L île de la peur
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Description

Stan KIPPER, le célèbre « roi des détectives » américain installé en France, profite d’une succession pour retrouver son village natal, à Shelton City, dans le Tennessee.


Assis sur la terrasse de la maison familiale située au bord du Mississippi, il fume des cigares en observant Fear’s Island, l’île de la peur, un îlot maudit à la suite du massacre au siècle précédent d’une communauté de Visages-Pâles par les Peaux-Rouges.


Depuis ce drame, les lieux sont demeurés déserts et nul autochtone ne se risquerait à y déposer les pieds, encore moins à y passer la nuit.


C’est pourtant ce que fait une actrice française, le soir anniversaire du terrible événement, pour relever un défi.


Stan KIPPER, connaissant la comédienne, est ravi de la revoir, mais celle-ci lui demande de trouver la raison pour laquelle l’homme qui a engagé le pari s’est mystérieusement volatilisé et que la somme laissée en gage dans le coffre-fort de son hôtel était composée d’un faux billet.


Stan KIPPER accepte l’enquête, en apparence pas très sérieuse, sans se douter des risques que lui et sa cliente vont encourir pour la résoudre...


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Informations

Publié par
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EAN13 9791070030868
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

* 6 *

L'ÎLE DE LA PEUR
À PROPOS

*****
STAN KIPPER

le célèbre détective américain résout les énigmes policières les plus compliquées. Ne reculant jamais devant les enquêtes les plus dangereuses, bravant la mort,
STAN KIPPER
– LE ROI DES DÉTECTIVES –
a déclaré la guerre au crime et, sur tous les points du globe, il traque les malfaiteurs acharnés à sa perte. Le récit de ses aventures vous passionnera.
CHAPITRE I
 
Stan Kipper, à l'occasion d'une succession, avait quitté la Vieille Europe pour sa ville natale, Shelton City, dans le Tennessee, où il comptait demeurer un bon mois. Bâtie sur les bords du Mississippi, en lisière de l'Arkansas, Shelton City est une de ces villes champignons qui ont poussé en un temps record sur les terres neuves du Nouveau-Monde.
Dans son enfance, Stan l'avait connue sous la forme d'une petite cité. Quand il était revenu de l'Université de Harvard, ses études terminées, avant de partir pour la France, il l'avait retrouvée semblable à une ville d'importance moyenne. À présent, après dix années d'absence, elle faisait figure de grande ville.
Précédé par sa renommée mondiale, le détective fut accueilli par ses compatriotes avec cet enthousiasme ingénu et sincère qui porte en soi quelque chose d'attendrissant et dont s'étonnent toujours les Européens, infiniment plus blasés. Soudain rajeuni, il avait repris sans effort les habitudes de vie de sa jeunesse, mâchait consciencieusement le chewing-gum, fumait d'énormes cigares et se passionnait pour les paris excentriques.
Le cottage familial, habité maintenant par sa sœur Clara et son beau-frère James Parker, négociant en grains, loin des imposants buildings qui érigeaient leurs masses majestueuses au centre de la cité, gardait le charme désuet de l'époque où il avait été construit, alors que la ville était encore dans l'enfance.
Il se situait un peu à l'écart de l'agglomération, sur le rivage de l'énorme fleuve, et Stan se plaisait à fumer paisiblement sur la terrasse qui dominait les eaux, en contemplant le paysage. Là-bas, au milieu des flots parfois limoneux, il regardait, avec un sourire attendri, l'île verdoyante que les riverains appelaient « Fear's Island », l'île de la peur.
Dans cette île, pleine de ces tumuli laissés par les Indiens primitifs dont les Peaux-Rouges furent les descendants dégénérés, et dont l'histoire est restée très obscure, un terrible massacre avait eu lieu en des temps plus proches, mais non plus cléments, à l'époque héroïque des luttes entre indigènes et conquérants. Selon la légende, les premiers avaient vu avec un sombre courroux les Visages pâles construire une habitation dans cette île, dont la présence des tumuli faisait pour eux une terre sacrée. Une nuit, ils avaient brusquement envahi le domaine. Que se passa-t-il alors ? Nul ne devait survivre, parmi les blancs, pour le raconter. Mais le fait est que l'on trouva les bâtiments brûlés et à demi écroulés, le bétail disparu, les chevaux morts, et tous les habitants, y compris les serviteurs, tués et scalpés.
Les années avaient passé, et nul n'avait plus tenté de s'installer dans Fear's Island. Peu à peu, la légende en avait fait un lieu maudit. Des gens superstitieux contaient que les spectres des gens assassinés revenaient sur les ruines des bâtiments détruits. On prétendait que, la nuit, des lueurs étranges y brûlaient, et aucun habitant de Shelton City ne s'y serait risqué après la chute du jour, même parmi ceux qui faisaient les esprits forts et raillaient la superstition.
Le 16 août, particulièrement, anniversaire du sauvage massacre, l'offre la plus brillante et la plus généreuse n'aurait pu décider un citoyen de Shelton City à se rendre, de nuit surtout, dans l'île de la peur.
Stan évoquait ses effrois puérils, lorsque, tout enfant, il entendait les vieilles gens lui conter la légende. À la vérité, déjà épris de réalité et de logique, il ne les croyait qu'à demi. Mais il tremblait tout de même et il avait souvent eu son sommeil troublé par des cauchemars dans lesquels les êtres imaginaires résidant dans Fear's Island tenaient le premier rôle...
— Irais-je dans l'île, la nuit du 16 août, maintenant que je suis homme, et affranchi des superstitions locales par mes longs voyages sur le vieux continent ? se demandait-il avec un sourire amusé.
Et il était bien obligé, pour être loyal avec lui-même, de se dire qu'il s'y risquerait certes pour une raison qui en vaudrait la peine, mais qu'assurément, il « n'aimerait pas ça »...
Au soir du 15 août, veille de la nuit maudite, au cours du dîner familial, qui réunit avec Stan, autour de la table, les époux Jim et Clara Parker, flanqués de Jack Parker junior, un écolier de douze ans, et de miss Nelly Parker, sa cadette, il fut beaucoup question de Fear's Island. Le fougueux Jack regrettait l'époque des grandes chevauchées, des batailles avec les Peaux-Rouges, des poursuites à travers bois. Mais lorsque Uncle Stan lui proposa, en manière d'épreuve, de l'emmener dans l'île de la peur, afin d'y bivouaquer à l'abri des antiques murs noircis, dans le voisinage des tumuli sacrés, l'intrépide candidat batteur d'estrade baissa le nez et déclina la proposition. Quant à la jeune Nelly, elle poussa des cris d'horreur...
Le soir, sur la terrasse, cigares allumés, les deux beaux-frères évoquant leur enfance convinrent qu'à l'âge de Jack et de Nelly ils n'auraient assurément pas été plus braves...
...

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