Métamorphose Intime d un Vieux Xénophobe
43 pages
Français

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Métamorphose Intime d'un Vieux Xénophobe , livre ebook

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Description

Le parcours d'acceptation d'un papy raciste dans un quartier populaire.


Papy Patachon, vieil anarchiste xénophobe, vit seul aux Buers, quartier populaire de Villeurbanne. Celui-ci est détesté pour son racisme primaire et ses propos injurieux. Sans vraiment d’ami, hormis ses poules avec qui il converse, il loge dans un vieil immeuble au fond d’une impasse en dessous du périphérique lyonnais, entouré de voisins issus de la France des migrants d’hier et d’aujourd’hui. Son animosité se concentre sur Kekeli, jeune togolaise et ses deux enfants. Ce n’est qu’après un incident que Papy se rapproche d’eux pour dévoiler sa vraie personnalité...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782381530192
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Métamorphose Intime d'un Vieux Xénophobe
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu'ils produisent à la demande et pour le compte d'un auteur ou d'un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Raymond Pierre Communod
Métamorphose Intime d'un Vieux Xénophobe
Roman


J’avais mes convictions personnelles contre ces « envahisseurs », j’ai douté en regardant ces deux enfants. Il ne s’agissait plus de rejet inconditionnel de l’« autre », mais d’un rejet contre ceux dont la misère est leur fonds de commerce. Alors j’ai appris à aimer ceux que je haïssais, mais mon aversion était-elle aussi tenace que je le croyais ?
Daniel Patachon
Ise

Dans le quartier des Buers à Villeurbanne, mardi 20 mars. Un vieil homme dans son jardin.
— Fais chier ! Ouais. Regarde Juliette ce que tu as laissé sur ma chaussure, est-ce que je fais caca sur tes pattes ? Non ! Tu parles d’une poule reconnaissante. Moi qui t’apporte à manger à toi et tes copines, tu me récompenses ainsi en salissant mes godasses. J’sais, elles ne sont pas neuves, mais tout de même. Bon ça va ! Pas la peine de caqueter de la sorte, je ne suis pas si sourd que ça, tu vas réveiller tout le voisinage, quoique ça ne fasse pas de mal à certains, surtout « au glandeur » du premier étage, si tu vois ce que je veux te dire. Ce n’est pas en se levant à dix heures qu’il va trouver du travail. Tout d’abord, chère Juliette as-tu fait ton œuf ? Je te rappelle que l’on a un accord entre nous, toi tu ponds et moi je te nourris, c’est pourtant simple à comprendre, allez viens sur ton Papy et fais-moi un câlin, ma petite poulette. T’es bien une gonzesse ! Toujours en train de piailler, jamais contente et autoritaire en même temps, parfois tu me fais penser à mon ex-femme. Je ne suis pas assez bien pour toi ? Fais gaffe, il pourrait me venir des idées de poule au pot un de ces jours. Arrête de me faire cette tête-là ! Je plaisante, je t’aime trop ma petite Juliette, allez fais un bécot à Papy, je m’installe sur mon tabouret.
La petite poule de race Sebright avec ses 500 grammes sauta dans les mains du vieil homme où restaient des brisures de pain sec. C’était sa seule copine avec qui il pouvait discuter, confier ses humeurs du moment. Juliette avait changé de place pour s’installer sur ses genoux, ainsi elle arrivait mieux à picorer les miettes de pain que Daniel avait broyé le matin même avec sa massette. C’était son unique repas de la journée, à moins que Papy ne trouve le temps de se promener le long du mur antibruit installé le long du périphérique lyonnais et ramasse les premiers groins d’âne (pissenlits). Verdure qu’elle partagerait avec ses copines du moment, l’ardennaise, la bantam de Pékin et l’énorme poule noire de Marans, cette pimbêche qui se la pète parce qu’elle pond des œufs couleur chocolat. Tu parles d’un œuf ! pensa Juliette. Sa couleur vient probablement des excréments du chat noir des africains qui habitent à côté de Daniel, la grosse Gertrude s’en empiffre pensa la petite poule naine, nous autres nous avons le gésier plus délicat, nous préférons le pain de la Mère Tamelier, la boulangère où s’approvisionne Papy Patachon et les épluchures de légumes. L’hiver le jardin ne produit plus de légumes, Daniel n’en achète pas trop, il n’en a pas les moyens, ou alors à la fin du marché quand les revendeurs ou les maraîchers liquident leurs derniers cageots de fruits, de plantes potagères avec les avariés, les défauts d’aspect ou ceux qui gisent dans le caniveau, enfin c’est ce que Papy m’a confié. Mais là encore, Daniel se fait discret, pour que personne de sa connaissance ne le surprenne dans cet acte de détresse, c’est que Patachon a sa fierté.
Le vieil homme se leva, épousseta son vieux jean rapiécé et rangea son tabouret sous l’abri à l’extérieur du poulailler. Il leva la tête, le ciel était bleu, malgré des stries blanches laissées sur le sillage des longs courriers, oiseaux métalliques qui parcourent en tous sens notre si petite planète. Il sourit, heureux et accueillant comme un cadeau du ciel, les premiers rayons du soleil et le seul mot qui lui vint à l’esprit est :
— Merci Seigneur de l’Univers pour ce cadeau en ce premier jour du printemps et malheureusement pour moi de fêter mon quatre-vingtième printemps. Il n’y a que toi qui y as pensé, pour les autres je n’existe plus, enfin si pour Marjorie, mon ex-épouse. C’est elle qui curieusement reçoit ma retraite chez elle, je me demande comment elle a fait pour obtenir de la caisse de retraite le droit de recevoir ma pension. Cette garce m’en pique la moitié, du coup avec 1000 euros par mois, ce n’est pas facile, une fois payés la location de l’appartement, l’électricité, le gaz, les impôts, il me reste moins de 200 euros pour vivre, pas de quoi manger des ortolans, ni le luxe de me chauffer avec mon petit poêle à bois où je brûle des cagettes, reliquats des fins de marché. Mais pas question de me rendre « aux restos du cœur », me mélanger avec ces noirs, ces bicots, ces gueux, ça me ferait chier d’être à leur niveau, j’aime mieux avoir faim. Ces jean-foutres qui ne sont jamais contents de la marchandise qu’on leur donne ; enfin c’est ce que la Marie, une bénévole m’a confié l’autre jour quand elle est venue à la maison sous le prétexte de lui écrire une lettre pour les services sociaux. Elle était dégoûtée du comportement de certains demandeurs d’aide sociale, qui réclamaient plus, qui veulent des marques, méprisant les produits en limite de date. Remarque la Marie est comme toi ma belle Juliette, elle voulait juste que je la console et que je lui fasse un petit câlin, c’est normal ce n’est pas parce que l’on est vieux que n’a plus envie de réconfort charnel. C’est sûr, ce ne sont plus de torrides effusions, mais il y a la tendresse, la chaleur de deux corps qui s’assemblent et qui espèrent retrouver la jouissance de leur sens.
— Eh Monsieur ! À qui tu parles, à tes poules ? fit un petit garçon de huit ans de l’autre côté du grillage de séparation des deux jardins.
— Oh, le « noirot » ! Je ne t’ai pas donné l’autorisation de m’adresser la parole, petit négrillon. Retourne dans ta case, sale morveux…
— Toi, tu n’es qu’un vieux con ! fit Jérémie, le petit mulâtre d’à côté. Tout le monde le dit dans le quartier. À l’école les grands projettent de te casser ta gueule de « cul blanc ».
— Eh moi je vais te manger tout cru pour mon dîner et puis non ! Je risque de tomber malade. Fous-moi le camp sale crapaud, sinon je te donne à bouffer aux poules, enfin je ne sais pas si elles vont aimer.
— Maman ! hurla le jeune garçonnet en larmes courant vers l’appartement de sa mère. Le voisin veut me manger, il m’a traité de sale crapaud et de négrillon.
Une jeune femme aussi noire que l’ébène, se tenait debout dans l’encadrement de la porte de sa véranda, les deux mains sur les hanches, elle regardait son fils effrayé par les propos de son voisin, venir se réfugier dans son logis. Patachon, ce vieil homme irascible, raciste représentait une entrave à sa vie et celles de ses enfants, pourtant les plaintes qu’elle avait formulées auprès de la propriétaire Marie Regrattier, ancienne gargotière de la place Rivière n’avaient pas abouti, rien n’avait été fait pour sa tranquillité. D’après la propriétaire, le vieux payait son loyer régulièrement et habitait depuis 80 ans les lieux, il y était même né quand ses parents occupaient son logement et puis entre lui et l’autre négresse, la Marie avait fait son choix c’était Patachon qui avait l’avantage pour diverses raisons, dont celle de la « réconforter », mais chut ! C’est secret…
— Eh, Monsieur « Patacon » ! fit l’Africaine avec un léger accent. Présentement, vous avez fini de dire des grossièretés à mon fils, je vais aller porter plainte à la police pour harcèlement et injures racistes. Vous êtes un mauvais homme, vous puez le mal, vous êtes pourri de l’intérieur même si votre aspect extérieur affirme le contraire. Nous ne sommes pas des bêtes, mais des humains comme vous, enfin comme les autres, moi j’aurais eu honte d’avoir enfanté un gamin de votre espèce.
— Oh, la « mâchurée », si Villeurbanne ne te convient pas, tu peux retourner dans ton pays. Ici je suis chez moi et je ne vais pas me laisser emmerder par une Africaine qui s’est fait engrosser deux fois par des blancs en quête d’exotisme sexuel. Et dire que je paye des impôts pour des gens comme vous, c’est une honte. Puis regardant sa poule Juliette, Daniel se ravisa : tu n’es pas d’accord avec moi…
— Cot cot cot codette ! répondit Juliette.
— C’est bien une réponse de bonne femme ! reprit Papy en se dirigeant vers sa véranda. D’ailleurs j’aurai une petite discussion avec toi en revenant des courses, au sujet de Nina, l’héroïne de mon dernier roman d’amour, j’ai besoin de ton avis avant de terminer ce chapitre, c’est que la semaine prochaine l’autre sangsue de Thérèse Rossard vient chercher mon manuscrit.

Boulangerie Tamelier, quartier des Buers, mardi 20 mars.
Comme d’habitude la boulangerie était bondée, la patronne et sa serveuse avaient du mal à servir rapidement la clientèle, à cause de la barrière de la langue. Une vraie tour de Babel avec ses femmes enrubannées, voilées d’un simple hijab ou revêtues d’un abaya, si ce n’est d’un niqab. Presque pas d’hommes à part des vieux du type européen comme moi qui baissaient la tête, un début à la soumission, bande de « lavettes ». Mon entrée fut fracassante comme de coutume :
— Bientôt on devra prendre rendez-vous comme chez le coiffeur pour aller chercher son pain. Regarde-moi ça ! On se croirait au bled, ou plutôt dans la brousse, c’est le changement climatique qui nous ramène cette populace. Eh les

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