Vertiges
87 pages
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Description

Un lieu ? Une boîte de nuit.
Un déclencheur ? Un simple regard échangé.
Mais tout peut s’emballer. Jusqu’à l’obsession.

Ce qui aurait pu devenir une belle histoire entre Marsault et Hassan va prendre des proportions inattendues. Entre possession et manipulation, la folie meurtrière n’est jamais loin.
Et vous, jusqu’où seriez-vous prêt à souffrir pour garder votre partenaire ? L’amour d’une vie mérite-t-il tout sacrifice ?



Un thriller psychologique sous haute tension, un suspense haletant servi par une plume ciselée, âmes sensibles s’abstenir.


Bienvenue dans l’univers torturé de Loana Hoarau, rarement les limites de la psyché humaine n’auront atteint des hauteurs si vertigineuses.
Quand Liaison Fatale rencontre Icare, attention aux étincelles et surtout à... la chute !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9791034817993
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Vertiges
 
 
 
 
 
 
Loana Hoarau
 
 
Vertiges
 
 
Couverture : Chloé S.
 
 
Publié dans la Collection Clair-Obscur
Dirigé par Laurent Fabre
 
 

 
 
© Evidence Editions 2021

 
Mot de l’éditeur
 
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Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps.
Christophe Honoré , Les Chansons d’Amour
 
 
 
 
 
 
ZÉRO
 
 
 
Anéanti. Voilà. C’est le mot juste. Ce qui nous liait dans un vacarme assourdissant, la passion, le désir naïf, l’usurpation volontaire de mon identité, l’incorrigible amour et les cernes qui vont avec, tout, absolument tout ce qui nous unissait avait été anéanti. Je me voyais si vieilli, si piétiné par ton indifférence, si obnubilé par ta lâcheté que j’en ai anticipé ma chute. J’avais espéré plus d’attention de ta part, j’ai été dépassé par ton dédain, surpris par ma propre sous-estimation. J’avais accepté tes entraves. J’avais renoncé à ma réputation, celle qui te répugnait. J’avais renoncé à tout pour toi, sans enthousiasme, mais avec ferveur, pour garder notre amour intact.
Alors que s’était-il passé ? Que sommes-nous devenus ? Où avons-nous échoué ? Où se cache le panache des premiers jours, ce fichu bonheur que tu savais si bien me prodiguer, l’incessante attente dans les couloirs du désir, puis l’explosion révélatrice de nos âmes soudées à jamais ? De cette nourriture divine, il ne restait plus que d’obscures miettes rassies. Voilà donc le début de la fin, une énième dispute avortée, un malaise éclipsé, de la matière à satisfaire transformée en un trou béant. Et je suis passé à l’acte. J’ai commis l’impensable pour avoir encore un peu de ton reflet. Oui, je l’ai tué, je l’ai tué, je l’avoue, je suis coupable de tout, mes mains sont encore pleines de tremblements et le silence nauséabond triomphe. Tu aurais trouvé cela grotesque de s’émouvoir sur la résultante de ses propres impulsions, sentiment éphémère et si cliché, accessible aux lâches et aux faibles. Tu aurais trouvé cela grotesque si tu n’avais pas été en première ligne.
Je ne te donnerai aucun détail scabreux, ce qui est fait est fait, poursuivant ma route avec une certaine gravité, mais avec soulagement, parce que j’ai rétabli l’entière vérité sur nous. Ma fugue est énigmatique mais nécessaire. Tu ne t’attendais sûrement pas à cela. C’était incompatible avec tout ce que je t’avais montré jusqu’alors. C’était scandaleux, cette discorde déployée, odieuse, qui fait des ravages, cette brèche audacieuse qui déchire ce monde si parfait, cet univers devenu sec, gâché et trop désert.
La désolation rôde toujours en maîtresse auprès des amants alanguis.
 
 
 
 
UN
 
 
 
Je dansais. Mouvements de modern jazz. Pit Viper de Pictureplane me remplissait le corps. Mes gestes distordus. Je dansais à contresens, le souffle coupé. Je cherchais des affinités avec de potentiels partenaires. Je me cramponnais au vide. C’est fou ce que l’on peut être borné pour survivre au fléau de l’anonymat. Je dansais, courbant sensuellement l’échine, absorbé par le néant. Frêle, au centre de la douleur. En apnée, je me laissais submerger par ce chaos qui me dépassait. Je dansais avec une oisiveté absurde, peu commune, comme s’il y avait un enjeu. C’était typique de ceux qui essaient d’amadouer, de détourner l’attention sur leurs faiblesses. La danse est libératrice. La danse m’embrasait, à l’improviste. Elle m’exaltait, me recadrait. C’était une main bienveillante qui me faisait tournoyer. Une bouche écarlate qui me susurrait que j’étais sublime. Des pupilles bienfaitrices qui m’envisageaient comme le plus beau des trésors. La danse se moquait de la morale, me convertissait à sa propre religion, allégeait le quotidien.
Souviens-toi. Tu ne peux pas avoir oublié cela. C’est grâce à la danse – ou à cause d’elle, au choix – si nous nous sommes rencontrés.
Je ne t’ai pas remarqué tout de suite et, lorsque j’ai croisé ton regard, j’ai vu que tu m’observais comme si j’avais les meilleurs arguments pour te convaincre de rester encore un peu. Ces petites raisons qui ont le goût ultime de l’interdit, du suave, du lascif. Je t’ai vu et, sans réfléchir, j’ai sorti la panoplie de la grande prêtresse de l’amour, parce que c’est beau, parce que c’est un jour commun et que l’on veut qu’il soit différent des autres. J’ai laissé la lumière glisser sur moi, comme lorsque je sais que je vais être photographié. Dans ces moments-là, on surjoue un peu, on n’est pas naturel, on sait qu’on est jugé, donc on cherche à maîtriser son image.
Oui, j’ai laissé couler la lumière sur des mouvements très sensuels et j’ai vu au travers de ton œil le charme opérer.
Tu t’intéresses à moi, donc je suis.
Elle est importante, cette seconde qui relie deux âmes l’une à l’autre. Deux âmes qui ont leurs vies respectives, bien distinctes, et dont la conséquence d’événements les mène à se retrouver. Elle est importante, cette rétine qui enregistre cet instant parfait, afin qu’il soit inoubliable. Le coup de cœur devient alors un coup au cœur, majestueux et imprévisible.
C’est vrai, je suis fleur bleue, je m’emballe très vite. Je bouscule les cloisons qui protègent du danger. Ce soir-là, je me cramponnais à ce coup au cœur parce qu’il était le premier du genre. Je me sentais important, le plus important des hommes, dans son incapacité à percevoir le loup qui frappait à sa porte, à grands coups de pattes noires et griffues… ou alors je l’avais perçu, cette nuit-là, avec des pattes si blanchies qu’elles ne pouvaient être qu’innocentes.
Ton sourire si avenant, je le laissais gravé et entravé à l’intérieur de mon âme. Je ne dansais alors que pour toi, espérant que ton verre à la main ne désemplisse jamais. Je voulais que tu restes planté là à me dévorer des yeux, à souligner mon adresse, à espérer que tu viennes me parler. J’aurais joué l’insoumis, l’homme imbu de lui-même qui regarde de haut afin de se donner un genre, et à ma façon de t’humilier tu m’aurais convoité davantage.
Je continuais de t’épier du coin des paupières. Ta moue un peu boudeuse, ton nez fin et brillant, tes yeux couleur tempête dont la grosseur des pupilles m’a toujours surpris. Cette peau claire, quoiqu’un peu hâlée, juste ce qu’il faut pour prendre l’éclat. Ces cheveux bruns, parsemés de quelques longueurs blanchâtres qui ondulent sous les projecteurs. Ce corps parfait, si parfait, ni trop mince, ni trop épais, que je convoitais déjà. De loin, je t’étudiais tel un jeune laborantin émerveillé par ses premières découvertes.
Tu n’étais que toi, et c’en était fascinant.
Faudrait-il en dire plus sur nous deux à ce moment-là ? Ce moment qui n’appartenait qu’à nous, sans trucages, nos âmes en plein abysse, nous abrutissant de sourires entendus, calquant le rythme du beat à l’intérieur de nos peaux, bouffant le même cosmos ? Fallait-il écarteler ceux qui nous empêchaient de garder cette bulle intacte ? Comment te décrire autre chose ? Toute autre chose était pulvérisée. Toute autre chose était volage et d’une noirceur sans nom. Toute autre chose mourait. Nous, nous étions vivants, noyau d’un fruit mûr à point, il fallait exploser. Rien n’aurait pu désamorcer la bombe.
Ou alors peut-être ma naïveté.
Il est vrai que j’ai bien cru voir le monde s’évanouir lorsque je t’ai vu à un moment donné te pencher sur ton smartphone. Tu répondais à ton interlocuteur en te bouchant une oreille. Tu te retournais en tentant de fendre un passage au travers de cette foule transpirante. Oui, le monde s’évanouissait et je faisais un effort monstre pour ne pas m’émouvoir de trop. Je priais pour que tu reprennes ta place première. Je me disais : « Maîtrise-toi, il va revenir, si tu lui plais, il refera surface. Il sait que tu danses ici, c’est une boîte de nuit minable, d’accord, pourtant, il reviendra parce qu’il sait qu’il te retrouvera là. »
Au moment de la résignation, je t’ai vu revenir, slalomant entre les danseurs, les piliers de bar, les adonis en manque tout court. Tu étais de retour dans la contraction du beat , pleins feux sur ta grande beauté malgré les ténèbres de l’endroit, visage divin parmi tant de visages ordinaires, et tu m’accordais de nouveau ton attention.
Je me demande encore si tu étais parti exprès, afin de connaître mes réactions. Quoi de mieux qu’accentuer le désir par de l’absence programmée ? C’était audacieux de ta part de me tester, de voir si tu accrochais la lumière au fond de mon regard. Eh bien, je peux te l’avouer maintenant, il y avait environ soixante personnes au sein de cette salle confinée, et toi seul comptais.
Je salivais d

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