La mort est exacte au rendez-vous
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Description

Le commissaire divisionnaire Morland reçoit dans son courrier une lettre lui annonçant qu’une femme sera assassinée, le lendemain soir, à un gala de charité.


Ne prenant pas cette menace très au sérieux, il envoie l’inspecteur Bidart sur place.


Mais la mort est bien exacte au rendez-vous et c’est une chanteuse vedette qui en fait les frais.


Devant le peu d’avancées de l’enquête du petit policier, le commissaire BENOIT accepte, avec plaisir, d’aller lui donner un coup de main, cachant, à son supérieur, les vraies raisons de sa décision...

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EAN13 9791070031704
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES ENQUÊTES DU COMMISSAIRE BENOIT
- 7 -

LA MORT EST EXACTE AU RENDEZ-VOUS

de
Robert et Jean GRIMEY
I

« Demain soir, à Thonon, une femme doit être tuée, au cours du gala des fleurs. Envoyez quelqu'un pour empêcher ce crime. Je ne peux vous en dire davantage. »
Cette lettre étrange n'était naturellement pas signée.
Le commissaire divisionnaire Morland trouvait souvent des choses cocasses ou lugubres dans son courrier, mais, cette fois, ce billet le laissait rêveur.
Il avait été conçu probablement par quelques mauvais plaisants qui voulaient le déranger pour rien, lui ou l'un de ses subordonnés de la P. J.
Je ne vais envoyer personne. Il est inutile de distraire une bande de farceurs qui s'imaginent que nous n'avons que cela à faire !
Puis, après avoir réfléchi un long temps, il ajouta :
Ai-je le droit d'agir comme si je n'avais pas reçu ce mot ? Bien sûr que non. Si j'apprends par la suite qu'une femme a réellement été assassinée à cette fête, je ne pourrai plus dormir en repos. Voyons, qui est donc disponible pour cette date ?
Il consulta un grand livre placé sur son bureau. En première page se détachait un nom écrit en ronde : Benoit. Ah ! celui-là était la véritable gloire de la police judiciaire en général et de Morland en particulier. Celui-ci se sentait toujours très fier lorsque son collègue trouvait la solution d'une de ces affaires sur lesquelles tous les autres piétinaient auparavant. En ce moment, il s'occupait d'une grosse affaire de captation d'héritage, suivie de meurtre. Ce n'était certes pas le moment de l'ennuyer avec les quelques lignes laconiques du correspondant inconnu.
D'autres noms suivaient ; mais tous les inspecteurs se trouvaient occupés pour le moment et le commissaire divisionnaire était prêt à retourner l'agaçant présage à la police locale, lorsqu'il pensa à Bidart.
Bidart était le type même de l'inspecteur de la brigade criminelle consciencieux et méthodique. Il venait justement de terminer une enquête avec succès. Mais n'ayant pas une très grande confiance en lui, malgré son zèle, le chef ne lui réservait que de petites affaires. L'inspecteur ne s'en rendait heureusement pas compte et lorsqu'il faisait arrêter un malheureux, sa joie et son orgueil éclataient au grand jour.
Je vais envoyer Bidart faire un petit tour par-là, se dit Morland.
Bientôt, celui-ci se présenta, ravi de se voir confier un nouveau travail.
Mon cher Bidart, je vais vous envoyer faire une délicieuse promenade au bord du Léman. Si je n'avais pas tant à faire, je crois que je vous accompagnerais. Il fait merveilleusement beau et les voyages doivent être bien agréables en ce moment. Enfin, il n'en est pas question. Voilà de quoi il s'agit. Je reçois une lettre, expédiée par je ne sais qui, m'annonçant un meurtre pour demain soir. Ce n'est pas, en général, l'habitude des assassins de faire connaître leurs exploits futurs avec une telle publicité, c'est pourquoi je vous ai parlé d'une promenade. Vous serez sur place, vous verrez bien ce qu'il y a lieu de penser d'une telle menace. Vous partez seul. Pour toute aide, vous vous adresserez à qui vous semblera bon pour vous seconder dans le pays.
Bidart lisait maintenant le billet en exécutant toute une mimique, moue prononcée, doigt passé distraitement sur le bout du nez, tête se balançant de droite à gauche, puis de gauche à droite. Il ne lui plaisait pas qu'on ait l'air de l'envoyer en province, pour se promener, alors qu'à Paris, il était si utile. Aussi, avant de se retirer, il plia soigneusement le papier et le mit dans sa poche. Et, se penchant vers le commissaire divisionnaire, par-dessus son bureau, il lui confia en confidence :
La mort est toujours exacte au rendez-vous !
II
 
Le gala des fleurs était organisé au profit d'une bonne œuvre. M. de Balbin-Varelanne avait offert pour cadre sa magnifique villa dont les jardins s'étendaient jusqu'au lac.
Toutes les hautes personnalités de la région devaient assister à cette fête qui prenait chaque année un éclat nouveau.
Cette fois-ci, les organisateurs avaient bien fait les choses. On devait voir les ballets de Monte-Carlo, entendre la célèbre chanteuse Monella Cristambel et danser grâce à un des orchestres de jazz les plus côtés de Paris. Enfin, détail qui avait son importance pour certains, le buffet promettait d'être fort bien garni.
Bidart passait l'inspection de ses hommes. Tous en smoking, ils ressemblaient plus à des garçons de restaurant de deuxième ordre qu'à des gentlemen s'apprêtant à se mêler à la foule élégante du gala.
Enfin, l'heure étant arrivée, ils se dirigèrent par deux et presque au pas vers la villa de M. de Balbin-Varelanne.
Le gros des invités n'étant pas encore là, le policier se présenta au maître de maison. Celui-ci sourit lorsqu'on lui parla d'un crime pour le soir même.
— Vous êtes très certainement, monsieur, la victime d'une mystification. Cette fête ne saurait être troublée d'une aussi invraisemblable façon. Cependant, vous êtes ici en mission, faites votre devoir. Mais je vous demande d'être discret. Placez vos hommes de manière à ce que personne ne puisse les voir. Au moins pendant la première partie de la soirée. Ensuite, nous aurons un bal dans les salons, à partir de ce moment-là, on ne pourra plus les remarquer.
— Nous avons l'habitude de passer inaperçus. Comptez sur moi pour avoir l'œil sur tout le monde, sans être vu moi-même. Venez avec moi, vous autres.
Les voitures se pressaient maintenant devant le perron et l'orchestre avait attaqué un morceau nouveau pour créer l'ambiance.
Bidart, qui venait de vanter sa discrétion, n'avait trouvé rien de mieux que de se placer près de la grande porte d'entrée. Là, un valet de M. Balbin-Varelanne lui glissait, à chaque nouvelle arrivée, le nom des notabilités du pays.
— Voici M. Melville, l'écrivain bien connu. M me  Farabak, la femme de l'explorateur. M. et M me  Riesenal...
Tous ces noms ne pouvaient évidemment servir de rien à l'inspecteur, mais il avait ainsi l'impression de faire quelque chose.
Les salons commençaient à se remplir et déjà quelques couples s'étaient mis à danser. L'obligeant voisin de Bidart lui apprit qu'on attendait la venue du Préfet pour commencer la partie artistique prévue au programme. La grosse attraction de la soirée était le tour de...

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