Au delà des dunes, épisode 1
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Description


Native d’une contrée d’Orient dans laquelle on peut croiser des créatures fantastiques les soirs de pleine lune, et à laquelle elle fut arrachée très jeune, Évoria est l’esclave d’un négociant vénitien. Pour survivre à la réalité de la maltraitance, elle s’adonne en secret à des cérémonies rituelles héritées de son peuple, afin de communiquer avec les esprits de ses ancêtres, jusqu’au jour où elle sera surprise par ses maîtres et condamnée au bûcher. Commencera alors pour la jeune femme une épopée fantastique et initiatique qui la mènera de siècle en siècle, animée par une seule idée : retourner dans son pays, là-bas, au-delà des dunes.

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EAN13 9791034203246
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

O’Scaryne Au-delà des dunes Épisode 1 : 45° 2623N
1 Je m’appelle Évoria. Je suis née dans une contrée d’Orient. Une contrée si paisible que l’on peut, certains soirs de pleine lune, croiser au plus profond du dé sert des créatures fantastiques qui se laissent approcher. Je n’eus jamais l’occasion de m ’aventurer jusque-là, mais l’un de mes nombreux cousins m’offrit un jour une magnifiqu e plume pourpre ayant appartenu au Grand Phénix et glanée là-bas, tout là-bas au-de là des dunes. Je vécus une enfance heureuse entourée d’amour et b ercée de chants jusqu’à ce que des hommes armés, venus du nord, envahissent no s terres pour en prendre possession. Ce matin-là, nous vîmes d’abord au loin un épais nu age de sable se diriger droit vers nous. De lourds « tac à tac » martelaient le sol. N ous nous regroupâmes, inquiets, au milieu de la cité. Bientôt, des hurlements annoncèr ent l’arrivée imminente de cavaliers sanguinaires. Les premières lignes brandissaient de s étendards ornés des armoiries du calife ; les suivants portaient de lourdes épées do nt ils n’hésitèrent pas à se servir pour trancher la gorge de nos hommes vaillants qui tenta ient de résister ; mon père était parmi eux. Je vis avec effroi sa tête voler avant d e s’écraser contre le sol. Je ne pus crier et restai figée derrière le rempart humain mi s en place par les femmes pour tenter de protéger leurs enfants. L’arrière-troupe suivait à pied pour prêter main-fo rte aux premiers soldats. En moins d’une heure, notre ville fut mise à sac et sa popul ation décimée. Les hommes en âge de se battre gisaient sans vie dans une immense mar e de sang que le sable ne parvenait pas à absorber. Les vieillards, les femme s aux cheveux blancs, les tout jeunes enfants : personne ne fut épargné et la douc eur de vivre disparut, engloutie par la violence de ces barbares désireux d’étendre leur empire. Nos agresseurs emportèrent tout ce qui avait valeur à leurs yeux : nos richesses, notre jeunesse, nos femmes. J’avais pu rester près des membres de ma famille re scapés du carnage et nous nous soutenions face à l’adversité. Cela ne dura pas. Les plus belles femmes, dont ma m ère et mes sœurs aînées, furent bientôt attachées les unes aux autres derriè re un cavalier et leur étrange caravane se mit en route avant la fin du jour. Elle s partaient alimenter les sérails des pachas… Dès le lendemain commença pour le reste d’entre nou s un interminable voyage vers la mer. Les survivants du périple furent entassés d ans les cales de bateaux à destination de l’Occident où ils allaient servir de monnaie d’échange avec les marchands d’Europe. Je n’avais jamais vu l’océan et malgré le désarroi et la grande fatigue qui m’habitaient, je trouvais cette étendue bleue aux mille reflets éclatants rassurante ; j’avais envie de m’y réfugier, mais no us étions sous haute surveillance et fermement attachés. Le souvenir de mon premier émoi face à la mer reste ra à jamais associé à la perte des derniers membres de ma famille. Je fus en effet séparée de mes frères, et ne sus jamais vers quelle destination ils étaient partis, ni même s’ils avaient pu demeurer
ensemble. L’interminable traversée fut éprouvante, mais je survécus. C’est ainsi qu’à l’âge de douze ans, je devins esclave dans lepalazzod’un riche négociant vénitien. J’étais seule et apeurée. Mes proches n’étaient plu s... Pourtant j’eus la force de rester en vie, parvenant parfois à m’isoler dans l’ immense demeure endormie pour communiquer avec les esprits bienveillants de mes a scendants lors de rituels secrets et ancestraux enseignés par mon peuple. Ces séances m’apportaient le réconfort nécessaire pour résister à ce milieu hostile et sup porter ma condition de jeune esclave. Elles avaient aussi nourri, au début de ma captivit é, l’espoir finalement usé par dix années d’asservissement, de repartir un jour vers m on pays. Aucun des nombreux habitants dupalazzo, qu’il s’agisse de mes maîtres, de leurs enfants ou des domestiques qui avaient en charge ma surveillance, ne remarqua jamais mes échappées nocturnes vers la cave. Jusqu’à cette nuit où, malgré toutes mes précaution s, le plus jeune fils de la maison me surprit en pleine transe. Affolé, il courut cher cher de l’aide. Mes maîtres me découvrirent au fond du garde-manger, à genoux, le front et les bras contre le sol, les cheveux imbibés du sang d’un rat fraîchement égorgé dont la dépouille gisait près de moi, psalmodiant des incantations dont ils ne pouva ient saisir le sens, mais comprirent immédiatement l’essence. Les choses allèrent alors très vite. Des hommes d’É glise m’arrêtèrent, me présentèrent devant leur tribunal « sacré » puis me soumirent, non sans un certain plaisir, à de savantes tortures destinées à me déli er la langue. Je connaissais le sort réservé à celles qu’ils appelaient « les sorcières », mais je n’avais plus rien à attendre de cette vie. Rien, sinon la captivité, la solitude, les tâches i ngrates et la réduction à l’état d’objet. Rien, sinon l’humiliation des viols répétés de mon maître, de ses fils, de ses amis sous le regard...
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