Les masques de la haine
214 pages
Français

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Les masques de la haine , livre ebook

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Description


Chicago, hiver 2018.


« 762 et 650 ». La réalité historique du nombre de décès sur les deux dernières années est dramatique.
Près de deux morts par jour à « Windy City », et pas des accidents de la route, non. Des homicides, parmi les plus violents du pays. Moins de flics, plus de gangs, des armes en vente libre depuis quatre ans... C’est dans ce contexte tendu que cinq pseudo-justiciers dans la fleur de l’âge, affublés de masques d'animaux, font régner leur loi dans les rues, passant à tabac tous ceux qu’ils jugent nuisibles pour la société. Ils montent en puissance et agissent de la même manière qu’une ancienne bande, aujourd’hui disparue, qui utilisait exactement les mêmes codes quinze ans auparavant.


Les détectives Hunter et Markowitz enquêtent dans l'espoir de mettre un terme à l'escalade de violence qui menace d’embraser la ville et de faire des émules. Ils jonglent entre leurs investigations et la traque d'un meurtrier qui aime se défouler sur des victimes choisies au hasard. Pour ne rien simplifier, ce géant à la carrure disproportionnée revêt lui aussi... un masque de bête.


Coïncidence, lien évident ?
Les deux détectives devront remiser au placard leurs divergences d’opinion pour espérer progresser dans une affaire aux multiples ramifications et aux tournures inattendues.



Suivez cette course contre la montre débridée où se mêlent l’horreur, l’humour... et les faux semblants !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782378122492
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

À Mina, première lectrice, aussi expressive quand tu me lis que quand tu lis le programme TV. Rien ne vaut ton honnêteté décap(it)ante.
À Maryline, à jamais la première à avoir allumé la flamme de l’écrivain. Merci d’être tombée dans les escaliers pour moi.
Merci à toi, maman, de m’avoir dit que mes romans étaient un peu dégoûtants, mais que tu les liras quand même un jour, c’est promis.
À Cécilia, pour tes retours détaillés si encourageants qu’ils m’ont fait pousser des ailes sans taurine.
À Catherine, pour tes superbes illustrations et ta patience.
À Sephorah et Silvain, qui feront croire à mes lecteurs que je ne sais pas orthographier les prénoms alors que ce sont eux qui ne font rien comme tout le monde. Merci à vous et à tous les autres pour vos avis fougueux et passionnés.
À Violaine, Juliette, et Axelle, pour le travail accompli jusque-là.
Et enfin, merci à vous, que je ne connais pas encore, qui aurez peut-être plaisir à lire, recroiser les enquêtes, retracer les trajets, retrouver virtuellement les scènes de crimes, comme autant d’énigmes sournoisement planquées dans ces quelques pages.
Bravo à tous ceux qui saisiront les nombreuses références cachées dans ce roman, et gloire au premier qui dénichera le Konami code, bien enfoui quelque part là-dedans.
Bonne lecture !
Danny R.



Chapitre 1: Une demie vie
Chicago – Janvier 2018
L e réveil hurlait, le chien aboyait, et une rame de métro faisait vibrer son appartement. La même rengaine que d’ordinaire, mais ce matin le retard n’était pas permis. Markowitz ouvrit tant bien que mal une première paupière et distingua difficilement un chiffre dans la pénombre : un six, suivi d’un zéro, soit bien assez pour se faire une idée. Encore une petite demi-heure , s’accorda-t-il en éteignant l’horrible bruit de l’appareil d’un coup de paume salvateur. Son bouledogue anglais, allongé au pied du lit, leva la tête une seconde avant de la faire retomber entre ses pattes, habitué à la cérémonie du report.
L’impression d’attendre éternellement l’appel du réveil qui ne revenait pas lui fit ouvrir un œil : 8 h 06.
— Eh merde…
Avec près d’une demi-heure de trajet pour une réunion censée démarrer dans vingt-cinq minutes, la partie était déjà mal engagée. Markowitz se leva sans se précipiter et se dirigea vers la salle de bain, évitant sur son chemin tout un tas d’obstacles qu’il avait pris l’habitude de contourner. Divers livres à ranger, de la vaisselle à laver, des emballages à jeter, son appartement était le reflet de sa vie : miséreux, chaotique, sans ambition… mais encore à la limite de l’acceptable. Il réussit à se frayer un chemin jusqu’à sa minuscule pièce d’eau, remplie elle aussi de tout un tas de choses qui n’avaient rien à y faire, et fit face au miroir. Devant lui, le reflet d’un homme qui courait sur ses quarante-huit ans, un physique de rugbyman, ou plutôt d’un ancien rugbyman qui aurait un peu trop abusé de la bière sur sa fin de carrière. La bouche pâteuse qui laissait apparaître un léger filet blanc à la commissure des lèvres, le regard terne, la sale gueule des mauvais jours qui devenait petit à petit la mine habituelle. Il passa la main sur son menton, bougeant légèrement la tête à gauche, à droite, puis fit craquer sa nuque avant de se rincer la bouche à l’eau froide.
— On verra demain pour te faire une beauté, se dit-il face à la glace avant de ressortir.
Quelques pas de plus dans son capharnaüm avant d’arriver près d’une chaise encore debout, d’attraper sa veste de cuir marron qu’il enfila sur son t-shirt blanc de la veille, puis il revêtit un pantalon et des chaussures de ville. Son bouledogue, lui, était là, fidèle au poste, sur ses quatre pattes, sa grosse langue pendante qui avait la fâcheuse manie de bombarder le sol de gouttelettes de bave bien visibles. Il semblait attendre sa sortie quotidienne près de la porte, tout heureux.
— Tu veux pas rester ici, aujourd’hui ? J’ai pas trop l’temps de t’emmener en promenade, là, tu vois ?
Aucun retour si ce n’est un large sourire qui se dessinait sur le visage du canidé, puis Markowitz soupira avant de ramasser ses clefs dans une soucoupe posée sur la console de l’entrée. Il ouvrit ensuite la porte de son appartement avant de laisser sortir le monstre sur le palier et de le suivre à la trace.
Il commençait à descendre les marches grinçantes du bâtiment vieillissant lorsque des bruits au rez-de-chaussée lui firent jeter un œil par-dessus la rambarde.
— Madame Mixwell..., grogna-t-il en se grattant la tête.
Et elle l’avait vu, en plus. Très gentille gardienne d’un âge avancé, dévouée, aimable, polie… mais collante au possible. Elle examinait tout, parlait trop et pouvait tenir la jambe pendant des heures si on ne la coupait pas, et c’était bien là tout le problème : interrompre une personne gentille et serviable qui était un vrai moulin à paroles n’était jamais chose aisée. Aujourd’hui, il avait pourtant une excuse, une bonne même, mais le « Désolé je suis en retard » avait tant été utilisé par le passé qu’il avait perdu de son impact.
Ne semblant pas spécialement dans l’urgence, le quasi-cinquantenaire arriva enfin au rez-de-chaussée et fut étonné de ne pas la croiser. Ni à gauche, ni à droite, aucune madame Miwxell en vue. Un petit mouvement de tête de côté traduisant sa satisfaction, puis il attrapa dans la poche de sa veste un petit paquet dont il sortit une cigarette roulée qu’il alluma au milieu du couloir juste avant de sortir.
— Monsieur Markowitz ! Monsieur Markowitz !
Les doigts agrippés sur la poignée en laiton et la clope au bec, il resta figé trois secondes en levant légèrement la tête vers le ciel, soupirant une nouvelle fois tout en recrachant une première bouffée.
— Monsieur Markowitz, attendez !
La vieille femme, toute petite, traversait le couloir depuis l’opposé dans une sorte de course de ski de fond, traînant sur le sol ses pieds glissés dans des pantoufles qui avaient fait leur temps. Elle tenait en main une sorte de bâton mou d’une dizaine de centimètres qu’elle agitait au-dessus de sa tête. Il se retourna et fit un sourire.
— Madame Mixwell ! Je ne vous avais pas vue.
La gardienne arriva à son niveau à petites foulées, baissa le regard vers le bouledogue auquel elle donna la friandise apportée puis releva les yeux vers son maître avec un léger sourire réprobateur.
— Je pense que vous menteeeez, monsieur Markowiiiitz !
Il la regarda du haut de son mètre quatre-vingt-cinq et se mit à rire tout en expulsant sa fumée.
— Hahaha ! Vous m’avez eu. Je me demande encore pourquoi je continue à essayer de vous berner, vous êtes trop forte pour moi. Par contre, désolé, mais je dois vraiment filer, je suis à la bourre. Merci pour le biscuit, mais arrêtez de le nourrir, il est énorme, il va finir par exploser, dit-il en regardant son chien se goinfrer dans des sonorités peu ragoûtantes, comme s’il n’avait pas mangé depuis des lustres.
Il ouvrit alors la porte du bâtiment et se plaça sur le côté avant de lui parler.
— Allez, on y va, magne-toi, le chien.
Un ordre un peu trop mollasson ou un mâchouillage un peu trop bruyant, l’animal ne prêta pas attention à son maître et continua à dévorer sa friandise. La vieille femme, elle, fit la moue et agita son doigt en l’air.
— Vous êtes toujours en retard, monsieur Markowitz, un jour, ils finiront par vous renvoyer !
Il recracha une nouvelle bouffée de cigarette tout en acquiesçant.
— Et je bénis ce jour en espérant qu’il arrive très vite, croyez-moi... répondit-il avant de demander une nouvelle fois à son bouledogue de se dépêcher, sans effet là encore.
— Laissez-le donc terminer ! enchaîna la gardienne. Tenez, maintenant que je vous tiens, j’aimerais vous faire part de quelque chose qui m’inquiète un peu : ça fait plusieurs fois que je vois des jeunes, là dehors, et ils sont assez... dissipés, mais ce n’est pas ce qui me dérange, ils sont jeunes, après tout. Non, ce qui me gêne, c’est qu’ils fument de la drogue, là, juste devant le perron, et parfois même ils rentrent dans le bâtiment pour s’abriter du froid, puis i

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