Sale temps pour les grenouilles
74 pages
Français

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Sale temps pour les grenouilles , livre ebook

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Description

Je m’appelle Hadrien Lapousterle et je travaille aux Éditions Galvani. De l'avis général, je suis un type posé et pacifique.



Pourtant, il n'a fallu que quatre mois pour faire de moi un tueur.


Ma cible, c’est mon chef, Grégoire Delahousse. Il vient d’être nommé à la tête du pôle Arts et Savoirs. Un harceleur, un costkiller...


Cerise sur le gâteau, c’est le parfait sosie du Dr House, et il est aussi toxique pour son entourage que son modèle cathodique. Au bout de quelques mois, le service entier est en burn-out.


Pas le choix ! Je dois me débarrasser de ce boss machiavélique. Souhaitez-lui bonne chance...




Une comédie noire contre le harcèlement au travail et le burn-out, un hommage aux séries télévisées et à la culture populaire.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9791094543078
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ISBN : 979-10-94543-06-1 pour l’édition papier
ISBN : 979-10-94543-07-8 pour l’édition numérique
© Les Éditions du Loir, Mars 2019 pour l’édition papier
© Les Éditions du Loir, Octobre 2020 pour l’édition numérique
Illustration de couverture : Jean-Paul Dos Santos Guerreiro, Ombre&Lumière
Avertissement
Bien qu’inspirées en partie de faits réels, les situations décrites dans ce roman sont purement fictives. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Je dédie cette histoire à mon amie Akela Sari, ainsi qu’aux nombreux infortunés qui travaillent avec le Dr House ou l’un de ses clones.
J’ai bien pensé donner les noms mais ils se reconnaîtront.
Table des matières
Prologue. Demain je tue le Dr House
1. Six grenouilles dans une marmite
Prologue Demain je tue le Dr House
U ne fois encore Gregory House a vaincu la mort. Il vient de sauver une patiente à l’agonie après lui avoir diagnostiqué une scrofule des amygdales. Les joues piquées de barbe, le regard myope flottant entre deux eaux, il ferait presque pitié. Mais pour ses assistants, le docteur House est un dieu vivant. Privés de sommeil depuis trente-six heures, ils n’en sont pas moins heureux de travailler pour celui qui les méprise et prend plaisir à les manipuler.
Leur chef est si brillant… Ils ont tant à apprendre de lui que les brimades et les humiliations ne comptent pas. House avale un comprimé de Vicodin. Un petit sourire au coin des lèvres, il attrape sa canne, balance une dernière vacherie à Wilson, sa tête de turc du moment. Puis il tourne les talons et se dirige, en claudiquant, vers la sortie.
Je fais un arrêt sur image, contemple sur mon téléviseur cette silhouette efflanquée, voûtée par les excès de toutes sortes. J’en profite pour refaire le niveau de mon verre, et secoue la tête, écœuré. Comme d’habitude le médecin le plus célèbre du PAF va s’en tirer avec les honneurs. En cinquante-deux minutes chrono, cet homme s’est acharné sur une malheureuse en accumulant les erreurs de diagnostic, à tel point qu’elle a bien failli mourir dix fois du traitement, et pas de la maladie. Il a lu aussi la correspondance privée de la directrice de l’hôpital, a volé la morphine d’un comateux, ruiné le plan drague de son meilleur ami qui crève de solitude, et ce en toute impunité. Que dis-je, avec les félicitations du jury ! Puisque son équipe le couve littéralement des yeux ! La famille de la patiente miraculée l’idolâtre au point de passer commande d’un buste à son effigie. La directrice dévalise la pharmacie de son établissement pour lui fournir double ration d’antalgiques opiacés. Le téléspectateur, lui, a eu sa dose d’héroïsme et peut aller se coucher tandis que le patron de la chaîne se frotte les mains en songeant à l’audimat. Bref, tout le monde est content !
Pas de quoi se pâmer, pourtant… Pour une personne sauvée (en comptant large), dix ont eu l’affect bousillé. Mais elles se damneraient plutôt que de le reconnaître. Il n’est même pas beau gosse, le misanthrope. Sec et tordu, de l’intérieur comme de l’extérieur. Une chienlit !
Profite bien de ta soirée, House, car je vais m’occuper de toi, et après ça tu ne seras plus en état de poser un diagnostic, même sur tes propres abattis. Demain, je vais purger la société d’une belle vermine. Dans quelques heures, je t’éclate la rate, je lacère tes viscères, je te réduis en charpie. C’en sera fini du Dr House ! R.I.P. Gregory…
1. Six grenouilles dans une marmite
C omment en suis-je arrivé à programmer un meurtre ? Moi, Hadrien Lapousterle, Responsable du département Histoire et Civilisations, aux éditions Galvani. De l’avis général, un brave type pacifique. Tout le contraire de l’assassin bestial que je m’apprête à devenir. La transformation a été rapide. Il n’a fallu que quatre mois pour faire de moi un tueur.
Tout a commencé avec l’arrivée d’un nouveau directeur au pôle Arts et Savoirs. Le nominé, Grégoire Delahousse, n’était pas un inconnu dans la maison. Il avait fait office de script doctor au pôle Littérature et y avait remporté un relatif succès en y introduisant un concept qui faisait fureur chez la concurrence : le titre pitch de choc . Il avait poussé l’exercice jusqu’à l’absurde, et inscrit au catalogue Galvani des références extravagantes comme Le vieil homme irascible qui buvait l’eau des nuages ou encore L’avaleur de sabre qui ne mangeait pas de poisson par peur des arêtes . La martingale n’avait duré que deux ou trois saisons littéraires mais avait conféré à Grégoire Delahousse une réputation flatteuse. Il avait pris du galon et était passé directeur. À sa prise de poste dans notre pôle spécialisé dans les ouvrages documentaires, il eut l’habileté de ne pas débarquer en terrain conquis. Les premières semaines, il se contenta d’observer le fonctionnement du service. Il gravitait dans l’ombre de la grande Catherine, la directrice adjointe de notre vénérable maison d’édition, et prenait rarement la parole. Et puis, après ce round d’observation, il décida qu’il était temps pour lui de laisser s’exprimer sa vraie nature et de se livrer à son penchant funeste pour la manipulation.
Je le reconnais volontiers, on ne l’a pas vu venir. Il faut dire qu’on n’est pas méfiants, au pôle Art et Savoirs. On aime notre job, nos résultats sont honnêtes, on résiste plutôt bien à la crise de l’édition et à la concurrence d’internet. Alors, la Direction nous fiche une paix royale et nous laisse réaliser les livres que nous aurions nous-mêmes plaisir à lire.
Pour s’échauffer, Grégoire Delahousse avait prévu une vaste opération d’enfumage touchant d’un coup les six responsables éditoriaux du pôle. Quoi de mieux pour cela que la réunion mensuelle où l’on parle des projets en cours et des derniers chiffres de vente ? La suivante tombait le 3 novembre.
Ce fut un lundi d’automne particulièrement maussade. Mes collègues et moi étions rassemblés autour de la grande Catherine, en compagnie du chef de la fabrication et de la directrice de la communication. Delahousse avait pris soin de ne pas occuper une place managériale au centre ou en bout de table. Notre Tsarine avait projeté des colonnes de chiffres illisibles sur l’écran et bredouillé quelques commentaires confus en promenant un regard morne sur les participants. Personne ne s’en inquiétait car elle avait sa tête des bons jours. Du coup, Marc avait branché son pilote automatique et laissé son esprit vagabonder vers d’autres horizons. Probablement au large d’une côte bretonne à bord de son trimaran. Quand il ne navigue pas, Marc Dumaine s’occupe du département Sports. Il connaît son affaire et je ne dis pas cela parce que c’est mon ami. Raphaëlle Lippi, qui dirige le département Arts, faisait quant à elle semblant de prendre des notes et traçait des arabesques sur un carnet en moleskine. Elle aussi est une pointure dans son domaine. Raphaëlle est de ces gens qui ressemblent à leur métier comme un chien à son maître. Elle incarne l’Art jusque dans son patronyme et sa physionomie. Conscience professionnelle aiguë, facétie du destin… appelez ça comme vous voulez. Toujours est-il qu’elle possède le teint diaphane d’une Vénus de Botticelli. Et qu’elle arbore, à la façon des modèles des peintres de la Renaissance, une longue chevelure bouclée qui hésite entre le blond et le roux. Toujours vêtue avec sobriété et élégance, réservée sans être timide, elle est un peu trop distante à mon goût.
À côté d’elle, Tanaka Kumi consultait discrètement ses textos sous la table. La responsable du département Jeunesse est une bosseuse à l’intelligence affûtée. Elle a dépassé la trentaine mais avec ses traits fins, sa coupe effilée au carré plongeant et sa silhouette menue, elle paraît beaucoup plus jeune. Kumi est eurasienne, de père japonais. Accessoirement, c’est aussi ma copine officielle. À l’époque, nous avions conçu ensemble un projet de collection que nous comptions présenter à Grégoire après la réunion. Il s’agissait de l’adaptation, pour la jeunesse, des grands classiques de la littérature antique en commençant par la Guerre des Gaules .
Je continue mon tour de table avec Pierre-Louis Charon, le responsable éditorial du département Sciences. Quinquagénaire distingué

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