Le tour maudit
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Description

Lorsque William Wilson, un jeune prestidigitateur alcoolique dans la dèche, décroche un contrat pour une tournée dans des cabarets de Berlin, il croit que sa chance a tourné.


En effet, au cours de son dernier spectacle à Glasgow, il a rencontré des spectateurs qu’il préférerait oublier. Entre autres, il a subtilisé pour le compte d’un ami un portefeuille contenant la photo d’une femme, et son client a été assassiné.


Dans les bas-fonds de Berlin, entouré de femmes ambiguës et d’escrocs, il perd son cœur et la tête. Cependant il a du talent, surtout pour ce tour de prestidigitation qu’on a surnommé le “Tour maudit” et c’est là qu’il va être rattrapé par les secrets et que la frontière entre le théâtre et la réalité va s’estomper pour lui.



Illuminée par le charme décadent du théâtre burlesque, cette aventure contemporaine tient le lecteur en haleine jusqu’à l’explosion finale.


Louise Welsh est née en 1965 à Glasgow. Après des études d’histoire, elle dirige une librairie pendant de nombreuses années avant de se consacrer à plein temps à l’écriture.
Traduite dans plus de vingt langues, elle est l’auteur de plusieurs best-sellers et a reçu le prix du Crime Writers’Association Creasey Dagger et le Saltire First Book Award. Elle écrit également pour le théâtre, la radio et l’opéra.
Elle est l'auteur de De Vieux os (Métailié, 2011) et de La Fille dans l’escalier (Métailié 2014).

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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9791022609791
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Louise WELSH
Le Tour maudit
 
Lorsque William Wilson, un jeune prestidigitateur alcoolique dans la dèche, décroche un contrat pour une tournée dans des cabarets de Berlin, il croit que sa chance a tourné. En effet, au cours de son dernier spectacle à Glasgow, il a rencontré des spectateurs qu’il préférerait oublier. Entre autres, il a subtilisé pour le compte d’un ami un portefeuille contenant la photo d’une femme, et son client a été assassiné.
Dans les bas-fonds de Berlin, entouré de femmes ambiguës et d’escrocs, il perd son cœur et la tête. Cependant il a du talent, surtout pour ce tour de prestidigitation qu’on a surnommé le “Tour maudit” et c’est là qu’il va être rattrapé par les secrets et que la frontière entre le théâtre et la réalité va s’estomper pour lui.
Illuminée par le charme décadent du théâtre burlesque, cette aventure contemporaine tient le lecteur en haleine jusqu’à l’explosion finale.
 
LOUISE WELSH est née en 1965 à Glasgow. Après des études d’histoire, elle dirige une librairie pendant de nombreuses années avant de se consacrer à plein temps à l’écriture.
Traduite dans plus de vingt langues, elle est l’auteur de plusieurs best-sellers et a reçu le prix du Crime Writers’Association Creasey Dagger et le Saltire First Book Award. Elle écrit également pour le théâtre, la radio et l’opéra.
 
 
Elle est l'auteur de De Vieux os (Métailié, 2011) et de La Fille dans l’escalier (Métailié 2014).
 
 
 
 
 





Louise WELSH
LE TOUR MAUDIT
Traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller
Éditions Métailié 5, rue de Savoie, 75006 Paris www.editions-metailie.com 2007


 
Pour Zoë Strachan


 
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Photo © Getty Images
 
 
Titre original : The Bullet Trick
© Louise Welsh, 2006
Traduction française © Éditions Métailié, Paris, 2007
ISBN  : 979-1-02260-979-1


 
“Ah, sweet whisperer, my dear wanton, I
Have followed you, shawled in your warmth, since I left the breast,
Been toady for you and pet bully,
And a woeful heartscald to the parish priest ;
And look ! If I took the mint by storm and spent it,
Heaping on you in one wild night the dazzle of a king’s whore,
And returned next morning with no money for a curer,
Your publican would throw me out the door. ”
Raftery’s Dialogue With The Whiskey , Padraic Fallon
 
 
“Ah, douce chuchoteuse, ma chère libertine, je
T’ai suivie, drapé dans ta chaleur, depuis que j’ai quitté le sein,
Moi ton flagorneur et ton tyran,
Et une épine dans le pied pour le prêtre de la paroisse ;
Écoute ! Si je dérobais des fortunes et les dépensais
En une folle nuit pour te couvrir de richesses dignes de la putain du roi,
Et revenais le lendemain matin sans un sou pour acheter un remontant,
Le patron du bar me jetterait sans doute dehors.”


GLASGOW
Les roues de l’avion ont touché la piste, et la secousse m’a réveillé.
– Je vous envie, c’est un don du ciel.
La blonde assise à côté de moi a souri. Je me suis passé la main sur le visage.
– Pardon ?
– Vous avez dormi comme une souche depuis Tegel. Vous avez de la chance, je ne dors pas comme ça dans mon propre lit.
En temps normal, je lui aurais peut-être demandé comment elle dormait dans le lit des autres, mais j’ai gardé ma brillante remarque pour moi et j’ai attendu que le pilote nous pose en douceur après quelques à-coups : un vol comme les autres. Le signal des ceintures de sécurité s’est éteint et les hommes d’affaires se sont levés pour récupérer leurs sacs dans les coffres à bagages situés au-dessus. Un téléphone portable s’est allumé en carillonnant et un homme a dit : Je te rappelle dans dix minutes . Je suis dans l’avion. Il a ri. Non, c’est bon, on a atterri . Ma voisine insomniaque s’est levée et j’ai sorti ma valise d’accessoires rangée sous le siège devant moi. Elle m’a semblé lourde, mais je n’y avais rien ajouté à Berlin, à part l’enveloppe bourrée à craquer de billets de banque que je n’avais pas pris la peine de compter.
La queue de passagers a avancé lentement dans l’allée avant de descendre l’escalier métallique puis sur le tarmac. Personne n’a embrassé la piste d’atterrissage. J’ai resserré mon manteau autour de moi et j’ai gardé les yeux baissés.
Une longue file de bagages tournait en brinquebalant sur le tapis roulant, mais j’avais laissé ma valise cassée ainsi que son contenu dans une chambre d’hôtel à Berlin.
Le contrôleur de la station de taxis était protégé des éléments par une veste fluorescente qui semblait être une pièce de son uniforme et par une vieille casquette à carreaux qui n’en faisait pas partie. Il a claqué la portière du taxi derrière le passager installé en toute sécurité à l’avant puis s’est tourné vers moi.
– Vous allez où ?
– Glasgow.
Il a affiché un sourire patient, en homme habitué au décalage horaire et au mauvais anglais.
– Où ça, à Glasgow, jeune homme ?
– Au centre-ville.
Il a écrit quelque chose sur la feuille fixée sur sa planchette en disant :
– Ça ira.
Puis il a fait signe d’avancer à l’un des taxis blancs.
Le chauffeur m’a posé la même question que son supérieur. Cette fois-ci, j’ai dit :
– Vous savez où je pourrais louer une chambre meublée dans le centre ?
Il m’a regardé dans le rétroviseur, voyant le visage que j’avais aspergé d’eau fraîche dans les toilettes pour hommes à peine quelques minutes plus tôt. Un visage quelconque avec un profond sillon au milieu du front qui pouvait suggérer une nature impitoyable ou inquiète, mais rien qui soit susceptible de me faire remarquer au milieu d’une foule.
– Il y aura un petit billet pour vous.
Et il nous a fait quitter l’aéroport, entrer dans Glasgow et prendre la direction du Gallowgate.
Assis à l’arrière, j’ai fermé les yeux, me demandant comment j’avais pu me mettre dans une galère pareille et ce qui m’attendait dans cette ville qui autrefois était la mienne.


LONDRES
Le soir où j’ai rencontré Sylvie, elle m’a sauvé de la mort. L’horloge a tourné et les feuilles de l’éphéméride sont passées du rouge au noir et inversement, affichant les mêmes couleurs que des cartes à jouer, et je m’aperçois qu’il s’est écoulé plus d’un an depuis notre première rencontre.
A cette sombre époque, j’étais connu sous le nom de William Wilson, Télépathe et illusionniste . La prestidigitation se débarrassait du carcan du smoking et du nœud papillon en velours. Elle était sortie du créneau horaire des émissions de télé familiales pour entrer dans les clubs, passer dans la clandestinité et rouler sa bosse avec les spectacles de monstres et les cirques, et elle semblait prête à retrouver son heure de gloire. J’étais l’un des nombreux types qui pensaient pouvoir redonner vie à la profession, à condition d’avoir la bonne opportunité. Comme un joueur de poker qui attend la bonne coupe.
J’avais quitté Glasgow pour Londres sept ans plus tôt, et j’écumais depuis le circuit britannique, assez longtemps pour presque reconnaître les villes où je me trouvais, assez longtemps pour m’en moquer. Je chauffais la salle pour toute une tripotée de pitres et de comiques. J’étais le type que personne ne venait voir. J’avais joué dans tous les théâtres du pays ; fait mon numéro dans toutes les salles. J’avais lâché des colombes sous le plafond du Playhouse et les avais regardées chier sur la tête du public du Ciffs Pavilion. A Liverpool, une femme s’était évanouie sur scène et avait dû être traînée en coulisses. A Portsmouth, une bande de marins avait poursuivi une ouvreuse à travers les allées de la salle. A Belfast, j’avais couché avec une fille au Botanic Hotel.
J’avais également connu quelques moments excitants sur le plan professionnel. Un dénicheur de talents qui pensait pouvoir me trouver un créneau susceptible de mener à une série télévisée, une compagnie de production indépendante qui proposait de réaliser un documentaire sur mon numéro. Mais pour finir, ces gens semblaient être de pires ratés que moi. Moi au moins, j’étais capable de monter un spectacle.
Mon agent s’appelait Richard Banks, Rich pour les intimes. Il représentait une ribambelle de comiques, un ou deux animateurs de jeux télévisés de l’après-midi et moi. Rich était agent depuis l’âge d’or de la variété. Dans les années 1950, il avait récupéré les amuseurs engagés pour faire rire les soldats britanniques pendant la guerre, s’était lancé dans la musique pop dans les années 1960, et dans les années 1970 il était devenu fournisseur régulier de ce qu’il se plaisait à appeler du “talent” pour les villes portuaires de Brighton à Blackpool. Deux de ses poulains étaient même allés jusqu’à assurer la soirée du samedi au London Palladium. Ensuite, l’industrie du spectacle s’était améliorée, et Rich avait évolué, ajoutant une nouvelle génération de comiques à son armada. Rich était réaliste et possédait une grande faculté d’adaptation mais il était aussi loyal ; après tout, comme il le disait lui-même : “La loyauté ne coûte rien, William.”
Même si on pouvait parier que dans le cas contraire, Richard l’aurait fait figurer juste au-dessus de la TVA sur ses notes d’honoraires. Il avait abordé le sujet de la loyauté dès le début de notre collaboration. Il avait un bureau dans Crouch End. J’étais passé à tout hasard, en partie parce que j’étais dans le quartier et en partie pour lui rappeler mon existence. J’avais tenté en vain d’instaurer une relation du genre James Bond/ Moneypenny avec Mme Pierce, la secrétaire de Richard à la coiffure gris acier et au regard d’acier encore plus dur. Elle m’a adressé un bref coup d’œil depuis son traitement de texte.
– M. Bank n’est pas seul, mais il ne verra pas d’inconvénient à vous recevoir.
L’homme assis dans la chaise des visiteurs était un fringant septuagénaire dont le visage juvénile qui aurait dû être en noir et blanc, mais il avait des joues rouges, des veines violettes et des yeux chassieux. Il était renversé dans sa chaise, et ses cheveux diaphanes retombaient en arrière depuis son front – une super pub pour la colle à postiche. Son sourire à l’envers semblait tendu. Nous savions tous les deux que mon arrivée fortuite marquait le signal de son départ. Rich a fait les présentations, et je me suis rappelé avoir entendu ce nom longtemps plus tôt, même si je ne parvenais pas à me souvenir dans quoi je l’avais vu jouer.
– Wilson, pas terrible, comme nom de scène, a-t-il lancé à Richard par-dessus mon épaule alors qu’il me serrait la main, tentant en vain de m’écraser les phalanges. J’ai feint de grimacer, histoire de lui faire plaisir, et j’ai vu des étincelles dans ses yeux.
– Les temps changent, a dit Rich en se levant.
– Ça, c’est sûr. (Le vieux cabotin a hoché la tête en promenant lentement son regard sur la pièce et les photos en noir et blanc des vedettes d’hier mêlées aux portraits de l’équipe actuelle de Rich. Il cherchait peut-être une photo de lui, ou peut-être qu’à son âge, on prenait l’habitude de regarder les endroits comme si on n’allait jamais les revoir.) Bon, Rich, c’était sympa, mais je ne peux pas passer la journée à bavarder avec toi. (Il a levé sa tasse, le petit doigt en l’air, et a descendu à grand bruit le fond de sa tasse de thé.) Alors, qui c’est, celui-là ? Encore un comique ?
– Un prestidigitateur.
Le vieux monsieur s’est levé lentement, son corps mince semblant trop jeune pour son vieux visage, et il a enfilé une gabardine impeccable à laquelle je donnais au moins quinze ans.
– Prestidigitateur, hein ? J’en ai connu quelques-uns dans mon jeune temps. Aucun d’eux n’a réussi, mais c’étaient de gentils garçons.
Je lui ai lancé un regard paillard.
– Je ne suis pas un gentil garçon.
– Non. (Il m’a détaillé de la tête aux pieds.) C’est bien ce que je pensais. Enfin, gentil ou pas, je donnerais les dix dernières années de ma vie pour avoir votre âge pendant six mois. Je parie que ce ne sont pas les offres qui manquent, pour celui-là, hein, Rich ?
Rich a affiché un sourire réservé et le vieil homme a ri, soudain plein d’allant, puis il a réuni son chapeau, son écharpe, ses gants, sa mallette et un sac de commissions, se confondant en excuses auprès de Richard pour avoir abusé de son temps. Il m’a lancé un clin d’œil en sortant.
– Ne vous en faites pas, cher ami, nous avons tous notre traversée du désert.
Je lui ai adressé un large sourire de petit garçon et je lui ai tenu la porte ouverte. Quand il a eu disparu dans le secrétariat, où il discutait avec Mme Pierce avec une familiarité qu’elle n’aurait jamais tolérée de ma part, j’ai pris son siège et grimacé en sentant la chaleur des coussins.
– Personne n’aime les pédés après quarante ans.
Rich m’a dévisagé un long moment, avec l’air le plus sévère que je lui avais jamais vu, puis il a entrepris de me faire la morale.
Entassés au fond de ses armoires de rangement se trouvaient les CV d’hommes connaissant un million de blagues sur les belles-mères et les nègres, des transformistes, des ventriloques, des crooners et des jongleurs. Il a balancé les dossiers sur le bureau devant moi et je les ai feuilletés pour la forme. Chaque dossier contenait une photographie fixée par un trombone en haut à gauche. Coiffures démodées, smokings en polyester, larges nœuds papillons et sourires qui avaient jadis semblé vivants mais paraissaient aujourd’hui désespérés, pris dans un moment de folie une vingtaine d’années plus tôt.
– Je les garde dans nos fichiers, a expliqué Rich, ça ne fait de mal à personne. Ils ne tiennent pas beaucoup de place et ça fait plaisir de faire plaisir. Après tout, à eux tous, ces gamins m’ont rapporté pas mal d’argent passé un temps. Et de toute façon, qui sait si un humoriste postmoderne ne va pas découvrir un jour qu’un de ces has-been était un génie ? Mais rappelle-toi, mon garçon, comme on dit dans les pubs pour la bourse, tes actions peuvent aussi bien baisser que monter. Alors… (Il s’est tapoté le nez comme un pronostiqueur révélant le nom d’un gagnant.) Souviens-toi, la loyauté ne coûte rien.
Passé un temps, Rich avait cru que j’appartenais peut-être à la nouvelle vague d’illusionnistes, “la clique post Paul Daniels”, comme il les appelait. A cette époque-là, nous n’étions pas très proches, mais il me laissait appeler directement son répondeur. Le soir où cette histoire a commencé, c’était la première fois qu’il me rappelait depuis des semaines.
– Ce n’est peut-être pas la chance de ta vie, William… (Richard était de Southend. Il avait la gouaille des cartes postales humoristiques de McGill, pleines de bigorneaux, de bière et de grosses dames montrant leur culotte. Je tenais le combiné à cinq bons centimètres de mon oreille ; je n’étais pas pressé d’ajouter la surdité à mes problèmes.) Mais il y aura des gens intéressants, là-bas. On ne sait jamais qui on va rencontrer. (J’avais émis un son évasif, et Rich avait poursuivi son laïus, me faisant l’article même s’il savait parfaitement que j’étais preneur.) Tu vas t’amuser. C’est le départ à la retraite d’un policier.
– Génial, pile ce qu’il me faut. Des poulets qui m’interrogent pour savoir comment je fais mon numéro.
– C’est comme ça qu’on parle de l’élite de Sa Majesté ? De toute façon, ils vont adorer, William. Ces types sont les rois du mensonge et des fausses pistes. (Rich a marqué une pause et je l’ai entendu tirer sur sa cigarette.) Tiens, voilà une idée : choisis le plus gringalet et fais un truc rigolo avec ses menottes. (Il s’est étranglé en riant et il y a eu un blanc pendant qu’il tentait de reprendre son souffle.) Je me suis demandé s’il était couché sur le canapé de son bureau.
– Quel merveilleux conseil, Richard : choisir un flic chétif, celui qui souffre du complexe de Napoléon. Je m’en souviendrai. Alors, je chauffe la salle pour qui ?
– Tu connais ce genre de soirées, William. Ce n’est pas là que tu auras ton nom en lettres lumineuses, mais elles ont l’avantage d’être équitables : il n’y a pas de numéro vedette.
– Ok, je passe en premier ou en second ?
– D’après ce que j’ai compris, en premier.
– Et je précède qui ?
– Un joli duo connu sous le nom des Divines.
– Dis-moi que ce sont des médiums et pas des strip-teaseuses.
– Elles sont annoncées comme danseuses érotiques.
– Tu parles d’une promotion, Richard, me faire passer en première partie pour mettre en avant un couple de danseuses nues !
– Ne crache pas sur l’occasion, William. J’ai vu ces filles, et elles ont pas mal de choses à mettre en avant, si tu vois ce que je veux dire.
– C’est quoi, la chute de l’histoire ?
– Super, tu pourrais écrire une symphonie sur leur chute… de reins.
Je commençais à comprendre pourquoi Richard avait si peu de femmes dans ses fichiers.
– C’est payé combien ?
– Deux cent cinquante. Hé, qui sait, tu pourras peut-être te mettre dans leurs petits papiers pour la soirée ? Faire disparaître certains de leurs vêtements.
– Un numéro d’une nouveauté fracassante.
A l’autre bout de la ligne, des poumons ont à nouveau aspiré de la fumée.
– Tu fais chier avec ta mentalité d’Écossais. Je vais te dire, si tu te les tapes, je renonce à mes dix pour cent.
– Tu es grand seigneur, Richard.
Et j’ai entendu son rire dégénérer en quinte de toux au moment où je raccrochais le combiné.
 
 
Ce soir-là, une alerte à la bombe a fermé les principales stations de métro, et la colocataire de la fille qui me servait parfois d’assistante m’a informé que Julie avait trouvé un véritable travail de comédienne . Quand je lui ai demandé si ça la tentait de la remplacer, elle a ri :
– Après les histoires que Julie m’a racontées. Vous plaisantez, et elle a raccroché, toujours en riant.
Je me suis demandé si j’arriverais à trouver un volontaire dans le public, mais des flics à moitié bourrés attendant un numéro de filles à poil ne me semblait pas constituer un terrain propice au recrutement. Fonçant sous la ville dans une rame de métro, comprimé au milieu de banlieusards fatigués qui préféraient tenter leur chance plutôt que d’emprunter un autre itinéraire et des touristes nerveux qui se préparaient à affronter une explosion, mon esprit a dérivé jusqu’au champ de courses de lévriers. Un rapide changement de ligne, et je pouvais y être à temps pour parier sur la troisième. Il y avait un jeune chien bien placé que je voulais jouer, suffisamment inexpérimenté pour avoir une cote intéressante, mais capable de faire une bonne course si les conditions s’y prêtaient. J’étais sûr d’empocher deux cent vingt cinq livres grâce au spectacle une fois que Richard aurait ratiboisé sa commission, mais si la chance était de mon côté, je pouvais gagner beaucoup plus. J’ai pensé à l’argent que je devais à mon bookmaker et au commandement de payer que mon propriétaire avait glissé sous ma porte ce matin quand il en avait eu marre de tambouriner dessus. La prochaine fois, il enverrait un de ses fils avec une clé et deux types pour m’aider à transporter mes affaires dans la rue.
Nous sommes arrivés à la station où je devais changer de ligne si je comptais m’évader et j’ai failli me lever, mais je n’avais encore jamais manqué un spectacle pour aller parier. Seuls les joueurs invétérés pariaient sur leur boulot.
 
L’endroit était en fait un club privé réservé aux membres, situé dans Soho. J’ai trouvé la rue, marché pendant environ trois cents mètres, puis j’ai compris que j’avais dépassé l’adresse et j’ai dû revenir sur mes pas. L’entrée se trouvait au niveau de la rue, une porte verte anonyme qu’aucune enseigne ni plaque de cuivre ne distinguait, juste un numéro à côté d’une sonnette sans nom. J’ai appuyé sur la sonnette, et quelque part dans l’immeuble, un bourdonnement mécanique a annoncé ma présence.
Au bout d’un court instant, quelqu’un s’est affairé derrière la porte et a ouvert un guichet avec un claquement sec. Deux yeux verts fardés de paillettes couleur émeraude et ourlés de faux cils sont apparus derrière une minuscule grille en fer forgé. Ils me dévisageaient sans ciller, tels ceux d’un anachorète exotique.
– C’est Joe qui m’envoie. Et le guichet s’est refermé brutalement. Quand il est devenu évident que la porte n’allait pas s’ouvrir, j’ai sonné à nouveau. Cette fois-ci, quand la trappe s’est ouverte, j’ai donné mon nom et, n’obtenant toujours aucune réponse, j’ai ajouté : je suis le prestidigitateur.
– Le quoi ?
La voix, à l’accent cockney, était plus jeune que je m’y attendais et pleine de mépris. Je l’ai gratifiée du sourire William Wilson et j’ai dit :
– Le magicien.
Les yeux m’ont détaillé de la tête aux pieds et ne m’ont pas trouvé convainquant.
– C’est drôle, a dit la voix, je vous avais pris pour un foutu comique.
Et elle a appuyé sur le bouton d’ouverture électrique.
– Vous êtes en retard.
La porte ouvrait directement sur une petite entrée divisée par un comptoir pour former une réception et un vestiaire. De la moquette noire couvrait le sol, le plafond et les murs. La lumière crue d’un tube au néon révélait des brûlures de clopes et des auréoles humides sur les fibres noir de jais. Je me suis dit qu’un gourou de la décoration de plateaux télévisés verrait ça d’un mauvais œil, mais qu’une fois les lumières baissées, ça devait cadrer avec l’atmosphère confinée des endroits qui prennent vie la nuit.
Les yeux verts appartenaient à une robuste fille au teint pâle, comprimée dans une robe rouge et noire dont le corsage à lacets tentait en vain de garder le contrôle de sa poitrine. C’était le genre de fille que les vieux messieurs aiment bien pincer : plantureuse et dodue, avec une peau bien tendue. Une fois dépassé la dureté de son regard, elle devait faire un coussin moelleux qui vous protégeait du monde. Ses cheveux formaient une masse de boucles blond platine remontées au sommet de son crâne et qui retombaient en bataille. Un léger duvet ombrait ses joues. L’effet général était voluptueux, négligé et vaguement victorien. Ma grand-mère l’aurait traitée de prostituée, mais je la trouvais trop jolie pour cet endroit.
La fille a soulevé un rabat dans le comptoir avant de le replacer entre elle et moi.
J’ai souri et demandé :
– Vous êtes toute seule ?
Je me voulais paternel, mais ma question a sonné comme une réplique digne de Landru. La fille m’a ignoré et a éclairé la lampe Tiffany posée sur le comptoir, puis elle a entrepris de réduire l’intensité des plafonniers.
– Qu’est-ce qu’il y a dans la valise ?
– Mes accessoires.
– Vous avez un lapin ?
– Ouais, mais il est invisible.
Elle m’a jeté un regard dégoûté qui a soudain révélé l’adolescente sous le maquillage.
– Bill est à l’étage, en train de draguer les grognasses.
Je me suis dit qu’elle devait voir défiler des types bizarres et j’ai songé à dire quelque chose pour lui montrer que je n’en étais pas un, mais je n’ai rien trouvé à part :
– Je devrais peut-être monter me présenter.
Elle a haussé les épaules avec un regard disant qu’elle n’en espérait pas moins et m’a indiqué des portes battantes.
– Pour les loges, il faut traverser le bar et monter l’escalier.
 
Le bar était une version de l’entrée plus vaste et moins éclairée. Des spots projetaient sans grande conviction un spectre coloré contre les murs et un tube des années 1980, que je me rappelais vaguement avoir entendu lors d’une saison passée dans un club de vacances à Kos, braillait sur une minuscule piste de danse. Quelques hommes qui semblaient trop sérieux pour envisager de danser buvaient, assis devant des tables de cuivre poquées. J’étais peut-être en retard, mais la fête ne battait pas son plein. Baissant la voix, ils m’ont suivi du regard pendant que je passais. Ces hommes allaient être durs à divertir ; c’étaient des durs tout court. Je leur ai adressé un signe de tête et ils n’ont pas cillé, chaque regard semblant être le reflet du regard imperturbable de son voisin. J’ai songé à un banc de poissons, où chaque individu est en harmonie avec les autres, glissant comme un seul homme dans le sombre océan. Je me suis demandé si Rich avait voulu dire deux cent cinquante avant ou après avoir prélevé sa part. J’oubliais toujours de demander.
 
Au premier coup d’œil, Bill était l’archétype du videur. Large d’épaules, nez écrasé et smoking. Il était adossé à une coiffeuse, bras croisés sur la poitrine, ses longues jambes elles aussi croisées. La porte de la pièce était seulement entrebâillée, mais je voyais le reflet de deux filles minces dans le miroir derrière lui, l’une asiatique, l’autre blonde genre Jean Harlow. La blonde était plus petite, mais elles se ressemblaient de façon frappante, telles des sœurs monochromes, avec leurs cheveux bouclés coupés au carré, leurs jeans et leurs t-shirts pas tout à fait identiques mais suffisamment semblables pour être interchangeables. Je n’y connaissais rien en danse classique, mais je me suis dit que je supporterais peut-être de les regarder danser.
Bill s’est lentement penché en arrière, me donnant un bel aperçu de son long profil, et avec un faux accent populaire qui m’a laissé penser qu’il s’était cassé le nez au cours d’une partie de chasse, il a dit :
– … que tout le monde s’amuse.
J’ai cogné ma valise contre la rampe pour éviter d’entendre le reste de ses instructions, et il a ouvert la porte en douceur de la pointe de son élégante chaussure noire, révélant brièvement l’éclat d’un fer métallique. La pointe était fine, mais je la soupçonnais de dissimuler une coque en acier.
Bill avait des gestes doux et posés, mais son expression est passée du sourire à la prudence puis à nouveau au sourire tandis qu’il me remarquait puis, apercevant ma valise d’accessoires ornées d’étoiles dorées, devinait qui j’étais.
– M. Magique, on se demandait quand vous alliez apparaître.
– On se disait que vous alliez peut-être venir dans un nuage de fumée, a ajouté la blonde.
– Tout n’est pas perdu, ai-je répondu. Et tout le monde a ri.
Bill s’est redressé avec l’élégance d’un pickpocket.
– Je vous présente Shaz, a-t-il annoncé en passant le bras autour de la taille de l’Asiatique, et Jacque. (Son bras libre s’est enroulé autour de la petite blonde. Bill a serré ses captives qui ont légèrement vacillé sur leurs talons hauts. Il a souri.) Formidable. Bon, je crois qu’on devrait vous laisser vous poudrer le nez, mesdemoiselles.
Après leur avoir planté deux bises sur les joues, à la mode continentale, il a doucement refermé la porte derrière lui et pris un mouchoir blanc pour s’essuyer la bouche d’un geste machinal, puis il l’a replié en un triangle parfait et l’a rangé dans sa poche de poitrine. Il m’a tendu la main.
– M. Williams.
– Wilson.
Je n’aimais pas la façon dont il avait essuyé de ses lèvres le souvenir du contact avec la peau des filles. Je me suis demandé s’il se débarrasserait également du contact de ma poignée de main. Moi, j’envisageais de le faire.
– M. Wilson . (Il a insisté sur mon nom comme s’il était amusé par le fait que j’aie pris la peine de le corriger. Me faisant comprendre qu’il se moquait de savoir qui j’étais, ou que dans son monde, un nom valait aussi bien qu’un autre.) Les filles ont réquisitionné notre unique loge, mais il y a quelques cagibis disponibles si vous avez besoin de vous changer, ou, a-t-il ajouté après une pause et avec un sourire, de retoucher votre maquillage.
– Vous voulez dire que mon mascara a coulé ? (Après m’avoir jeté un bref coup d’œil perçant, il a ri.) J’apprécierais d’avoir un endroit où passer mes accessoires en revue.
Bill m’a fait pénétrer dans une chambre minable équipée de deux lits jumeaux recouverts de couvre-lits à fleurs orange et marron dotés de franges en polyester et qui avaient depuis longtemps perdu leur tenue. Il s’est appuyé contre le montant de la porte. Apparemment, il aimait bien s’appuyer dans les encadrements de portes. Il m’a regardé poser la valise sur l’un des lits et en ouvrir le fermoir.
– Vous vivez à Londres, M. Wilson ?
– Ealing.
– Vous voyagez beaucoup ?
– Quand c’est nécessaire. (Bill me faisait peut-être simplement la conversation, ou alors il cherchait un voyageur susceptible de livrer un colis ou deux. J’ai posé un paquet de cartes sur le lit et changé de sujet.) Alors, comment vont les affaires ? Le club vous occupe beaucoup ?
– Pas mal. Disons que ça m’empêche de faire des bêtises. A ce propos, a-t-il ajouté en se tournant pour s’en aller, je peux vous servir quelque chose avant de me mêler aux invités ?
– Je prendrais volontiers du vin blanc. (Je me suis tapoté le ventre.) Je prends soin de ma santé, en ce moment.
Bill a souri.
– Je vous fais monter une bouteille.
Je me suis retourné vers ma valise. A vrai dire, je n’avais pas besoin de me préparer, mais Bill traînait encore sur le seuil.
– Un mot d’avertissement à propos de ce soir. (Je me suis tourné vers lui.) Ces types sont là pour boire des canons et mater les filles ; pour la plupart, vous êtes un bonus inattendu.
– Ça fait plaisir de savoir que vous me pensez capable de surpasser les canons et les filles.
Le sourire de Bill ressemblait à une menace.
– L’inspecteur qui prend sa retraite est surnommé le Magicien. Je pense que vous êtes plus là à titre de blague entre collègues.
– C’est bien d’être au courant.
– Souvenez-vous seulement que ce n’est pas l’anniversaire d’un gamin. Si j’étais vous, je ferais court et pêchu.
– Ne vous inquiétez pas, je sais où est ma place.
– Bien, il vaut toujours mieux s’assurer que tout le monde se comprend. Je pense qu’ils seront prêts d’ici environ une demi-heure, alors, prenez tout votre temps.
– Tant que ça n’excède pas trente minutes.
Bill a souri.
– Il ne faudrait pas que les gens s’impatientent.
 
Je m’attendais à ce que ce soit l’ouvreuse qui me monte le vin, mais les coups frappés à la porte annonçaient un visage familier.
– Sam ?
– Le seul et unique. (Sam Rosensweet a souri. Il s’est glissé à l’intérieur avec un plateau portant deux verres, un tire-bouchon et une bouteille de vin blanc.) Comment tu vas ?
– Super. (Je me suis levé pour lui tapoter dans le dos.) Ça fait plaisir de te voir, mon gars.
– Hé ! (Sam a levé le plateau plus haut, comme un serveur sur un bateau en pleine tempête.) Fais gaffe à la marchandise.
J’ai poussé d’un côté la lampe qui se trouvait sur la petite table de nuit et Sam a posé le plateau à la place.
– Alors, comment vas-tu ?
Sam a commencé d’enfoncer le tire-bouchon dans le bouchon de la bouteille et a souri.
– Ça n’a jamais été mieux.
– Belles fringues.
Il a jeté un coup d’œil à son costume.
– Ouais, enfin… (Sam a débouché la bouteille et nous a servi un verre de vin.) Quand on est à Rome… (Il m’a tendu mon verre.) Et toi, William ? Les chevaux, c’est toujours ton dada ?
– Tu me connais, j’ai toujours adoré les animaux.
Il a secoué la tête.
– Je ne suis pas sûr que le fait de suivre les pronostics fasse de toi le Saint patron des animaux. Et ça ne te tiendra pas chaud la nuit non plus. Tu devrais laisser tomber tout ça et te caser avec une belle petite nana.
– Tu parles d’un conseil, venant de toi !
Sam a souri.
– Tu vois ce que je veux dire. Comment va le vieux Grippe-Sou ? Tu l’as vu, récemment ?
– C’est lui qui m’a arrangé le coup, pour ce soir.
– Ah-ah ! (Il s’est assis sur le lit qui se trouvait en face de moi et a bu une gorgée de vin.) C’est là que tu te trompes. C’est le bon vieux Sam en personne que tu dois remercier sur ce coup-là.
– Ah ouais ? (J’ai tenté de prendre un air reconnaissant.) Rich n’a rien dit.
– Ce n’est pas son genre, si ? Il veut être sûr de toucher ses dix pour cents, ce rapace.
– Santé, Sam ! (J’ai levé mon verre pour trinquer, puis je l’ai porté à mes lèvres pour boire une gorgée de vin. Son acidité de vin bon marché se sentait malgré sa fraîcheur.) Merci.
– Pas de problème, ça fait une paie qu’on se connaît.
– Et… ?
Sam a ri.
– Tu n’es peut-être pas un génie en matière de filles et de chevaux…
– Tu peux ajouter les chiens.
– Ah, William… (Sam a secoué la tête, ressemblant à un prêtre partagé entre le chagrin d’entendre un péché et la satisfaction de pouvoir infliger quelques “Notre Père” au pécheur.) Malgré toutes tes faiblesses, au bout du compte, tu n’es pas bête. Bon, la soirée d’aujourd’hui est peut-être moins anodine qu’il y paraît. Mais si tu te tiens à carreaux, ce sera un boulot peinard.
Sam était un jeune comique qui avait lui aussi jadis été sous les durs auspices de Rich. Nous avions passé ensemble une longue saison estivale avant qu’il se dise qu’il pourrait faire mieux avec un autre agent. Je ne l’avais pas vu depuis un an, peut-être plus. Dans l’intervalle, il avait maigri, mais avec élégance. Il a fait tinter son verre contre le mien et a sifflé le reste de son vin.
– Faut que je me bouge. Bill est du genre jaloux. Il se demande déjà pourquoi c’est toi que j’ai suggéré.
– Tu veux dire que toi et lui… ?
– Ouais. (Le visage de Sam s’est éclairé.) On ne dirait pas, à le voir, hein ?
– Non, c’est vrai.
– Ouaip, c’est une vraie machine à tuer les pédés. Suffit que je regarde un mec pour le condamner au costard en ciment.
– Dans ce cas, tu devrais peut-être laisser la porte ouverte pour lui montrer qu’il n’a rien à craindre.
Sam a ri.
– Tu verrais ta tête, William. Ne t’en fais pas. Je te charrie. Maintenant qu’il t’a vu, il ne se fera pas de souci.
– Comment ça ?
Sam s’est levé pour aller vers la porte.
– C’est ce que j’adore chez toi, William, ton sens de l’autodérision. Je te verrai après le spectacle, d’accord ? Bill aime bien que je reste en coulisses quand il traite affaires, mais on boira un coup tous les trois quand tu auras fini ton numéro.
Il m’a adressé un dernier sourire, et j’ai eu l’impression de voir un nouveau Sam, plus dur, derrière le comique que je connaissais. J’avais du mal à imaginer cette nouvelle version de lui, plus rayonnante, faire les frais de l’hostilité du public qu’avait parfois dû subir l’ancien Sam.
– Ne me laisse pas tomber, a-t-il dit. Je t’ai fait de la pub.
Puis il a doucement refermé la porte derrière lui.
 
Après avoir entendu les pas de Sam s’éloigner dans l’escalier, je suis resté assis un moment en me demandant dans quoi je m’étais fourré. J’ai ensuite attrapé la bouteille par le goulot, puis je me suis glissé dans le couloir...

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