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Limousin connection , livre ebook

98

pages

Français

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2019

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De retour dans le Limousin, Maxime est hanté par son passé, tandis que son rival de toujours est retrouvé assassiné... Pour régler la succession de sa mère, Maxime rentre aux Liades, en Limousin, après de longues années passées à l’étranger. Très vite, son passé le rattrape entre le remords d’avoir laissé sa mère mourir dans la solitude, les souvenirs d’un amour douloureux... Comble de tout cela, il apprend que son rival, Jean-Marc Bourdier, est devenu député-maire, ce même homme pour qui Solange l’a quitté. Peu de temps plus tard, le maire Bourdier est retrouvé assassiné dans des circonstances douteuses. Ce meurtre bouleverse les plans de Maxime qui se retrouve impliqué dans une affaire mystérieuse où il devra comprendre les jeux d’interactions entre politique et financier pour découvrir la vérité. Entre intrigue policière et peinture de mœurs, Jean-Pierre Bonnet réussit à faire durer le suspense jusqu’à la dernière phrase. Suivez Maxime le long d'une enquête mystérieuse, tissée de jeux politiques et financiers, dans ce roman policier à l'issue surprenante.
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Publié par

Date de parution

03 juillet 2019

EAN13

9791035305420

Langue

Français

Limousin Connection
Retour aux Liades
Collection dirigée par Thierry Lucas www.gesteditions.com © Geste éditions – 79260 La Crèche
Tous droits réservés pour tous pays
Jean-Pierre BONNET Limousin Connection
Retour aux Liades Geste éditions
À Catherine.


1

Une déflagration le réveilla en sursaut. Il s’assit aussitôt sur le bord de son lit, tous ses sens en éveil, il cherchait du regard où il avait bien pu poser son revolver. Mais, pendant qu’il tentait d’identifier les bruits qui l’avaient tiré de son sommeil, son cerveau embrumé s’affolait : il ne reconnaissait plus les lieux où il se trouvait ! Un lit à l’ancienne, une armoire du début des années 1950, et par la fenêtre un ciel nuageux ne ressemblant en rien au bleu azuré des cieux africains ? Enfin, un éclair, il se rassura : il n’était plus sur le continent noir, mais de retour en France, dans la maison de sa mère, en Limousin ! Quinze années passées en Afrique, à mener une vie aventureuse, lui avaient fait acquérir des automatismes qu’il allait devoir désormais maîtriser, même s’ils furent les conditions de sa survie jusqu’à présent.
Des coups sur le chambranle de la porte d’entrée redoublèrent d’intensité : voilà donc l’origine du tintamarre ! Située à l’étage, sa chambre donnait sur l’arrière de la vieille maison de caractère. Il ne pouvait donc en jetant un coup d’œil par la fenêtre voir qui pouvait bien le déranger de si bonne heure. Sa montre indiquait huit heures quinze : arrivé depuis hier seulement, qui donc pouvait déjà connaître sa présence aux Liades ?
« J’arrive ! j’arrive ! » cria-t-il en enfilant un pantalon. Puis, ouvrant la porte de sa chambre et s’apprêtant à descendre pieds nus dans l’escalier, il ajouta :
« Qui est là ?
– Gendarmerie nationale ! ouvrez ! »
Il marqua un temps d’arrêt. Les événements de la veille revinrent en masse dans sa tête, et cela le dégrisa complètement. Arrivé en terre limousine pour son rendez-vous de quinze heures chez le notaire de Rochechouart, il en sortait deux heures plus tard, furieux ! Sa mère décédée trois mois plus tôt lui laissait sa maison des Liades amputée de son grand terrain la bordant. Il avait été préempté pour moitié par la mairie pour y agrandir la déchetterie communale ! Quand il avait appris en outre que l’auteur de ce méfait n’était autre que Jean-Marc Bourdier, l’homme qu’il haïssait le plus sur cette terre, sa colère avait décuplé :
« Vous savez, l’offre de prix a été très correcte : l’estimation s’est faite sur les bases d’une bonne terre fertile ; or reconnaissez que ni vous, ni votre mère n’aviez jamais envisagé de la faire valoir un jour ! » lui avait assuré le notaire pour tenter de le calmer.
– Peut-être, mais la maison des Liades, isolée comme elle se trouve, n’a de valeur qu’avec ce terrain qui aurait pu séduire n’importe quel acheteur cherchant à faire dans l’industrie touristique : club hippique, village de vacances, que sais-je ?
– Ça n’existe pratiquement pas dans nos contrées… » avait répliqué le notaire en haussant les épaules.
Il avait faillit lui répliquer : « Imbécile, c’est justement parce que cela n’existe pas qu’il faut y songer ! »
Ce n’était pas tant la perte de valeur de la maison qui l’irritait le plus, de l’argent il en avait déjà beaucoup, mais le fait que la vente ne pouvait que s’éterniser ! Il n’avait envisagé qu’un bref passage en terre limousine : trop de mauvais souvenirs le reliaient à ces lieux !
Sortant de l’office notarial, il avait filé sur Challaixe. Décidé à faire quelques courses pour le soir, ce fut en se garant sur la place de la mairie que l’idée lui était venue : « Et si j’allais saluer ce bon vieux salopard de Bourdier ! »
Le notaire lui avait raconté sommairement la brillante carrière de « son ami » devenu maire, puis député ! Il n’avait pas trop insisté quand il avait surpris la moue de mépris qu’avait affichée son « client ».
Habitué à entrer dans des ministères africains comme dans un moulin, Maxime avait traversé le hall de la mairie sans s’arrêter et avait gravi quatre par quatre les marches conduisant à l’étage vers les bureaux des élus. Les employés de mairie n’eurent que le temps d’entrevoir un individu vêtu d’une veste saharienne et d’un pantalon en lin de couleur sable. Bien lui en avait pris de foncer, car il était justement tombé sur « M. le maire Bourdier », en vive discussion dans le couloir, avec un de ses adjoints. Le dévisageant, Jean-Marc Bourdier avait marqué une pause, cherchant à mettre un nom sur l’apparition qui lui faisait face. Puis : « Maxime Lamure ! Tiens donc, quelle surprise ! Nous vous attendions plutôt en mars dernier, pour les obsèques de votre mère…
– Ta gueule ! Explique-moi plutôt cette histoire de terrain volé aux Liades ? »
Maxime avait le sentiment de n’avoir pas changé, lui : de taille moyenne, les épaules larges, brun, le teint hâlé, il n’avait pas pris une once de graisse. Il nota avec un plaisir mauvais que son rival de l’époque avait pris du ventre et que son visage à l’éternel sourire se boursouflait. Nourriture trop riche, manque d’exercice ? Certes il affichait toujours sa haute taille et un costume impeccable, mais sa chevelure blonde laissait apparaître des traces de calvitie précoce. Quel âge pouvait-il bien avoir ? s’était interrogé Maxime. « Moi j’en ai trente-cinq, il avait trois ans de plus, donc ça lui fait trente-huit ! »
« Monsieur, si vous n’avez pas rendez-vous, redescendez immédiatement et laissez le député-maire tranquille ! » l’apostropha l’homme en conversation avec Bourdier. De courte taille, le crâne dégarni, sensiblement plus âgé que son maire, lui aussi accusait un embonpoint de notable.
– Toi, on ne te demande rien ! » l’avait coupé sèchement Maxime.
– J’appelle la sécurité ! aboya l’autre en tournant les talons.
– O.K., Jean-Paul, t’inquiète ! En attendant j’en fais mon affaire, avait enchaîné Jean-Marc Bourdier. Eh bien ! tu as l’air en forme, mais toujours aussi mal élevé. Que puis-je pour ton service ? »
Ce fut le regard narquois et méprisant de Bourdier qui avait fait réagir Maxime. Cela lui avait rappelé, seize ans plus tôt, la même situation quand ce fils de pharmacien nanti lui crachait sa morve au nez, en le croisant au volant de sa voiture de sport italienne. Son poing s’abattit sur la figure du « député-maire ».
« Tiens ! ça c’est un acompte ! Et tu vas voir que ma mauvaise éducation n’a pas pris une ride. »
Dans ses « affaires », il avait appris qu’il fallait d’abord s’imposer par la force, et seulement ensuite entamer les « négociations ». Seulement voilà, il n’était plus en Afrique, et déjà deux cerbères le ceinturaient et le traînaient vers l’escalier. Comme il ne s’attendait pas à une remontée si rapide de l’adjoint accompagné, il ne put contrôler la situation. À la façon dont ses bras étaient verrouillés, il avait compris qu’il avait affaire à d’anciens pros : il ne chercha pas à dépenser de l’énergie inutilement, cela aurait trop fait plaisir à Bourdier, qui le regardait avec horreur en se massant la joue gauche, là où le coup avait porté.
« T’inquiète, je t’aurai un jour ! Tu ne seras pas toujours entouré de chiens de garde », eut-il le temps de lancer. On l’avait fait sortir par une porte dérobée sur l’arrière, sans oublier de le rosser de quelques coups dans le bas-ventre. « Ça suffit, les gars : il ne faut pas de traces et qu’il porte plainte, dans le contexte actuel cela ferait désordre », avait dit l’adjoint.
Tous les événements de la veille lui étaient revenus en mémoire en descendant, et tandis qu’il ouvrait la porte d’entrée : « Ben mon colon ! il n’aura pas perdu de temps, le Bourdier, pour aller se plaindre », murmura-t-il en contemplant le gendarme galonné qui se présentait à lui :
« Adjudant Machard, gendarmerie du canton. Maxime Lamure ?
– Lui-même.
– On peut entrer ?
– Allez-y, la cuisine est à gauche. »
Un deuxième gendarme, plus jeune que le premier, suivit son chef, tandis qu’un troisième restait dehors et contemplait sa voiture, une Opel de location.
Arrivé dans la cuisine, Maxime fut légèrement gêné. Il n’avait rien rangé de ses agapes de la veille. Les reliefs de son poulet rôti et du camembert entamé traînaient encore sur la table, ainsi que deux bouteilles de vin, vides ! Seuls l’assiette et les couverts avaient été « rangés » dans la vasque de l’évier en Inox.
L’adjudant ne montra aucun dégoût apparent : sans doute cela confortait-il l’idée qu’il se faisait du lascar qu’il s’apprêtait à appréhender.
« On ne va tout de même pas m’arrêter pour avoir cassé la gueule à un député ! » se demandait Maxime. Inquiet, il prenait conscience que sa réadaptation aux mœurs civilisées allait devoir s’accélérer, sous peine de déconvenues à venir plus graves encore.
L’interrogatoire commença, et Machard écrivait consciencieusement sur un bloc chacune de ses réponses. Il s’était trouvé un coin de table moins sale que les autres et, assis sur une chaise, son adjoint debout derrière lui, il s’adressait à Maxime qui lui faisait face, assis, lui aussi. Il ne leur avait pas proposé de café : il ne se souvenait plus où était la cafetière et le café, d’ailleurs restait-il du café ?
Cela coinça dès la question :
« Profession ?
– Je suis dans les affaires.
– Quels genres d’affaires ?
– Diverses. De toute façon je viens de les liquider. »
Maxime sentait bien que, pour ne pas aggraver son cas, il lui fallait éluder : éviter les aspects douteux de ses trafics en matériels divers, en particulier les armes !
« Et pourquoi avez-vous tout liquidé ?
– Les affaires, ça va, ça vient. Et puis l’Afrique de 1984 n’est plus ce qu’elle était : le commerce y devient risqué pour un Européen. »
Il n’allait pas leur raconter que, depuis les accords du 16 mars dernier, l’Afrique du Sud n’intervenait plus au Mozambique et que son ami guinéen le président Sékou Touré était m

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