Un chantage infâme
78 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Un chantage infâme

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
78 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le comte de Trémor est victime d’un affreux chantage. Il a appris par une lettre anonyme que sa femme l’a jadis trompé et que Herbert, son fils qu’il chérit depuis une trentaine d’années est né de cette relation adultérine. S’il ne paye pas une forte somme, les courriers échangés à l’époque entre son épouse et son amant seront exposés sur la place publique.


Le marquis Herbert de Trémor, attaché d’ambassade, s’apprête à épouser une jeune fille de bonne famille.


La révélation de ce secret ternirait la vie du comte et d’avantage encore celle de cet enfant illégitime qu’il aime pourtant plus que tout au monde.


Le comte de Trémor refusant de céder aux menaces, redoute que la vérité soit dévoilée au grand jour et fait appel au détective Marc JORDAN, le seul capable de l’aider.


Marc JORDAN, pour le bonheur de ce père et celui de « son » fils, va mettre tout en œuvre pour découvrir l’identité du maître chanteur et entrer en possession de la correspondance incriminante...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9791070030967
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVANT-PROPOS

*****
Marc Jordan
Exploits surprenants du plus grand détective français
*****

Toute invasion provoque un changement ! Il en est ainsi dans tous les domaines, en littérature comme ailleurs.
Ce fut le cas en Europe et en France des productions littéraires américaines que l'on qualifiait de « dime novels », littéralement « romans à 10 cents » ou, d'une manière plus francophone, « romans à deux sous ».
Le fer-de-lance de cette armada se nommait alors « Nick Carter » , un détective privé américain dont le succès fut immense, tant dans son pays qu'à travers le monde et ne se démentit pas pendant plus d'un demi-siècle.
C'est à partir de 1905 que le déferlement se produisit, et, comme un symbole passé et futur, eut pour point de départ l'Allemagne, à travers les éditions Eichler qui venaient d'obtenir les droits de diffuser en Europe deux séries américaines : « Nick Carter » et « Buffalo Bill » .
Si la seconde inspira quelques clones – « Sitting Bull, le dernier des Sioux » , « Texas Jack, la terreur des Indiens » … –, c'est avant tout la première qui fut l'inspiratrice de nombreuses copies plus ou moins digestes – « Lord Lister » , « Ethel King, le Nick Carter féminin » … – provenant dans un premier et second temps des contrées de l'envahisseur, mais très rapidement, également de l'hexagone.
Le premier épisode de « Nick Carter » était publié en France en mars 1907 et dès septembre de la même année, les éditions Ferenczi sortaient le premier épisode de la série « Marc Jordan, exploits surprenants du plus grand détective français » . Puis, tout aussi rapidement, d'autres séries nées également de la plume d'auteurs français voyaient le jour : « Miss Boston, la seule détective-femme du monde entier » d'Antonin Reschal, « Toto Fouinard, le petit détective parisien » de l'expérimenté Jules Lermina, « Tip Walter, le prince des détectives » dont l'auteur demeure inconnu, « Stan Kipper, le roi des détectives » de Léon Groc…
Mais la série « Marc Jordan » est réellement une œuvre charnière dans l'histoire de la littérature populaire en général et de la littérature populaire policière en particulier, et, plus précisément, dans la littérature populaire policière fasciculaire.
Car, la série « Marc Jordan » signe la première incursion dans le genre policier des éditions Ferenczi.
Le Hongrois Joseph Ferenczi ouvre à Paris sa maison d'édition en 1879.
Si l'éditeur se perd un peu dans les genres, s'aventurant jusqu'à la littérature grivoise qui lui valut des soucis avec la prude justice de l'époque, c'est avec la série « Marc Jordan » qu'il se lance dans le genre policier. Et c'est en singeant le format des aventures de Nick Carter (fascicule 32 pages), qu'il va se spécialiser dans ce format si particulier de la littérature populaire qui fit fureur auprès des lecteurs jusqu'à l'apparition du livre de poche qui signa la fin de la littérature fasciculaire.
Ce sont donc les aventures de Marc Jordan qui initièrent le goût de l'éditeur pour cette littérature fasciculaire policière dont il fut l'un des plus grands représentants pendant un demi-siècle. Il fit émerger des dizaines de collections, des milliers de titres signés de centaines d'auteurs pour le plus grand plaisir des lecteurs de l'époque et des collectionneurs d'aujourd'hui qui, pour être des bibliophiles avertis engrangeant un maximum de titres anciens, n'en sont pas moins des lecteurs affamés des textes et récits d'une époque dont le format n'a plus court désormais. Mais, heureusement, on commence à le redécouvrir grâce à l'émergence de la littérature numérique qui est aujourd'hui le mode de lecture qui s'apparente le plus à celui de la littérature populaire d'hier.
Ainsi, les aventures de Marc Jordan peuvent se lire à plusieurs niveaux : comme une simple série policière ; telle une copie améliorée des aventures du célèbre Nick Carter ; ou comme une œuvre mineure – par la trace qu'elle laissa dans la littérature populaire en tant que série –, mais charnière et essentielle voire vitale, dans la littérature populaire policière fasciculaire qui ravit des générations de lecteurs depuis plus d'un siècle.
C'est donc désormais à votre tour, grâce à « OXYMORON Éditions » , d'entrer dans l'histoire de la littérature populaire policière fasciculaire en dévorant les « exploits surprenants du plus grand détective français Marc JORDAN ».
PRÉSENTATION DE L'ÉPOQUE

MARC JORDAN ! MARC JORDAN !

***



***

Quel est donc ce nom célèbre déjà et que tout le monde répète ?
C'est celui d'un détective français, d'un policier fameux entre tous, qui deviendra aussi fameux que le Sherlock Holmes du romancier anglais, Conan Doyle , quand on connaîtra les surprenantes, les merveilleuses aventures auxquelles il a été mêlé et qu'il va raconter dans les fascicules dont le premier paraît aujourd'hui. Chacun d'eux contiendra une histoire complète, un véritable roman vécu, avec son intrigue, toujours captivante, son dénouement toujours curieux et empoignant.
Rien de plus mystérieux, de plus émouvant, en effet, que ces récits étranges dont le premier porte ce titre :
L'ENLÈVEMENT D'UNE VIERGE
et sera bientôt suivi de :
LA TÊTE COUPÉE — LA COURSE À LA MORT
L'AUBERGE DU CRIME — LE SATYRE DE LA VILLEDIEU
ETC., ETC.
En lisant ces stupéfiants romans, plus saisissants encore parce qu'on sait qu'ils sont vrais, qu'ils contiennent des histoires qui se sont réellement passées et que l'incomparable MARC JORDAN a élucidées avec la miraculeuse maestria qui le caractérise et font de lui le roi des policiers présents et futurs, on ne peut manquer d'éprouver une émotion intense, et quand on aura parcouru un de ces récits, on voudra les connaître tous, car chacun d'eux met en fièvre l'esprit des lecteurs.
Ce MARC JORDAN est un type si intéressant, si extraordinaire ! Il accomplit, avec ses lieutenants, l'ingénieur Ferréol, le docteur Jarris, ses aides et ses amis, l'énorme Léonec, le mince Fil-en-Quatre, l'étonnant Lagingeole dit l'Andouille, le rude Cœur d'Ours, et le terrible Raoul dit l'Assommeur, de tels exploits que celui qui les parcourt demeure haletant, éperdu, pris de l'envie de lire, de lire encore.
Quelles émotions produisent, en effet, les péripéties angoissantes de la lutte épique soutenue par le policier de génie contre des adversaires qui le valent bien et représentent, eux, le génie du mal, les comte de Cazalès, les Maudru, dit Bras-de-Fer, Pépita-la-Rouge, leur infernale complice, un trio d'aventuriers inoubliables, et tant d'autres encore !
Tout un monde grouille, en effet, dans cette série de récits : gentilshommes, aventuriers, forçats, et les figures touchantes de leurs victimes, Carmencita, la fille du duc de la Riviera, l'héroïne de L'Enlèvement d'une vierge . Hélène Fortier la jeune fille de La Tête coupée , et d'autres, et d'autres !
Il n'est pas un homme, pas une femme, pas un garçon, pas une jeune fille qui ne veuille lire, car ils peuvent être lus par tous,
Les merveilleux exploits de Marc Jordan
LE PLUS GRAND DÉTECTIVE FRANÇAIS.
N° 16

UN CHANTAGE INFÂME
CHAPITRE I
Un problème délicat
 
Il était à peine sept heures du matin. Marc Jordan, qui se levait toujours de bonne heure, était déjà à sa table de travail en train d'annoter les rapports de ses agents qu'il avait reçus la veille, et attendant ceux-ci qu'il avait convoqués dans la matinée.
Il semblait fort absorbé en son travail, quand la porte s'ouvrit et Léonnec parut, tenant une carte à la main.
— Qu'est-ce ? interrogea le maître détective, étonné de recevoir une visite d'aussi bonne heure de la part de quelqu'un qu'il ne connaissait pas, puisqu'il avait besoin de donner son nom.
Il prit la carte et lut avec une légère émotion ce nom :
— Duc de Trémor.
Le duc de Trémor ! Il le connaissait bien, ce duc de Trémor, de réputation, du moins, car il ne croyait pas l'avoir jamais vu.
Il savait que c'était un personnage considérable, qui avait occupé autrefois de grandes charges dans l'État, quand la noblesse était encore recherchée pour conduire les affaires publiques.
Le duc passait pour être un des hommes les plus riches de Paris et possédait rue de Bourgogne un des plus beaux hôtels anciens qu'il y eût, dernier vestige des splendeurs d'autrefois.
Le duc de Trémor à sept heures du matin, chez Marc Jordan ! il y avait là, en effet, de quoi étonner.
Le maître quitta ses papiers, se leva et dit au Breton :
— Faites entrer le duc de Trémor.
Celui-ci parut et, en le voyant, le maître détective éprouva la plus forte émotion qu'il eût connue en sa vie, tant la physionomie du duc offrait l'image de la plus grande douleur qu'il y eût, tant ses traits étaient ravagés par la souffrance.
C'était un grand vieillard dont les cheveux étaient tout blancs, la barbe, moustaches et favoris blancs aussi, l'air hautain et austère.
Il s'avança d'un pas lent, comme brisé, et ayant aperçu le policier debout, il le salua.
Marc Jordan s'inclina profondément et offrit un siège à son visiteur.
Celui-ci refusa d'un geste.
— Non, dit-il, je préfère rester debout, je serai mieux pour vous dire ce que j'ai à vous dire.
— Je vous écoute, monsieur, dit Marc Jordan, qui resta debout aussi, derrière son bureau.
— Je viens à vous, monsieur, commença le duc de Trémor, parce que je sais que vous n'êtes pas un policier ordinaire et que vous êtes un homme de cœur.
— Monsieur ! fit le détective confus.
— Je ne vous dis pas cela, monsieur, reprit le hautain gentilhomme pour vous flatter, mais parce que je sais que c'est la vérité et que c'est, après avoir entendu raconter ce que vous avez fait, ce que j'en pense.
« Et maintenant, j'arrive au fait.
« Veuillez lire cette lettre.
Le duc tira de sa poche un papier qu'il remit à son interlocuteur et, pendant que celui-ci le parcourait, le duc, qui suivait ses impressions sur son visage au fur et à mesure qu'elles se produisaient, ne pouvait se défendre de tremblements nerveux qui agitaient des pieds à la tête son grand corps raide et sec.
Voici ce que contenait la lettre remise à Marc Jordan :
 
« Monsieur,
« Ayant été mis, par le plus grand des hasards, en possession d'une correspondance qui prouve que votre femme, M me  la duchesse de Trémor, a eu pour amant pendant de longues années le comte d'Orfer, et que l'enfant qui porte aujourd'hui votre nom, le marquis Herbert de Trémor, n'est pas votre enfant, mais l'enfant du comte, je viens offrir de vous vendre le reste de cette correspondance contre cent mille francs en espèces.
« Et comme je ne veux pas risquer d'être sottement pincé, voici ce que je désire : Je désire que vous me donniez publiquement votre parole d'honneur, si vous acceptez ce marché, que vous apprécierez comme il vous plaira, que vous me donniez votre parole d'honneur de ne pas chercher à me faire prendre ni à me faire suivre.
« Il suffira, pour cela, de faire insérer dans le Journal une note ainsi conçue :
« Je donne ma parole et j'accepte », signé de vos initiales D. T.
« Je sais que vous êtes un vrai gentilhomme et j'ai confiance en vous pour ne rien redouter dès que j'aurai vu cette note publiée, et je me présenterai chez vous pour toucher la somme promise en vous portant le reste de la correspondance qui est encore en ma possession.
« Je vous donne huit jours pour réfléchir. Passé ce délai, c'est-à-dire jeudi prochain, à midi précis, si je n'ai pas vu la note que je vous demande publiée, j'enverrai à votre fils une des lettres de la duchesse et je le mettrai au courant de sa situation.
« J'ai l'honneur de vous saluer,
« Une signature indéchiffrable. »
 
Marc Jordan rendit la lettre au duc et le regarda.
Il était effrayant.
Un homme sortant des ténèbres de la mort devait avoir cette face de douleur et d'épouvante.
Quand il eut remis la lettre en son portefeuille, il dit au détective :
— Je n'essaierai pas de vous peindre, monsieur, ce que je ressentis à la lecture de cette lettre, qui détruisit en un instant toutes mes illusions, tout mon bonheur, tout ce qu'il y avait encore de joie pour moi en ce monde.
« On ne trouve pas d'expression pour...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents