L homme qui s escamote
37 pages
Français

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L'homme qui s'escamote , livre ebook

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Description

Un jeune homme s’apprête à se suicider dans sa chambre d’hôtel lorsqu’il est dérangé par un voleur. Ce dernier le dissuade de mettre sa menace à exécution et lui demande la raison de sa volonté d’en finir.


Apprenant que le gamin a signé des reconnaissances de dettes sous le nom de son père, auprès d’un usurier, afin de couvrir ses pertes aux jeux, le monte-en-l’air lui promet qu’il va résoudre le problème et exige qu’il retourne chez lui et qu’il renonce à son vice.


Il accepte sans se douter qu’il a affaire à Robert LACELLES, le cambrioleur au grand cœur.


Mais quand Robert LACELLES est là, la police n’est jamais très loin...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782373474862
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Robert LACELLES,
Gentleman-Cambrioleur
L’HOMME QUI S’ESCAMOTE
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
L'HOMME DERRIÈRE LE RIDEAU
Une veilleuse était allumée dans la pièce aux ridea ux tirés, et projetait l'ombre démesurément agrandie de Jean Fardin, sur l e tapis.
Le jeune homme était assis sur une chaise, devant u ne table d'acajou. Il venait d'achever une lettre et en rédigeait l'envel oppe. Une fois celle-ci cachetée, il la déposa bien en vue sur un guéridon près de son lit, et fouilla dans une valise plate.
Il en tira un revolver. Son visage avait un rictus fixe. Il considéra cette arme comme s'il la voyait pour la première fois. Ses yeu x se détournèrent de l'acier bruni pour envelopper, sans doute, une dernière foi s, les détails de cette chambre d'hôtel.
Il tressaillit, et ses doigts se crispèrent sur la crosse.
Les rideaux de la fenêtre avaient bougé. Avant que Fardin eût bondi, ils s'étaient écartés et un inconnu avait fait deux pas en avant.
L'occupant de la chambre leva son arme contre le su spect. Un rire bref se fit entendre, et l'inconnu murmura :
— Il faudrait savoir ce que vous voulez faire, mon garçon... Avez-vous l'intention de vous suicider... ou de me tirer dess us ?
Fardin, machinalement, abaissa la main. L'autre arr iva jusqu'à lui et, d'un mouvement rapide, le déposséda du browning. Fardin avait tenté une brève résistance, mais sous une apparence svelte, le nouv eau venu cachait une force peu commune. Il avait agrippé Fardin comme dans une tenaille d'acier.
Glissant l'arme dans sa poche, il s'assit sur le li t, devant le jeune homme médusé. Fardin vit des traits séduisants, un sourir e ironique. Son vis-à-vis ne devait pas dépasser la trentaine. Il était fort élé gamment vêtu. Ses vêtements révélaient même plus de goût que ceux de Fardin, po urtant signes du bon faiseur.
— Que... que me voulez-vous ? Qui êtes-vous ? bégay a le jeune homme.
— Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis votre voisi n de chambre...
Fardin acquiesça d'un signe de tête. C'était exact. Il se rappelait. Il avait déjà croisé ce voisin dans l'escalier, il l'avait rencon tré dans l'ascenseur de ce palace de l'avenue George V où il s'était installé depuis deux jours.
— Mais... comment êtes-vous venu ici ? Par où avez-vous passé ?
— Par le balcon... dit négligemment l'autre. Il y a environ deux heures que je suis derrière vos rideaux... Oui, je suis très patient.
Fardin eut une expression bizarre.
— Ah ! j'ai compris, fit-il. Vous êtes un rat d'hôtel...
L'inconnu montra des dents très blanches.
— Exactement, déclara-t-il du même air tranquille q ue précédemment. Je suis gentleman-cambrioleur… Et maintenant, si vous voulez donner l'alarme, appelez la police...
Fardin était toujours aussi stupéfait. Son visiteur ne semblait nullement redouter quelque avatar de ce genre. Au contraire, il était en train de choisir une cigarette dans un étui d'argent ciselé.
— Oh ! pardon... s'excusa l'inconnu, en tendant l'é tui à Fardin.
Il alluma les deux cigarettes, lança une bouffée et reprit :
— Je n'ai rien à cacher à un homme qui est prêt à s e donner la mort. Je suis inscrit ici sous le nom de Pierre Lantier, mais, en réalité, je m'appelle Robert Lacelles... Une confidence en vaut bien une autre, et vous me direz, j'en suis sûr, que vous ne vous appelez pas Jean Fardin.
Comme l'interpellé ne répondait pas, Lacelles ajout a avec un nouveau sourire en faisant un petit geste :
— Votre fausse moustache est trop épaisse pour l'âg e que vous devez avoir. Vous manquez d'expérience en matière de maqu illage. Vous auriez dû en utiliser à peine la moitié.
Les yeux de Fardin exprimèrent l'angoisse.
— Non, je ne suis pas sorcier, dit Lacelles. Simple ment observateur... Voyons... Je me suis présenté à temps, je crois. La lettre – à qui ? Ah ! très bien, me à M Marsolier, vous vous appelez donc Marsolier – est votre adieu... Mais ne faites donc pas cette tête-là, mon ami !...
— Que vous importe !... s'exclama l'autre sourdemen t. Qui que vous soyez, vous n'avez rien à voir avec...
— Non, sans doute... interrompit Lacelles en lançan t une nouvelle bouffée, mais vous admettrez qu'un homme qui veut se tirer u ne balle dans la tête ou dans le cœur n'attache pas la même importance que l es autres aux confidences qu'il peut faire...
Lacelles quitta subitement son ton détaché et parla d'une voix plus grave en observant le jeune homme.
— Allons, mon petit... Je peux bien vous appeler ai nsi, vous n'êtes qu'un
gosse... Je parie que vous n'avez pas atteint votre majorité... Vous dites ? Vingt ans... Vous voyez bien... Qu'est-ce qui ne va pas ? ... Depuis quarante-huit heures, je vous observe... J'ai tout de suite compr is que vous déguisiez votre identité véritable... Et j'éprouve de la sympathie pour vous. Mais oui...
Jean Fardin avait les lèvres qui tremblaient. Ses y eux devenaient brillants sous les larmes qui étaient prêtes à sourdre.
— Oui... balbutia-t-il... Je m'appelle Marsolier... Stéphane Marsolier.
Robert Lacelles l'encouragea à se décharger de son secret. Peu à peu, il apprit l'histoire tragique et banale.
Le jeu... les courses... Stéphane Marsolier avait d ilapidé une cinquantaine de mille francs.
— Je comprends... murmura Lacelles. Vous avez comme ncé par un ou deux billets, puis une fois pris dans l'engrenage, vous avez voulu rattraper vos pertes... Pauvre gosse !
Stéphane...
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