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Description

Jean ROYER, Sergent-détective au Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) enquête sur un crime sordide qui, de plus, éveille sa hantise d'un autre crime,un crime capital resté impuni.


Avec ses amis:le Dr Simard, légiste,et le procureur Egan il va sonder Montréal et dévoiler les secrets inavoués du Québec.


En plein canicule, Jean Royer,la pointure du SPVM,découvre le cadavre de Catherine Grégoire sur le toit d'un chantier de l'arrondissement de Verdun. Les Grégoire, dynastie d'entrepeneurs de travaux publics dont la fortune est emblématique de la santé écinomique du Québec, entravent l'enquête.


La femme de Royer est psychologue,elle a recours à une PMA parce que son mari ne veut pas d'enfant et qu'elle n'aime que lui, dit-elle. Royer, en crise, sillonne Montréal dans une Volvo C-30, baignée de jazz. Royer croit à la justice,Simard à l'égalité et Egan à la fraternité, Grégoire croit au fric.


La présence de Hansel et Gretel et l'hommage à Bernard-marie Koltes se mèlent. Road trip cruel et poétique où l'intrigue se résout dans une férocité saisissante.


Jean-François LEBLANC né à Montréal en 1980, docteur ès Lettres, enseignant, écrivain et poète a créé la trilogie des enquêtes de Jean Royer et s'est vu récompenser en France par le Prix Léopold (unanimité du jury de lecteurs). Travail remarquable sur la langue française emportée par la puissance du Saint Laurent.


Tome 1

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2015
Nombre de lectures 4
EAN13 9791091590259
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Photo de couverture : Alexis Vertefeuille © La Valette-Éditeur
Collection Haret Noir
www.lavalettediteur.fr
ISBN : 979-10-91590-25-9
À Jean-Claude Leblanc, mon père
Avant toi la mort
n’existe pas
Patrick Lafontaine –  Au lieu de l’abandon
Table des matières
Couverture
Page de titre
Page de copyright
Dédicace
Exergue
Note de l'éditeur
Prologue - Vendredi 6 juillet 2012
I - Samedi 7 juillet 2012
II - Dimanche 8 juillet 2012
III - Lundi 9 juillet 2012
IV - Mardi 10 juillet 2012
V - Mercredi 11 juillet 2001
VI - Mercredi 11 juillet 2012
VII - Dimanche 13 juillet 2003
VIII - Mercredi 11 juillet 2012
IX - Jeudi 12 juillet 2007
X - Jeudi 12 juillet 2012
XI - Dimanche 15 juillet 2007
XII - Jeudi 12 juillet 2012
XIII - Vendredi 13 juillet 2012
XIV - Vendredi 6 juillet 2012
XV - Vendredi 13 juillet 2012
XVI - Mardi 31 juillet 2012
Également chez La Valette, collection Haret Noir
Note de l’éditeur

Cette troisième édition de La sentence de juillet (parue en 2013) a été enrichie d’ajouts de Jean-François Leblanc, auteur des trois enquêtes de Jean Royer, sergent-détective au Service de police de la Ville de Montréal, qui comprennent Le sang des forêts (parution en 2015) et Le labyrinthe des mirages (parution en 2016).
En décembre 2013, Jean-François Leblanc est devenu le premier écrivain non hexagonal à remporter le prix Léopold, décerné par un jury indépendant de lecteurs, lors du Festival du roman policier de Lunéville. Le Prix Léopold lui a été attribué à l’unanimité.
Prologue
Vendredi 6 juillet 2012

Le soleil de juillet me révéla ma vérité .
Toute cette tension estivale, cette chaleur humide du monde qui se laissait recouvrir par ce soleil, curieusement se complexifia en moi lorsque Catherine m’approcha, le long du canal Lachine, alors que je reprenais mon souffle des suites d’une longue course qui me permettait de maintenir mon corps dans les réglages de la performance. Jogger était un art pour moi : baiser était celui de Catherine. Elle transcendait les hommes, Catherine ; prenait son pied à éclipser la raison au nom de la peau. Et puis ce sang, tout ce sang qui hurlait dans mes veines, gonflant mon sexe, brisant ma voix, lorsque venait vers moi Catherine telle une irrémédiable dernière fois que je craignais devenir possible en chaque instant ; jamais pris autant mon plaisir que ce jour-là, ce jour de juillet, où tout est devenu clair comme la lame d’une scie ronde : Catherine me faisait la peau, me ruait de coups avec son bassin que je fantasmais immobiliser avec le mien en plein milieu des campagnes où je m’enfuyais pour lui échapper ; échapper aussi à ma passion incapable d’habiter l’existence, à cet amour dramatique et couvert d’injures, à nos querelles présentées de la même manière que des comptines à réciter au cœur de l’enfance des adultes. Catherine, si belle, au-dessus de cette mêlée d’ignares, qui entrait dans tous les lieux du savoir, se limant contre les parois de la connaissance ; une femme au corps séditieux qui me poursuivait dans tous les sentiers me séparant de ma folie charnelle. Jeune, élancée, la peau chaude, les seins saillants, les hanches découpées, des fesses à faire rêver et un visage resté pur que je désirais recouvrir de ma sève. Une dévergondée contemporaine, ouverte à la pornographie, sans tabou. Catherine qui aimait se multiplier par les hommes et les femmes, les orgies caniculaires la prenant aux tripes. J’en étais persuadé même si elle niait le tout et pleurait de peur devant moi au jour de sa sentence, elle qui n’aimait plus les hauteurs, elle qui refusait de grimper dans les échafaudages, elle que j’avais traînée de la même façon que la dernière des merdes tout en haut de la structure du chantier le plus récent .
Elle gisait là, cette pute, d’abord sous la lune et maintenant sous le soleil de juillet, au sommet du chantier de son destin, à pourrir comme une salope qui voulait tout prendre, toujours. Tuer la première femme de ma vie avait été une formalité aussi simple que de planter un clou dans le bois de mon existence. J’y pensais totalement nu dans la nuit, mon corps éclairé d’un seul feu, bandé, debout, tout en hauteur, les pieds fixés sur les poutres juchées dans le ciel, le regard vif, le souffle fort, le cœur libéré de toutes mes peurs. Enfin, sous la férule de juillet, Catherine m’aimait, dans la rougeur du sang et de la mort .
I
Samedi 7 juillet 2012

Martine lui raccrocha au nez, une fois encore, sans lui laisser le temps de revenir sur ses paroles. Dehors, la pluie de juillet battait le bitume de Montréal et, à 32 ans, il se sentait déjà vieux sans comprendre pourquoi. C’était toujours la même chose entre eux : Martine refusait de distinguer sa vision des faits, de saisir comment il pouvait mener sa vie de cette façon, après tout ce temps partagé ensemble, dédié à s’aimer.
Depuis sa dernière affectation, il avait déménagé de l’arrondissement du Vieux-Montréal à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Son nouvel appartement du boulevard Saint-Joseph Est incarnait son abri : un quatre pièces et demi, chauffage inclus, avec la station de métro Laurier juste en face, à quatre-vingt-sept pas à pied très exactement. Il se disait qu’il ne bougerait plus de cet endroit à présent. Ce quartier jazzé le rendait facilement heureux, autrefois, bien avant Martine. Or, ce traitement ne fonctionnait à l’évidence plus du tout aujourd’hui ; toutes les péripéties personnelles vécues dans ce faubourg des suites de leur rupture n’incarnaient rien, ne soulevaient aucune ardeur, ne généraient pas grand-chose de concret pour lui. Seule Martine restait debout, dans la tempête de son intimité, éclairant furtivement la nuit de sa solitude comme un reflet, rapide faisceau d’un phare planté dans une terre interdite à ce banni qu’il choisissait de devenir.
Il s’enfonçait. Comme un réflexe d’autodéfense, il activa coup sur coup la machine à expresso, le téléviseur – marié avec la chaîne nationale de nouvelles continues –, la laveuse 1 , le lave-vaisselle encastré et les trois ventilateurs disposés stratégiquement pour générer une circulation d’air maximale dans tout le logement. Soudainement, l’appartement laissait entendre un vrombissement digne des meilleures salles de machines navales. Il aimait se sentir entouré de l’énergie électrique, inventant ainsi une barrière défensive chargée d’empêcher le passé de venir l’atteindre. La consultation en ligne de ses comptes bancaires bouclait son ancrage au présent. Il se débrouillait du mieux qu’il le pouvait, ne se confiant que très peu à presque personne, à moins d’être sérieusement amoché par l’alcool. Ce caractère établissait que les collègues qui jugeaient agréable de passer du temps en sa compagnie étaient rares, seuls Raphaël Simard et David Egan, ses amis d’enfance, accrochaient à sa complexité. Cependant, il livrait la marchandise et bien des gens dans le quartier savaient pertinemment à qui s’adresser en cas d’urgence. Sa présence, quoique froide, rassurait. On se disait qu’un homme restait à l’affût, paré à réagir à la moindre occasion néfaste pour la paix sociale. Cet aloi ressenti et contraire à sa volonté résultait d’une gracieuseté de sa propriétaire, une pie de calibre olympique qui racontait à qui voulait l’entendre qu’il était le sergent-détective Jean Royer, un membre important du SPVM, soit le Service de police de la Ville de Montréal, expert des crimes majeurs, plus précisément encore, expert des homicides prémédités : un tissu de flagorneries inutiles s’ensuivait, que seule une mégère en son genre arrivait à tisser, entre deux séances de pliage de linge propre à la buanderie du coin. Parfois, il la maudissait sans violence. D’autres fois, elle le faisait rire en raison de ses conversations de trottoir qui se métamorphosaient en de véritables conférences pour quiconque lui adressait une insouciante salutation de courtoisie. Mais le rôle qu’elle lui attribuait dans sa mise en scène du quartier lui permettait de s’esquiver sans problème. Une urgence m’appelle … Formule magique qu’elle lui abandonna sans s’en rendre compte lors d’une conversation passée et qu’il appliquait à son endroit avec une constance irréversible.
En sortant sur son balcon pour savourer les vertus d’un café italien explosif, il pratiqua sa routine habituelle : coup d’œil sur le pont Jacques-Cartier de son enfance, symbole totalisant pour lui qui le ramenait irrémédiablement sur le siège arrière de la Ford Tempo 86 de son père, en compagnie de son grand frère Marc, dans l’attente d’atteindre la bretelle qui les conduirait à La Ronde 2 , où l’adrénaline viendrait les gorger – à présent, cette adrénaline le reprenait dans son métier auprès des corps vidés de leur sang –, s’ensuivait un regard posé sur le boulevard Saint-Joseph Est, entre les rues Saint-André et Saint-Hubert, jusqu’au Mont-Royal, qui dressait sa croix.
Pour un homme qui ne considérait pas l’Église comme étant une nécessité, il résidait en plein cœur d’un chassé-croisé symbolique ; son regard retournait par habitude vers l’est, secteur de la ville entièrement caché à ses yeux par cet érable splendide, fort, puissant, âgé d’au moins 75 ans, qui fendait le vide comme des milliers d’autres arbres en cette ville se dépossédant sous la couleur des feux d’artifice embrassant le son de la nuit, cette métropole libérée d’un intenable silence par le Festival International de Jazz de Montréal. La beauté subsistait dans le sang même de cette cité unique, capitale des antithèses culturelles aux cent clochers, aux universités urbaines et dynamiques, aux bars typés et électrisants, aux rues endiablées par l’excitation nocturne, de l’alcool, de la dope et du sexe ; Montréal, sa ville natale, où sa vocation lui était entrée dans les veines pour ne plus jamais en ressortir. En tant que flic, tout Montréal l’allumait dangereusement, faisant de lui une pensée effective animée d’un instinct pour les reconstitutions insaisissables au premier regard, les assemblages imp

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