Sans conséquence
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Description

Pierre et Sacha sont amis depuis leur plus tendre enfance. L'un, père de famille et avocat discret, mène une vie sans histoires. L'autre, auteure volage et provocatrice, fait régulièrement la une des tabloïds. Aussi différents que fusionnels, les deux amis se complètent, se stimulent et s'épaulent en toute situation.


Lorsque Pierre range sa robe noire au placard et change de vie, Sacha le persuade de se lancer dans l'écriture avec elle. Leur premier roman policier écrit à quatre mains rencontre un succès immédiat, signant le début d'une fructueuse collaboration.


Un jour, en pleine séance d’écriture, Sacha demande "un service d'ami" à Pierre.


Et tout bascule.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9791094543405
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tout procédé et pour tout type d’usage, sont interdits.
ISBN : 979-10-94543-26-9 pour l’édition papier
ISBN : 979-10-94543-40-5 pour l’édition numérique
© Les Éditions du Loir, Mars 2020
© Les Éditions du Loir, Novembre 2020
Création de couverture : RL Com/ EDL
Illustration de couverture : © Ingimage
Du même auteur :
Le miroir aux fruits de la passion, La Liseuse, 2018.
Les pâtes à la carbonari, La Liseuse, 2018.
Mortelles papalines , La Liseuse, 2018.



3


« Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix. »
Éric-Emmanuel Schmitt



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À mon frère



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Chapitre 1
À la fenêtre de son appartement du Marais, Anne de Gremmart regardait la nuit qui petit à petit assombrissait l’horizon. Au fil des minutes la rue de Tournelle disparut totalement pour être remplacée par le reflet d’une femme mûre, au visage marqué par les ans, mais à la silhouette toujours fine dans son déshabillé de soie blanche. Un jean, un chemisier fluide en crêpe rose pâle et un carré Hermès « Brides de gala » attendaient dans la chambre proche qu’elle finisse de s’habiller. Plus qu’une demi-heure à patienter avant de rejoindre un de ses vieux copains de fac avec qui elle avait partagé il y a bien longtemps les bancs de l’amphi de droit constitutionnel et le lit de sa petite chambre d’étudiant. Malgré les circonstances et après toutes ces années passées au service de la France, mais si loin de ce pays qu’elle aimait tant, elle était heureuse d’être définitivement rentrée. Trente ans, à quelques mois près ! Cela faisait trente ans qu’elle avait un jour accepté d’accompagner une mission à Quito en tant qu’attachée d’ambassade, pour terminer sa vie professionnelle en tant qu’ambassadeur ou ambassadrice – elle n’était pas plus féministe que ça – dans différentes capitales africaines :



6


Dakar, Bamako, Le Cap, Abidjan <?ACE 4?> . Bamako et Abidjan, deux villes où elle avait été en poste à des moments clés, périodes de reconstruction après des guerres religieuses et ethniques.
Elle avait retrouvé son appartement à deux pas de la Place des Vosges et de ses boutiques de luxe. Un héritage de son père, le baron de Gremmart, qu’elle avait totalement relooké au fil de ses voyages y installant des objets rapportés des différents pays où elle avait été en poste. Les meubles de famille y côtoyaient des toiles de Korhogo, des masques Ashanti, des sculptures en tagua <?ACE 4?> d’une finesse remarquable et des œuvres d’artistes africains majeurs, comme un panneau en bois peint du sculpteur ghanéen El Anatsui et un portrait rouge sang de Marlène Dumas, une Sud-Africaine vivant aux Pays-Bas.
Ses pensées ne cessaient de virevolter entre les souvenirs encore récents de cette vie professionnelle qui venait de s’achever et le plaisir qu’elle allait avoir à retrouver cet homme qu’elle avait aimé et qu’elle croisait de temps en temps pour le service. Jusqu’à présent, c’était lui qui lui en avait demandé, aujourd’hui, c’était elle qui avait besoin de lui, de sa protection.
Elle avait un peu le spleen, son retour, le boléro de Ravel qu’elle écoutait en 33 tours sur sa cha î ne stéréo qu’elle n’avait jamais voulu changer, le temps qui passait, les ennuis qui se profilaient. Un bruit la fit sursauter, comme

1. Abidjan est la principale ville de la Côte d’Ivoire et sa capitale économique. La capitale administrative du pays est, depuis 1983, Yamoussoukro.
2. La tagua est l’écorce d’un gros fruit issu d’un palmier, qui une fois polie, ressemble à s’y méprendre à de l’ivoire. Elle est utilisée pour la fabrication artisanale de bijoux, de sculptures et de bibelots.



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un feulement sourd. Un chat ! Elle avait laissé la porte-fe- nêtre ouverte pendant qu’elle prenait sa douche. Il en avait certainement profité pour entrer à ce moment-là. Elle allait devoir le trouver rapidement sous peine d’arriver en retard à son rendez-vous.
Le feulement retentit à nouveau, tout pr ès d’elle main- tenant. Bizarrement, il ne semblait pas venir du sol, mais de plus haut, comme si l’animal se trouvait sur la table de la salle à manger ou même sur le buffet. Elle se retourna brusquement pour se trouver nez à nez avec un masque de panthère porté par un personnage vêtu de noir. En cet automne où il faisait particulièrement bon, elle remarqua qu’il portait un long manteau, noir également, dont la capuche lui recouvrait la tête. Seuls deux yeux bleus la dévisageaient. Le feulement qui sortait de sa bouche se changea soudain en un cri rauque lui évoquant le bruit d’une scie.
Tout alla très vite. Il sortit une machette de son manteau. Elle n’eut ni le temps de crier, ni même celui d’avoir peur. La dernière image qu’elle vit fut celle de la machette décrivant un arc de cercle, juste avant de ressentir une intense brûlure au cou. Quand elle porta ses deux mains à son visage, elles se couvrirent du sang qui jaillissait en jets spasmodiques. Elle tomba en arrière, on aurait dit qu’elle cherchait à tenir sa tête qui se détachait de son cou, mais elle mourut bien avant d’atteindre le sol. L’homme au masque de félin la fixa. Son cri avait cessé net au moment même où la lame pénétrait dans la chair de sa victime et où le Boléro atteignait son paroxysme. Ainsi saignée, elle lui rappelait vaguement quelque chose. C’est en essuyant sa machette sur un rideau qu’il se souvint du portrait qui l’avait marqué en entrant dans l’appartement. Cela le rassura. Il n’aimait pas les questions sans réponses. En



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sortant, il s’approcha de la peinture : « m dumas », lut-il sur la signature. Son regard se porta du visage rougi que l’artiste avait peint à celui de l’ambassadrice. Barbouillée de sang, c’était fou comme elle ressemblait à son tableau.
Et dans le silence qui avait fait suite à cette action aussi violente que rapide, il pensa qu’ils étaient maintenant jumeaux dans l’art.
Elle avait entrepris la lecture les pieds sur le canapé comme à son habitude.
– Qu’en penses-tu ? C’est une bonne introduction, non ?
– Oui, ça le fait ! Elle aurait donc eu rendez-vous avec Tom, c’est bien ton idée ?
– Exact ! Nous n’avons jamais parlé de sa jeunesse. Cela nous permettra de faire un flash-back sur sa vie avant sa rencontre avec Jenny.
– Justement, comment l’introduis-tu ? Nous ne devons pas oublier le jeu de séduction qui existe entre elle et Tom. Tu laisses entendre là que cette Anne de Gremmart aurait pu être amoureuse de lui.
– C’était avant sa relation – on va dire profession- nelle – avec Jenny. Il est peut-être temps pour nos personnages d’aller au bout de leur histoire personnelle et de passer enfin à l’acte.
– Ils vont coucher ensemble ? Top, c’est moi qui écris la scène de cul !
– Nous n’avons jamais mis de sexe dans nos bouquins !
– Il n’est jamais trop tôt pour bien faire ! Cela ravivera la libido de nos lecteurs.
– Tu es fou, Pierre !



9


J’éclatai de rire.
– En tout cas, j’aime bien ce début.
– Bien ! Alors, on avance.
Nous étions installés dans le salon de la Villa Manlène, au premier étage de l’avenue Gilbert Leroy aux Saintes-Maries-de-la-Mer. En front de mer, elle a été construite juste après-guerre par un couple d’Avi- gnonnais qui venait y passer le week-end dès les premiers beaux jours, puis les vacances d’été. Les neveux, qui en ont hérité à leur mort, ont préféré la revendre maintenant que le village de pêcheurs était devenu une destination prisée par les touristes. Je l’ai achetée grâce aux ventes de la série policière dont nous commencions l’écriture de la nouvelle enquête.
Enfant, je m’étais souvent fait des films en passant devant cette maison atypique lors de la sortie domini- cale. Elle ne ressemblait en rien aux autres bâtisses de la rue. Son architecture, la couleur de sa façade étaient différentes, même sa hauteur puisqu’elle était la seule à bénéfici

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