Le crâne de Malpasset
216 pages
Français

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Description


À Boulogne-sur-Mer, le directeur d'une fondation hospitalière chute mortellement de sa terrasse. La thèse de l'accident semble plus que douteuse. Mais qui peut bien en vouloir à ce directeur ? C'est ce que cherche à découvrir Camille, une journaliste un peu trop curieuse. Pour ce, elle va s'introduire dans les arcanes complexes des administrations de santé. Elle se retrouve alors au cœur d'un véritable complot politico-financier qui dépasse largement le milieu hospitalier. Complot qui pourrait bien s'étendre au plus haut sommet de la République...



"Un polar de 200 pages, actuel, ancré dans la réalité, très maîtrisé, très bon quoi". Yves Mabon - Le blog l'Express "les huit Plumes" et Lyvres



"L'auteur nous entraîne dans un monde presque noir avec parfois des petits moments de douceurs. Des personnages tous plus intrigants les uns des autres. Des revirements parfaits et des intrigues surprenantes". Nathalie Courchesne, Mille et un livres.





Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782491996079
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Nicolas-Raphaël Fouque
Le crâne de Malpasset
Du même auteur
Une vieille affaire , éditions d’Avallon, février 2020 .
 
 
 
 
 
 
 
Photo de la couverture Reimund Bertrams, crédits Pixabay
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce roman a été publié initialement aux éditions Ravet-Anceau sous le titre « le crâne de Boulogne ». Il retrouve ici son titre original : « le crâne de Malpasset ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Aux hospitaliers, ces femmes et ces hommes remarquables, dévoués à l’une des plus belles causes qui soit et qui apportent chaleur, réconfort et souvent guérison et ce parfois au détriment de leur personne et de leurs proches. Ils assument un rôle essentiel pour assurer la cohésion d’une société fracturée et encore trop inégale. Lorsque les lumières de la ville s’éteignent, un phare demeure : celui de l’hôpital public. Puisse-t-il rester éternellement vivace !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À la mémoire de mon grand-père, Henry Fouque, qui s'est éteint la nuit du solstice d’hiver 2012.
Dès juin 1940, soutenant son père Hippolyte, engagé dans la Résistance jusqu’à son arrestation par la Gestapo, il refusa la fatalité de l’Occupation. Il se consacra, après la Libération, à la médecine. Il n’hésita pas dans son exercice professionnel au cours des années 60 à prendre des risques en contrariant, dans son exigence de vérité et de justice, les intérêts de certains capitaines d’industrie. Ils lui en firent payer le prix.
Passionné d’Histoire, il évoquait également inlassablement la gloire révolue des aïeux.
Je garde de lui le souvenir d’un homme entier qui est passé de l’autre côté, comme il a vécu, avec courage, honneur et dignité.
 
Prologue
Boulogne-sur-Mer – dimanche 23 mars – 17 heures
 
C’était un après-midi de mars. Le soleil avait percé la pluie. En dépit d’une fraîcheur encore hivernale, les jours devenaient convenables. Des gamins en profitaient pour jouer sur la pelouse, face à la Mairie.
L’air était vif. Arnaud Van de Costel les observa quelques instants. Il aimait cela. Il n’avait pas d’enfant. Il resta un moment assis sur un banc. Arnaud ferma les yeux une ou deux secondes. Il ne devait pas s’endormir. On l’attendait. Il voulait prendre une douche et se changer avant de se rendre chez ses parents. Il devait repartir s’il voulait arriver à 19 heures.
Il remonta vers le quartier de l’hôpital. Il avait toujours connu cette montée et les grands bâtiments juchés en haut de la colline. Plusieurs fois, on lui avait suggéré de prendre le bus. Cela ne l’intéressait pas. Il aimait marcher. Cela l’apaisait.
C’était un homme d’une trentaine d’années. Il en paraissait davantage. Il était marié depuis quatre ans avec une jeune aide-soignante. Il travaillait en tant que magasinier, comme son père à la Fondation chirurgicale Semmelweis située à quatre cents mètres du centre hospitalier. La Fondation était le théâtre de sa vie personnelle aussi bien que professionnelle.
Enfant, il voyait son père rentrer du travail, fatigué mais donnant toujours l’impression simple d’être heureux. Il était parfois accompagné d’amis. Ensemble, ils se racontaient la vie qu’ils menaient dans ce bâtiment, fiers de la réputation chirurgicale européenne du lieu. Sa mère regardait en silence son mari. Le petit Arnaud était impressionné par tout ce monde qui parlait si sérieusement d’histoires de médecins sauvant des vies. Il espérait ressembler à son père et participer un jour à cette entreprise collective.
Il était allé au collège à une centaine de mètres de sa maison. Il avait fait le nécessaire pour obtenir son brevet puis un certificat d’aptitude professionnelle de cariste. Ce jour-là, ses parents lui avaient semblé fiers de lui. Son père, n’ayant jamais obtenu de diplôme, en parlait parfois, avec regrets.
À la faveur de recrutements d’été, Arnaud intégra la Fondation. Il découvrit un monde différent de celui qu’il avait espéré. Les chefs n’étaient pas dissemblables de ceux qu’ils étaient censés diriger. Ils avaient cependant l’avantage de l’âge sur leurs subordonnés. Ils disaient qu’ils connaissaient le directeur et pouvaient faire renvoyer ceux qu’ils voulaient. On faisait semblant de les croire et de les redouter. Cela leur procurait du plaisir.
Quand son contrat s’acheva, on proposa à Arnaud d’assurer un remplacement en cuisine. De fil en aiguille, peu absent et disponible, il fut enfin titularisé. Sa mère pleura de joie. Il devenait fonctionnaire.
Il ne lui manquait plus qu’une femme. Sa mère espérait et à la fois redoutait le départ de son fils. Ils étaient certes à l’étroit dans le petit pavillon mais la présence chaque soir du jeune homme rompait les longs silences qui s’étaient immiscés progressivement dans le couple.
Un jour, Arnaud rentra à la maison. Il souriait. Sa mère le questionna. Il ne répondit pas, se dépêcha de manger puis ressortit. Elle voulut en parler avec son mari. Il lui rétorqua qu’il était temps que son fils fasse sa vie. On commençait à jaser.
Elle se tut. Ce soir-là Arnaud rentra tard. Il en fut de même durant une semaine.
Il finit par leur parler.
Sa mère frémit, à l’énoncé des mots « se mettre en ménage ». C’étaient les mêmes qui avaient été employés pour elle et pour son mari. Cela l’avait réduite à une fonction nourricière. Ce n’était pas ce qu’elle avait espéré.
Il leur présenta Justine le dimanche suivant. Elle était assez jolie et un peu plus jeune que lui. Elle plut aux parents.
Ils louèrent un petit appartement puis décidèrent de s’unir. Justine et la mère d’Arnaud voulurent faire une belle noce. Arnaud obéit. La mariée était vêtue de blanc. Les trois quarts des agents des services techniques endimanchés, s’étaient rassemblés pour entonner devant la mairie un chant grivois. Sa mère pleura une nouvelle fois. Arnaud eut l’impression de refaire sa communion.
Ils résolurent d’emprunter pour acheter un pavillon. Arnaud avait toujours connu cette ville, ce quartier et ces rues. Elles lui étaient familières. Il suggéra de s’installer à près de chez ses parents. Justine hésita. Il insista. Elle céda.
Il fut mal à l’aise les premiers jours. Il souriait à sa femme. Gentiment, elle se moquait de lui. Elle lui trouvait l’air un peu niais. Le temps passa. Elle appréciait la proximité de son lieu de travail. Tout ce qu’elle disait redouter, était de changer de service si la Fondation devait se reconstruire plus loin, à la périphérie de la ville. Un jour pourtant, si un nouvel hôpital sortait de terre comme l’annonçait le député, le site actuel serait rasé. Tous le savaient. Cela n’arrangeait pas le climat social au sein de l’établissement, même si la perspective de locaux neufs, plus adaptés ne laissait personne indifférent.
Tout changea, le jour où Justine demanda à travailler de nuit. Pour vaincre les réticences de son mari, elle avança l’argument de la nécessité de rembourser rapidement la maison. Elle eut gain de cause cette fois-là. Cela n’avait rien arrangé. Elle prit l’habitude de ne plus céder. Il s’endormait ainsi seul quatre soirs par semaine. Elle revenait exténuée au petit matin. Ils se croisaient. Arnaud l’embrassait. Lasse, elle se laissait faire. Elle travaillait chaque mois davantage et acceptait tous les remplacements qu’on lui proposait.
Arnaud s’enfermait dans le silence. Il prit l’habitude de sortir et de retrouver des amis. Il passait aussi davantage de temps chez ses parents. Son épouse ne s’en apercevait pas. Tout lui semblait égal. Elle était étrangère à son mari. Les parents ne disaient rien. Ils accueillaient toujours le couple ou leur fils seul avec le même sens de l’hospitalité.
*
Ce dimanche, quand il passa devant le centre hospitalier au sommet de la colline, le vent marin monta d’un coup. Sous ses yeux s’étendait sa ville, Boulogne-sur-Mer, sa côte et ses falaises. Il apercevait la Fondation toute proche. À droite, il distinguait au loin, à l’extérieur de la cité, l’ancien hôtel-Dieu et la pointe de l’église Saint-Jean-Baptiste formant comme un petit hameau s’avançant vers la mer.
À l’horizon, là où ciel et mer se rejoignent et se confondent, il y avait ce qu’

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