Le collier de lady Clayworth
52 pages
Français

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Le collier de lady Clayworth , livre ebook

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Description

Mister NOBODY est un gentleman cambrioleur menant bon train, et dont les finances ne sont pas au beau fixe.


Il voit, dans la fête donnée par lady Clayworth en l’honneur des vingt ans de sa fille, un moyen de se refaire.


Il ne doute pas que pour l’occasion, lady Clayworth portera son fameux collier, un bijou historique d’une valeur de trois cent mille livres sterling.


Mais pour réussir le coup, Mister NOBODY, aidé de son fidèle majordome Jonas Cobb alias Froggy, devra parvenir à se faire inviter à la soirée et contourner la surveillance d’un détective de renom et du chef de Scotland Yard...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9791070036426
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

LE COLLIER DE LADY CLAYWORTH

Par
Edward BROOKER
CHAPITRE PREMIER
FROGGY
 
Jonas Cobb frappa doucement à la porte ; ne recevant aucune réponse, il recommença de heurter au battant avec la patience d'un ange. Enfin, on entendit, de l'autre côté de la cloison, un « come in » déformé, provenant, sans doute, du fait que celui qui le prononçait bâillait en même temps. Aussitôt, Jonas appuya sur le bouton et pénétra dans une pièce plongée dans la pénombre. Il s'empressa de relever les stores, d'ouvrir la fenêtre, puis il sortit, pour revenir bientôt, chargé d'un plateau sur lequel s'étalait le « breakfast » anglais typique : café fort, bacon, toasts, etc.
S'étant assuré que rien ne manquait, Jonas Cobb se tourna vers le large lit, sur lequel se trouvait étendu le corps d'un homme habillé d'un pyjama de soie, la tête complètement enfouie dans les coussins, au point qu'on ne voyait plus qu'une abondante chevelure de couleur châtain dont une boucle s'incurvait sur la fine batiste de la laie d'oreiller. Le fidèle valet de chambre, car Cobb était le plus dévoué des valets de chambre, regarda longtemps, d'un air attendri, son maître, plongé, semblait-il, dans un rêve délicieux, poussa un soupir et à regret se résigna à le réveiller.
— Monsieur, dit-il, avec une voix qu'il s'efforçait de rendre aussi douce que possible — d'ordinaire il possédait une basse assez rude — monsieur, dix heures sont sonnées depuis longtemps, il est grand temps de vous lever.
Décidément, le dormeur avait le sommeil lourd, car il ne réagissait pas. Jonas réitéra plusieurs fois son appel.
Enfin, l'homme poussa un grognement sourd, murmura quelques mots inintelligibles, se tourna plusieurs fois dans son lit, se mit sur le dos, bâilla à se décrocher les mâchoires et, ouvrant enfin de grands yeux, laissa tomber son regard sur le majordome qui, respectueusement, attendait qu'il reprenne complètement ses sens.
— Ah ! c'est vous, Froggy, qu'est-ce qu'il y a ?
— Je viens de dire à Monsieur qu'il est 10 heures du matin passées... Il est vraiment grand temps que Monsieur se lève.
— Quoi, si tard, déjà ?... Pourquoi ne m'avez-vous pas réveillé plus tôt ?
— Monsieur est rentré fort tard cette nuit et je voulais respecter son repos.
— Quelle vraie perle de domestique j'ai en vous, mon brave, et vraiment vous seriez l'idéal des valets si vous ne vouliez pas m'empester, dès le matin, avec vos relents d'alcool. Votre vieux vice, Froggy, vous mènera droit au tombeau.
— Monsieur, dit Cobb avec la mine piteuse d'un homme à qui l'on fait d'injustes reproches, j'ai bu tout juste une goutte ce matin pour me donner du cœur à l'ouvrage.
— Oui, oui, je connais ça : une goutte, puis une autre et ainsi de suite jusqu'à ce que la moitié de la bouteille y passe. Si votre gosier se désaltère, votre nez démesuré y gagne une drôle de rougeur. Bientôt, il sera aussi éclatant que le soleil couchant. Apprenez, mon cher Froggy, que le whisky enlaidit les traits et comme, d'autre part, vous n'avez rien d'un Adonis, il serait bon que vous ménagiez votre physique...
Jonas jeta un long regard vers la glace biseautée qui se trouvait en face de lui et poussa un profond soupir de déception.
Eh non, le miroir ne mentait point ; il n'y avait certainement pas d'être plus laid que lui sur toute la terre. Sa tête était plate comme celle d'un batracien, ses yeux à fleur de peau et, en ce qui concerne sa bouche, elle était démesurément grande ; bref, tous les traits de sa physionomie se liaient pour le faire ressembler effectivement à une grenouille, d'où le surnom de « Froggy » — diminutif de « frog » (grenouille) — que lui donnait son maître.
Si la nature ne lui avait pas donné la beauté, en compensation, elle l'avait doté d'un esprit vif, d'une intelligence hors pair, dont celui qui l'employait savait fort bien tirer profit. Après tout, un homme n'a pas besoin d'être beau pourvu qu'il sache se débrouiller. Or, Cobb savait « nager » à merveille et son bon sens triomphait bien souvent d'obstacles où tant d'autres se cassaient le nez.
Hélas ! personne n'est parfait sur terre. Pourquoi, Jonas aurait-il fait exception à la règle ? Tout le monde a un point faible et le rusé valet, comme les autres, avait un péché mignon : la dive bouteille dont il abusait parfois. Cependant, comme il rendait des services inappréciables à son maître, celui-ci fermait souvent les yeux sur son intempérance.
Mister Nobody, après avoir bâillé une dernière fois, s'assit dans son lit, prit le plateau d'argent que son valet venait de lui tendre, se versa le café odorant dans une tasse de fine porcelaine.
— Avez-vous préparé mon bain, Froggy ?
— Oui, Monsieur, dans dix minutes, il sera prêt.
— Parfait. Où sont les journaux ?
— Ici même, Monsieur.
— Vous devez les avoir lus, tel que je vous connais. Quoi de neuf ?
— Heu... rien de bien spécial, Monsieur, sauf que lady Clayworth donne une grande réception dans sa villa de Mayfair à l'occasion des fiançailles de sa fille.
— Diable, ceci me paraît intéressant. Vous ne devez pas ignorer, mon brave Froggy, que Diana Clayworth possède le fameux collier de sa tante, la duchesse de Lamberton, bijou historique que les experts ont estimé à quelque trois cent mille livres sterling.
— Une très belle pièce, unique au monde, en effet, Monsieur, je me le rappelle fort bien.
— Heureux celui ou mieux celle qui peut s'en parer, fit Mister Nobody, depuis longtemps je songe à ce collier… Hélas, il me semble bien difficile…
— Une telle entreprise, Monsieur, serait un acte de folie capable de vous mettre à l'ombre pour une bonne dizaine d'années, sans grand espoir de vous en sortir.
— Oh ! vous pensez toujours tout de suite au pire, mon cher Froggy. Heureusement que je ne possède point votre caractère.
...

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