Rendez-vous avec la mort
37 pages
Français

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Description

Un banal accident, une sortie de route, la nuit ; rencontre entre un arbre et une voiture de sport : un mort, le chauffeur.


L’inspecteur GASPIN, chargé de l’enquête, n’arrive pas à s’expliquer comment la blessure à la tête du pilote a pu entraîner le décès.


Pour lui, le choc est indéniablement post-mortem, mais le défunt était un sportif aguerri doté d’une santé à toute épreuve...


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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782373479676
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Inspecteur GASPIN
RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
L'AFFREUSE NOUVELLE
L'auto gisait sur le bas-côté de la route. C'était un paysan qui avait alerté la gendarmerie.
Les représentants de l'autorité trouvèrent le véhic ule dans la même position, l'avant à demi écrasé contre un arbre que le choc a vait fortement entamé.
Une portière entrouverte, celle du côté du conducte ur, indiquait que le malheureux avait été projeté au-dehors au moment de la collision. « Vidé », comme dit le brigadier.
Il était très tôt. Cinq à six heures du matin.
L'homme qui avait découvert le désastre se rendait aux champs. À peine eut-il vu la voiture qu'il prit ses jambes à son co u pour courir au bourg.
L'auto était très puissante, magnifique, une voitur e sport. Le gendarme qui accompagnait le brigadier s'agenouilla auprès du ca davre. Nul besoin d'être médecin pour constater que la mort avait dû être fo udroyante. Le corps était froid, presque rigide.
— Brigadier... il doit être là depuis plusieurs heu res !
— Qu'est-ce que t'en sais, Broque ?
— Ben... D'après son état.
Broque était jeune, actif, possédait de la jugeote. Le brigadier Duvert, aux cheveux gris, hocha approbativement la tête.
— Bon. Faut coucher ça sur le rapport.
La victime portait une forte ecchymose à la base du crâne. Il y avait du sang à l'endroit où elle avait touché le sol, sur la rou te. Le compteur horokilométrique était bloqué à quatre-vingt-dix. Le brigadier hocha de nouveau la tête. On voyait, sur le macadam, un fort zigzag de pneus.
— Allait trop vite... marmonna-t-il. Alors, coup de freins trop brusque et... et voilà.
— Pourtant, fit le gendarme, il n'a pas dérapé !
Les pneus étaient superbes, comme tout le reste.
Non, il n'avait pas dérapé, mais, chose incontestab le, le conducteur avait dû perdre le contrôle de sa voiture.
Le gendarme avait en mains un élégant portefeuille en cuir de Russie. Carte
grise, permis de conduire, etc., tout était au nom de Jacques Thiévant, trente ans, rue de la Pompe, Paris.
— Mêmes nom et adresse sur la plaque de bord, ajout a le gendarme, qui vérifia également le numéro minéralogique.
— Bon... File à bécane, va chercher Hector pour rem orquer la voiture. N'oublie pas de prévenir le docteur.
Hector, le mécanicien-garagiste, arriva bientôt ave c sa dépanneuse. Peu après surgit le vieux docteur Bielle, au volant de sa conduite intérieure, et l'on chargea le corps avec précaution.
Dix minutes plus tard, il ne restait plus sur la ro ute qu'une tache imprécise et lugubre, ainsi que le souvenir de l'accident.
Dans le bureau, Broque écrivait lentement d'une bel le calligraphie. Il s'interrompit, releva la tête, regarda le brigadier, murmura :
— Drôle, ça...
— Qu'est-ce qui est drôle ?
— L'auto... Elle n'allait pas si vite, après tout !
— Hein ? Du quatre-vingt-dix, ce n'est pas si vite ? Ça ne te suffit pas à toi ?
— Oh ! pour moi, c'est bien suffisant, mais une mac hine comme celle-là, brigadier ? Réfléchissez !... Presque une voiture d e course, si on veut !... Alors ?...
— Qu'est-ce que tu veux prouver ?
— Je trouve bizarre que son conducteur n'ait pas ét é maître de son engin à quatre-vingt-dix...
— L'a pas été... La preuve !
Le gendarme abaissa la tête sur son papier et se re mit à écrire.
* * *
Dix heures du matin, au château de Brumeuil, près d e Chartres. Une jeune fille descendit les degrés du perron, souriante, al lant au-devant d'un jeune homme qui arrivait :
— Bonjour, Lanot... Vous êtes de parole, vous au mo ins !
— Bonjour, Monique... Il y a quelqu'un qui a fait faux bond ?
— Oui. Tout le monde est là, sauf Jacques.
— Allons bon !... Une panne ?
— Je n'en sais rien. Hier soir, j'avais téléphoné c hez lui, son domestique m'a dit qu'il était en route depuis dix-neuf heures... Comme vous le savez, nous l'attendions à dîner.
— Toujours à la dernière minute... C'est bien lui.. . À cinq heures, nous avions pris le porto aux Champs-Élysées, et il voul ait m'emmener, mais j'avais un rendez-vous dans la soirée.
Lanot se mit à rire :
— Alors, il s'est perdu en route, ou quoi ?
— Je vais encore téléphoner, décida la jeune fille.
— Oui... Et s'il a des ennuis de moteur, qu'il pren ne une patinette, ce sera plus sûr !...
Elle le quitta en riant, pendant que M. Villon, l'i ndustriel, père de Monique, apparaissait à son tour. Les deux hommes plaisantèr ent sur le retard du possesseur du bolide dont il était si fier.
Ils devisaient encore, lorsque Monique reparut, liv ide, les yeux agrandis, les lèvres décolorées et tremblantes :
— Mon Dieu ! balbutia-t-elle, et elle tomba dans le s bras de son père.
— Oh !... Mais elle se trouve mal !
On s'empressa, les domestiques apparurent, ainsi qu e les autres invités, immobiles devant ce spectacle. La jeune fille...
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