Les décombres du monde
186 pages
Français

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Les décombres du monde , livre ebook

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Description

Et si par une belle matinée de printemps, une rue jaillissait entre deux maisons, dans votre quartier. Quelle serait votre réaction ?


D’où peut bien venir cette rue ? Pourquoi et comment est-elle apparue ? Et surtout : où mène-t-elle ?


Dans ce livre-jeu, ou "roman à choix multiples", c’est vous qui choisissez votre chemin. Êtes-vous prêt à tenter l’aventure ? À découvrir l’envers du monde. Chaque paragraphe porte la promesse d’une découverte merveilleuse, étrange et peut-être, dangereuse.


[ Précision technique : ce livre numérique demande de posséder une tablette, smartphone ou liseuse tactile pour profiter pleinement de l'aventure (il comporte des liens cliquables) ]



Cyril Amourette rêve de cités oubliées, d’histoires sombres et de personnages troubles. Il en ramène des récits dérangeants, labyrinthiques et dangereux. Parfois.



Il espère le meilleur, mais s’attend au pire. Armé.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379661402
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Cet ouvrage est une production des Éditions L’Alchimiste (originellement sans DRM).

© Les Éditions L’Alchimiste - 2021

Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation conjointe des Éditions L’Alchimiste et de l’auteur.

ISBN:  9782379661426

Dépôt légal à parution.

Photo de couverture :  Adobe stock 

Mise en page Les éditions L'Alchimiste

www.editionslalchimiste.com
Présentation
 
Nous sommes heureux de vous présenter notre collection de  Livres-Jeux . 

Dans la lignée des anciens et célèbres « Livres dont vous êtes le héros » (Gallimard) des années 70 et 80, auxquels nous rendons hommage, vous avez en main un ouvrage du même genre : un livre dont les choix que vous ferez vous mèneront à vivre différentes facettes d’une aventure au sein d’un même livre. 

Lire un livre-jeu
Un livre-jeu est un livre où vous choisissez le chemin à suivre selon les choix offerts à la fin de chaque paragraphe. Vous progresserez dans l’histoire à mesure que vos choix vous feront avancer dans les paragraphes suivants. Peu à peu, l’intrigue se dévoilera de cette manière, sachant que ces paragraphes sont mélangés et l’ordre du livre n’est donc pas linéaire. Il ne faut suivre que les paragraphes du choix que vous avez fait (par exemple : « Pour visiter la bibliothèque : se rendre au 42 »).
Au fil de l’aventure, il est possible que vous rencontriez des embûches, et même que votre personnage meurt. Aucun souci, vous pourrez alors revenir en arrière ou simplement reprendre depuis le début. 

Une collection en guise d’hommage et de renouveau
Dans cette collection, nous avons voulu redonner au livre-jeu des allures plus modernes, des paragraphes parfois plus étoffés que les « classiques » des années 80, où la narration et la description sont remises à l’honneur. Par ailleurs, ce sont des textes non traduits, il ne s’agit ici que d’originaux. 
Pour certains des ouvrages, nous avons aussi choisi d’oser d’autres modes d’écriture tels que la narration interne (première personne du singulier), chose qui ne se faisait pas autrefois. Nous avons également complètement supprimé l’usage des dés, des règles, des feuilles de personnages pour les remplacer parfois par : « Pensez à un chiffre entre 1 et 6 », ou d’autres astuces, afin de laisser une légère part de hasard. 
Nos choix ont été guidés par une volonté de rendre à ces livres-jeux une dimension plus proche du livre que du jeu, tout en gardant une certaine fluidité et une lisibilité de type choix interactif.
Certaines aventures sont longues, d’autres plus courtes, illustrées ou non, parfois dans un univers de SF, d’autres fois dans le genre fantastique ou thriller et nous souhaitons enrichir la collection au fil du temps avec l’exploration de mondes différents : steampunk, low fantasy, enquêtes, huis clos…

En souvenir des heures passées autrefois avec les collections de Livres dont vous êtes le héros, nous vous souhaitons de belles nouvelles aventures et espérons que vous prendrez autant de plaisir à voyager dans nos livres que nous en avons pris à les concevoir !

Les éditions L’Alchimiste
1
LE COMMENCEMENT



C’est au coin de la rue que les plus grandes aventures commencent.
Cette histoire ne fait pas exception à cette règle et vous allez en être témoin. Acteur, même, car c’est vous qui allez devoir trouver votre chemin pour découvrir où mène cette rue, cette rue qui n’existe pas.

Au petit matin, alors que votre quartier s’éveille, une étrange réunion de propriétaires se tient à l’intersection de deux rues. Sur le trottoir, de part et d’autre de la voie, un groupe d’habitants discute de la conduite à tenir face à cet imprévisible événement.

Une voiture passe, ralentissant pour, peut-être, apercevoir l’objet de l’agitation.

Des hommes et des femmes, de tout âge, de toute condition, pour la plupart en robe de chambre, se tiennent à la croisée des chemins, entre deux maisons : peu à peu, ils sont descendus des trottoirs et ont investi le milieu de la rue. Un petit chien jappe à leurs pieds. Si ce n’est ce tapage circonscrit au carrefour, le lotissement est plutôt calme. Les employés sont partis au bureau, les enfants à l’école ; quelques livreurs commencent leur circuit. Personne, jusqu’à présent, n’avait remarqué l’incongruité de la situation.
L’air matinal est frais, mais agréable, un air de printemps, aucun nuage dans le ciel. Il y a une promesse dans l’atmosphère. Une promesse d’aventure, d'attente, mais aussi de peur et d'incompréhension.

En vous approchant, vous commencez à percevoir des bribes de conversation.

— C’est une honte.
— Une aberration.
— Ce ne devrait pas être là.
— Que fait le conseil de quartier ? Et la police ?

La foule fait silence, puis quelqu’un lance, sans trop savoir si une réponse est souhaitable.

— Et nous ? Qu’allons-nous faire ?

Une vieille dame vient de prononcer ces mots, la voix pleine de désarroi, mais aussi d’une attente. Son chien grogne et court en tous sens, entre les jambes des participants à cette étrange conjuration. L’animal sent que quelque chose de nouveau est arrivé, quelque chose d’imprévisible et pourtant annonciateur d’un événement majeur dans vos vies.

— Non, mais regardez donc, jeune homme : cette rue, là, elle n’était pas là hier soir, j’en suis certaine. Vous vous rendez compte ? vous interpelle la dame au chien.
— Et puis ce matin, elle était là, je peux le confirmer, dit un homme presque chauve en robe de chambre.
— Ce doit être une erreur, ajoute une femme avec un bébé dans ses bras. Ce n’est pas possible, répète-t-elle à plusieurs reprises tout en berçant l’enfant. 
Un autre homme approuve. 
— Ce n’est pas possible.

Il vous faut un certain temps pour comprendre. Il y a devant vous une rue, avec ses trottoirs, ses maisons, ses lampadaires. À bien y regarder, elle semble plus vide que celle que vous venez d’emprunter, plus usée. Pas de voitures garées, pas de piétons. L'herbe y est moins verte, les arbustes moins feuillus.
Vous vous repérez dans le lotissement. Votre maison se trouve à deux pâtés de maisons, derrière vous. Le parc, sur la droite. Au bout, la voie rapide qui mène au centre commercial. Quelle étrange gymnastique mentale que de se figurer quelque chose qui n’existe pas. Et pourtant, vous vous rendez à l’évidence : cette rue qui se trouve devant vous n’existe pas. Elle ne devrait pas être là. Jamais vous ne l’avez empruntée, que ce soit à pied ou en voiture. Vous ne connaissez personne y vivant. Vous n’arrivez même pas à savoir où elle peut mener. Vous avez beau réfléchir, non, cette rue n’existe pas.

La petite foule vous entoure, hagarde, elle cherche des réponses.
— Vous voyez bien, jeune homme, cette rue ne devrait pas être là, insiste la vieille dame. 
Son chien aussi.
— Oh ! Mais qu’il se taise, ça suffit enfin ! 
Un homme vient de remonter la rue, et s’approche de la foule. Il s’agit de Serge, il vit à deux maisons de là, presque en face de cette rue. Il est grand, aime faire saillir ses muscles sous ses chemisettes et tondre sa pelouse, il travaille dans les assurances. Il parle fort tout en agitant les mains.

— Qu’est-ce qu’il se passe ici ? C’est pour quoi tout ce tapage ?

Il vous écarte d’un revers de la main et s’avance avec bravade dans l’allée. Il fait un pas, hésite, puis deux et s’arrête. Pendant de longues secondes, il reste là. Qu’attend-il ?

— Bon Dieu, mais c’est quoi ça ?

La petite dame vous donne un coup de coude.
— Vous devriez y aller, jeune homme.


Vous hésitez, allez au 64
Vous faites un pas dans la rue, rendez-vous au 5
Vous décidez de ne pas bouger, vous restez au 67
2
Vous mettez une main sur son épaule.
— Agnès ? Je pense que nous devrions remonter, cet escalier ne mène nulle part.
Elle s’arrête, hésite un instant.
— Nous ne pourrons pas le savoir avant d’être descendus jusqu’au bout.
— Ça n’a aucun sens.
Elle réfléchit un long moment. Vous sentez qu’elle change d’avis. Elle se résigne.
— Vous avez raison, remontons. Mais qu’allons-nous trouver là-haut ?
 
Vous remontez au 125
3
— Quoiqu’il en soit, cette rue est là, bel et bien là. Moi, j’ai envie de savoir où elle mène, ce qu’il y a au prochain carrefour, à qui appartiennent ces maisons. Vous me suivez ? vous interroge-t-elle.
Vous hésitez, tout ceci est tellement étrange. Et dangereux.

— Non, je ne crois pas, ça n’a aucun sens. Il doit y avoir une explication.  Vous faites demi-tour au 88
— Je crois, oui, allons-y, rendez-vous au 60
4
La lumière se fait de plus en plus intense à mesure que vous approchez.
Pourtant, la source semble petite, réduite à un point lumineux, quelque part dans l’escalier.
Agnès, fidèle à son instinct d’aventurière, fonce tête baissée.
— Nous devrions faire attention, c’est peut-être un piège ?
— Ou bien notre seule chance de sortir d’ici !
Encore une dizaine de mètres avant d’arriver à hauteur de ce qui luit presque autant que le soleil.  
Agnès court, sautant de marche en marche, vous avez du mal à la suivre, mais c’est elle qui a la lampe.
Lampe bientôt inutile tant la lumière de l’escalier est vive.
Vous courez à perdre haleine, derrière elle. Comment cet escalier a pu grandir autant pendant que vous le descendiez ? Vous manquez une marche, vous vous rattrapez difficilement avec les mains. La douleur dans les poignets vous provoque un flash nerveux derrière les yeux. Agnès a pris plusieurs dizaines de marches d’avance.
La lumière, à mesure que vous vous approchez, grandit, irradie l’escalier.
Et soudain, un immense éclat lumineux envahit les lieux. Vous vous protégez les yeux avec votre bras. Vous sentez la chaleur passer au travers de votre corps. Vous pensez que vous allez mourir ici, sur cette marche, sur cet escalier, dans le sous-sol de cette maison sans fin, dans ce lotissement qui n’existe pas. La lumière est partout, se niche partout, ensevelit tout.
Vous tombez à genoux, sur une marche. Derrière vous, dans les profondeurs, l’infini. Devant vous la lumière d’un soleil, d’un univers.
Puis tout s’arrête.
 
Agnès a disparu.
Agnès a sombré dans la lumière
La jeune femme n’est plus là.
Vous apercevez, plus haut dans l’escalier, une faible lueur qui scintille, comme une étincelle ou la flamme d’une bougie. Elle attend que vous vous approchiez.
Vous l’observez. Êtes-vous la proie de votre imagination ? Où peut bien être Agnès ?
Vous devez rejoindre votre coéquipière, c’est votre seule chance de sortir de cette maison.
Vous approchez de la lumière. Son intensité s’amplifie.
La lumière grandit, elle vous enveloppe, vous encercle, vous happe. Vous disparaissez à votre tour dans sa réalité. Ou bien vous évanouissez-vous de fatigue.
 
Vérifiez que vous êtes toujours en vie au 102
5
Vous faites un pas, puis deux et arrivez à hauteur de Serge.  L’air est peu plus lourd dans cette nouvelle partie du quartier.
— Elle est apparue cette nuit, commencez vous.
— Quoi donc ? vous interroge-t-il.
— Cette rue.
— Vous rigolez ?
— Non, ajoute la vieille dame.
Serge ne trouve pas de mots pour exprimer ce qu’il ressent. Tout son corps tressaille, il est traversé par des spasmes musculaires. Il réfléchit. Un tic nerveux agite les traits de son visage. Il regarde au loin, vers le bout de la rue.
— Et après, y a quoi ?
— Aucune idée, répondez-vous.
— Eh ben, il va peut-être falloir y aller.
Devant vous, la rue s’étale, se déplie. Vous vous rendez alors compte d’un élément, quelque chose que vous n’aviez pas encore identifié et qui, pourtant, provoque en vous un certain malaise : toutes ces maisons, de part et d’autre de la rue, sont identiques. Même architecture, même façade, même couleur. Le carré vert de la pelouse sur la rue se répètant ad nauseaum devant chaque maison. Ainsi que les arbustes et l’allée menant au garage.
De chaque côté de la rue, une seule et même bâtisse et ce, jusqu’où porte votre regard, jusqu’à l’horizon. Effet de reflet troublant et malaisant.
Vous percevez la respiration de Serge à vos côtés, comme s’il était essoufflé. Sa poitrine se soulève et s’abaisse à un rythme irrégulier. Lui aussi est désorienté par ce nouveau paysage. Il est en proie à la complexité et à la confusion.
Il attend que vous disiez, fassiez quelque chose.
— On fait quoi maintenant ? lui demandez-vous.
— Je pensais que vous sauriez, vous répond Serge, dans une terreur presque tangible.
Pendant de longues minutes, vous restez tous les deux face à l’inconnu. Vous scrutez le paysage à la recherche d’une présence, de quelque chose auquel vous pourriez vous raccrocher. Le vide est à portée de main, là, devant vous.
— Alors, messieurs, qu’est ce qu’on attend ? 
Une voix féminine qui vous surprend dans vos attentes. 
— Heureusement que l’on m’a appelée, vous m’avez l’air bien embêtés.
— C’est que... cette rue n’était pas là hier, intervient Serge.
— En voilà un événement pas banal, lui répond immédiatement la jeune femme.
— On s’est dit, avec Serge, qu’on pourrait peut-être l’explorer, lancez-vous. 
Serge vous jette un regard à la limite de la panique.
— Je ne vois pas ce que l’on peut faire d’autre, clôt la nouvelle venue. 
Elle se tourne alors vers la dame au petit chien.
— Madame Lebfevre, racontez-moi tout.
— Rien ! Enfin, je veux dire, il n’y avait rien, hier soir. J’ai sorti Yuki, comme tous les soirs, à la même heure. On a fait le même chemin, comme tous les soirs. La même crotte aussi. Que je ramasse, je tiens à le souligner. Rien de tout cela n’était là, je vous le promets.
— Il n’y a eu aucuns travaux, intervient alors l’homme en peignoir. Je les aurais vus, et puis, ça aurait pris du temps, enfin pas une nuit, plusieurs, peut-être même une semaine... 
Il prend conscience de l’absurdité de sa phrase en la disant. 
— Enfin, je veux dire, qui aurait voulu construire tout ça, aussi rapidement ? Je suis d’accord avec madame Lebfevre : cette rue n’était pas là hier soir.
— Vous avez raison, acquiesse la jeune femme, je suis passée par ici, hier soir après une réunion au lycée. Je n’ai rien remarqué d’anormal.
— Justement, à force de passer par là, tous les jours, sans vraiment regarder, on pourrait peut-être imaginer que cette rue est là depuis pas mal de temps ? intervient une femme, la vingtaine, en jogging.

Tout le monde la regarde avec circonspection en 3 .
6
Le couloir est trois ou quatre fois plus long. De nouvelles portes sont apparues. Agnès s’avance, vous êtes sur ses talons.
Elle ouvre une première porte, une immense salle s’offre à votre regard. Vide, spacieuse, sans fin.
Agnès continue, toujours les mêmes espaces, sans fin, sans vie.
Au bout du couloir, elle se retourne vers vous.
— C’est une impasse, dans tous les sens du terme. Plus nous avancerons dans ce couloir, plus il s’agrandira.
Vous faites demi-tour, le couloir est encore plus long. La marche pour revenir sur vos pas est fastidieuse. Épuisante moralement.
Vous commencez à prendre conscience que vous êtes bloqués dans cet espace infini, cette maison en expansion.
Serge ne pourra pas vous venir en aide. Peut-être est-il déjà perdu ici.
La migraine qui vous assaille est de plus en plus forte. Votre cerveau a du mal à compenser cette modification trop soudaine de l’espace.
Vous êtes pris de vertiges. Agnès vous soutient.
— Vous avez vu ? Un flash lumineux vient de parcourir le couloir.
— Oui, répond Agnès.
— Ah, j’ai cru avoir une attaque cérébrale. Que faisons-nous ?
— Reposez-vous un peu.
Vous vous asseyez au sol, l’univers tourne tout autour de vous. Vous avez du mal à ne pas vous évanouir. Encore ce flash. Encore.
Puis, la lumière entre dans votre tête. Dans celle d’Agnès aussi, vous l’entendez hurler. Elle vous prend la main.
 
Puis, vous sombrez dans la lumière au 102
7
Il prend un chemin entre des entrepôts, une aire de jeux abandonnée et triste ; vous longez une voie express, et sous un pont, il vous conduit à son refuge de fortune.
Une cabane de bric et de broc, un assemblage hétéroclite de cartons, palettes, morceaux de ferraille. L’homme vit comme un sans-abri. Il y a un semblant de cuisine, un lit crasseux dans un coin.
— Vous vivez ici depuis longtemps ? lui demande Agnès.
— J’étais un jeune homme quand j’ai passé le seuil de cette porte. J’ai fait un long voyage depuis, vous ne trouvez pas. 
Il caresse sa longue barbe, signe de ses années — des décennies — passées en ce lieu.
— Et vous n’êtes jamais reparti ? Vous n’êtes jamais rentré chez vous ?
— Je suis ici chez moi.
Serge vous prend par le bras et vous emmène à l’écart.
— Je le sens pas, il y a quelque chose qui ne va pas.
— Quoi donc ? Un piège ? Enfin, c’est un vieil homme.
— Il a l’air d’en savoir beaucoup sur ce monde. Ça ne vous étonne pas ?
— Il est là depuis longtemps, il a eu tout le loisir de le parcourir. Si cet homme peut nous montrer le chemin du retour, je suis prêt à l’écouter.
Agnès se joint à vous.
— Je suis d’accord, s’il peut nous montrer le chemin, on doit l’écouter et le suivre.
Serge réfléchit un long moment.
— C’est de la folie, on ne sait rien de lui.
— Avons-nous le choix ? demande Agnès. 
Serge réfléchit encore longuement. Il rend les armes. Il n’a pas d’autre choix. Pas d’autre chance.  
L’homme est assis près du feu. Il ne prête aucune attention à votre présence.
Puis, un tintement retentit, dans les fourrés, sur le talus menant à la voie rapide. Il se lève et se précipite dans les arbustes. Il y disparaît complètement ; vous voyez la végétation bouger. Il en ressort, le bras tendu au-dessus de la tête. Un rat. Il a attrapé un rat.
— Ah ! Viens ici mon joli ! 
Déjà, il l’a embroché et mis à griller sur le feu.  Agnès détourne le regard.
 
Vous décidez que suivre cet homme serait une folie, vous quittez son camp au 77
Vous pensez qu’il peut vous sortir de ce lieu, allez au 117
8
Vous marchez dans les ténèbres.
Parfois, vous vous arrêtez, Serge écoute, tel un chasseur, si vous n’êtes pas suivis.
...

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