte de honte, j’ignore le sourire railleur de mon petit ami et continue d’avancer.
– Allons, ma puce, ne te fâche pas. Dis-toi que cela aurait pu être pire. Il aurait pu avoir un déambulateur.
J’accélère pour m’éloigner de lui. Très mauvaise idée.
Ma vision se trouble et j’ai un point de côté. Il est plus prudent pour moi de m’arrêter.
– J’ai besoin de faire une pause, je n’en peux plus !
Je suis pliée en deux à cause d’une crampe.
– Mais on vient tout juste de commencer !
– Tu veux rire ?! Je cours depuis des heures.
– Cela ne fait même pas dix minutes.
– Je n’apprécie pas du tout ton sens de l’humour. Tu m’obliges à cavaler depuis une éternité.
– Je suis sérieux, je te le jure.
Il me met sa montre sous le nez pour me le prouver et je constate qu’il dit vrai.
C’est impossible, je ne peux pas être dans cet état en si peu de temps.
Cédric éclate de rire devant ma mine décomposée.
Vexée, je fais demi-tour et le laisse en plan tandis qu’il se fend la poire.
– Mais où vas-tu ? Nous n’avons pas fini.
– J’abandonne. Je ne suis pas un membre de ta brigade, je te rappelle. Je ne suis pas obligée de t’obéir et de faire ton parcours du combattant.
– C’est seulement un petit footing.
De la torture, tu veux dire !
– Je rentre à la maison pour prendre une douche et me recoucher. Tu n’as qu’à rester ici puisque tu t’amuses tant.
Chapitre 4
Le karma, ça craint
Les jambes en coton, je sors de la douche légèrement plus détendue et surtout affamée.
Tout mon corps n’est que douleur, mais ce sera pire quand les courbatures feront leur apparition. Je rêve de pouvoir poser mes fesses sur le canapé et de ne plus en bouger de toute la matinée.
Malheureusement, c’est un luxe que je ne peux pas me permettre aujourd’hui puisque nous devons partir pour Bazas.
Je vais au moins pouvoir reprendre des forces grâce au petit-déjeuner promis par Cédric pour se faire pardonner.
Ce n’était pourtant pas une obligation, car c’est déjà oublié. Je ne suis pas du genre rancunier sauf en de rares exceptions.
J’espère tout de même qu’il aime les douches froides, car j’ai peut-être utilisé toute l’eau chaude par inadvertance.
En sortant de la salle de bains, je perçois un sacré remue-ménage au rez-de-chaussée. Kim et moi habitons un duplex en plein cœur de Rambouillet.
Envahie par la curiosité, j’attrape le premier pull à ma portée et l’enfile, tout en descendant les escaliers.
Très mauvaise idée.
Ma vue est obstruée à peine un quart de seconde. Temps amplement suffisant pour permettre à mon pied de glisser sur un tee-shirt abandonné. Je fais un roulé-boulé avant de dévaler le reste sur les fesses.
Aïe, aïe, aïe...
Tout se passe très vite, mais je peux quand même sentir mon postérieur rebondir sur chaque marche. Je suis bonne pour un sacré bleu. Si cela continue, je vais sérieusement songer à assurer cette partie de mon anatomie comme Jennifer Lopez.
En tout cas, celui qui a laissé traîner ce fichu tee-shirt va m’entendre.
À bien y réfléchir, cela doit être moi. C’est sûrement une punition de la fée Je-ne-supporte-pas-le-bazar.
Je perçois des pas précipités en provenance du salon. Je n’ai pas le temps de me relever que trois personnes m’entourent et me dévisagent avec inquiétude.
Rectification, seulement deux. Guillaume a plutôt l’air de vouloir être partout ailleurs sauf ici.
Il faut bien l’avouer, c’est un homme assez séduisant et il le serait encore plus sans cet air constipé qu’il affiche constamment. Enfin, si on aime les intellectuels au look dandy.
Alors que nous sommes tous habillés de manière décontractée, lui est tiré à quatre épingles. Il donne plus l’impression de se rendre à un déjeuner d’affaires qu’à un week-end détente.
Personnellement, je préfère le style Indiana Jones.
...
Je ne peux distinguer son visage et pourtant, je n’en ai pas besoin pour l’identifier.
Je reconnaîtrais ce fessier entre mille pour l’avoir tant côtoyé et admiré.
Soudain, il se retourne et nos regards se croisent.
Toute jovialité s’est envolée et des frissons parcourent l’ensemble de mon corps.
N’allez pas vous faire des films, on est loin de Roméo et Juliette sur ce coup-là. Plutôt un bon western. J’ai le sentiment d’être Clint Eastwood et lui serait Lee Van Cleef 8 .
Bon sang, mais qu’est-ce qu’il fiche ici, celui-là ?!
Julien Fontenel, mon ex-mari se tient à quelques pas de moi.
Je l’ai rencontré lors d’un cours de self-défense donné sur le campus, auquel Kim m’avait traînée de force.
Ce fut le coup de foudre au premier regard. À ses côtés, moi aussi, j’ai cru vivre un conte de fées. Enfin, jusqu’à ce que je le surprenne au lit avec sa nouvelle collègue. C’était il y a plus de huit ans. Je n’avais plus eu de ses nouvelles depuis que j’avais fui en claquant la porte de notre appartement.
– Dis-moi, Juliette, pourquoi mon ex-mari est-il ici ?
– Tu parles de Julien ?
– Parce que tu en connais d’autres ?
Elle me lance un regard dépité.
– Eh bien, je l’ai invité. Aurais-je oublié de t’en informer ? C’est étrange, j’étais pourtant persuadée de l’avoir fait.
Elle me fixe avec une telle innocence que je pourrais presque voir son auréole briller au-dessus de sa tête. Mais cela ne prend pas avec moi.
– Je m’en serais souvenue si cela avait été le cas.
Elle lève les mains en signe de reddition.
– Oui, bon, d’accord, j’ai volontairement omis de te le dire, car tu aurais refusé de venir si tu avais su. Et je tenais à vous avoir tous les deux auprès de moi pour mon mariage. Malgré ce qu’il s’est passé entre vous, c’est toujours mon ami.
Elle n’a pas vraiment tort. Je ne serais sûrement pas ici si elle me l’avait dit.
– Est-ce que tu m’en veux ? demande-t-elle, anxieuse.
Excellente question à laquelle je n’ai pas vraiment de réponse.
– Non, rassure-toi. J’aurais juste aimé être au courant pour m’y préparer. Je ne l’ai pas revu depuis plus de huit ans.
En parlant du loup, ce dernier s’approche de nous, accompagné d’une jolie blonde. Il sourit, mais il est clairement mal à l’aise.
Une part de moi (la plus grande) est déçue de constater l’absence de calvitie et de bedaine escomptées. Il lui aurait été plus difficile de séduire ainsi.
Mais non ! Je crois bien qu’il est encore plus beau qu’avant. Non pas que cela me fasse quoi que ce soit.
À mes côtés, je sens Cédric se raidir. Je lui prends la main pour lui éviter de commettre un acte qu’il pourrait regretter plus tard.
Par ma faute, ils ne se sont pas quittés en très bons termes. Pourtant, ils étaient très proches. Cédric ne veut pas trop en parler, mais je le connais, il est toujours en colère contre son ex-meilleur ami pour la manière dont il m’a traitée.
Il est sûrement aussi très déçu de voir à quel point leur lien comptait peu aux yeux de Julien.
– Kim, Cédric, Fleur. Cela faisait longtemps.
– Pas assez à mon goût.
Mon ton est volontairement mordant.
– Tu nous excuseras, mais nous devons y aller.
Je lui tourne le dos abruptement et entraîne mon gendarme avec moi.
En ce qui me concerne, je préfère repousser cette inévitable confrontation à plus tard. Il va me falloir un moment et beaucoup de chocolat avant d’être en mesure de lui parler de manière civilisée.
La crispation se lit sur le visage de Juliette, alors je lui souris pour la rassurer.
– Juliette, nous sommes un peu fatigués à cause de la route. Nous allons monter nous reposer dans nos chambres.
– Aucun souci. La réception vous donnera vos clés. Je ne peux pas vous accompagner, car je dois accueillir les autres invités.
– Ne t’inquiète pas. Nous nous verrons tout à l’heure.
– Oh, j’allais oublier. Un livre d’or est à votre disposition près de la salle où se déroulera la cérémonie. N’hésitez pas à y inscrire un mot lors de votre séjour.
Je hoche la tête et me détourne pour aller récupérer nos bagages.

Un son strident retentit dans le hall. C’est vraiment désagréable pour mes oreilles.
Cela provient du sosie de Sylvia Fine.
Je n’y crois pas, sa voix aussi est identique.
--Raymond, où es-tu passé ? Ce petit filou a encore disparu. Ah, te voilà !
Nous regardons tous dans la même direction qu’elle pour voir un chien qui se promène parmi les invités.
Enfin, un chien. Moi, j’appelle ça un rat. En tout cas, il en a la taille et l’aspect. Il ressemble trait pour trait au chihuahua que Paris Hilton trimballait partout dans son sac.
D’ailleurs, il est particulièrement occupé à renifler nos bagages. Surtout le mien.
Soudain, il lève la patte.
– Que fait-il près de ma valise ? m’horrifié-je.
– Euh, je crois qu’il est en train d’uriner dessus, répond Kim en gloussant.
Je sens mon visage se décomposer. Avoir un mauvais karma, cela craint vraiment. Cela ne fait même pas une heure que je suis là et mon week-end paradisiaque se transforme déjà en cauchemar.

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