L empreinte de la chair
130 pages
Français

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Description

Juin 2018, le frère jumeau de Justine sort de plusieurs


années de coma. Passée la joie des retrouvailles, il lui est difficile de reprendre le cours de sa vie. Sa mémoire est défaillante et il est condamné à boiter pour le restant de ses jours. Patiemment, Justine lui raconte l’horreur dans laquelle leur famille a été plongée .


Apprenant à revivre auprès des siens, dans sa cabane de pêcheur du Cap Ferret, Justin tente de trouver un équilibre entre celui qu’il était et celui qu’il devient. Jusqu’au jour où il découvre devant sa porte le cadavre mutilé d’un chat noir.


Cet acte macabre et monstrueux le replonge dans des


souvenirs qu’il croyait pourtant bien enfouis.


Qui, tapi dans l’ombre, tire les ficelles et compte les points ? Le clan Edison résistera-t-il à ce redoutable ennemi ? Justin et Justine pourront-ils échapper à leur destin ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9791094543429
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ISBN : 979-10-94543-28-3 pour l’édition papier
ISBN : 979-10-94543-42-9 pour l’édition numérique
© Les Éditions du Loir, Juillet 2020 pour l'édition papier
© Les Éditions du Loir, Novembre 2020 pour l'édition numérique
Dépôt légal Juillet 2020
Illustration de couverture : © AdobeStock/Claudia Meyer


De la même auteure, aux Éditions du Loir :
L’empreinte de la chair , Tome 1 « Justine », Juillet 2020
Chez d’autres éditeurs :
Titi et Maman de A à Z , Junior Liseuse, avril 2019.


Les Éditions du Loir bénéficient du soutien de la Région Centre-Val de Loire, de l’État (DRAC Centre-Val de Loire) et de Ciclic dans le cadre de l’aide aux entreprises d’édition imprimée ou numérique



À vous que j’aime plus que tout
À toi, Papa, l’étoile dans mon ciel



« Le désir de vengeance naît uniquement parce que la justice est trop longue à intervenir, voire n’intervient pas du tout. »
Gilles Legardinier







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Prologue
Justine
24 novembre 2019
Mot en huit lettres
Mon père, avant que je ne le tue, m’a dit : « tu vois Justine, tu as un talon d’Achille. Tu aimes trop de monde. »
Aujourd’hui, je n’ai plus de talon d’Achille.
Il y a un mois, ma vie s’est arrêtée. J’ai senti dans mon cerveau comme une étincelle qui a enflammé tout ce qui restait d’humanité en moi et j’ai alors compris que l’ADN est plus fort que l’amour.
J’ai accepté l’inacceptable. J’ai rendu les armes car, dans le combat du bien contre le mal, le mal, quoi qu’on en pense, finit par toujours l’emporter.
À présent, je sais ce que je dois faire et quelle est ma mission.
Mot en huit lettres. Commençant par P.



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Promesse.
J’ai fait une promesse à mon frère.
Je la tiendrai.
Car, moi, Justine Edison, je suis la fille d’un tueur en série et son sang coule dans mes veines et marque ma chair de son empreinte.
On ne renie pas ses origines.



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Chapitre 1
Justin
27 septembre 2019
De feu et d’or
– Allez, Noé, on rentre !
Mon chien file à la cabane de pêcheur et attend couché sur le dos que je lui essuie les pattes. Je mets plus de temps que lui à arriver. Dans le sable, je suis obligé de prendre appui sur ma jambe boiteuse, ne pouvant utiliser ma canne. C’est extrêmement douloureux mais la douleur est moins forte que le bonheur que j’éprouve dans ces marches matinales avec mon fidèle compagnon dans mon parc à huîtres au Mimbeau, cette magnifique dune entourée de pins et de vasières, faisant face à une autre dune davantage connue, celle du Pyla.
Oui, ici, au Cap Ferret, je me sens vivant. Mon oxygène, c’est cette odeur du varech et de l’iode. J’ai



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l’impression d’y avoir vécu toute ma vie alors que je n’y venais qu’en vacances chez mes grands-parents paternels, avec ma jumelle Justine. Ce n’est qu’au décès de nos parents, alors que nous étions âgés de dix-huit ans, que ma sœur et moi-même avons décidé de nous installer avec Papy et Mamy. Mon grand- père John m’a appris le métier d’ostréiculteur et, tout naturellement, quand il est parti à la retraite, je suis devenu moi-même producteur d’huîtres en reprenant son exploitation.
Tout cela me paraît si loin…
Cela fait douze mois et trois jours que je suis infirme, depuis mon retour à la vie terrestre après cinq années plongé dans le coma. Il m’a fallu une forte motivation pour revenir et réintégrer ce corps cassé et douloureux. Oui, je suis revenu pour Justine.
Je me rappelle l’avoir entendue me supplier de me réveiller, me chuchoter qu’elle avait plus que jamais besoin de moi, qu’elle m’aimait et, surtout, qu’elle n’avait plus le courage de continuer sans moi. J’ai alors senti l’urgence et, de toutes mes forces, j’ai souhaité être de retour. C’était comme remonter une rivière à contre-courant. En revenant sur les berges de la vie, j’étais épuisé mais heureux.
Je me souviens avoir ouvert les yeux sur un plafond immaculé. Avoir été agacé par les « bips » que j’enten- dais et qui martelaient mes tympans. Avoir tourné la tête et éprouvé une angoisse profonde face à ce lieu qui m’était totalement inconnu. J’ai perçu alors une présence à mes côtés et reconnu ce parfum. Justine était allongée près de moi, assoupie. Elle avait enlacé



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ses doigts aux miens, je réussis à lever la main et à lui caresser les cheveux. Elle se réveilla alors. Je lui souris. Elle me sourit. Puis je ressentis une douleur, lancinante et vicieuse. J’avais la bouche sèche et je me mis à tousser, à étouffer à cause d’un truc que j’avais dans la gorge. Je m’agitais dans tous les sens, effrayé, ne comprenant pas où j’étais ni pourquoi j’avais tous ces tuyaux. J’étais en pleine crise de panique. Justine se leva, posa une main sur mon front et actionna la sonnette d’alarme. Les infirmières arrivèrent et, avant de m’évanouir de nouveau, je vis ma sœur s’éloigner.
Quand je repris connaissance, elle était là, assise sur le bord de mon lit, me caressant le visage et parlant d’une voix douce.
– Bonjour, Ju.
– Bonjour, Justin. Comment te sens-tu ?
J’inspirai, mais une barre dans la poitrine bloquait ma respiration.
– Groggy, vaseux et… désorienté.
Elle hocha la tête.
– C’est normal. Ça va aller à présent. On va tous prendre soin de toi.
D’une voix faible, je lui demandai.
– Pourquoi suis-je à l’hôpital ? Que m’est-il arrivé ?
– Tu ne te souviens de rien ?
Je cherchais dans ma mémoire. C’était le vide total. Elle se leva, fouilla dans un sac et revint avec plusieurs cahiers et un gros livre.
– Tu comptes me faire la lecture ? lui demandai-je.
– En quelque sorte oui.
– Qui en est l’auteur ?



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– Moi.
– Tu as écrit un livre ? demandais-je, à la fois étonné et admiratif.
Justine grimaça.
– Non, j’en serais incapable. Ce sont seulement des cahiers que j’ai écrits chaque jour pendant que tu étais à l’hôpital. Quand je le pouvais, je venais te les lire. Il paraît qu’on entend quand on est dans le coma. J’ai également fait un album photos.
– Que veux-tu que je fasse avec ces cahiers et cet album photos ?
– Faire remonter tes souvenirs et t’aider à rattraper le temps perdu.
Je fronçai les sourcils.
– Comment ça, le temps perdu ? Je ne comprends pas ce que tu cherches à me dire.
Je vis l’inquiétude dans son regard mais aussi le trouble. Quelque chose clochait.
– Quel jour sommes-nous, Justin ?
Je réfléchis. Soulagé et confiant, je m’écriai :
– Facile, on est le 28 septembre 2013. Ah, tu vois ! Suis pas encore sénile.
Elle se tordit les mains, puis me tendit son téléphone portable.
– Qui veux-tu que j’appelle ?
Elle secoua la tête.
– Regarde la date.
27 août 2018.
Je fus pris de vertige et ma gorge se noua.
– Si c’est une blague, elle n’est pas marrante, Justine.



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Une larme coula sur sa joue et tomba sur ma main. Apparemment, ce n’était pas une blague. Ses lèvres se mirent à trembler. Elle prononça alors ces quelques mots qui me firent l’effet d’un coup de poing en pleine poitrine.
– Tu t’es réveillé il y a quatre jours d’un coma qui a duré cinq ans.
En y réfléchissant, certains signes auraient dû me mettre la puce à l’oreille. C’est vrai que j’avais été surpris en découvrant cette balafre sur sa joue et sa prise de poids alors qu’elle avait pourtant toujours été si maigre. J’aurais dû m’interroger sur ses changements physiques et alors comprendre.
– C’était le 28 septembre 2013. Comme souvent dans la région, l’été indien s’était installé. J’avais donné rendez-vous à Paul sur les quais de Bordeaux. Toi et moi venions de passer trois mo

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