86 : [Eighty Six] - Tome 2
134 pages
Français

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86 : [Eighty Six] - Tome 2 , livre ebook

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Description

Ayant fait leurs adieux à Lena, l'escadron Spearhead, Shin en tête, continue d'avancer dans le territoire de la Légion. Après d'innombrables épreuves, ils sont secourus par la Fédération de Giad, qui leur offre une nouvelle chance et une vie paisible loin du front. Mais leur sens du devoir et l'appel du champ de bataille se font vite entendre. S'enrôlant dans larmée, les Eighty-Six reviennent de leur plein gré dans l'enfer de la guerre, accompagnés d'un nouvel allié bien particulier : Frederica Rosenfort, une jeune fille hautaine dotée dune capacité rare et dune sagesse bien au-delà de son âge...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 août 2022
Nombre de lectures 14
EAN13 9782491806286
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0690€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sommaire
Page de titre
Prologue - Sa majesté n'est pas sur le champ de bataille
Chapitre 1 - La chevauchée des valkyries
Chapitre 2 - Panzerlied - La chanson du Panzer
Chapitre 3 - Wild Blue Yonder - L'horizon de tous les possibles
Chapitre 4 - Sous la bannière de l'aigle bicéphale
Chapitre 5 - Cries “Take aim” - Et il crie « Descends-les »
Interlude - When “John Doe” comes marching home - Quand le « Soldat inconnu » rentre au pays
Postface
Page de copyright

« Pourquoi ? » demandaient-ils tous.
Ils ignoraient que cette question était pour eux une insulte.
Ils étaient les Eighty-Six.
Frederica Rosenfort, Souvenirs du champ de bataille.
«  Encore vous, capitaine Vladiléna Milizé ? »
Jetant un coup d’œil à Léna qui venait d’entrer, l’officier supérieur, derrière son bureau, grimaça. Léna, la coiffure impeccable, en position de repos stricte, toisa celui-ci. Avec son uniforme mité et sa barbe mal taillée, il offrait un spectacle indigne d’un soldat en ces temps de paix relative. De son côté, la jeune femme portait un uniforme noir soigneusement amidonné, et sa longue chevelure argent satiné laissait apparaître une mèche teinte en rouge. Elle avait adopté cette apparence six mois auparavant, quand les derniers survivants Eighty-Six de l’escadron Spearhead avaient été envoyés en mission suicide, sans qu’elle eût pu rien faire pour les sauver – le noir symbolisait son deuil, et le rouge, leur sang versé.
Accusée de les avoir aidés en violation claire des ordres, elle avait été rétrogradée de commandant à capitaine. Sans doute ne pourrait-elle plus jamais espérer aucune promotion.
« Utilisation non autorisée des canons d’interception. Fourniture d’ogives et de matériel non répertoriés à votre unité, et ordres directs donnés à d’autres unités. Combien de fois allez-vous m’obliger à me répéter ? Cessez de me fatiguer avec votre paperasse inutile en faveur de ces porcs d’Eighty-Six. Vous avez idée du nombre de plaintes que je reçois des Transports et de la Logistique ?
— Rien de tout cela n’arriverait si on accédait à mes requêtes, mon colonel. Quant aux plaintes que vous mentionnez, libre à vous de geindre, mais cela ne me concerne en rien. »
Une ride se forma sur l’une des poches qu’il avait sous les yeux, conséquence de son alcoolisme.
« Surveillez votre langage, jeune demoiselle. Un vulgaire capitaine doit savoir rester à sa place. »
Léna décocha un mince et froid sourire. En agitant vainement son seul grade, il venait de lui avouer qu’il n’avait pas le courage de la sanctionner de quelque façon que ce fût. Léna demeurait l’opératrice de l’escadron qui affichait les meilleurs taux d’élimination de la Légion sur le front de l’est, et les exploits d’un subordonné profitaient directement à son supérieur. Cet homme, promu lieutenant-colonel par le fruit du hasard, après l’extermination de l’armée régulière durant la première phase de la guerre, ne se satisfaisait pas de son grade et comptait bien continuer à grimper les échelons – il ne pouvait donc pas tuer celle qui était sa véritable poule aux œufs d’or. Aussi longtemps que ses farces ne dépasseraient pas les bornes, il la protégerait contre vents et marées.
« Je vous laisse, mon colonel. »
Elle le salua élégamment.
Tandis qu’elle marchait dans le couloir du quartier général de l’armée, installé dans l’ancien palais royal dont la splendeur détonnait même dans le premier district, pourtant richement pourvu en bâtiments historiques, elle percevait autour d’elle les regards et les chuchotements pleins de dédain, de sarcasme et d’hostilité.
Ils doivent se dire : « Voilà la pauvre idiote qui a sacrifié son grade de commandant et tout espoir de carrière d’officier supérieur pour une poignée de misérables Eighty-Six. La petite princesse incapable de faire la distinction entre le bétail et les humains. L’écervelée qui donne du crédit aux divagations des Eighty-Six qui affirment qu’il faut se préparer à une guerre d’usure, alors que toutes les machines de la Légion cesseront de fonctionner dans un an. Bloody Regina, la cruelle, inhumaine et sanguinaire reine qui envoie combattre à mort les colorés, qui sont pourtant déjà au bord de l’extinction. Une femme grotesque ».
Le dispositif RAID autour de son cou s’activa. Léna s’arrêta un instant pour brancher la communication, puis elle reprit sa marche, à plus vive allure cette fois-ci, l’écho de ses talons martelant le parquet du majestueux couloir.
«  Vous m’entendez, Handler-1 ?
— Cyclops ? C’est la Légion ? Quelle est la situation ? » La voix de femme qui lui parvenait à travers le Para-RAID était celle du capitaine Shiden Iida – nom de code « Cyclops » –, le chef de l’escadron commandé par Léna, dont les membres avaient gagné le surnom de « vassaux de la reine ».
Après les événements impliquant l’escadron Spearhead, Léna avait demandé leur vrai nom aux Processors de son unité dès le jour de sa nouvelle affectation, mais elle ne recourait jamais qu’à leur nom de code.
En les appelant par leur vrai nom, elle avait tenté de traiter en êtres humains les membres de l’escadron Spearhead, mais elle avait finalement échoué à les sauver de leur cruel destin : mourir comme des drones, sans tombe ni épitaphe.
«  Ils sont parvenus jusqu’au point 112, au niveau de l’ancien terminal ferroviaire de la ligne à grande vitesse. Désolée. Ils ont déjoué les radars, et on les a repérés trop tard… Le combat va être rude pour les nouvelles recrues. » Léna laissa échapper un claquement de langue.
Oui, ç’allait être rude. Sur ce champ de bataille qui ne faisait officiellement aucun mort, la moindre erreur se soldait par d’immenses pertes.
« Dirigez le gros de vos troupes au point 062, et attirez-les avec un détachement. L’ennemi sera à portée des canons d’interception restants. La zone comporte une grosse densité de maisons individuelles et de rues étroites, ce qui conférera un avantage à vos petits Juggernaut. »
Cyclops éclata de rire.
«  Vous allez tirer si près de la base ? Si vous les loupez, vous mettrez en danger ce théâtre d’opérations, et si vous vous loupez, vous pourriez bien faire sauter tout le champ de mines de la République.
— Si nous voulons survivre, c’est le meilleur point d’interception. »
Cette affirmation péremptoire fit à nouveau rire Cyclops.
Survivre. Eux, les Eighty-Six. Et Léna, qui vivait dans cette République assiégée de toutes parts par la Légion.
« Survivez », leur avait-elle dit, au nom de tous leurs camarades qui n’étaient plus là et qui avaient cru en elle jusqu’au bout.
«  Bien reçu, Votre Majesté… Je vous recontacterai quand on sera en position. Prévenez-moi si vous avez du nouveau. »
Le Para-RAID se désynchronisa. Léna hâta encore le pas en direction de sa salle de contrôle, mais ralentit brièvement quand son attention fut attirée par le spectacle à travers la fenêtre : celui des rues pavées de San Magnolia, capitale de la République, où ne déambulaient que des Albas aux yeux et aux cheveux argentés ; celui du drapeau quinticolore, symbolisant les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de justice et de noblesse, et du drapeau figurant Magnolia, la sainte de la révolution, flottant hypocritement dans un ciel printanier au bleu terne.
Bientôt reviendrait la saison où elle avait parlé aux membres de l’escadron Spearhead pour la première fois. Eux, pour qui rejoindre leur destination finale représentait la liberté, pour qui combattre jusqu’au bout faisait leur fierté, et qui s’en étaient allés en riant. Eux, qui ne reviendraient jamais.
Jusqu’où étaient-ils parvenus ? Où étaient-ils maintenant ? Dans un champ de fleurs, peut-être, qui s’épanouissaient abondamment en cette saison ?
Avaient-ils au moins eu la chance de reposer en paix ?

S ur le front, le ciel était entièrement obstrué par de minces nuages d’Eintagsfliege 1 et obscurci par leur souillure argentée.
«  Un autre groupe de Löwe s’approche ! De la taille d’un bataillon ! Non, une compagnie se dirige vers nous ! » Les rapports de situation saturaient les communications radio de la compagnie, qui avait déjà perdu 30 % de ses effectifs. La percée des Löwe équivalait à une condamnation à mort pour la 18 e  compagnie du 141 e  régiment de la 177 e  division blindée de la fédération républicaine de Giad, qui ne cessait de perdre du terrain.
«  Quarante-cinq secondes avant contact ! Oh, mon Dieu…
— Tss… Il en arrive d’autres ? »
Eugene grogna dans le cockpit biplace de son Vánagandr 2 , que secouaient violemment les manœuvres de combat. Ses yeux et ses cheveux argentés trahissaient la pureté de son sang celena. Malgré ses 17 ans, il avait les traits fins et portait des lunettes.
Les tactiques de la Fédération contre la Légion reposaient essentiellement sur le groupe : face à un unique drone ennemi, elle mobilisait plusieurs machines ; face à une unité plus grande, un nombre proportionnellement plus important de forces alliées était requis. Par exemple, en présence d’un Löwe, le maître du combat au sol, même le Vánagandr, le Feldreß 3 dernier cri de troisième génération, avait besoin de se battre à au moins deux contre un. Si les circonstances se révélaient en plus défavorables, il n’avait plus aucune chance de l’emporter.
«  Merde ! Qu’est-ce que l’artillerie a fichu ? Où sont nos tirs d’appui ? »
Il entendait l’officier de commandement, assis au poste de tir derrière, jurer à travers la radio. Le vacarme de ses huit pattes, les échos fracassants de son canon, et le rugissement de ses batteries empêchaient toute discussion de vive voix dans le cockpit du Vánagandr.
Bien sûr, le capitaine chargé de la compagnie le savait : le déploiement continu des Eintagsfliege, qu’aggravait la pénombre, rendait inutiles les capteurs, radars et repérages à l’œil nu. Les combats contre la Légion s’ouvraient toujours par un assaut fulgurant et unilatéral.
Équipés de leurs exosquelettes renforcés et couverts d’entailles, armés de leurs mitrailleuses lourdes de calibre 12,7 mm, les soldats d’infanterie blindée qui a

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