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Versus ad vitam aeternam , livre ebook

78

pages

Français

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2025

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Trois cadavres sont retrouvés en état de décomposition avancée dans la ruine jouxtant la maison de la D56 en direction de Callian et de Montauroux. Leurs croyances en la vie éternelle les mèneront jusqu’à la mort. Tout le monde doit payer ses exactions. Vivez leur enfer avant leur décès et l’enquête qui va tenter de retracer leur histoire. Qui peut se cacher derrière le diable à tête rouge ? Un thriller qui démontre combien les Hommes peuvent être abjectes, tout en pensant posséder les meilleures raisons du monde pour justifier l’intolérable.
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Date de parution

05 mai 2025

EAN13

9782356021663

Langue

Français

VERSUS AD VITAM AETERNAM Christine CASUSO www.rebelleeditions.com  
Prologue
De nos jours, début mai
Deux gamins intrépides s’engouffrèrent derrière les barricades. Ils se moquaient bien des panneaux d’interdiction affichés par la ville sur les barrières de sécurité.
Benjamin et Hugo se faufilèrent dans le site pour s’amuser. Ils souhaitaient se faire peur. La maison abandonnée de la route D56 et la ruine qui la jouxtait constituaient un terrain de jeu idéal. L’édifice se dressait devant eux, fier d’être toujours debout. Gorgé de soleil, il paraissait majestueux pour les yeux d’enfants de cette taille. Les copains avaient tout juste dix ans. Ils couraient dans le bâtiment et se divertissaient à s’effrayer, puis firent une partie de cache-cache. Benjamin était le meilleur. Il trouvait à tous les coups les endroits les plus difficiles à dénicher. Hugo passait un temps fou à mettre la main sur son camarade. Cette fois, il le rejoignit en quelques minutes, attiré par ses hurlements. Il se figea devant le spectacle macabre. Une scène atroce s’étalait à la vue des garçons. Trois corps, dont un sans tête, se décomposaient dans la dépendance délabrée sans toit. Les joues rosées de Hugo devinrent aussi livides que le visage de Benjamin. Les petites terreurs se liquéfièrent sur place.
Comme dans un film de série B, à cet instant, le ciel devint menaçant. Il se chargea d’épais nuages charbonneux. Tel un mauvais présage, un corbeau se fit entendre, comme s’il annonçait les pires catastrophes aux gosses.
Passé la stupeur, les mômes prirent leurs jambes à leur cou. Ils franchirent les clôtures métalliques, enfourchèrent leur vélo et pédalèrent comme si le Diable était à leurs trousses.
PREMIÈRE PARTIE
1
De nos jours
Prévenue par les parents de Benjamin et d’Hugo, la gendarmerie débarqua sur les lieux toutes sirènes hurlantes. Les forces de l’ordre trouvèrent trois cadavres dans les ruines de la maison en pierre qui jouxtait la bâtisse principale abandonnée. Le parfum de la mort flottait autour du charnier. Le maréchal des logis Marvin Torrente se retrouva au commandement. Le substitut du procureur n’avait pas pu se déplacer, alors il avait demandé à Marvin d’être ses yeux et ses oreilles pendant les premières investigations. La scientifique fut appelée sur la scène de crime. Les adjudantes-cheffes Léane Ingeborg et Justine Bradford étaient à la tête des opérations. Le médecin légiste, Yvan Decker, venait grossir les rangs. L’équipe de techniciens se sépara en deux groupes. Un resta dans la dépendance et l’autre dans la demeure de maître. Les fourmis, habillées de leur tenue blanche de cosmonaute, tentèrent de relever des empreintes et de l’ADN sur les corps et autour, sans grand espoir. Les dépouilles avaient été détériorées par les éléments, dont l’humidité et la chaleur. L’acide désoxyribonucléique devait être trop dégradé et donc à ce stade plus exploitable. En outre, les deux bâtiments avaient supporté un nombre incalculable de passages de gens qui venaient les visiter. Ils étaient exposés aux quatre vents et s’abîmaient. Les fientes rongeaient les façades, les volets et les parquets à certains endroits de l’édifice principal. Quant à l’annexe, c’était certainement une bergerie qui avait été laissée à l’abandon et seuls les pans en calcaire de la structure tenaient encore debout. Le salpêtre les mangeait progressivement. Curieusement, aucun squatter n’y avait élu domicile, sauf quelques volatiles. La réputation de cet endroit devait être la cause de sa désertion. Dans les croyances populaires, il était hanté. Certains venaient pour se créer des sensations, se faire peur, mais aucun n’osait se risquer à y dormir.
Des mouches bleues aux reflets irisés voletaient au-dessus des dépouilles en décomposition. Par dizaine, elles récoltaient leur pitance dans les chairs. Leurs bourdonnements et leur frénésie ne cessèrent pas malgré le travail des agents. Les calliphora vomitoria s’acharnaient, donnant l’illusion d’agresser les spécialistes de scènes de crime, comme si elles défendaient leur nourriture.
Léane, pommettes bombées, front et menton fins, avait des traits marqués et manquant de douceur. Elle ne semblait aucunement incommodée par les intruses. Son regard d’ambre reflétant l’empathie se posa sur sa collègue qui lui fit signe que tout allait bien. Son binôme, Justine, paraissait indisposé par les effluves entêtants. Elle appliqua sous ses narines quelques gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée. Elle en avait en permanence sur elle, car elle était sujette aux céphalées et, pour éviter de prendre trop de cachets, la jeune femme abusait de ce produit naturel et facile à utiliser. L’adjudante en avait toujours un flacon dans sa poche qu’elle dégainait telle une arme aux premiers signes annonciateurs de ses crises. Léane s’aperçut de l’indisposition de sa collaboratrice. La fliquette scrutait le docteur Decker tout en observant à la dérobée sa complice pour vérifier qu’elle n’allait pas faire un malaise. Elle adorait travailler avec cette belle rousse aux cheveux ondulés qui cascadaient sur ses épaules en dehors de ses heures de service. Dans son métier, Justine les attachait en un chignon strict. Cette dernière vit que sa consœur continuait de la surveiller. Elle planta ses prunelles drago n 1 dans les siens et lui fit un geste discret pour la rassurer de nouveau. Léane était la seule à ne pas baisser les yeux devant la particularité de ses iris verts aux fragments marron. Beaucoup trouvaient cela déroutant, mais pas elle.— Peux-tu me donner un peu d’essence, s’il te plaît ? Même si j’ai l’habitude de ces odeurs et de voir ces horreurs, je dois dire que là, c’est un peu trop pour moi également.  
Justine lui sourit en lui passant son remède magique, que beaucoup de ses collègues avaient adopté depuis qu’elle avait rejoint la caserne.
Léane s’en appliqua généreusement tout en s’adressant sans aucune manière à Yvan Decker.
— Il va falloir faire parler les corps, car on n’obtiendra rien des analyses classiques.
Yvan hocha la tête. Il en était venu à la même conclusion, bien que ce qu’il observait lui donnait déjà quelques indices. Les diptères tournoyaient sans vergogne autour de la victime la plus récemment décédée. Le légiste remarqua des pupes vides, ce qui lui démontrait qu’il s’était produit au moins un cycle. Avec cette température ambiante, les larves atteignaient la taille adulte en deux semaines. De ce fait, avec ce succinct examen visuel, Decker évalua la mort entre douze et quinze jours. Yvan observa le deuxième macchabée de la même façon. Il récupéra des coléoptères et des lépidoptères. D’après son expérience, il savait que ces charmantes bestioles avaient été attirées sans nul doute par l’odeur de la graisse rance. C’est pourquoi il put donner une fourchette approximative sur la datation qu’il fixa entre trois à neuf mois. Pour le troisième individu, étant donné qu’il était déjà presque à l’état de squelette, il nota sur son carnet : un an, suivi d’un point d’interrogation entre parenthèses. Il devrait étudier cette analyse à l’institut. Il y fit figurer quelques mémos, décrivant la prise en compte de l’environnement, le taux d’hygrométrie dans ce lieu exposé aux éléments, les saisons dernières qui avaient été plutôt clémentes et qui s’étaient succédé dans la région. Il rajouta qu’il avait aperçu de profonds sillons dans le sol partant du mort et s’éloignant dans la nature, ce qui démontrait que les larves s’en étaient allées lorsqu’elles n’avaient plus rien eu à manger.
Néanmoins, son équipe et lui devaient continuer leur travail pour récolter et photographier tout ce qui pourrait aider à la datation plus précise du trépas de ces personnes et peut-être recueillir des preuves et des indices qui seraient utiles à l’enquête.
Les nuages s’épaississaient, plongeant la plaine dans une pénombre précoce, bien qu’il fût encore tôt pour un mois de mai. La nuit ne tomberait que dans quelques heures, pourtant des flots de ténèbres s’abattirent sur la rase campagne, telle une chape de plomb. Cela rajoutait un effet angoissant et surréaliste à ce que la brigade technique vivait. Les enquêteurs n’étaient pas superstitieux ni peureux, cependant, ils se lancèrent des regards dans lesquels une pointe de malaise perçait. Plusieurs d’entre eux réprimèrent un frisson. Ne souhaitant pas se laisser gagner par des chimères, ils se remirent comme un seul homme à la tâche. Ils avaient hâte de partir de ce lieu digne des films d’horreur. La réputation de la maison de la D56 faisait son œuvre. Ils s’occupèrent de la première victime, en faisant abstraction de cette ambiance glauque qui envahissait la scène d’investigation.
Yvan Decker l’examina attentivement. Il s’adressa à Léane Ingeborg pour l’informer de ses débuts de constatation.
— On a affaire à un homme. Étant donné qu’il est déjà à l’état de squelette, que les os, les cartilages et les ligaments se sont asséchés, mais à peine rétrécis, ce qui veut dire qu’il n’est pas encore prêt à se disloquer, je peux d’ores et déjà vous dire que le décès remonte à environ un an.
— Vu le peu qu’il subsiste, j’aurais dit plus, s’étonna Léane.
— Les mouches nécrophages pondent sur le corps quand il est toujours chaud. Leurs larves se nourrissent de ce dernier. Les asticots font disparaître tous les tissus en moins d’un mois. Dans notre jargon, on appelle ça des escouades. Je vous passe les détails. Comme je vous l’ai signifié, les os, les cartilages et les ligaments se sont asséchés, mais pas encore rétrécis, cela me permet d’être assez précis sur la date de la mort. S’il était resté plus longtemps, nous aurions une bonne partie qui serait en petits morceaux. Dans cet environnement, je dirais qu’il faut deux ans pour que le tout parte en poussière.
Léane hocha la tête pour lui confirmer qu’elle avait saisi ses explications. Il reprit sur le même ton professoral.
— Je pourrai vous en apprendre plus sur cet individu après l’autopsie. Je peux déjà vous annoncer qu’un objet

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