Mystère Sankolo
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Description

Qui a pu commettre l'assassinat de Mme Sokokamis? Comment a-t-il opéré? Et pour quel mobile? Sankolo est surpris avec un couteau dans la chambre de Mme Sokokamis. Mais l'homme, qui a séjourné dans maints asiles d'aliénés et cases de guérisseurs, se dit innocent...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2010
Nombre de lectures 321
EAN13 9782296706361
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MYSTÈRE SANKOLO
Du même auteur

La Cavale du marabout, Éditions L’Harmattan, 2006.
Confessions d’un libertin, Éditions L’Harmattan, 2008.


© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12758-6
EAN : 9782296127586

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Mamady Koulibaly


MYSTÈRE SANKOLO
Ecrire l’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen
Dernières parutions
Maxime YANTEKWA, Survivre avec des bourreaux, 2010.
Aboubacar Eros SISSOKO, Moriba-Yassa. Une incroyable histoire d’amour , 2010.
Naïma BOUDA et Eric ROZET, Impressions et paroles d’Afriques. Le regard des Africains sur leur diaspora, 2010.
Félix GNAYORO GRAH, Une main divine sur mon épaule , 2010.
Philippe HEMERY, Cinquante ans d’amour de l’Afrique (1955-2005), 2010.
Narcisse Tiburce ATSAIN, Le triomphe des sans voix , 2010.
Hygin Didace AMBOULOU, Nostalgite. Roman, 2010.
Mame Pierre KAMARA, Le festival des humeurs , 2010.
Alex ONDO ELLA, Hawa… ou l’Afrique au quotidien, 2010.
Arthur SCAMARI, Chroniques d’un pays improbable, 2010.
Gilbert GBESSAYA, Voyage dans la société de Bougeotte, 2010.
Gaston LOTITO, Ciels brûlants. Sahe l – 1985, 2010.
Marouf Moudachirou, Une si éprouvante marche. Récit, 2010.
Appolinaire ONANA AMBASSA, Les exilés de Miang-Bitola, 2010.
Juliana DIALLO, Entrée dans la tribu, 2010.
Abdoul Goudoussi DIALLO, Un Africain en Corée du Nord , 2010.
Gabriel NGANGA NSEKA, Douna LOUP, Mopaya. Récit d’une traversée du Congo à la Suisse, 2010.
Ilunga MVIDIA, Chants de libération. Poèmes, 2010.
Anne PIETTE, La septième vague, 2010.
Mamadou SOW, Mineur, étranger, isolé. Destin d’un petit Sierra-Léonai s, 2010.
Yvon NKOUKA DIENITA, Africain : honteux et heureux de l’être, 2010.
PREFACE
Au début, je voulais juste écrire - pour un site web - un article sur la recrudescence des crimes de sang et des conflits domaniaux dans les villes guinéennes. C’est une conjonction de circonstances heureuses qui m’a exhorté à passer au roman.
Tenez ! Un soir que je rentrais d’une tournée de prise de contact avec quelques établissements scolaires de Conakry, je me suis retrouvé à bord d’un taxi avec deux lycéens qui avaient lu La Cavale du marabout {1} . Profitant d’un bouchon, l’un d’entre eux m’a demandé :
- Envisagez-vous de donner une suite à votre roman ?
J’ai dit :
- Lequel ?
- Le tout dernier, a-t-il répondu. Certes, dans le dernier chapitre, Sankolo, le personnage principal, a été surpris avec un couteau couvert de sang ; mais rien ne prouve que ce soit lui le meurtrier.
Son camarade, après avoir raconté à peu près la même chose, a souhaité que le coupable soit clairement identifié dans le prochain roman.
Quand nous nous sommes séparés et que j’ai pu me procurer un exemplaire de La Cavale du marabout , je l’ai relu avec la plus grande attention. Après quoi, j’ai résolu de rechercher les six invariants d’un roman policier : le crime ou le délit, le mobile, le coupable, la victime, le mode opératoire et l’enquête. La victime – Mme Sokokamis - étant déjà connue dans La Cavale du marabout , mes efforts ont consisté à créer les cinq invariants restants. Et c’est là que mes prises de notes se sont révélées utiles. Et en même temps que je progressais dans l’écriture, je lisais des romans policiers, je pêchais des comptes rendus de procès ou d’enquêtes policières sur des sites web ; je suivais les séries de l’inspecteur Derrick, du lieutenant Columbo, etc. Le plus dur a été de réussir à malaxer, à façonner toute cette prodigieuse moisson dans un moule imaginaire pour obtenir quelque chose de vraisemblable. Et quand j’y suis parvenu, - pardon, quand j’ai cru y être parvenu, - je me suis écrié :
- Pourtant, ce n’est pas une histoire vécue. Tout est le fruit de l’imagination, rien que ça !
Ces mots me reviennent encore avec une vivacité indescriptible. Qu’ils se murmurent sur toutes les lèvres, tel est mon souhait le plus ardent.
Il est, cependant, une coïncidence que j’ai accueillie à cœur joie : l’existence d’un braqueur - Konko Cissé-traqué par d’intrépides limiers. Les descendants de Kaya Maghan Cissé {2} sont connus pour leurs exploits et leur attachement à l’honneur et à la dignité. Qu’il en soit un qui ait pris une route particulière, cela n’a pas échappé aux yeux d’un Mansaré {3} vigilant : nous tenons à ce que tous les Karissi {4} soient droits et courageux, qu’ils accomplissent des prouesses dignes de leur illustre ancêtre, mais pas celles d’un hold-up !
Enfin, j’adresse mes remerciements à tous ceux qui m’ont apporté leur assistance, notamment : les hommes de droit, les professeurs de littérature, les officiers et agents de police ; tous ceux dont les critiques et suggestions m’ont permis de prendre en compte des détails que mon œil de profane n’aurait pu observer.

Votre serviteur.
-------------
Conakry, juillet 2010
CHAPITRE PREMIER
Il était dix heures du matin quand Mansaré alla trouver Hélène chez Makan et Coumba au quartier Bonfi {5} . Il se dirigea vers eux d’un pas mesuré ; puis après les salutations d’usage, il exhiba sa carte professionnelle et se présenta :
- Inspecteur Mansaré de la DPJ {6} .
Tandis qu’ils portaient une attention toute particulière à son pardessus noir et à sa paire de lunettes bleu ciel, il montra deux photos qu’il tenait en main et questionna :
- Vous rappelez-vous avoir rencontré ces deux personnes ?
Makan fit oui de la tête ; puis l’invitant à prendre place sur une chaise, il précisa :
- La femme s’appelle Mme Sokokamis, et l’homme Sankolo. Comme vous devriez le savoir, il s’agit là d’une mère et de son fils.
Pendant qu’il parlait, Hélène secouait la tête. Elle revoyait le jour où elle avait aperçu l’inspecteur pour la première fois : c’était à une dizaine de pas de leur cour, et quelques heures seulement après l’inhumation de Mme Sokokamis. Elle avait revêtu une robe qui lui allait à merveille et s’apprêtait à monter à bord d’un taxi en partance pour Kaloum {7} . Et le jour suivant, le même homme était apparu non loin d’elle sur le boulevard Telly Diallo. Mais jamais l’idée d’une filature ne lui avait effleuré l’esprit, pas même une seule fois.
Quand Makan s’interrompit, elle décida à son tour de lâcher quelques mots :
- Je connais bien l’homme et la femme, déclara-t-elle. L’homme était mon époux, et la femme ma belle-mère. C’est avec beaucoup de regret que j’ai appris le drame survenu dans leur famille.
Elle balaya du revers de la main un rayon de larme qui brillait sur ses joues :
- Qu’il ait pu aller jusqu’à la tuer, non, je n’arrive pas à y croire !
Elle allait dire quand elle vit Sankolo et Mme Sokokamis pour la dernière fois ; mais tout à coup, son téléphone portable se mit à bourdonner avec insistance. Elle jeta un coup d’œil sur l’écran et reconnut leur numéro de téléphone fixe. Elle décrocha, fit quelques pas pour se mettre à l’écart, et passa plusieurs minutes au bout du fil. Après quoi, elle annonça qu’elle allait devoir se retirer.
- Déjà ? fit Makan.
- Je suis vraiment désolée, répondit-elle. J’aurais aimé rester un peu plus longtemps ; mais je viens d’apprendre que mon quartier est victime d’actes de pillage, et que certains de mes voisins sont malheureusement touchés.
Et comme elle se précipitait vers le portail, Mansaré tenta de la rassurer :
- Je suis parfaitement au courant des faits que vous venez de rapporter, expliqua-t-il. La brigade de répression du grand banditisme a arrêté tous les pillards. Vous pouvez rappeler celui qui a téléphoné et demander davantage de précisions.
- Il faut que je rentre, insista Hélène sans s’arrêter.
L’inspecteur la rattrapa et offrit de la prendre à bord de sa Nissan Sunny.
- Je vais vers votre quartier. On peut faire un bout de chemin ensemble si vous n’y trouvez pas d’inconvénient.
- J’ai d’autres courses à faire avant d’y aller, déclina-t-elle courtoisement.
Elle lui tendit une carte de visite, où, en plus de l’adresse électronique et des numéros de téléphones mobile et fixe, figurait une indication précise de sa demeure. Puis elle articula :
- Trouvez-moi demain soir à la maison. Là, je répondrai à toutes vos questions.
- A quelle heure ?
- A dix-huit heures.
Mansaré avait ôté ses lunettes et les tenait du bout des doigts, leur imprimant de légers mouvements assimilables aux oscillations d’un pendule. Peu après le départ d’Hélène, il prit congé de Makan et Coumba, alla s’engouffrer dans sa voiture et appuya sur l’accélérateur pour gagner les Délices du Sud, un restaurant où il devait rencontrer une voisine de Mme Sokokamis réputée pour ses promenades solitaires et son goût démesuré pour l’alcool et le furetage. Arrivé avec quelques minutes de retard, il s’excusa de l’avoir fait attendre, puis commanda une bouteille de whisky qu’un serveur apporta avec des glaçons. Il se demandait par quel bout entamer l’entretien, lorsque Thérèse, après avoir avalé quelques gorgées, le pressa :
- Je vous écoute. Il est onze heures passées, et j’ai d’autres chats à fouetter.
Il sauta sur l’occasion :
- Bien des gens m’ont apporté leurs témoignages sur l’assassinat de Mme Sokokamis, mais j’avoue que je reste sur ma faim.
- Je vois. Vous aimeriez entendre ma version des faits ?
- Oui.
- Je commence par la nuit où Mme Sokokamis est rentrée du village de Sedakoro avec Sankolo. J’avais quitté ma demeure d’où je ne pouvais rien observer, et je m’étais prise à faire des va-et-vient devant sa porte. J’avais appris qu’elle était en route et je tenais à la voir après plusieurs mois d’absence, et surtout à m’enquérir de l’état de santé de son fils. Vers vingt heures trente, j’ai entendu les ronflements d’une Land Rover. Puis Mme Sokokamis et Sankolo sont descendus. Ma curiosité était telle que je n’ai pas attendu longtemps pour aller leur souhaiter la bienvenue. Ce qui m’a permis de constater qu’elle boitillait et que son fils avait l’air très éprouvé.
L’inspecteur sortit de sa poche un calepin et un stylo à bille.
- Parlez-moi de celui qui vous a dit que Mme Sokokamis était en route pour Conakry.
- Il s’appelle Issiaga. C’est un chauffeur de taille moyenne et de teint noir, avec des épaules larges et des cheveux courts et frisés. Il raffole des tee-shirts et des pantalons jean. Sa voix ? Très rauque. Il a reconnu Mme Sokokamis à environ quarante kilomètres de Conakry. La Land Rover était garée, le capot ouvert et un mécanicien examinait le moteur.
- C’est donc quelqu’un qui connaissait bien Mme Sokokamis ?
- Oui.
- Avez-vous son numéro de téléphone ?
- Non. Mais c’est facile de le voir. Partez un matin de bonne heure à la gare routière de Dubréka {8} . Vous verrez une Renault 12 avec une bande verte sur le capot. C’est le taxi que conduit Issiaga.
D’un geste machinal, Mansaré chassa une mouche sur le col de sa chemise, puis revint sur Sankolo :
- Avez-vous parlé cette nuit-là avec le fils de Mme Sokokamis ?
- Oui.
- A quel sujet ?
- Oh ! Pas grand-chose. J’ai demandé, par exemple, comment il voyait Conakry, et il a répondu que de somptueux immeubles émergeaient de partout, contrastant avec des habitations de fortune.
- Y avait-il de la nervosité dans ses gestes ?
- Au contraire ! Il m’a paru très posé.
Il s’interrompit, prit des notes.
- Y a-t-il eu d’autres visiteurs après vous ?
- Oui, les voisins. Ils étaient tous venus la saluer, mais leurs visites avaient été de courte durée : elle avait mal au pied et ne désirait qu’une chose, se coucher et dormir.
- Est-ce que vous avez entendu les cris de Mme Sokokamis quand elle a été attaquée dans la chambre ?
- Non. Je me serais battue comme une lionne pour lui sauver la vie. Le drame est survenu quand je prenais mon bain.
- Vous rappelez-vous au moins les derniers visiteurs ayant frappé à sa porte ? Bien entendu, je parle de ceux que vous auriez vus avant d’aller dans la salle de bains.

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