l Affaire Kliszko
216 pages
Français

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Description




Panique sur la ville


Printemps 1989. Le gouvernement communiste vit ses dernières heures à Varsovie et négocie avec le syndicat Solidarnosc pour préparer les premières élections libres du pays. La liberté est au bout du chemin, mais l’armée rouge occupe encore le pays. C’est le moment choisi par un tueur sans mobile apparent pour semer des cadavres dans la capitale polonaise.


L’inspecteur Miroslaw Slawicki, policier atypique qui opère souvent à la marge du conformisme est chargé de l’affaire. Au cours de son enquête, en interrogeant les témoins, il va affronter les fantômes du passé. À la croisée des chemins, entre ses amis de Solidarnosc et son travail de policier, il devra choisir son camp.


Une enquête criminelle au milieu des évènements qui ont changé la face du monde.




Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782368327746
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’Affaire Kliszko
Enquête à Varsovie
Roman



























La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu'ils produisent à la demande et pour le compte d'un auteur ou d'un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.

Annie Szuba




L’Affaire Kliszko
Enquête à Varsovie
Roman













Ma vengeance est perdue, s’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue.
Andromaque – Acte II
Jean Racine





La Vérité d’un Homme, c’est d’abord ce qu’il cache.
L’Homme est ce qu’il fait.
André Malraux
Les personnages de fiction du roman
Miroslaw Slawicki, inspecteur de police Bronek Czapka, inspecteur Adam Rys, commissaire Henrik Galinski, inspecteur Franciszek Kowalczyk, inspecteur Pawel Nowak, inspecteur Georg Polanski, inspecteur Marek Slawicki, père de l’inspecteur Marcin Adamowicz, un ami de l’inspecteur Slawicki Adrian Dobosz, chirurgien Alina Rakowski, infirmière Danuta Kliszko, un fantôme Nikola Blaszak, une victime Michal Kielan, une victime Adam Jankowski, une victime Alexa Cieslik, une victime Natalia Hillberg, une victime Karl Deutz, une victime Klement Brama, une victime Andreï Bougaïev, une victime Krystof Blaszak, un suspect Lech Kliszko, un suspect Jakub Slaszki, un suspect
Les personnages de l’Histoire réelle rencontrés au fil des pages
Adam Michnik, journaliste, fondateur de Gazeta Wyborcza
Le général Wojchiech Jaruzelski, premier secrétaire du POUP, et président de la république de Pologne
Le général Czeslaw Kiszczak, ministre de l’intérieur du dernier gouvernement communiste de Pologne
Lech Walesa, leader de Solidarnosc
Mikhaïl Gorbatchev, président du praesidium du Soviet Suprême de l’Union soviétique
Mieczyslar Moczar, dirigeant communiste polonais, ministre de l’intérieur
Wladyslaw Gomulka, homme d’état polonais, premier secrétaire du POUP (1956-1970)
Edward Gierek, homme d’état polonais, premier secrétaire du POUP (1970-1980)
Lech Kaczinski, militant anti-communiste, membre de Solidarnosc, président de la république de Pologne (2005-2010)
Bronislaw Geremek, historien et homme politique polonais, conseiller de Solidarnosc
Le pape Jean Paul II
Prologue

Lorsqu’il les a vus avancer vers lui, l’air contrit, incapables de le regarder, le chirurgien faisant mine de rencontrer des difficultés pour enlever son masque de travail, son assistant marchant tête baissée comme si la solution à son problème allait surgir du plancher inégal et déformé, et l’infirmière dissimulant sa tristesse derrière un masque professionnel, il a compris. Il a compris avant qu’ils ne lui parlent. Il ne les a pas entendus, simplement il a vu leurs lèvres s’animer et un murmure confus est arrivé jusqu’à lui.
— Votre femme n’a pas survécu. Je suis, nous sommes désolés. Toute l’équipe a fait son maximum. Votre épouse était tellement appréciée dans notre communauté. Mais c’était trop tard. Elle est morte pendant l’intervention. Je vous prie d’accepter toutes nos condoléances, monsieur Kliszko.
Puis ils se sont rapidement retirés, soulagés d’avoir accompli leur devoir et de fuir la tristesse immense qui a envahi son visage. Son corps, son squelette, sa silhouette, tout son être s’est effondré. Son amour est parti. Et il reste seul.
Seul comme jadis, seul comme il espérait ne plus jamais l’être. Mais non, le Ciel encore une fois l’a oublié. Le destin implacable le poursuit depuis son enfance, depuis ce funeste jour de 42. Encore une fois, il devra survivre, seul. Pourquoi elle, si douce, si généreuse ? Pourquoi eux, n’avaient-ils pas déjà assez soufferts. Dans ce pays où pourtant la souffrance et la mort sont l’ordinaire pour les gens comme eux.
— Comment continuer à vivre, se demande-t-il en sortant à pas lents de l’hôpital.
Chapitre 1

26 Octobre 1987
Elle marche rapidement dans la rue à la lumière défaillante de l’éclairage municipal. Elle est en retard pour accueillir les enfants après leur entrainement de gymnastique et de danse. A la pensée de sa petite Dora, un sourire attendri se dessine sur ses lèvres. Curieusement, quand elle pense à ses enfants, c’est toujours à sa fille qu’elle pense en premier, Piotr, l’ainé, le préféré de son père ne vient qu’ensuite. C’est d’ailleurs là que réside sans doute la raison de sa préférence. Piotr est tellement le portrait de son mari. Krystof jeune devait déjà posséder cette assurance et cette intelligence des rapports humains ; il a su très tôt identifier le chemin à suivre pour éviter les embûches. Son but, en d’autres temps on aurait parlé de vocation, a toujours été la médecine et il a réussi ; il est devenu un chirurgien reconnu par ses pairs. Pourtant sur le chemin de la réussite, il a perdu la petite flamme d’enthousiasme et l’étincelle de doute qui l’avait séduite. Il est devenu un homme froid arrogant et dogmatique qui n’accepte plus la discussion et ne s’intéresse à rien d’autre qu’à son domaine.
— Je crains que Piotr ne ressemble trop à son père ; songe-t-elle en marchant. Il ne doute jamais de ses capacités. Il a une confiance en soi qui est un atout mais qui pourra le perdre aussi. Je dois en parler à Krystof. Il ne veut pas l’entendre ; il trouve que c’est une qualité, pense-t-elle tristement. C’est devenu tellement difficile de parler avec mon mari ! Heureusement, Dora est différente, intelligente, sensible, et douce. Une enfant adorable.
C’est pour elle qu’elle accepte de continuer cette vie sans intérêt auprès de son mari. Sans elle, il y a longtemps qu’elle serait partie retrouver Adrian. Il lui a plusieurs fois demandé de l’épouser. Elle n’ose pas franchir le pas ! Et pourtant. En lui, elle retrouve le Krystof qu’elle a aimé, celui qui pouvait lui parler pendant des heures de son métier et de leur avenir. Et il savait l’écouter, elle et ses rêves d’écrivain. Adrian l’encourage à écrire et puis, elle aime être avec lui, entre ses bras. C’est un amant merveilleux qui rend toute sa jeunesse à son corps.
— Tu es belle, lui dit-il, en l’embrassant.
Elle rougit dans la nuit qui est tombée maintenant, en pensant à ces instants passés avec lui cet après midi. Si brefs ! Elle est tellement absorbée par ses pensées qu’elle ne se rend pas compte immédiatement qu’un homme s’est porté à sa hauteur, puis l’a dépassée. Il est passé très près, trop près même, puisqu’il a heurté son sac à mains. Il s’est excusé d’ailleurs et elle ne s’en est plus inquiétée. Pourtant quelques mètres plus loin, il s’arrête, attend qu’elle se porte à sa hauteur et là dans la rue déserte, il l’abat. Il tire une balle en plein cœur. Elle glisse lentement vers le sol, les jambes repliées sous elle. Elle ne saura jamais pourquoi il l’a prise pour cible. Elle sait seulement qu’elle va être en retard pour récupérer Dora.
Calmement, son acte accompli, sans se presser, comme s’il avait tout son temps, il dépose sur le cadavre une feuille avec une simple lettre « N ». Puis, il s’éloigne à pas lents, vers l’extrémité de la rue.

***

A une centaine de pas, le docteur Blaszak gare sa voiture le long du trottoir. C’est une vieille Mercedes qui ne répondrait plus aux normes de prestige occidentales, mais qui fait pourtant de lui un privilégié dans cette Pologne du milieu des années quatre vingt. En sortant de la voiture, il est tout étonné de retrouver sa fille Dora qui l’attend sagement sur les marches de l’immeuble.
— Qu’est ce que tu fais, assise là sur l’escalier, Dora ? Pourquoi tu restes dehors, maman n’est pas rentrée ?
— Non, papa, elle ne répond pas, dit la gamine en embrassant son père.
— Maman a dû être retardée sans doute, remarque le docteur en ouvrant la porte d’entrée.
A ce moment, retentit un cri effrayant derrière eux.
— Au secours, au secours, une femme est blessée. Vite un médecin.
Le docteur Krystof Blaszak demande à sa fille de rentrer à la maison.
— Monte faire tes devoirs. Je dois aller voir. Mais ne t’inquiète pas, maman ne va pas tarder.
Puis il s’éloigne rapidement en direction des cris. Quand il approche du corps allongé par terre, déjà un petit nombre de badauds s’est agglutiné, il les fait écarter en disant.
— Laissez-moi passer, je suis médecin.
Un témoin précise qu’il a appelé la milice laquelle ne devrait plus tarder. Dans ce pays, qui, il y a encore quelques mois, vivait en état de siège, la violence physique dans les rues de la grande ville, en dehors des violences policières et institutionnelles est inexistante. Pour une fois, la propagande gouvernementale dit vrai, le pays ne ressemble pas aux états occidentaux, la criminalité est très réduite. La présence de ce cadavre au milieu de la rue est d’autant plus sidérante. Lorsqu’il se penche pour apporter les premiers soins, le docteur soudain manque d’air. Sa femme. Stupidement, il pense que Dora, leur fille, va attendre longtemps sa maman.
Il sait qu’il n’y a plus rien à faire. Il a vu suffisamment de cadavres pour ne pas douter un instant que Nikola, son épouse depuis quinze ans, l’a quittée définitivement. Lorsqu’il se relève, enfin, la police est déjà là. Il rencontre le visage d’un homme en uniforme. Il confirme à l’officier d’une voix plate, sans inflexion, que la victime est morte. Il veut tenir à distance cette hallucination qui transforme sa vie. Déjà, son esprit analytique habitué à tout prévoir, réfléchit à la suite, apprendre à ses enfants qu’ils n’ont plus de mère. Envisager sa nouvelle vie, sans elle. Comment va-t-il faire face au quotidien ? Il en est là de ses réflexions quand une voix l’interroge.
Un homme grand, en civil, se tient près du cadavre. Il a dû arriver qu

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