Fugue mortelle en Ré
144 pages
Français

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Description

Elle court. C’est une fuite éperdue pour sauver sa vie. L’enfant tente de la suivre mais ses poumons malades le font souffrir. Dans un instant, l’homme qui les traque va les rejoindre et il en sera fini de leur impossible rêve...


Franck Nérac et son cousin Fabio, évadés de la Maison d’Arrêt d’Aix-en-Provence, veulent récupérer le butin de leur dernier braquage qui les attend quelque part en Charente Maritime.


Chargé de les rattraper par Lorraine Bouchet, jeune et jolie magistrate qu’il a bien connue dans un passé récent, le commissaire Landowski se lance à leurs trousses. Sans être dupe.


La poursuite s’engage... à tombeaux ouverts !


De Saintes à La Rochelle, en passant par les îles d’Oléron et de Ré, se joue cette partie d’échecs où l’amour et la haine se disputent... la vie.


La symphonie du nouveau monde pourrait bien se changer en requiem dans le petit bois de Trousse-Chemise...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 41
EAN13 9782374535029
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Présentation
Elle court. C’est une fuite éperdue pour sauver sa vie. L’enfant tente de la suivre mais ses poumons malades le font souffrir. Dans un instant, l’homme qui les traque va les rejoindre et il en sera fini de leur impossible rêve…
Franck Nérac et son cousin Fabio, évadés de la Maison d’Arrêt d’Aix-en-Provence, veulent récupérer le butin de leur dernier braquage qui les attend quelque part en Charente Maritime.
Chargé de les rattraper par Lorraine Bouchet, jeune et jolie magistrate qu’il a bien connue dans un passé récent, le commissaire Landowski se lance à leurs trousses. Sans être dupe. La poursuite s’engage… à tombeaux ouverts !
De Saintes à La Rochelle, en passant par les îles d’Oléron et de Ré, se joue cette partie d’échecs où l’amour et la haine se disputent… la vie.
La symphonie du nouveau monde pourrait bien se changer en requiem dans le petit bois de Trousse-Chemise…


***


Serge LE GALL est né à Concarneau en 1951.
Amateur de recherches historiques, il a publié plusieurs monographies sur le Sud-Finistère avant de se tourner avec bonheur vers le roman policier.
Il vous propose ici de participer à une nouvelle enquête du commissaire Landowski.
Fugue mortelle en Ré
Les enquêtes du commissaire Landowski
Serge Le Gall
38, rue du Polar Les Éditions du 38
PROLOGUE
— Dépêche-toi, Luke, il va nous rattraper !
L’enfant fait des efforts pour ne pas perdre de terrain. Il trottine bravement, avançant ses jambes maigres avec une régularité louable. Il s’applique. Il veut bien faire, il veut qu’elle soit fière de lui, fière de sa volonté, de son courage. Lui qui a été si longtemps l’enfant de personne, il ne veut pas perdre celle qui est venue le chercher. Ce serait trop dur, trop injuste que de se retrouver dans une autre famille ou dans un foyer. Il a trop mal vécu ces années chez les Mercier. Il y a trop attendu des parents si silencieux dans l’absence alors qu’il aurait suffi d’un mot de leur part pour faire naître le plus beau jour de sa vie. Maintenant que les choses peuvent s’arranger, il veut saisir sa chance. Il veut vivre au lieu de végéter, être au lieu de disparaître.
Alors, il court.
Il s’obstine, même si ses poumons malades rechignent à accepter l’air frais du matin. Il sent que son souffle est en train de l’abandonner, mais il ne veut pas s’y résoudre. Il puise au plus profond de ses ressources respiratoires pour compenser ses faiblesses. Il a besoin de tousser. Il ne le fera pas.
Il a mal. De cette douleur insidieuse qui lui a si souvent comprimé la poitrine quand, à la nuit tombée, il pensait à ses parents. La douleur de l’incompréhensible absence.
Il avait mal de ne pas les connaître, mal de ne pas les voir. Mal de n’avoir comme marques d’affection que celles, parcimonieuses et fabriquées, d’une nourrice un peu bizarre. Mal de n’être aimé de personne. Et de n’avoir personne à aimer. Pas même un chien.
— Vite, il gagne du terrain !
C’est dans un souffle qu’elle a rajouté ces quelques mots. Ils témoignent de ses craintes et des frayeurs anciennes qu’elle croyait à jamais enfouies. Les mauvais souvenirs savent se faire discrets pendant de longues années avant de resurgir comme des monstres au moment où on les attend le moins. Elle sait tout de ces choses-là pour se souvenir de nuits glauques où elle n’avait pas le plus beau des rôles.
Il y a dans leur fuite la quête de deux êtres vers un probable cauchemar parce que le rêve est devenu impossible. Pourtant, ce n’est pas le moment de flancher. S’il reste un espoir…
Elle insiste :
— Cours plus vite sinon il va te prendre et te ramener là-bas !
Elle reprend son souffle puis elle ajoute :
— Et avant, il me tuera !
Le jeune garçon se met à renifler. Son mouvement de tête anime la mèche de cheveux noirs comme du jais qui lui mange le front. Il ne peut masquer les larmes qui commencent à mouiller ses yeux. Bleus comme l’océan qui est là tout proche et qui se cache encore. Il entend sa rumeur de va-et-vient éternel qui semble vouloir le rassurer. Il jette des regards en avant comme s’il s’attendait de voir surgir le rivage comme un eldorado.
De temps en temps, il rajuste le pantalon de son pyjama à fines rayures qui a tendance à glisser sur ses cuisses frêles. Peine perdue car la ceinture froncée n’arrive pas à serrer assez une taille un peu trop fuyante.
La femme court juste devant lui. Elle tient une arme de poing dans la main gauche. Son index caresse le pontet du revolver comme si elle voulait afficher sa détermination. Elle ne veut pas avoir à chercher la détente au moment de tirer. Elle prend le risque d’une balle perdue. Elle n’a plus le choix. Elle a bien conscience qu’elle est en train de jouer sa vie.
Elle a une enjambée d’avance. Pas plus. Elle ne veut pas forcer l’allure, pour ne pas risquer de distancer le gamin. Après toute cette épopée meurtrière, ce serait au-dessus de ses forces. Ils ont fait le choix des larmes mais ils sont encore ensemble.
Elle est simplement habillée d’une nuisette blanche ornée d’un motif fleuri brodé au-dessus du sein gauche. Rien d’autre. Elle est belle comme ça. Elle pourrait plaire à un homme, lui donner envie de la chérir et de l’aimer jusqu’au bout de leur histoire.
Celui qui la pourchasse n’a plus aucun sentiment pour elle. S’il en a eu vraiment. Il en veut surtout à sa vie. Elle n’a eu que le temps de chausser ses tennis en toile qu’elle porte sans lacets avant de s’élancer au dehors. Et de fuir.
Elle entend derrière eux le chasseur infatigable qui progresse inexorablement. Il est en assez bonne condition physique, malgré une nuit d’excès. Il n’a aucun mal à gagner du terrain sur eux et elle le sait très bien. Il ne se cache pas pour respirer bruyamment. Il veut qu’ils entendent ses éructations de prédateur lancé à leurs trousses. Pour que l’indicible peur les ronge de l’intérieur et finisse par les paralyser. Tentative d’affaiblissement des proies pour réduire leur combativité. S’il en avait besoin. Mais il n’a aucune inquiétude sur l’issue du combat. Il sait que les deux fuyards n’auront plus aucune chance quand il sera devant eux, armé et déterminé. Prêt à en finir.
Le jour qui se lève donne du cœur à l’ouvrage aux myriades d’oiseaux qui émigrent de la pointe du Grouin vers le Banc du Bûcheron accessible à marée basse. Ce paysage idyllique, digne d’un documentaire sur la nature admirée dans sa simplicité, n’arrêtera pas le poursuivant. Il ne lui jettera même pas un regard. Il n’en aura strictement rien à foutre. La beauté du lieu ne saurait le détourner de son objectif.
Soudain, d’une voix rauque digne d’un mauvais film gothique, il se met à hurler :
— Tu peux fuir au bout du monde, je t’aurai ! Je t’aurai !
Elle a frémi sous la menace. Elle a senti le vent des mots lui frôler la peau comme un boulet. La peur toujours recommencée. Mais l’adrénaline aussi. Le gibier ne se laisse pas prendre même si le combat est perdu d’avance. Mais rien n’est joué. C’est le destin qui a les cartes en main.
Elle saisit fébrilement la main du garçon puis tente d’accélérer l’allure. Ils ont une chance de se dissimuler sous les arbres et de pouvoir ainsi échapper à la colère de l’autre qui explose. Et puis, elle est armée. Tout autant que lui.
Le gosse ne peut pas suivre. Il proteste en pleurant, résiste à la traction qui cherche à le sauver. Il n’a plus d’oxygène à brûler et la machine est en train de s’enrayer. Il voudrait bien faire encore un effort. Il pensait aller plus loin. Il est au bout. Il n’en peut plus.
Comme à regret, elle lui lâche la main qu’elle serrait très fort puis elle se retourne. Elle le voit s’immobiliser à quelques mètres en arrière, le visage exsangue et le souffle court. Elle stoppe à son tour.
Son arrêt brutal la déséquilibre. La fatigue aussi. Elle tombe lourdement sur le sol. L’arme qu’elle tenait à la main roule devant elle, hors d’atteinte. Elle se retourne. Elle essaie de s’asseoir. Elle ressent une forte douleur dans le dos qui la dissuade de trop bouger pour l’instant. Elle s’aperçoit qu’elle a perdu la chaussure du pied gauche et que son orteil est écorché.
Elle soupire. Tout ce gâchis pour en arriver là, au bord du précipice, à la limite du néant, avec la certitude du désespoir.
L’homme n’est pas loin maintenant. Dans une minute, il va se camper fièrement au-dessus d’elle. Que va-t-il faire ? Que peut-il faire d’autre que de l’exécuter froidement ? Aura-t-il la bassesse de le faire devant Lucien, un petit bonhomme de huit ans qui ne comprendra pas ?
Elle a presque froid. Elle s’aperçoit que son unique vêtement ne cache plus grand-chose de son intimité. D’un geste de pudeur naturelle, elle tente de rajuster sa nuisette qui résiste. Pathétique et beau.
Elle n’a même plus peur. Elle est passée plus loin, au-delà de la barrière des sentiments et des rancœurs comme si son corps se mettait en veilleuse pour faire de l’indifférence le meilleur remède contre la douleur.
Lucien est à quelques mètres, planté au milieu du sentier comme une pauvre chose inutile. Il ouvre de grands yeux éteints comme si la mort l’avait déjà porté sur la liste interminable des âmes grises.
Dans un instant, le chasseur va entrer dans la lumière comme un insecte fou. Il va ouvrir des lèvres gourmandes sur des proies offertes à sa vengeance frelatée. La symphonie du nouveau monde va se changer en requiem. Et elle ne pourra rien y changer.
Elle soupire. De tristesse et lassitude. D’abnégation aussi. Elle sent confusément qu’elle est arrivée au bout de son chemin. Elle s’y est préparée. Elle admet que sa vie puisse se terminer ici à l’orée du petit bois, le Bois de Trousse-Chemise…
1
Franck Nérac se retourna sur sa couche étroite. La couvrante se fripa sous lui en signe de résistance comme par mimétisme avec l’occupant du lit. Parce que, comme réfractaire à tout, il se posait là le braqueur chevronné ! La colonie pénitentiaire de France et, plus encore, la force publique avaient appris à le savoir. À leurs dépens !
Il plia les jambes lentement, l’une après l’autre, c

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