Genèse de l Apocalypse
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Genèse de l'Apocalypse , livre ebook

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Description

Paris, août 2019.
Après le départ de son client Jack Lassiter, diplomate à l’ONU, l’escort-girl Amber est assassinée.
Son exécuteur a laissé sur place un lecteur DVD avec un curieux message : un bristol avec le dessin de « La Prostituée » et en DVD, le film Les Oiseaux d’Hitchcock.


Quand le second crime, perpétré ailleurs en Europe, présente des similitudes frappantes, les enquêteurs envisagent aussitôt la piste du tueur en série. Le problème, c’est le profil des victimes, foncièrement différent.


Aucun schéma cohérent ne se dessine. Seule, l’hypothèse d’un assassin aux motivations religieuses semble plausible. Encore faudrait-il les connaître pour identifier le coupable et l’arrêter.



Quoi qu’il en soit, l’enquête doit aboutir rapidement, car un sinistre compte à rebours égrène les heures.

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Informations

Publié par
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EAN13 9782490746958
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Serge TACHON genèse de l’apocalypse
Créé et dirigé par Romain Naudin
www.gesteditions.com
© – 79260 La Crèche
Tous droits réservés pour tous pays

« Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien appelé diable et Satan, celui qui séduit toute la Terre, il fut précipité sur la Terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

Apocalypse de Jean, chapitre 12, versets 7 à 9


Prologue
Les mains encore ensanglantées, il s’agenouille à nouveau et prie à voix basse.
«  Seigneur, je t’en supplie, accorde-moi ton pardon ! articule-t-il avec ferveur . Je ne suis qu’un pécheur, j’en ai conscience, mais je m’efforce de t’être agréable. Vois, je t’ai offert un sacrifice selon ta volonté !  »
Il réprime difficilement un haut-le-cœur. Rien à faire, la nausée le secoue. Pourtant, il doit poursuivre. Il a recueilli autant de sang que possible et en a aspergé les contours de l’autel, en récitant les passages de la Bible appris par cœur. À présent, la cuisson dégage une odeur âcre de chair brûlée qui accroit son malaise. Mais un sentiment de fierté l’inonde agréablement. Il a franchi un cap, et non des moindres, qui le propulse sur la voie de la rédemption. C’est qu’il en a parcouru, du chemin.
Alors qu’il était enfant, sa mère, fervente lectrice de l’Ancien Testament, plus sensible aux écrits qu’aux sermons des prêtres et des pasteurs, l’a initié au caractère sacré du sang.
« Obéis à la Parole si tu veux être sauvé ! lui répétait-elle. Autrement, tu connaîtras le tourment éternel !
— Comment ? pleurait-il presque, effrayé par cette menace qui le terrorisait jusque dans d’épouvantables cauchemars.
— Apprends la volonté de Dieu ! », restait son unique réponse.
Elle lui procura une Bible, et le garçon, docile, se mit à égrener scrupuleusement le livre du Lévitique, que l’autorité maternelle désigna comme une clef ouvrant sur l’approbation divine. Dès lors, ses rêves devinrent son fantasme : il devait faire couler le sang, condition sine qua non pour échapper à la damnation. Devant son coffre à jouets, il répétait, mimant les gestes décrits avec une précision qui lui permettait d’imaginer la cérémonie sans aucune hésitation.
«  Il posera la main sur la tête de l’holocauste, qui sera agréé de l’Éternel, pour lui servir d’expiation. Il égorgera le veau, et les sacrificateurs offriront le sang et en répandront partout sur l’autel qui est à l’entrée de la tente d’assignation. Il dépouillera l’holocauste et le coupera par morceaux. Les fils du sacrificateur mettront du feu sur l’autel et arrangeront du bois sur le feu. 
Ils poseront la tête et la graisse sur le bois mis au feu, sur l’autel. Le sacrificateur brûlera le tout sur l’autel. C’est un holocauste, un sacrifice consumé par le feu, d’une agréable odeur à l’Éternel.  »
Sa mère mourut alors qu’il venait d’avoir dix-huit ans, le laissant seul dans la quête de la faveur divine. Il s’initia à la pratique du sacrifice selon la méthode décrite dans les textes sacrés.
Il commença par des oiseaux : tourterelles, pigeons. La main hésitante, il leur coupait la tête. Le sang qui en jaillissait, chaud et visqueux, collait aux doigts, lui éclaboussait souvent le visage. Plusieurs fois, il vomit, incapable de maîtriser l’écœurement qui l’envahissait. Comment croire qu’une telle pratique reçoit l’assentiment d’un être que l’on qualifie de grand, bon et miséricordieux ? Pourtant, il persévéra, car d’après le Lévitique, on ne peut racheter les péchés sans effusion de sang. Il lut et relut les passages qu’il s’appropriait comme autant d’ordres à son intention qui ne souffraient d’aucune liberté quant à leur accomplissement.
«  Moïse dit à Aaron  : “ Approche-toi de l’autel, offre ton sacrifice d’expiation et ton holocauste”. Aaron s’approcha de l’autel, et il égorgea le veau pour le sacrifice d’expiation.  »
Les instructions sont claires , pensa-t-il. Je dois m’y tenir .
Et il s’y conforma. L’immense fortune dont il hérita lui permit de professionnaliser sa pratique. Pour le lieu, la demeure familiale, à l’écart de la ville grouillant de monde, lui procurait un cadre plus que confortable. Il se mit en quête d’un assistant qui vaquerait aux tâches secondaires : acheter les animaux, les amener sur les lieux et nettoyer une fois la cérémonie achevée. Car la besogne le rebutait plus que tout. Il n’arriverait jamais à s’accoutumer à l’odeur et au contact du sang.
Richard, un colosse qui ne sourit jamais, s’avéra un collaborateur fidèle et efficace. Grassement payé, il s’acquittait de ses missions sans rechigner. À présent, le jeune homme pouvait se concentrer sur le plus important : l’offrande. Secondé à la perfection, il sacrifia des bêtes plus imposantes : des béliers, des boucs, des taureaux.
«  … Les deux rognons et la graisse qui les entoure, les fils d’Aaron brûleront cela sur l’autel, par-dessus l’holocauste qui sera sur le bois mis au feu. C’est un sacrifice consumé par le feu, d’une agréable odeur à l’Éternel…  »
Ainsi, Dieu veut que l’on fasse fumer les reins, la graisse et la tête des animaux. L’odeur qui s’en dégageait, écœurante pour lui, procurait cette paix avec Dieu, si précieuse, l’objet de son culte dévot… Il endurait donc son supplice.
Mais aujourd’hui, il a dépassé ces enfantillages pour atteindre un stade supérieur dans la relation qu’il entretient avec son Créateur pour s’attirer sa bénédiction. Car depuis quelque temps, il s’est mis à parcourir la Bible entièrement, franchissant les frontières étriquées du Lévitique. Il a lu les récits des premiers apôtres, se démenant pour colporter la bonne nouvelle du Messie. Saint-Paul, fervent prédicateur, a écrit des choses qui le troublent, lui l’homme solide qu’il est devenu, déjà à la tête d’une multinationale engrangeant les bénéfices à un rythme effréné.
«  Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon.  »
Ces mots le rassurent, c’est le couronnement de la pratique à laquelle il se livre depuis quelques années déjà. Mais le verset suivant l’a plongé dans une apathie sans nom.
«  Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés.  »
Le jugement divin le glace d’effroi. A-t-il construit cette œuvre pour rien ? Est-ce à dire qu’il ne connaîtra jamais la grâce, la paix avec Dieu ? Après réflexion, il n’entrevoit qu’une solution à ce problème. Si le sang d’un animal ne peut enlever la condition de pécheur que la Bible confère à tout individu, celui d’un humain y parviendra.
C’est pourquoi, aujourd’hui, il se tient là. Plus de bouc, de mouton, de pigeon. Il a brisé un plafond de verre. Il fournit à présent le sacrifice suprême : une personne. Voilà qui devrait sérieusement faire pencher la balance en sa faveur. Il a choisi le « spécimen » avec beaucoup d’attention. Pas question de créer un drame familial, il aurait l’impression de dévaloriser son offrande. Une prostituée des quartiers malfamés ne manquera à personne. Aucune interférence ne parasitera l’acte. Toutefois, il l’a sélectionnée en parfaite condition, car il se souvient que, sous la loi juive, les sacrifices étaient réglementés. Dieu refusait tout animal estropié, malade ou affecté d’une quelconque tare.
Choisir l’élue demanda un nombre d’heures incalculable à Richard. Il la trouva en la personne d’une charmante brune aux yeux clairs. Certainement une femme dans le métier depuis peu. Elle accepta une passe dans la voiture du colosse. Ce dernier la maîtrisa facilement et la ramena sur les lieux de son immolation.
« Tu ne meurs pas en vain, chuchote l’homme à l’oreille de l’infortunée, allongée nue sur l’autel. Tu entres dans la postérité, dans le dessein divin. Tu sers La Cause ! Sois bénie entre toutes ! »
Puis il sort, laissant Richard officier. Ce dernier la décapite avec soin. Selon sa compréhension du mode opératoire, il fait brûler la tête et les reins, pour qu’une agréable odeur réjouisse Dieu, même si ce parfum provoque chez lui une gêne irrépressible.
Et c’est devant cet autel, chargé d’un holocauste particulier, qu’il se tient, après en avoir aspergé les contours du sang de la jeune femme. Il se concentre maintenant sur sa prière.
«  Vois, je te présente un sacrifice selon ta volonté. Toi qui ne veux plus d’animaux comme offrande, je t’apporte une vie humaine qui a beaucoup plus de valeur. Donne-moi un signe d’approbation, je t’en supplie !  »
Que le meurtre de la prostituée ne fasse pas la une des journaux et qu’il ne soit jamais inquiété de quelque manière que ce soit par la police le conforta dans le sentiment d’être dans la voie de la vérité. Il ne savait pas encore qu’une rencontre bouleverserait définitivement sa vision de la communion avec Dieu.


1
Paris, août 2019

Extatique ! Voilà comment elle se sent. Amazing , dirait Jack. Ce sentiment de ravissement total, extrême. L’impression de planer au-dessus de tout, de maîtriser les éléments, tous les éléments. Pourquoi en serait-il autrement ? À vingt-cinq ans, Amber ne demande rien à la vie, et pour cause ! La vie lui donne tout. Splendide brune aux yeux noisette, aussi intelligente qu’à l’aise en n’importe quelle circonstance, elle attire les regards et la sympathie de toutes les personnes qui croisent sa route. Fille d’un riche industriel qui a misé sur les énergies renouvelables au bon moment, elle exauce le moindre de ses vœux.
Alors, pourquoi jouer les escorts  ? Précisément, pour jouer ! Que la vie serait ennuyeuse autrement ! Inscrite dans une agence les plus huppées de la place, Amber trouva un moyen de tuer agréablement le temps.
Sensibilisée par le métier de papa qui prône le vert dans l’électricité et ailleurs, Amber rencontra Jack Lassiter, diplomate de l’ONU chargé des questions environnementa

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