Palais meurtriers
136 pages
Français

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Description

Scandales à Rome ! Le Saint-Siège, au cœur d'une sombre affaire de mœurs, fait la une des journaux. Au même moment, on apprend la disparition de l'Ambassadeur de France et le meurtre de son chef de cuisine. Hasard ou coïncidence ? C'est ce que Michel-Arthur Chevalier alias MAC va devoir découvrir. Meilleur élément de la brigade spéciale du Premier ministre et chef des cuisines de Matignon, il est dépêché sur place pour mener l'enquête incognito. Il devra s'immerger dans la vie romaine dont il goûtera avec délice les trésors culturels et gastronomiques, pour mieux remonter le fil de l'intrigue. Entre fausses pistes, révélations fracassantes et jeux de dupes, MAC devra également combattre de vieux ennemis tapis dans l'ombre et se replonger dans des souvenirs qu'il pensait à jamais enterrés.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9791094543542
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Du même auteur, aux Éditions du Loir :
Sans conséquence , Mars 2020
Les Éditions du Loir bénéficient du soutien de la Région Centre-Val de Loire, de l’État (DRAC Centre-Val de Loire) et de Ciclic dans le cadre de l’aide aux entreprises d’édition imprimée ou numérique.
ISBN : 979-10-94543-33-7 pour l’édition papier
ISBN : 979-10-94543-54-2 pour l’édition numérique
© Les Éditions du Loir, Janvier 2021 pour l’édition papier © Les Éditions du Loir, Janvier 2021 pour l’édition numérique Dépôt légal Janvier 2021 Création de couverture : RL Com/ EDL
Illustration de couverture : © Ingimage



À Emmanuelle, Martin et Grégoire



« Faites, s’il est possible, un miroir de votre âme. »
Mathurin Régnier, Satire XIII Macette ou l’Hypocrisie déconcertée
« La passion est un ébranlement de l’âme opposé à la droite raison et contre la nature. »
Zénon de Cittium, fondateur du stoïcisme, cité par Cicéron dans les Tusculanes



Prologue
Rome, 25 juillet 2012 – 10 h 15
Le jour où j’ai tout perdu ressemblait à aujourd’hui. En fait, c’était le même jour de juillet une paire d’années plus tard. Huit ans, exactement !
J’allais mourir, dans une cuisine que je ne connais- sais pas, loin de tous ceux que j’aimais, des mains du type qui avait déjà bousillé ma vie. La boucle était bouclée. Elle était même au bout de la corde qui me liait, tel un rôti, à la porte d’un gros four de collectivité.
Une cuisine, une ville étrangère, une mission ratée, un psychopathe avec un tranchoir à la main, prêt à me découper en morceaux…
Ma vie, en quelque sorte !



1
Marseille, 14 février 2002 – 10 heures
– Il arrive ! Tu me descends ce fumier dès qu’il sort de sa voiture.
La voix du capitaine Alain Dupuy, mon chef et ami, se tut dans mon oreillette. Je vis la voiture mettre son clignotant et entrer sur le parking. Une vieille Ford Mondeo verte qui ne craignait vraiment plus grand- chose. La portière côté conducteur était enfoncée et des rayures couraient un peu partout sur la carrosserie, dont une grosse – que l’on aurait dit faite avec une clé – qui serpentait de bas en haut et semblait en faire carrément le tour. Vu son état qui s’approchait petit à petit de la ferraille, on imaginait que la voiture n’avait pas dû assister à beaucoup de révisions depuis sa mise en circulation 1 .
L’ambiance était très particulière, celle d’une journée qui aurait dû être comme les autres, parce qu’il y avait un beau ciel bleu et que, dans les arbres du parking, des oiseaux chantaient. Mais ce n’était

1. En 1993.



pas une journée comme les autres ! Tous mes sens étaient en alerte.
L’homme roulait lentement, la vitre ouverte, malgré le froid piquant de ce début d’année. Il transpirait et regardait dans toutes les directions. Caché derrière un camion de livraison marron et jaune d’UPS, j’étais invisible. Il se gara sur une place libre, tout au bout du parking, près de la deuxième sortie. Il dut s’y reprendre à deux fois pour s’aligner parfaitement entre les barres latérales démarquant les emplacements. Il ouvrit sa portière, descendit de la voiture en s’appuyant sur le volant et en fit le tour pour prendre un carton sur le siège passager. De là où j’étais, je distinguais dessus le logo d’une célèbre librairie située sur La Canebière. Il le prit précautionneusement, puis referma la portière d’un coup de genou. Il leva la tête, inspecta les alentours, ne remarqua rien d’anormal et se mit en marche.
– Putain, regarde-le, il va le faire ! Tu avais raison sur toute la ligne. Vas-y, c’est le moment. Tire !
Oui, j’avais sans doute raison. Mon indic m’avait bien rencardé.
Nous non plus, nous n’étions pas là par hasard !
J’avais réussi en quelques mois d’enquête à pénétrer une organisation sectaire nommée « Ordre parfait », regroupant des fous en tout genre, issus des tendances les plus malsaines et inspirés par tout ce que le monde avait connu de plus moche. Racistes, arabophobes, antisémites, leur but – comme quoi l’histoire n’est qu’un éternel recommencement – semblait être de créer une race de « parfaits ». Pas vrai– ment comme



l’entendaient les cathares 1 au Moyen Âge qui respec- taient scrupuleusement un mode de vie ascétique, ne devaient pas tuer, ni mentir ou jurer. Plutôt tout le contraire ! Ils n’étaient pas du style à tendre l’autre joue, mais plutôt la main, avec au bout, selon le cas, un poignard, un coup de poing américain ou un flingue ! Pour eux, le terme « parfait » correspondait beaucoup plus à ni gris, ni noirs, ni « feujs », mais plutôt bien blancs, bien propres ! Barges de tout crin, unissez-vous !
La seule note d’humour, si l’on peut dire, était leur utilisation du même terme pour se désigner entre eux.
L’idée était simple : avant il y avait eu le néant, puis l’Ordre parfait s’était créé après le big bang, une sorte d’explosion qui aurait eu lieu il y a près de 14 milliards d’années et aurait été à l’origine de la création de l’univers. En gros, il n’y avait d’abord eu qu’un magma initial, puis le big bang avait entraîné une formation de matière et la naissance des planètes. Il fallait donc recréer cet ordre parfait en réunissant toutes les conditions d’une explosion dans les cités, en montant des groupes d’origines et de religions différentes les uns contre les autres.
J’avais eu de la chance et des renseignements. Pas assez précis malheureusement pour inculper directe- ment leur chef, leur guide, leur gourou, un sale type du nom de Sébastien Montfort – patronyme prédestiné puisqu’il était celui du chef de la croisade contre les

1. Religion implantée dans la quasi-totalité des villes et villages de la région languedocienne au xiii e siècle.



Albigeois. Ils étaient malgré tout suffisants pour que je me retrouve un matin de février en première ligne, avec devant moi, au bout de mon PGM Ultima Ratio, un type qui allait faire sauter une maternelle. Et pas n’importe laquelle puisqu’elle avait la particularité de recevoir un grand nombre d’enfants juifs et arabes en toute quiétude. Jusqu’à présent !
Nous étions à Marseille, ville cosmopolite qui après une période ouverte de racisme post décolonisation jouissait depuis une vingtaine d’années d’une image plus positive de solidarité et de paix entre les différentes ethnies la composant. Malgré tout, le racisme ordinaire persistait et la seule solution pour y remédier demeurait l’école. L’intégration partait de là, le premier soin étant souvent d’apprendre le français aux petits pour qu’ils puissent communiquer. D’où la « bonne idée » de Montfort… d’y mettre le feu !
Le type qui m’avait renseigné n’était pas un enfant de chœur, pour qui connaissait son pedigree. Il m’avait contacté par téléphone et, pour sa sécurité, n’avait jamais voulu que l’on se rencontre. Il m’avait tout balancé d’un coup. Il m’avait dit « qu’il y avait des choses qui ne se faisaient pas. En particulier, faire du mal à des enfants ». Il avait ajouté qu’il avait participé, au Rwanda, à une action punitive qui avait coûté la vie à vingt-huit enfants d’un village rebelle. Le temps avait passé, mais il avait toujours beaucoup de mal à s’en remettre. Après quelques recherches, j’avais retrouvé cette histoire peu reluisante de mercenaires ayant quasiment rasé un village près de Ngenda, à



la frontière du Burundi, tuant hommes, femmes et enfants. Le chef de cette équipée sanglante était Max Serna. Mon contact certainement. Et c’est là que cela devenait intéressant. Il était l’actuel bras droit de Montfort. Ce joli personnage dont on suivait de plus en plus les agissements.
Je ne croyais pas vraiment à une rédemption tardive. En nous donnant l’info, d’une part il se dédouanait et d’autre part, si nous arrivions à inculper Montfort, il avait une chance de devenir calife à la place du calife et de récupérer le petit tr&#

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