Le secret du sang
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Le secret du sang

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Description

Aimie, artiste peintre dynamique, déterminée et discrète, se prépare pour un vernissage qui révélera au monde la profondeur de son art.Sans qu'elle ne le sache vraiment, l'une de ses toiles dissimule un passé effacé de sa mémoire.Nathalie Antien, nous plonge au cœur de le vie de famille, et nous fait découvrir son histoire au fil des secrets qui font surface.

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EAN13 9782490637522
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Le secret du sang
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nathalie Antien
 
 
 
 
 
Le secret du sang
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Les Éditions ETHEN
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
 
 
A maman, qui aurait tant aimé lire ce livre,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Aimie
 
 

—  Je te dis d’arrêter ce truc ! hurle Aimie depuis l’autre bout de l’appartement. C’est insupportable !
—  Ouais ! grogne Steph sans trop se préoccuper de la mauvaise humeur de son amie.
Aimie vient de fêter ses vingt ans. Elle habite un loft spacieux qu’elle partage en colocation avec Steph son ami d’enfance. Sa mère, Clara, lui avait suggéré l’idée de partager un appartement avec lui du fait qu’ils se connaissaient depuis la plus tendre enfance. Clara se disait plus rassurée qu’elle ne vive pas seule dans ce grand loft. Tant qu’elle n’avait pas de véritable petit ami qui soit là à veiller sur elle, Clara considérait que c’était mieux ainsi. Mais à présent, Aimie n’est plus très sûre que ce soit une bonne idée. Steph est réellement adorable et plein de bonnes intentions, toujours prêt à rendre service…Mais par contre, ce qu’il écoute va à l’encontre des goûts musicaux d’Aimie.

—  T’inquiète ! ajoute-t-il. Je dois sortir. Tu vas avoir la paix !
Steph fait des petits boulots en intérim avant de pouvoir trouver le job qui lui convient réellement. Il passe son temps à bricoler ou lire des magazines scientifiques, en attendant de recevoir le coup de fil qui va changer sa vie…Si toutefois ce coup de fil se présente !
Aimie est artiste peintre. Elle expose ses toiles dans les restaurants ou encore dans les couloirs qui conduisent aux toilettes, le long de l’allée principale des grandes surfaces. Autant dire que la notoriété n’est pas pour demain. Mais Aimie est une fille persévérante. Elle aime ce qu’elle fait et elle le fait avant toute chose parce que c’est sa passion. Peu importe si elle doit galérer et ne pas toujours manger un repas par jour. Pour cela, elle a trouvé en Steph le partenaire idéal. Il est le genre de gars qui ne se préoccupe pas le moins du monde de son confort personnel. Il peut manger des sandwiches et boire de l’eau, du moment qu’il peut s’éclater dans son bricolage et que sa musique de fou furieux lui hurle dans les oreilles.

—  On se voit tout à l’heure ! lance-t-il en claquant la porte.
Aimie ne répond pas. Elle tient un pinceau entre ses lèvres et réfléchis déjà aux prochaines nuances.
C’est une journée maussade. La lumière n’est pas suffisante pour que la jeune fille puisse se rendre compte de l’effet des couleurs choisies. Elle a mal à la tête. La peinture est plutôt agressive et l’espace du loft, bien que surdimensionné, ne permet pas une parfaite aération des lieux. Les produits diffusent leurs odeurs excessives dans les narines d’Aimie. Ça l’empêche parfois de trouver l’inspiration nécessaire.
Elle se lève pour aller boire un verre d’eau. La cuisine trône au milieu de l’appartement. C’est un choix d’Aimie. Elle y a installé une grande table rectangulaire qui est en fait une vieille porte soutenue par des tréteaux. Le réfrigérateur ressemble à un robot désarticulé qui soutient le tout. C’est l’élément indispensable selon elle. A par travailler et dormir, le plus souvent, elle mange.
Il faut avouer que le réfrigérateur n’est pas toujours rempli comme elle le souhaiterait. Et ce n’est pas Steph qui va s’en occuper. Il est toujours un peu juste pour contribuer au loyer. Alors, lorsqu’il s’agit de participer aux courses, c’est toute une histoire.
Quelque chose vibre dans un coin de la pièce. Son portable. Elle y jette un œil rapide. Zut. Sa mère. Tant pis. Elle ne peut pas répondre maintenant. Elle la rappellera plus tard.
Je suis en retard ! pense-t-elle en regardant sa montre.
Aimie se débarrasse du vieux tee-shirt qu’elle porte toujours lorsqu’elle travaille, en attrape un propre dans la penderie près du canapé lit et l’enfile rapidement. Elle compose un numéro sur son téléphone tout en glissant ses pieds maladroitement dans ses sandales. Il fait chaud dans l’appartement. Aimie s’essuie le front du revers de la main.

—  Bonjour. C’est Aimie. Je peux parler à Ric ?
A l’autre bout du fil, la voix n’est pas très enthousiaste.

—  Il dort.
—  Quoi ? Mais alors, réveille-le ! ordonne-t-elle.
Des grognements sont la seule réponse que la jeune fille peut obtenir.

—  Dis-lui que je suis en route ! On a du boulot !
Aimie raccroche.
Ce soir, vernissage dans un vieux hangar désaffecté. Le lieu n’est pas extraordinaire mais il y aura du monde. Ric a invité des gens du milieu. Il lui a promis des collectionneurs. Aimie a tout prévu dans sa tête. Elle bosse sur l’exposition depuis plusieurs mois. L’harmonie sera totale. Pour une fois, elle sent qu’elle va faire un carton.
Ric, bon sang ! Ce n’est pas le moment de dormir ! pense-t-elle.
Les toiles sont emballées pour la plupart d’entre elles. Les murs du loft sont presque tous dissimulés par des cartons. L’appartement a des allures d’atelier en construction.
Aimie prend son sac et ses clés qui sont restées là où elle les avait jetées hier soir en rentrant. Elle glisse son portable dans sa poche de jeans. Elle réprime un sourire alors que son regard tombe sur le poste de radio que Steph est en train de réparer. Il vient de subir une autopsie dans les règles de l’art.
A nous deux, Ric ! se dit-elle.
Elle claque la porte derrière elle.
 
 
 
 
 
Clara
 
 

—  Pourquoi ne répond-elle jamais quand on l’appelle ? Explique-moi ça toi qui a réponse à tout !
Clara est très en colère. Aimie n’a toujours pas répondu à ses appels. A croire qu’elle le fait exprès.

—  Elle te fait marcher, lui murmure son compagnon dans l’oreille.
—  Evidemment, toi, tu t’en moques ! Ce n’est pas ta fille !
Paul n’apprécie guère le reproche. Mais il décide de faire comme s’il n’avait rien entendu. Il est inutile de contrarier Clara davantage. Elle est déjà suffisamment énervée comme ça.
Pas la peine d’en rajouter ! pense-t-il.

—  C’est son vernissage ce soir, ne l’oublie pas, poursuit Paul sur un ton apaisant.
Clara esquisse une grimace mais n’est pas convaincue pour autant. Elle connait bien sa fille. Si elle ne répond pas au téléphone, c’est qu’elle ne souhaite pas lui parler de peur que sa mère n’aborde des sujets qui la dérangent. Elles ont eu quelques différents par le passé. Elles sont toutes les deux si différentes et si semblables à la fois. Clara parait insupportable aux yeux de sa fille mais Clara est juste le genre de mère qui a tendance à surprotéger son enfant. Clara sait que c’est parfaitement ridicule et que sa fille peut très bien assumer toute seule.
D’ailleurs, Paul voudrait ajouter que sa fille lui ressemble et qu’avec leur fichu caractère respectif, il n’est pas toujours facile de s’entendre. Mais il n’en fait rien. Il préfère s’abstenir. Il souhaite passer une bonne soirée. Paul apprécie beaucoup sa belle-fille et désire ardemment l’encourager dans ses projets artistiques. Le vernissage est dans quelques heures. Rien ne compte davantage aux yeux d’Aimie pour l’instant.
Clara finit par sourire et s’approche de Paul.

—  Tu as raison. C’est un grand jour pour Aimie.
Elle lui prend la main mais son compagnon la sent extrêmement tendue. Quelque chose la tracasse, c’est évident.
Clara soupire intérieurement. Même si ses relations sont parfois conflictuelles avec sa fille, elle ressent l’obligation absolue et le devoir de participer à ce vernissage, même si les conditions sont loin d’être idéales pour elle. Elle sera présente. Quoiqu’il advienne. Elle l’a toujours été.
 
 
 
Aimie
 
 

—  Ric ! Allez ! Debout !
Aimie vient de hurler dans les oreilles du garçon qui dort, recroquevillé sur lui-même, sur le canapé du salon. La jeune fille a sonné chez son ami et quelqu’un qu’elle ne connait pas lui a ouvert la porte. Le gars a les cheveux ébouriffés et porte un pull tout déchiré qui fait le double de sa taille. Il baille dès qu’on lui parle.

—  Il dort ! Je te l’ai déjà dit, non ?
Comme Aimie ne semble pas prêter attention à ce qu’il dit, le type hausse les épaules et retourne s’allonger dans un fauteuil un peu plus loin et remet le son de la télé à fond.
Sympa ton pote, Ric ! pense-t-elle.

—  Ric ! Allez ! Bouge-toi un peu !
Le garçon s’étire alors et ouvre un œil. Il semble surpris de la voir chez lui. On dirait qu’il vient de voir un extraterrestre. Aimie lui trouve mauvaise mine. Il n’a pas dû beaucoup dormir la nuit précédente. Cependant, quoiqu’il ait fait, la jeune fille n’est pas disposée à le laisser mourir sur son canapé. Elle se met à le secouer jusqu’à ce qu’il daigne enfin lui répondre.

—  Ok, ok. Je t’ai entendu Aimie. J’arrive, j’arrive. T’inquiète !
Lentement, le garçon se redresse. Lorsqu’il pose les mains sur son jeans avant de se lever, Aimie remarque une fois de plus ses longs doigts de pianiste. Alors que leurs yeux se croisent, la jeune fille constate que son regard d’ordinaire bleu et vif a perdu de son intensité. C’est presque comme s’il ne la voyait pas.

—  Ça va t’es sûr ? demande-t-elle.
Il lui fait signe que tout va bien. D’un pas traînant, il se rend à la cuisine, ouvre le réfrigérateur, prend la bouteille de jus d’orange et boit directement au goulot. On dirait qu’il n’a pas bu depuis trois jours. Il tend la bouteille à Aimie qui refuse.

—  Il faut y aller, Ric ! S’il te plait !
 

 
 
Clara
 
 
Clara vient juste de monter se changer dans la chambre. Paul et elle habitent une maison en pierre au milieu d’un parc arboré. Clara a hérité de la résidence de ses parents à leur décès. C’est un magnifique endroit. Il y règne une quiétude absolue. C’est réellement le lieu parfait pour se ressourcer. Seulement, voilà. Clara ne s’y ressource absolument pas. Elle a l’impression d’être une étrangère dans ces murs. Ses parents y résidaient. Elle-même y avait passé son enfance. Mais Clara avait toujours ressenti un imperceptible malaise alors qu’elle se trouvait dans cette maison. Elle avait pourtant essayé de se faire « adopter » par la maison mais c’est un peu comme si la maison ne voulait pas d’elle.

—  Paul ! Peux-tu m’aider s’il te plait ?
Ses doigts nerveux tentent désespérément de...

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