Le mystère de Pitch Pine Lane
101 pages
Français

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Le mystère de Pitch Pine Lane , livre ebook

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Description

Encore affligé par la mort subite de son amant, Flynn Ambrose, antiquaire de son état, emménage dans la vieille demeure délabrée de Pitch Pine Lane pour inventorier et revendre l’énorme collection d’objets ésotériques et excentriques qui remplissaient jadis l’étrange musée de son défunt oncle.


Mais il est des artefacts qui ne peuvent être aisément étiquetés... et dont il est encore plus difficile de se débarrasser.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782375740286
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Josh Lanyon
Le mystère de Pitch Pine Lane


Traduit de l'anglais par Terry Milien


MxM Bookmark
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre original :
WINTER
MxM Bookmark © 2017, Tous droits réservés
Traduction © Terry Milien
Relecture @ Loraine Coquelin
Correction © Emmanuelle Lefray
Illustration de couverture @ Kryseis
ISBN : 9782375740286
Estimons-nous heureux que le miroir ne nous révèle que notre apparence.

— Samuel Butler
CHAPITRE PREMIER


Je ne la vis que trop tard.
Cette silhouette de grande taille, sans visage, surgissant des ombres. Même si je l’avais vue plus tôt, je ne suis pas certain que cela aurait fait grande différence. Je n’avais qu’une idée en tête : courir en bas des marches et fuir par la porte aussi vite que possible. Il s’avéra que le moyen le plus rapide d’y arriver fut de heurter de plein fouet quelqu’un d’encore plus grand et de laisser mon élan nous faire dégringoler les escaliers tous les deux.
Mon… euh… compagnon lâcha jurons et imprécations tout le long de la première volée de marches. Enfin, pour être exact, ce fut plus un interminable hurlement saupoudré d’un long juron :
— Diiiiiiites-moi que c’est uuuuuuune puuuuuutaaaaaain de blaaaaague !
Nous atterrîmes dans un amas de membres noués sur la moquette très peu molletonnée et pas du tout aspirée. Mon coude cogna une toute dernière fois dans les balustres et ma tête heurta le sol. Je vis des étoiles. Ou alors c’était juste la poussière qui s’était sans doute cristallisée avec le temps.
— C’était quoi, cette chose ? maugréa quelqu’un depuis le néant.
Quelle. Bonne. Question.
Effectivement, c’était quoi ? Ce n’était pas une illusion d’optique, même si j’avais fait tout mon possible pour me convaincre du contraire et n’avais cessé de me répéter la même chose qu’au moment où les ombres dans le miroir s’étaient mises à prendre forme.
— Désolé pour la chute, marmonnai-je.
Son pied nu me rentrait dans le ventre, et je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir quand il enfonça un peu plus ses orteils pour se donner la force nécessaire pour se relever et s’écarter de moi.
— Ouf !
— Non mais qu’est-ce que vous cherchiez à faire, à courir comme ça dans les escaliers au beau milieu de la nuit ?
Je m’agrippai à la rampe et me redressai avec difficulté en position assise.
— J’ai… cru voir quelqu’un dans ma chambre.
Mentir était devenu comme une seconde nature chez moi, mais ça, c’était un mensonge des plus idiots. Je le sus à l’instant même où les mots franchirent mes lèvres.
L’occupant de la 404-A – c’était quoi son nom, déjà ? Machin-chose Murdoch – se dressa sur ses genoux et me fixa sous l’éclairage terne.
— Pourquoi ne l’avez-vous pas dit ?
— Je viens de vous le dire.
Nous nous tournâmes tous deux vers la porte grande ouverte qui menait à mes appartements. Mes appartements éclairés par les lampes et complètement silencieux.
Nous nous regardâmes.
404-A était plus âgé que moi, plus costaud que moi et plus hirsute que moi. Il avait une barbe et des cheveux noirs qui lui arrivaient aux épaules. Ses yeux étaient sombres et comme vides… mais c’était probablement dû au manque de sommeil. Il ressemblait à ces vieux posters de Serpico , mais il n’était pas flic. Non, c’était un écrivain, quelque chose du genre.
Et un guitariste vraiment pourri. Mais bon, j’étais moi-même loin d’être le voisin de palier idéal. Comme l’indiquaient les récents événements.
— Vous pensez qu’il y a quelqu’un là-haut ? me demanda-t-il d’un ton lent, sceptique.
Je m’imaginai une visite possible de la flicaille du coin et choisis plutôt de passer pour un cinglé.
— Je pensais, oui. Mais… j’avais peut-être tort.
— Peut-être ? Peut-être ? Et si on s’en assurait ?
Il s’était remis sur ses pieds et refermait sa robe de chambre en flanelle et motif écossais, qu’il noua avec des gestes brefs et précis qui semblaient dénoter une vague envie d’étrangler quelque chose ou quelqu’un. Sans même attendre de voir si je le suivais ou non, il remonta les marches d’un pas lourd. Je me sentis coupable en remarquant qu’il boitait.
C’était plutôt incroyable, en fait, que ni lui ni moi n’ayons été gravement blessés voire tués pendant cette dégringolade.
— Vous venez ? me lança-t-il par-dessus son épaule.
— Euh…
Il marmonna quelque chose et, sans s’arrêter pour entendre ma réponse, disparut dans l’embrasure de ma porte.
Je l’avoue : j’ai attendu.
Il n’aurait pas pu louper le miroir dès son entrée. Il était aussi grand que moi, de forme oblongue, et monté dans un cadre aux dorures ornementées. Posé contre une vitrine en vernis du Japon noir, le léger angle ainsi formé créait l’illusion qu’il fallait marcher sur un sol pentu pour pouvoir plonger le regard dans sa surface argentée.
Un souffle glacial effleura ma nuque. Je tressaillis. Cette monstruosité victorienne de quatre étages était dans un tel état de délabrement qu’elle en était remplie de courants d’air. De courants d’air et de poussière. D’ombres et de craquements. Toutes ces choses qui sont parfaitement inoffensives. Je tressaillis de plus belle.
Des bruits de pas grinçants retentirent à l’étage.
— RAS. Allez, montez. Il n’y a personne là-dedans, finit par m’indiquer 404-A.
Je relâchai un long soupir et montai les marches en trottant. Les visages elfiques sculptés dans la rambarde en noyer noir me saluèrent de clins d’œil et de sourires moqueurs comme je passais devant eux.
J’atteignis le palier et entrai dans le vide-grenier qu’était mon salon. « Salon » étant un léger euphémisme. C’était plutôt comme l’atrium d’un musée en faillite, orné de statues mal-en-point et de peintures à l’huile de ces fameux artistes flamands maussades. D’ailleurs, la plupart de tous ces objets avaient bien été exposés dans un musée à une époque. Le musée des bizarreries de mon défunt arrière-grand-oncle Winston.
La première chose que mon regard trouva fut le miroir, mais le reflet était bien le mien ; grand, gringalet et blême dans mon caleçon Woody Woodpecker. Mes cheveux ressemblaient aussi à ceux de Woody, mais blonds, pas roux. Mais qu’importe leur couleur, ils étaient bien dressés comme les siens.
— Je suppose que je l’ai… rêvé, dis-je en guise d’excuses.
— C’est la première fois que vous vivez tout seul ? demanda-t-il d’un ton sec.
Il était planté juste devant le miroir, son propre reflet légèrement décalé sur le côté.
— Ah, répondis-je. Loin s’en faut.
Mais en y réfléchissant bien, il avait raison. J’avais vécu chez mes parents jusqu’à mon entrée à l’université, puis après ça j’avais emménagé avec Alan. C’était la première fois que je me retrouvais entièrement livré à moi-même.
— Bref, désolé de vous avoir tiré du lit et de vous avoir fait dévaler les escaliers. Vous allez bien, vous êtes sûr ?
— Moi , oui.
Il continuait de m’observer d’une manière quasi médicale.
OK. Message reçu. Peut-être bien que je l’avais rêvé. Quel soulagement de me rendre compte que ce n’était peut-être qu’un cauchemar.
Si seulement j’avais été endormi.
— Maintenant que j’y pense, vous étiez déjà en train de monter les escaliers, me souvins-je.
Il me rétorqua de but en blanc :
— Je venais vous demander d’arrêter de faire les cent pas toute la nuit. Le plancher grince.
— Oh.
Mes joues prirent feu face à ce rappel certes malpoli mais efficace que je n’étais pas seul au monde. Pas même dans cette partie en ruine et mal éclairée du monde.
— Désolé, marmonnai-je.
En toute honnêteté, la plupart du temps, j’oubliais complètement qu’il était lui aussi dans la bâtisse. Il était plutôt discret, en dehors de ses occasionnelles impros à la guitare, et nous n’étions que tous les deux au 404 Pitch Pine Lane. Ni lui ni moi n’étions du genre sociable.
Je jetai un nouveau coup d’œil au miroir, mais n’y vis que moi et le rebord du peignoir écossais de mon voisin. Le reflet du lustre brillait comme une tache solaire en son centre, oblitérant la quasi-totalité de la pièce.
J’y regardai de plus près. Quelque chose avait-il bougé tout au fond de la chambre inversée ?
404-A baissa les yeux vers le miroir puis ramena son attention sur moi.
— Je bosse, moi, demain, dit-il.
— Bien sûr. Je n’avais pas réalisé que vous pouviez m’entendre.
Il se détendit suffisamment pour répondre :
— Je n’entends presque rien. Juste le plancher. En pleine nuit, la plupart du temps.
— Je ferai en sorte de faire les cent pas dans l’autre pièce.
— Génial.
Il s’écarta du vaisselier et se dirigea vers la porte.
— Je vous laisse y retourner, alors.
Son reflet passa devant la glace, ses grands pieds nus, le vieux Levi’s dépassant de sous son peignoir.
— Bonne nuit, lui dis-je d’un air absent avant de me souvenir : Vous vous appelez comment, déjà ?
— Murdoch. Kirk Murdoch.
Kirk Murdoch ? Essayez donc de le répéter cinq fois à toute vitesse. Non pas que j’avais l’intention de prendre pour habitude de l’appeler à l’aide.
— C’est ça. Bonne nuit, Kirk.
— Bonne nuit, Flynn.
J’observai le reflet de la porte dans le miroir tandis qu’il la refermait derrière lui.
CHAPITRE DEUX


Dormir. Voilà ce dont j’avais besoin. Une bonne nuit de sommeil.
Au lieu de ça, je restai planté là à observer le miroir.
Rien ne bougeait. Que ce soit dans ma chambre, ou dans son reflet.
J’attendis encore.
Et encore.
C’était peut-être les nuages qui étaient passés devant ma fenêtre. Ou même les courants d’air qui avaient fait bouger les ombres des objets dans la pièce.
Peut-être même que je l’avais vraiment rêvé.
Ou, plus probable encore, c’était le manque de sommeil qui me rattrapait.
Mais et si – si petite que soit la possibilité – je m’étais planté sur toute la ligne ? Et si ce que j’avais vu, ce que j’avais cru voir, était une réponse à mes prières ?
Je scrutai le miroir pendant encore une minute. Le silence glacial de la maison finit par m’atteindre. Il était tard ; minuit passé. J’étais fatigué et je commençais probablement à m’imaginer des choses.
Une chans

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