Un cri dans la nuit
59 pages
Français

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Un cri dans la nuit , livre ebook

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Description

Dans les poches d’un pickpocket est découvert un portefeuille contenant une bank-note sur laquelle sont inscrits, à l’encre invisible, un nom et une adresse à Lille ainsi que la mention « Luc HARDY ».


Ce billet est confié à M. d’Ambrecourt, ami intime du fameux Luc HARDY, le célèbre détective, avec charge de le lui remettre le soir même.


Au moment où Luc HARDY arrive à la villa, les lumières s’éteignent. M. d’Ambrecourt est violemment assommé et le message lui est dérobé.


Tandis que Luc HARDY suit la piste du voleur, trois coups de feu éclatent dans le jardin. Le gendre de M. d’Ambrecourt est retrouvé, une balle dans la tempe et une dans la poitrine. Les deux projectiles ont été tirés par son arme qu’il tient encore fermement dans sa main.


Assassinat ? Suicide ? Luc HARDY a déjà son opinion et se fait fort de la confirmer au plus vite...

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Informations

Publié par
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EAN13 9791070037201
Langue Français

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Exrait

UN CRI DANS LA NUIT


D'après le fascicule « Un cri dans la nuit » publié en 1934 dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi (réédition du fascicule éponyme publié en 1920 dans la collection « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi).
CHAPITRE I
UNE ÉTRANGE AVENTURE
 
Par un tiède et pluvieux après-midi de septembre, vers cinq heures, une rapide automobile bleue, ayant franchi le pont de Sèvres et traversé une partie de jolie ville qui porte le même nom, se dirigeait vers Ville-d'Avray.
Le soleil qui, durant toute la journée, avait semblé bouder, venait de se décider à faire une apparition entre deux nuages, et sa lumière dorée, quoiqu'un peu pâlie, faisait miroiter les panneaux vernis de la limousine, étinceler les garnitures nickelées.
À l'intérieur du luxueux véhicule se trouvait M. Henry Bornières, l'un des secrétaires du ministre de l'Intérieur.
Henry Bornières était un homme de trente-cinq à trente-six ans ; de taille moyenne, mais bien prise, toujours vêtu avec élégance, il cachait, sous une apparente frivolité, un esprit froid et méthodique, une intelligence ouverte.
Au reste, son visage, exactement rasé, avait une expression remarquable, qu'accentuait encore le regard des yeux noirs et vifs.
Un front bien dessiné, qu'une calvitie précoce élargissait sensiblement vers les tempes, un nez droit, une bouche rouge et quelque peu gourmande et sensuelle, quoiqu'énergique, complétaient cet ensemble.
Comme sa voiture venait de tourner dans une des avenues sablées de Ville-d'Avray, M. Bornières, se penchant légèrement à la portière, dit au chauffeur :
— Tenez, voyez-vous, cette grande grille, là-bas, à gauche ?... C'est là.
L'auto longeait à ce moment le mur entourant le vaste parc attenant à la propriété en question ; aussi, la seconde d'après, ayant franchi la grille désignée par le secrétaire du ministre, pénétrait-elle dans une grande cour, précédant un perron de marbre, au bas duquel elle vint s'arrêter.
Lestement, M. Bornières mit pied à terre et, escaladant rapidement les degrés, gagna une antichambre dallée.
Là, il s'arrêta, cherchant des yeux quelque domestique qui put l'annoncer.
— Ma parole, la porte de cet aimable M. d'Ambrecourt est vraiment mal gardée, murmura-t-il, perplexe. Je ne peux pourtant pas me mettre moi-même à la recherche du maître de maison !
Un léger ronflement, qui se fit entendre à ce moment, lui coupa la parole.
— Diable, murmura-t-il, en exécutant une pirouette sur ses talons, le lieu n'est pas aussi désert que je le pensais !
Ayant fait quelques pas, le visiteur aperçut alors un vieux domestique à cheveux blancs qui, assis derrière une haute table-bureau, dormait paisiblement dans un fauteuil.
— Dommage d'interrompre un si bon sommeil ; pourtant, comme je n'ai pas le choix !...
Ce disant, il touchait délicatement l'épaule du dormeur de son doigt ganté de clair.
Aussitôt, le serviteur fut debout et, déjà, il commençait à bredouiller de vagues excuses, mais Henry Bornières ne lui laissa pas le temps d'achever :
— La chose est sans importance, mon brave. Veuillez faire passer ma carte à M. d'Ambrecourt ; ajoutez que je suis très pressé.
— Bien, Monsieur.
Le vieux domestique s'éclipsa prestement pour revenir bientôt.
M. d'Ambrecourt attendait son visiteur.
Quelques minutes plus tard, en effet, ce dernier pénétrait dans le vaste cabinet de travail où le maître de maison se tenait en compagnie d'un secrétaire.
M. d'Ambrecourt, un ancien conseiller d'État, connaissait fort bien Henry Bornières, dont le père avait été son collègue, une trentaine d'années auparavant ; aussi accueillit-il le nouveau venu avec cordialité.
— Quel bon vent vous amène, mon cher ami, vous que l'on voit si rarement ? s'exclama-t-il, en s'avançant, la main tendue.
— J'aurais deux mots à vous dire en particulier.
— Rien de plus facile.
Et, se tournant vers son secrétaire, M. d'Ambrecourt ajouta :
— Monsieur Flavien, vous pouvez disposer, nous reprendrons notre travail plus tard.
Déjà, l'interpellé se levait.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, solidement charpenté.
Sa physionomie, intelligente n'inspirait pourtant point la sympathie, à première vue ; les yeux bleus, au regard perçant, d'un éclat bleu et métallique, sous l'avancée des sourcils roux, presque trop abondants, gênaient surtout par l'insistance qu'ils mettaient à vous dévisager. Tout en cet homme respirait la force et l'audace.
— Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'irai jusqu'au bureau de poste porter le courrier, disait cependant M. Flavien.
— Comme vous voudrez.
La porte retombée derrière le secrétaire, d'Ambrecourt et Bornières se retrouvèrent seuls.
M. d'Ambrecourt venait de dépasser la soixantaine ; pourtant, en dépit de l'âge, on le devinait alerte et plein d'entrain.
Comme Bornières le complimentait sur sa bonne mine, le vieillard reprit, avec un sourire nuancé d'une pointe de mélancolie :
— Allons, mon cher, soyez franc, dites que vous me trouvez terriblement changé !
— Je vous assure que...
— Changé en bien, entendons-nous !...
« ... Eh oui, mon bon ami, je ne suis plus l'homme que vous avez connu, le fonctionnaire d'humeur paisible et quelque peu tatillonne qui passa toute sa vie entre le Conseil d'État et sa chère bibliothèque !
« Un brusque changement s'est opéré en moi. Brusque changement auquel notre ami, Luc Hardy, ne fut point étranger, je le confesse.
« Cet homme extraordinaire m'a fait comprendre que je n'avais pas le droit de m'engourdir dans mon bien-être ; que la France, après la terrible épreuve qu'elle vient de traverser, avait besoin de l'énergie de tous ses fils ; bref, il m'a tant dit que j'étais encore bon à quelque chose, que j'ai fini par le croire et j'ai accepté d'entrer, sur sa recommandation, dans le conseil d'administration d'une de nos grandes banques et, maintenant, je travaille, comme au beau temps de ma jeunesse, ce qui me cause un parfait contentement de moi-même.
— Très bien.
— Il est vrai d'ajouter que je suis admirablement secondé par mon secrétaire, M. Flavien, un homme très capable, qui n'est près de moi que depuis un mois... Oui, cet excellent Flavien, s'il a perdu l'usage du bras droit par suite d'une blessure reçue à l'armée, se montre le plus savant et le plus dévoué des collaborateurs. C'est grâce à son concours que j'ai pu prolonger ma villégiature en ce coin charmant, où ma fille Lucienne et son mari Georges Fontrailles sont venus nous rejoindre, il y a quelques semaines.
« Mais j'oublie que vous êtes là pour me parler de choses sans doute importantes !...
— Il s'agit de votre ami Luc Hardy, l'étrange et incomparable détective.
— Oui, mon ami, vous avez bien dit, fit M. d'Ambrecourt. Donc, parlez, je vous écoute.
— Auparavant, sommes-nous bien seuls ?
— Voyez vous-même.
Sur un signe amical de l'ancien conseiller d'État, Henry Bornières s'en fut, successivement, jeter un coup d'œil dans le salon et le fumoir flanquant le cabinet de travail ; puis...

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