Sur les toits
78 pages
Français

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Sur les toits , livre ebook

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Description

On en découvre des choses du haut d’un toit !


Gautier, couvreur itinérant, revient dans sa ville natale de Mortagne-au-Perche pour un chantier. Du haut de son toit, en plein centre-ville, il aperçoit un corps allongé dans une ruelle. Le temps qu’il se précipite sur les lieux, le corps a disparu.


Sans le vouloir, Gautier se retrouve enquêteur, bien vite rejoint par Adrien, un jeune homme désœuvré qu’il embauche sur le chantier.


Ensemble ils vont croiser des personnages plus ou moins sympathiques, plus ou moins louches.


Sous l’œil bienveillant du philosophe Alain, réussiront-ils à savoir qui a tué la femme en rouge ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 17
EAN13 9791094543122
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Du même auteur :
Lancelot et le vieux (2009), Éditions L’harmattan.
La Tondue (2010), Éditions L’harmattan.
Ethnographie d’un village si ordinaire (2012), Éditions L’harmattan.
Florent L’Artiflot (2014), Éditions L’harmattan.
Alphabet insolite d’Eure-et-Loir (2017), collectif, Cie Ibidem, Éditions du Colombier.
Retour d’enfances (2019), nouvelles, collectif, Cie Ibidem, Éditions du Loir
Les Éditions du Loir bénéficient du soutien de la Région Centre-Val de Loire, de l’État (DRAC Centre-Val de Loire) et de Ciclic dans le cadre de l’aide aux entreprises d’édition imprimée ou numérique ISBN : 979-10-94543-11-5 pour l’édition papier ISBN : 979-10-94543-12-2 pour l’édition numérique © Les Éditions du Loir, Juin 2019 pour l’édition papier © Les Éditions du Loir, Décembre 2020 pour l’édition numérique
Illustration de couverture : © DR



À mon très vieux papa






I. La femme en rouge
Place Général de Gaulle, Mortagne-au-Perche, Gautier Toussaint est de retour au pays. 17 ans qu’il est parti d’ici. Il ne sait pas pourquoi il a accepté ce chantier, envie de revenir aux sources ? En ce début septembre, le soleil joue à cache-cache, la phase ombre domine pour l’instant et avec le vent, il fait frisquet sur la place. Gautier regarde les fleurs rouges et blanches des jardinières accrochées aux mâts des lampadaires en plexiglas, vraiment très moches. Elles se font chahuter par les courants d’air, ces petites vagues colorées animent le paysage communal, c’est bien tout ce qui bouge ici pour le moment. À 7 heures du matin, il n’y a pas grand monde dans le centre, surtout un lundi et visiblement la plupart des magasins vont rester fermés aujourd’hui. Toussaint a garé son Combi Volkswagen vert d’eau juste en face de la brasserie de l’Étoile, il va devoir œuvrer au sommet de cet immeuble. Contrairement à son habitude, il n’est pas venu repérer le chantier, tout s’est fait par Internet. M. Batrel, le patron, a envoyé des photos de son toit bon à refaire dans sa totalité. Le couvreur n’a pas encore établi le devis, il va le rédiger sur place maintenant. M. Batrel a une sœur qui tient également une brasserie dans le Perche d’Eure-et-Loir à Nogent-le-Rotrou. Toussaint a entièrement mis à neuf la couverture du restaurant installé dans un bâtiment ancien et cette veuve, encore très fraîche, a été ravie du travail, elle a donc conseillé à son frère de le prendre.
Toussaint observe le sommet de la brasserie, il y a une bonne quinzaine de mètres, il va être bien là-haut, un bel observatoire d’où il pourra admirer les toits des hôtels parti- culiers qui sont légion dans ce secteur ancien de Mortagne. M. Batrel lui a expliqué au téléphone, qu’on accède par un escalier à la pièce qui s’ouvre à l’extérieur sur un coquet balcon en pierre, il délimite une minuscule terrasse. Il y



a juste la place pour poser un petit échafaudage et ainsi la montée sur le toit sera facile. C’est cette facilité d’accès qui lui a fait accepter le chantier. Il travaille souvent seul, son fils âgé de 15 ans, qu’il ne voyait qu’aux vacances scolaires, lui donnait lors de ses séjours un coup de main. Parfois il embauche un intérimaire parce que le chantier est trop gros pour lui, mais il est souvent déçu par la qualité de son travail. Gautier aime la solitude, il est fier d’être son unique patron, perché entre ciel et terre. Comme Louis Auguste Blanqui, comme Léo Ferré, sa devise est : « ni Dieu, ni Maître ». Il travaille à l’ancienne, il a parcouru la France pendant son compagnonnage et a appris toutes les techniques de couverture. Il s’est spécialisé dans l’ancien et se refuse à travailler sur des immeubles récents. Il n’est pas équipé pour faire de très grandes et hautes surfaces, il se contente de jolis petits immeubles de ville, de maisons de caractère, de petits manoirs. La demeure lui plaît et c’est oui, elle ne lui plaît pas et c’est non, pas de discussion possible, un toit qui ne l’intéresse pas est un toit qui peut s’avérer dangereux, même en prenant toutes les précautions possibles. Il exerce un métier à haut risque, alors autant choisir un chantier qui l’excite.
Toussaint a rendez-vous à 8 heures avec M. Batrel, il a juste le temps de prendre un petit noir au café de l’Ancre. Il se replongera dans ses souvenirs plus tard, dans le bar tout le monde se connaît, ce n’est pas encore l’heure de jouer aux courses, c’est un “kawa” et pour certains un petit blanc vite avalé avant d’aller bosser. Il boit son café et se dirige vers le Combi pour prendre sa sacoche. Le VW c’est sa deuxième habitation, la première n’est pas une maison, c’est une cabane (de luxe) nichée dans un petit paradis vert à Dancé, à un peu moins d’une trentaine de kilomètres d’ici, il y passe ses week-ends et le peu de congés qu’il prend. Le Combi est idéal pour ses chantiers, il y habite, y stocke son matériel, a toutes ses échelles sur la galerie. Il a réussi à aménager deux lits qui se replient et un minuscule coin à vivre où il



peut manger et regarder la télé. Quand son fils Colin était là, l’espace se faisait un peu juste et l’intimité inexistante, mais le gamin semblait s’en foutre et avait toujours dit à sa mère qu’il se sentait bien dans le Combi avec Papa. Malgré la proximité de la cabane avec Mortagne, Gautier n’avait jamais voulu revenir dans sa ville natale, il n’avait pas envie de se souvenir. C’est le travail qui l’oblige à ce pèlerinage. Il récupère sa sacoche, verrouille les portes et pénètre dans la brasserie qui vient juste d’ouvrir. Jacqueline Batrel est au comptoir, occupée à faire un café. C’est une grande femme, mince et blonde, plutôt jolie, la quarantaine. Toussaint se présente, elle lui indique alors la porte qui mène à l’étage :
– Mon mari vous attend en haut.
Louis Batrel est un homme petit et sec, il a un peu la tête et le profil de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Il doit être légèrement ridicule quand il marche avec sa femme qui mesure au moins 1 m 75. Il est souriant et, avant de lui serrer la main, le détaille de la tête aux pieds. Gautier est un homme tout ce qu’il y a de normal. Sans particularité apparente, il est plutôt bel homme avec son mètre soixante-dix-huit, son corps charpenté, tout en finesse et sans un gramme de graisse, son visage délicat, ses cheveux blonds qu’il porte courts et ses yeux bleu acier. Aujourd’hui, il porte un Levi’s 501, une chemise à carreaux rouges, des Paraboot marrons, c’est son seul luxe. Pas de montre, pas de bijoux à part son petit anneau de compagnon à l’oreille et surtout pas de tatouage. L’examen de M. Batrel est concluant, il serre chaleureusement la main de Gautier.
– Je suis ravi que vous ayez accepté ce chantier. Comme je vous l’ai dit c’est simple d’accès et il suffit de refaire à l’identique. Je vais vous conduire là-haut pour que vous puissiez faire vos calculs. Nous allons ressortir et accéder par l’arrière, un escalier de secours en fer conduit jusqu’à la pièce où se trouve le balcon. Il a été construit quand le bâtiment servait d’hôtel, nous ne l’utilisons jamais, nous montons par l’escalier intérieur, mais il va être bien pratique



pour votre chantier. Comme je vous l’ai dit au téléphone, vous pourrez laisser votre véhicule dans la cour et je vous mets à disposition gracieusement le studio des apprentis dans la dépendance. Je n’ai pas trouvé d’élèves pour travailler ici cette année, alors il est vacant. J’ai un grand hangar dans une autre cour où j’entrepose les produits pour la brasserie, vous aurez donc toute l’arrière-cour pour vous.
– C’est trop, M. Batrel, vous allez bientôt me demander de faire un effort sur le prix du devis !
– Je n’y avais pas pensé mais maintenant que vous le dites…
Le cafetier est un malin mais, de toute façon, Gautier n’est pas cher, personne ne s’est jamais plaint du montant de la facture. Il calcule en fonction des matériaux et des travaux avec une marge très décente et ne s’aligne pas sur ses confrères qu’il trouve beaucoup trop cher.
Les deux hommes sont sur le balcon. Gautier a juste la place pour installer un petit échafaudage, M. Batrel avait raison

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