Mytho-man
191 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Mytho-man , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
191 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Une correspondance saugrenue de Demy Onjin, une enquêtrice scientifique, avec son père Théonis, son capitaine et ex-séraphin, guide la jeune femme sur la piste d'un mystère antique un peu partout dans le monde.


Quel secret l'ancien ange dissimule-t-il dans ses emails ?



Quel est son but reliant entre eux les sites archéologiques les plus énigmatiques ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782819107651
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mell Jemsef
 
 
Mytho-man
 
 
 
« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
 
 
© 2021 Les Editions Sharon Kena
www.skeditions.fr
Remerciement à Cyrielle de continuer à accepter mes histoires farfelues qui sortent des sentiers battus.
Remerciement à Annabelle pour son soutien et d’avoir suivi cette aventure.
Remerciement à Théonis, tu n’existes pas, mais tu as toujours été une source d’inspiration et de motivation. 
Table des matières
E-mail 1 : Comment j’ai connu ta mère
E-mail 2 : Comment je me suis rapproché de ta mère
E-mail 3 : Comment je n’ai plus su protéger ta mère
E-mail 4 : Comment veux-tu que je te prenne au sérieux ?
E-mail 5 : Comment j’ai révélé la vérité à ta mère
E-mail 6 : Comment je suis venue au monde avec des parents aussi nouilles ?
E-mail 7 : Comment je suis resté sur la touche
E-mail 8 : Comment j’ai commencé mon enquête
E-mail 9 : Comment tout est parti en vrille
E-mail 10 : Comment je trouve que le monde est petit !
E-mail 11 : Comment j’ai craqué
E-mail 12 : Comment notre piste nous a conduits au Pérou
E-mail 13 : Comment tu m’as manqué…
E-mail 14 : Comment nous avons fait fausse route
E-mail 15 : Comment je me montre honnête avec toi
E-mail 16 : Comment j’ai trouvé mon premier suspect
E-mail 17 : Comment s’est déroulée notre partie de pêche
E-mail 18 : Comment je te prends pour une andouille
E-mail 19 : Comment je gère ton immaturité
E-mail 20 : Comment j’étais il y a 15 000 ans
E-mail 21 : Comment je refroidis tes ardeurs
E-mail 22 : Comment je connais cette inscription
E-mail 23 : Comment la vérité m’a éclaté à la figure
E-mail 24 : Comment je me suis mise dans la mouise
E-mail 25 : Comment secourir Demy
E-mail 26 : Comment t’en sortir
E-mail 27 : Comment je me suis retrouvée ailleurs
E-mail 28 : Comment je vais vous aider
E-mail 29 : Comment les Mexicains te considèrent
E-mail 30 : Comment je te tire les informations du nez
E-mail 31 : Comment j’ai encore gagné en puissance
E-mail 32 : Comment je suis devenu un agent de la FAI
E-mail 33 : Comment nous nous sommes retrouvés à Panama City
E-mail 34 : Comment je me décide à prendre le large
E-mail 35 : Comment j’ai un mauvais pressentiment.
E-mail 36 : Comment tu vas te prendre la fumée du siècle
E-mail 37 : Comment, moi, j’ai rencontré ta mère
E-mail 38 : Comment j’ai basculé du côté obscur
E-mail 39 : Comment j’en ai aimé d’autres que toi
E-mail 40 : Comment je suis devenu presque humain
E-mail 41 : Comment mon arrivée en Égypte a été fracassante
E-mail 42 : Comment faire du chantage à un démon
E-mail 43 : Comment j’ai retrouvé votre fille
E-mail 44 : Comment j’ai retrouvé Caliel
E-mail 45 : Comment j’ai perdu ta sœur aînée
E-mail 46 : Comment j’ai obtenu des aveux
E-mail 47 : Comment Caliel a défié Astaroth
E-mail 48 : Comment être déçue de sa famille
E-mail 49 : Comment je me suis retrouvé hors course
E-mail 50 : Comment ton frère est parti
E-mail 51 : Comment se sont passées les retrouvailles
E-mail 52 : Comment les choses se passent avec mes collègues
E-mail 53 : Comment va Caliel
E-mail 54 : Comment je drague en Chine
E-mail 55 : Comment je l’ai percé à jour
E-mail 56 : Comment je me suis occupé de ton grand-père
E-mail 57 : Comment nous avons enquêté au Japon
E-mail 58 : Comment j’ai épousé ta fille
E-mail 59 : Comment les Gaulois étaient trop cool
E-mail 60 : Comment tu as encore influencé une ancienne civilisation
E-mail 61 : Comment tu dois protéger ma fille
E-mail 62 : Comment les choses tournent au vinaigre
E-mail 63 : Comment exploser un cerveau en parlant de rocher
E-mail 64 : Comment vous pouvez agir pour le bien des humains
E-mail 65 : Comment j’ai peur pour toi
E-mail 66 : Comment j’adore trop les canards !
E-mail 67 : Comment trouver la dernière piste ?
E-mail 68 : Comment se sont passées nos retrouvailles
E-mail retour
E-mail 69 : Comment nous avons obtenu la vérité
E-mail retour
E-mail 70 : Comment on s’est retrouvés dans une étrange situation
E-mail 71 : Comment va se dérouler le tournoi royal
E-mail 72 : Comment s’est passée la seconde manche
E-mail 73 : Comment atteindre la ligne d’arrivée…
E-mail 74 : Comment vous m’inquiétez…
E-mail 75 : Comment je suis trop une femme balaise !
E-mail 76 : Comment a débuté la finale
E-mail 77 : Comment tricher légalement
E-mail 78 : Comment perdre une finale
E-mail 79 : Comment je sais qui tu es
E-mail 80 : Comment je t’avoue enfin la vérité
E-mail 1 : Comment j’ai connu ta mère
Expéditeur : Théonis ONJIN > Destinataire : Demy ONJIN
 
Chère sale gosse,
Tu ne vas pas aimer ce que tu vas lire. Au début, tu trouveras cela divertissant, enthousiasmant, attrayant, et plein d’autres mots se terminant par « -ant ». Mais je sais qu’à la fin de tes lectures, tu m’en voudras à mort. Et c’est bien légitime. Je ne cherche pas ton pardon, car j’estime n’avoir rien fait de répréhensible. J’ai juste agi de cette façon parce que je le devais. Je ne te demande pas de me comprendre. En fait, tu n’as pas d’autre choix que d’accepter mes agissements.
Je te préviens, ces e-mails sont extrêmement longs pour la plupart, tu en as pour quelques heures à les lire, mais en même temps, tu te trouves actuellement dans un avion pour l’Amérique du Sud, en somme, tu n’as rien d’autre à faire !
Je vais commencer par imiter une vieille série américaine et te raconter comment j’ai rencontré ta mère.
Bon, en réalité, je la connaissais depuis très longtemps déjà. Plus exactement, depuis sa naissance, puisque j’étais son ange gardien officiel. Je la côtoyais, mais je ne lui adressais guère la parole. Ce n’est qu’à quelques semaines de sa majorité qu’elle a fait attention à moi. Auparavant, je n’étais qu’un simple camarade de classe parmi tant d’autres, mais un des rares à être aussi épris d’elle. Oui, je vais parler d’amour, et alors ? Tu t’attendais à quoi ? Je te vois très bien faire ton petit air dégoûté et condescendant ! Mais je te signale que pour que tu sois là, faut bien que tes parents fassent… enfin, t’as compris !
Pénélope Dicarios et moi étions dans la même classe depuis la fin du collège. Elle passait toujours au niveau supérieur de justesse, avec pile-poil la moyenne requise. Ce n’était pas une élève brillante pour la simple et bonne raison que les études ne l’intéressaient pas. Faire le pitre était beaucoup plus exaltant pour elle à cette époque. Et je te parle bien « d’époque », car cette histoire débute vraiment en 1999.
Penny et moi, bien que nous ne nous fréquentions pas en dehors des cours, avions la même addiction pour les paris. Toutefois, chacun recherchait un but bien différent derrière ceux-ci. Ta mère était en constante quête de notoriété. Elle avait toujours eu des difficultés pour s’intégrer au sein d’un groupe, jusqu’à ce jour, en CE2, où elle a sorti une blague qui a brisé le silence durant un contrôle de maths. Un poussin égale deux ! Ouais, je sais, c’est bas de gamme, mais elle était en primaire, et c’était largement suffisant pour créer l’hilarité générale auprès d’une vingtaine de morveux. À partir de cet instant, elle n’a jamais cessé de chercher des moyens pour amuser son entourage. Ça ne la rendait pas plus populaire, cela dit, c’était suffisant pour qu’elle ne soit pas harcelée comme d’autres pouvaient l’être. Elle était « tolérée » grâce à son humour. Puis, celui-ci a fini par se retourner contre elle.
Le second trimestre de notre année de terminale au lycée touchait à sa fin, nous rentrions à peine des vacances de février. La petite brune aux longues tresses qu’elle était enfant avait bien grandi, assez pour que les regards ne se portent plus sur sa bouille de peluche au teint hâlé. En effet, ta maman s’était énormément développée. Énormément ! J’admets que j’aurais préféré que tu n’hérites pas de ce trait physique. En tant que mec, je sais à quoi pensent ceux qui t’entourent. Et en tant que père, tu te doutes que ça me fait péter des boulons ! J’arracherais bien quelques yeux parfois ! J’ai honte d’avouer que je lorgne toujours ta mère de cette façon, bien que ce ne soit pas ce sentiment qui parviendra à m’arrêter de baver devant elle. Cet e-mail devient gênant, n’est-ce pas ? Et ce n’est que le premier…
En résumé, désormais que Penny ressemblait davantage à une femme, malgré sa petite taille, son humour la desservait, à bien des égards. En premier lieu, auprès des autres filles du lycée, qui ne voyaient en elle qu’une allumeuse, car elle ne traînait qu’avec des garçons. Ces mêmes types qui s’amusaient de son audace pour la provoquer et la tourner en ridicule. Pour eux, c’est rigolo de voir une fille bien roulée se conduire de façon stupide. Mais ta mère, elle, ne voyait pas les choses ainsi. Je vais t’expliquer cela en quelques points.
Petit a  : Penny s’ennuyait en cours, elle cherchait sans arrêt un moyen de se divertir et rendre ses journées moins monotones. Cependant, de son impertinence résultaient des heures et des heures de colle les mercredis après-midi, et ce, pour le restant de l’année scolaire.
Petit b  : Penny aime se sentir originale, se déguiser, se faire remarquer, avoir les yeux braqués sur elle, et peu importe si les rires étaient moqueurs ou non. C’est une show girl !
Petit c  : comme je l’ai écrit plus haut, elle a un problème avec les paris. La nette différence à ce sujet entre elle et moi, c’est qu’elle perd continuellement, et que moi je gagne toujours. Toujours. Retiens bien cela, car ce sera important pour la suite de mon récit.
Petit d  : Penny parie, perd, et se trouve en grave déficit budgétaire.
C’est pourquoi, ce mardi-là, elle portait une chemisette à carreaux blancs et roses, un blue-jean, et un magnifique chapeau stetson. Nous étions à la fin des années 90, l’euro entrerait réellement en vigueur en 2002, et Penny comptait bien récupérer les cinquante francs qu’elle avait perdus avant Noël. D’ordinaire, elle était accompagnée de son meilleur ami, Alexis, une espèce de gothique à la mords-moi-le-nœud que je ne pouvais pas piffrer. Au retour des vacances d’hiver, il avait décoloré ses longs cheveux blond foncé qu’il coiffait attachés, afin d’ajouter une couche à son côté « emo » à deux balles. À cette période, je ne le portais pas du tout dans mon cœur, normal, ce dernier était pleinement occupé par ce que je ressentais pour Penny, une émotion si prenante qu’elle ne s’est jamais estompée, pas une seule seconde… Ce changement chez Alexis était une aubaine pour moi, car depuis, il évitait Penny. Certainement parce qu’il avait trop honte des paris de déguisement qu’elle passait avec trois détracteurs de notre classe. Ainsi, elle marchait seule en direction de notre école, juste derrière moi. Je m’arrangeais toujours pour me tenir à proximité, ma mission m’y forçait, une quête que je n’ai pas choisie, mais pour laquelle je n’ai jamais éprouvé le moindre regret.
À l’origine, comme tu le sais très bien, j’ai été créé séraphin. Issus du Cercle céleste, les anges ont chacun une fonction déterminée par la caste dont ils font partie lors de leur apparition dans notre tri-dimension. Un beau cliché du monde céleste en haut, de la Goétie dans les ténèbres infernales en bas, et d’une joyeuse prise en sandwich du monde des humains. Mais tout cela n’est qu’une schématisation théorique ! Dans les faits, le Cercle céleste ne se trouve pas plus dans le ciel que l’enfer au centre de la Terre. Est-ce une vaillante idée de te parler de relativité et de t’endormir durant ton trajet aérien ? Je n’en suis pas convaincu ! Évidemment, lorsqu’on n’est pas capable de voyager entre les mondes dimensionnels, toutes ces notions sont compliquées à assimiler, sans vouloir insulter ton intelligence ! Néanmoins, les séraphins, comme je l’étais, étaient créés avec trois paires d’ailes. Une dorsale, les suivantes de part et d’autre des poignets. Le rôle primordial d’un séraphin est de purifier les ténèbres et de combattre les démons, afin de maintenir un équilibre dans la tri-dimension. Il existe plusieurs méthodes pour cela. Pour ma part, la diplomatie sournoise était mon cheval de Troie. C’est ainsi que je suis devenu ami avec la quasi-totalité des démons. Le genre d’ami qu’on apprécie pour sa stupidité, mais dont on se méfie comme de la peste, ou de la covid-19 et des numéros suivants, mais en 1999, ce n’était pas encore d’actualité. Hélas, ma façon de travailler déplaisait à certains anges de la plus haute hiérarchie, la caste des principautés, et je me suis fait rétrograder au rang d’ange gardien.
Penny a été ma première et unique mission. Mais rien ne s’est déroulé comme prévu en ce mardi de février 1999. Habituellement averti de tout danger qu’elle pouvait encourir, je n’ai pas entendu les roues de la moto crisser à quelques centimètres de moi. Je n’ai réagi qu’une fois tombé au sol alors que des petits bras frêles venaient de me tirer en arrière, les siens.
Pénélope m’avait sauvé la vie et c’est à ce moment précis que tout allait partir de travers.
 
E-mail 2 : Comment je me suis rapproché de ta mère
Expéditeur : Théonis ONJIN > Destinataire : Demy ONJIN
 
Chère morveuse,
Techniquement, comment se déroule une protection d’humain ? Il existe deux cas de figure. Premièrement, les anges gardiens conçus pour ce rôle. Ils veillent sur plusieurs protégés à la fois et à distance. C’est du télétravail, en somme ! Puis, il y a les autres anges, ceux qui se retrouvent affectés à cette tâche alors qu’ils n’y connaissent strictement rien, comme moi. Dans ce cas précis, l’ange est forcé de se tenir à proximité de son protégé. Libre à lui, ensuite, d’user de ses pouvoirs pour accomplir correctement son travail. Mais qu’en est-il des anges qui perdent leurs pouvoirs ? Eh bien, je vais te raconter, car je faisais partie de ce groupe-là. Enfin… groupe… en réalité, il n’y avait que moi qui étais assujetti à cette problématique majeure. Mes pouvoirs s’estompaient par punition, à cause de mes sentiments grandissants envers ma protégée. Ce n’était pas permis au Cercle céleste. L’amour n’est pas une discorde en soi, en réalité, absolument toutes les émotions sont interdites à un ange. Les conséquences sont plus ou moins multiples, mais je reviendrai là-dessus plus tard.
C’est à l’entrée en troisième que je n’ai plus eu d’autre choix que de devenir un élève de la classe de Penny pour la surveiller, ce qui coïncide avec le moment où je suis tombé amoureux d’elle, de façon inappropriée. Pour être plus exact, même encore aujourd’hui, c’est inapproprié, nous avons une différence d’âge de plus de dix mille ans. C’est accepté uniquement parce que j’ai conservé la même tronche d’adolescent boutonneux depuis ma création. Physiquement, j’ai toujours fait plus jeune que Penny, et étant doté d’un QI exceptionnel de deux cent quarante, il était normal que je me fasse passer pour un gamin de deux ans son cadet. Officiellement, j’avais donc sauté deux classes. Si ta mère était en colle tous les mercredis après-midi à cause de ses pitreries, moi, je l’étais à cause de mon insolence. L’incompétence des professeurs m’exaspérait, ainsi, je passais mon temps à les corriger. Évidemment, une telle attitude venant d’une espèce de skateur-punk de quinze ans même pas pubère était inacceptable pour le corps enseignant. En vérité, cela m’arrangeait bien, car je me retrouvais enfermé en salle d’étude avec Penny, et il n’y avait pas meilleur moyen pour garder un œil sur elle. Et de la mater, oui, je l’avoue ! En même temps, je n’avais pas grand-chose d’autre à faire.
Cependant, j’avais beau jouer des pieds et des mains pour me faire remarquer, je restais comme invisible au regard de Pénélope. Normal. Les anges gardiens ne sont pas perçus par leur protégé, même s’ils sont palpables. Pour elle, je n’étais que l’intello sombre de la classe à l’allure douteuse, pratiquement inexistant. Pourtant, on me voyait de loin. Un coton-tige d’un mètre quatre-vingt-treize aux cheveux rouges, ça ne passe pas inaperçu ! Ce look, je ne l’ai pas par choix. Tous les anges ont une couleur capillaire hors du commun des mortels. Je ne me plains pas, rouge, c’est tout de même plus discret que vert gazon ! Avec mes nombreux piercings, forcément, on me prenait pour un keupon. Néanmoins, leur présence a une explication, car la plupart sont des artefacts en or très puissants. Chacun a une utilité particulière. Je ne me suis pas fait trouer la peau pour faire joli ! Et déjà, à cette époque, je conservais soigneusement mes poignets sous des bandes tissées blanches et épaisses. Bref, rien de bien surprenant pour toi, tu m’as toujours connu ainsi. Toutefois, en 1999, un lycéen pareil était mal vu par les adultes. Alors, pour calmer les ardeurs de certains, je me dissimulais sous la capuche de mes sweats noirs.
Penny n’avait aucun moyen de savoir que c’était moi qu’elle venait de sauver. Je marchais paisiblement devant elle ce matin-là, dès qu’elle était sortie de son bus. Inutile de la suivre, puisque nous allions au même endroit. La proximité suffisait à être prévenu du moindre danger qui pouvait lui arriver. Mais pas cette fois, et c’est moi qui risquais d’être percuté. En état de choc, je suis resté assis sur le sol, totalement immobile durant une longue minute. La moto, quant à elle, venait de foncer dans la vitrine d’un des magasins du quartier de la gare. Le propriétaire ne ménageait pas sa colère envers le conducteur qui se relevait sans la moindre égratignure. J’ai sursauté lorsque Penny a posé sa main sur mon dos, m’extirpant de ma torpeur. Je n’ai eu nul autre choix que de m’appuyer sur les éclats de verre pour me redresser et lui faire face. Je ne craignais pas de me couper, ma chair se ressoudait instantanément et je ne connaissais pas la douleur… excepté une fois…
J’ai retiré ma capuche, abasourdi par les événements. Non, en réalité, c’est son sourire qui me laissait sans voix, car c’était la première fois qu’elle m’en adressait un. Elle était là, à genoux, à grelotter parce qu’elle ne portait qu’un chemisier trop fin qui me permettait d’en voir tellement ! Mon visage a viré au rouge en un éclair, et je suis passé du mode « ange pur » à « ange pervers ». Je n’arrivais pas à regarder autre chose, mais il faut bien le reconnaître, ils sont énormes ! Et je ne me lasserai jamais de les fixer. Oh, ça va, hein ! Tu crois que je ne t’ai pas vue mater les fesses de « tu sais qui » !? Inutile de soupirer, et je sais que c’est ce que tu es en train de faire !
– Il est nouille, ce motard, de conduire le casque à l’envers ! m’a lancé Penny.
Cette phrase m’a fait sortir de mon fantasme, me permettant de me focaliser sur un véritable problème. Sa main était en sang. Avec la brutalité de l’accident, je n’avais ni perçu les risques qu’elle prenait pour sa vie ni l’apparition de sa blessure. Je m’en suis voulu à mort, je te jure ! Je lui ai tendu timidement ma main pour l’aider à se relever avant de détourner son attention.
– C’est pas ton chéri, là-bas ?
De l’index droit, je lui ai indiqué ce sale péteux d’Alexis, de l’autre, une lueur jaune est venue guérir sa plaie sans qu’elle le sache.
– Ce n’est pas mon petit copain, on est juste potes !
Franchement, j’ai adoré cette réponse. Je l’aurais davantage aimée si je n’avais pas su qu’elle en pinçait pour lui à cette période. Je me satisfaisais de ce petit instant. Puis, mes yeux se sont portés sur son chapeau de cow-boy, encore un pari contre la bande à Régis. Avant les vacances de Noël, elle n’avait pas trouvé de sombrero pour son déguisement mexicain, elle avait perdu cinquante francs et comptait bien les récupérer. Penny se tortillait, gênée, parce qu’elle n’avait pas enfilé de santiags avec des éperons. Moi, j’étais sous le charme du balancier de ses petites tresses… NON, pas du balancier de sa poitrine, je te le jure ! Et puis, honnêtement, ça ne produit pas un balancement, plutôt un rebondissement. Bon, OK, son chemisier m’obsédait, mais uniquement parce qu’il donnait l’impression qu’il allait exploser d’une seconde à l’autre. Alors, j’ai fait ce qui me semblait le plus approprié, j’ai flanqué une pichenette sur les premiers boutons pour ouvrir son décolleté.
Ben quoi ? Ils étaient en souffrance ! Je les ai libérés, c’est tout ! Arrête de prendre ton vieux père pour un vicelard ! Je lui ai rendu service. Réellement ! Car c’est grâce à cette vue plongeante qu’elle a gagné son pari… et déclenché bien pire.
OK, c’est ma faute !
Je m’explique, la suite des événements m’avait fait perdre de vue mon objectif de base : la protéger et basta. Avec Penny, nous avons discuté pour la première fois depuis que je la côtoie à l’école. Elle m’a raconté qu’elle avait besoin de cet argent parce que de bons films allaient sortir au cinéma. Étant officiellement mon aînée, elle m’a tenu la main, plus par bienveillance que par romance. Moi, t’imagines même pas mon état psychologique ! ELLE ME TOUCHAIT ! Il y avait contact ! CONTACT !!! Un ange sur un petit nuage, bien que sur Terre.
Puis, elle m’a lâché… dès qu’elle a vu l’autre blaireau avec son long manteau en cuir noir. Matrix n’était pas encore sorti qu’il se prenait déjà pour un Keanu Reeves. Mais personne n’égalise LE Keanu Reeves. Ses cheveux étaient assez longs pour être attachés. Les miens rebiquaient dans tous les sens et caressaient ma nuque et… OH ! Je ne lis pas dans les pensées, mais, étrangement, je sais exactement ce que tu te dis, un truc du genre : « Ouais, ça n’a pas beaucoup changé depuis, t’es coiffé comme un poney Shetland ! ». Mais toi, ne demande rien au Noël prochain, tu n’auras que dalle, ma petite ! Fichu don de savoir ! Certains êtres sont doués de télépathie ou lisent l’avenir, moi, c’est pareil tout en étant totalement différent. Tu n’as rien compris à cette phrase, c’est normal. Certains pensent que l’intelligence est héréditaire, les autres ont des enfants. Je te l’expliquerai plus en détail après, parce que sinon, cette lettre ne se terminera jamais.
Penny était partie minauder auprès d’Alexis qui l’a repoussée comme une vieille chaussette à cause de son Stetson. Elle lui faisait honte. Et depuis le retour des vacances, il veillait à passer le moins de temps possible avec sa soi-disant meilleure amie. Il ne s’est éloigné que de deux mètres pour allumer une cigarette et me fixer d’un œil mauvais. Ben, ouais, deux minutes auparavant je tenais la main de la petite ! Mais ce combat visuel a été rompu par l’arrivée de la bande de Régis, composé de Jean-Roger, Logan et de lui-même, un trio de satanées racailles à trois balles cinquante. À part, peut-être Logan qui se montrait sympathique par moments envers Pénélope, sans doute un type influençable. Les avis ont été divergents. Logan adorait la tenue de ta mère, Jean-Roger la méprisait et Régis était assez mauvais joueur pour surenchérir sur un autre pari. Il voulait pousser Penny à se ridiculiser en cours d’histoire pour ne pas s’ennuyer, en somme, il lui demandait d’agir comme à son habitude. Agacé, je suis intervenu alors que je n’en avais nullement le droit.
– C’est un pari de mauviettes, ça ! Moi, je te parie deux cents francs qu’elle est, au contraire, capable de se tenir à carreau toute la matinée. Si je gagne, tu doubles aussi sa mise.
Régis a explosé de rire, assuré de sa victoire. Penny ? Rester calme ? Cela lui paraissait impossible. Pourtant, j’avais de bons arguments pour la convaincre de mon côté.
– Si tu t’ennuies tant que ça en cours, tu n’as qu’à faire du cerf-volant avec ta tête ! ai-je ajouté.
Il fallait bien le reconnaître, ses oreilles avaient une sacrée prise au vent ! De quoi rendre jaloux Dumbo. J’étais certain qu’il pouvait voler avec ou qu’il pouvait capter des chaînes cryptées sur la télé de ses parents si on les orientait bien.
Ils se sont éloignés, persuadés de s’en mettre plein les fouilles, et Penny m’a frappé l’épaule de rage avant de pousser un petit cri de douleur. Ouais, logique, c’est moi qu’on tape, c’est elle qui se faisait mal. Pour le moment, je ne cherchais pas à comprendre.
– Hé, face de carpe, à cause de toi, on va perdre du pognon tous les deux !
On avait des insultes très imagées et politiquement correctes à cette époque ! Nous avons gardé cette habitude. Amusé de la voir furieuse, j’ai retiré son chapeau ridicule pour ébouriffer sa chevelure. Comme elle grelottait encore, puisque nous étions tout de même en février et qu’elle était en manches courtes, j’ai donc déposé ma veste sur son dos pour la réchauffer. Oh oui, j’aurais préféré la serrer dans mes bras, hélas, cela ne m’était pas permis. De mon plus large sourire, je l’ai rassurée d’emblée.
– Oh, Pénélope Dicarios, ne t’en fais pas, tu vas rester sage comme une image, c’est moi qui te le dis !
Comment j’ai procédé ? Avec une menace pas piquée des hannetons !
– Si t’ouvres la bouche pour prononcer la moindre bêtise, tu perdras ce petit pari entre nous, et tu devras… me laisser te toucher les seins !
Hé ! Dans les deux cas, j’étais gagnant ! Mais je préférais qu’elle ne perde pas et qu’elle commence à avoir un peu plus de respect envers elle-même. Il ne faut pas croire, morveuse, ta mère n’agissait pas comme une imbécile par vocation. C’était sa manière à elle de camoufler sa propre souffrance interne, celle que j’étais le seul à connaître et à comprendre. Il fallait mettre un terme à toute cette mascarade. Je ne supportais plus les moqueries envers elle. J’étais son ange gardien, pourquoi n’avais-je pas le droit de m’impliquer davantage dans sa vie afin qu’elle se déroule d’une façon plus… tolérable ?
J’adore les humains. Ce sont des créatures vulnérables et éphémères, pourtant, doués pour gâcher leur propre existence. Tu es bien placée pour le savoir, morveuse ! Néanmoins, je les adore. Ils ont une date de péremption qu’ils ne connaissent pas, malgré cela, ils vivent sans réellement se préoccuper du lendemain. Je trouve leur façon de penser et d’agir fascinante, bien plus que les anges ou les démons.
La sonnerie de notre lycée privé a sonné et nous avons rejoint notre classe à l’étage de ce vieux bâtiment catholique. Penny ronchonnait dans son coin, vexée par les conditions que je lui imposais. Elle me faisait rire. Je ne lui montrais pas, mais elle m’amusait. D’ordinaire, c’était Alexis qui s’asseyait à ses côtés. Mais l’esquivant, il est parti s’installer à l’autre bout de la salle. Une aubaine pour moi qui tentais désespérément de me rapprocher d’elle. J’ai étendu mes longues jambes sous la table grise bordée du même rouge que le métal des chaises inconfortables de notre classe. Certains se moquaient de mes tenues. Trop en avance sur mon temps, je portais toujours un legging sous un short. La combinaison parfaite pour un skateur un tantinet frileux. À la pointe de la mode actuelle, j’avais de grosses baskets noires avec des flammes sur les côtés. Un comble pour un combattant des ténèbres. Mais elles étaient cools ! Et comme j’étais un adepte des superpositions, j’avais également un maillot noir à manches longues par-dessous un tee-shirt. Ce jour-là, je faisais honneur à l’équipe de rugby régional, l’ASM, aux belles couleurs flashy jaune et bleue. Penny profitait de la douceur de ma veste pour se pelotonner dedans. Mes joues ont viré au cramoisi lorsque je l’ai surprise en train de renifler le col.
– Alors comme ça, Monseigneur Théonis Onjin sent la guimauve !
C’était la première fois qu’elle me mettait mal à l’aise. Hélas, je ne pouvais décemment pas lui expliquer que tous les anges ont une odeur bien spécifique qui nous permet de nous repérer à distance. Et la mienne, c’était : « un cœur de guimauve dans un corps d’homme ». Excellent slogan si un jour je compte sortir un parfum de ma propre sueur… il y a sûrement du fric à se faire. Bref ! C’était loin d’être terminé. Penny a surenchéri avec une autre remarque gênante.
– Et t’as l’intention de grandir encore beaucoup comme ça ou tu t’arrêtes quand ton crâne râpera le plafond ?
Je n’allais pas me laisser faire par cette andouille de dix-sept ans !
– Tu mesures combien ? m’a-t-elle demandé.
– Un mètre quatre-vingt-treize.
– Pour ?
– Cinquante-cinq kilos !
Elle a été choquée de me savoir si maigre. Encore une fois, je ne pouvais pas lui expliquer qu’un ange adipeux ne peut pas voler ! Alors, tandis qu’elle me traitait de grande perche, je me suis vengé.
– Ouais, ben, toi avec tes cinquante-deux kilos pour un mètre cinquante-deux, tu as les mensurations parfaites pour être un ballon !
Apparemment, ça ne lui a pas plu puisqu’elle a essayé de me frapper dans le cou avec la tranche de la main. Essayé, car le coup a dû vibrer dans sa chair jusqu’à sa propre nuque. Ma vengeance était loin d’être accomplie. Le professeur d’histoire, M. Fruquet, a fait son entrée et soupiré dès qu’il nous a vus.
– Monsieur Onjin, vous voilà en bien mauvaise compagnie. M lle  Dicarios risque de faire chuter vos excellentes notes si vous restez assise à côté d’elle.
Avec un petit sourire sur le côté, je lui ai répondu du tac au tac :
– Au contraire, monsieur, mon influence pourrait faire grimper les siennes… aux rideaux.
Éclat de rire général de la classe. Je lui volais la vedette. Elle s’est terrée derrière sa trousse, honteuse. Oh oui, elle ne risquait pas de perdre dans des conditions pareilles. Elle était bien trop gênée pour répliquer quoi que ce soit. Mais je ne lui avais pas encore asséné le coup de grâce.
– Ce n’est pas une mauvaise idée, vous êtes tout le temps collés tous les deux. Vous pourriez lui donner des cours de soutien ! a proposé l’enseignant.
L’occasion était trop belle !
– Pourrai-je alors punir mon élève si c’est une vilaine fille ?
Toutes les pièces se mettaient en place pour que je me brûle les ailes…
E-mail 3 : Comment je n’ai plus su protéger ta mère
Expéditeur : Théonis ONJIN > Destinataire : Demy ONJIN
 
Chère progéniture inutile, pas fichue de me répondre,
Mettre la honte à ta mère l’a rendue si silencieuse et sage qu’on aurait dit une tout autre personne. Je crois que je ne l’ai plus jamais vue ainsi d’ailleurs. Les cours de soutien étaient une excellente idée. Elle ne travaillait pas, mais si elle faisait quelques efforts, elle avait les capacités pour obtenir son bac. Moi, bon, avec dix-neuf et demi de moyenne, c’était comme si je l’avais déjà dans ma poche. Dix-neuf et demi, parce que je perdais un demi-point pour mon impertinence en cours. Une fois, j’ai dérangé une interrogation écrite parce que j’avais repéré une faute d’orthographe. Avoue que c’est lamentable de la part d’un professeur ! En histoire, j’étais infernal, puisque j’avais vécu les périodes qu’on étudiait. En anglais et en espagnol, je reprenais les enseignants, étant donné que les anges parlent toutes les langues existantes. Je suis polyglotte et je refuse d’admettre que c’était de la triche ! J’avais connu personnellement les grands inventeurs des théorèmes que nous étudiions, les auteurs des livres que nous lisions. Je savais tout sur tout, et je pétais quarante mille boulons par jour lorsque j’entendais les professeurs déblatérer le programme de l’Éducation nationale. Et malgré cette attitude insolente, Penny n’avait jamais démontré le moindre intérêt pour moi jusqu’à ce jour-là.
La matinée s’est déroulée dans une quiétude inhabituelle et, pourtant, je ressentais une ambiance plus que malsaine. Des yeux me fixaient en permanence, et j’étais bien incapable de déterminer à qui ils appartenaient. Un frisson me parcourait constamment l’échine comme jamais auparavant. J’avais connu les pires démons qui soient, d’une dangerosité hors norme, sadiques, sociopathes et tutti quanti, pourtant, ces heures de cours me tordaient les tripes.
Soudain, j’ai entendu un craquement et une main a agrippé le col de mon tee-shirt pour m’éloigner de la chute d’une dalle du plafond. Ouais ! Le plafond s’écroulait sur moi ! Une partie métallique avait même tranché ma joue qui s’était aussitôt cicatrisée. M me  Charansson, sourde comme un pot, continuait paisiblement d’écrire sur le tableau noir, tandis qu’Alexis et Logan s’étaient précipités au chevet de Penny qui… m’avait encore sauvé. Mais c’était quoi, ce délire ? Elle avait senti le danger avant moi. Non, pire que cela ! Je ne l’avais même pas perçu. Je restais tétanisé d’horreur en découvrant une estafilade couper en deux la joue de ta mère. Ç’a été comme un déclic. Je me suis levé, ai attrapé son coude et l’ai tirée hors de la classe, laissant pantois les deux autres rapaces.
– M’dame, j’accompagne Penny à l’infirmerie ! ai-je lancé.
– Alain Firmery ? Non, ce n’est pas lui qui a inspiré Rimbaud, mais bien essayé, petit !
Sourde comme un pot… ou stupide, j’hésite !
J’ai passivement observé l’infirmière appliquer du désinfectant sur la plaie béante de Penny, puis lui coller un vulgaire pansement. Ensuite, elle est sortie de la pièce un instant. Pénélope était malgré tout de bonne humeur. Évidemment, elle manquait le reste du cours, cette feignasse ! Les doutes m’assaillaient et je devais en avoir le cœur net. Je me suis donc pincé le bras. Elle a beuglé comme un cochon. Oui, oui, oui, je sais, les cochons ne beuglent pas, étale ta science ailleurs et lis ce que je te raconte, morveuse ! Ensuite, je me suis mordu l’index et giflé la joue. À ses réactions étranges, j’ai compris ce qui clochait vraiment.
Nous étions victimes d’un inversement, un des sorts les plus sournois qui existent, et je ne pouvais même pas lui en faire part. Deux fois dans la même matinée, elle m’avait sauvé la vie et subi les blessures que j’aurais dû recevoir. En d’autres termes, elle n’était plus la personne à protéger, c’était moi ! Et tout ce qui pouvait m’arriver physiquement se répercutait sur elle, le pire scénario possible pour un ange gardien. J’ai cru tourner de l’œil et m’évanouir face à la complexité de la situation. Qui pouvait être assez tordu pour nous faire subir un truc pareil ?
Il était presque midi, aussi, l’infirmière ne nous a pas renvoyés en classe, mais nous a autorisés à partir manger. Troublé, j’ai pris Penny par la main pour sortir du lycée au lieu de nous rendre au réfectoire.
– Je t’invite à manger pour te remercier de m’avoir sauvé deux fois la vie ! ai-je décidé.
Guillerette, elle trottinait devant moi, il ne manquait plus qu’un arc-en-ciel et des licornes pour me croire en plein rêve. Elle a fini par remarquer ma façon de l’observer et s’est retournée pour me faire face.
– Hé ! T’as pas bientôt fini de lorgner mes fesses ?
Moi ? Faire ça ? Jamais…
– C’est pas ma faute si t’es taillée comme une amphore romaine, ça me donne envie de faire de la poterie !
Mais franchement, parfois je ferais mieux de fermer ma gueule, je te le concède ! Je suis plus lourd qu’un mammouth et, pourtant, elle s’est mise à rire. Tu crois que c’est pour quelle raison que nous sommes ensemble depuis tant d’années ? Nous avons le même humour de tonton !
– Marche devant moi, pervers ! a-t-elle ricané.
Je ne pouvais déjà plus me passer de son sourire, je marchais devant elle à reculons, une grossière erreur.
Que je résume ! Je venais de prendre conscience que nous étions sous un sort d’inversement. C’était moi qui devais être protégé, car mes blessures se transféraient sur elle. De plus, la maladresse a fait son apparition le jour de ma création. Personne dans la tri-dimension n’est plus poissard que moi. Personne ! Tu commences à comprendre le problème qui nous tombait sur les bras ?
C’est alors que j’ai percuté un échafaudage…
 
E-mail 21 : Comment je refroidis tes ardeurs
...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents