Au nom du fils, Gigante
93 pages
Français

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Au nom du fils, Gigante , livre ebook

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Description

Koeb Merticant se reveille d’un sommeil cryogenique de quarante ans a bord d’un vaisseau stellaire qui l’a conduit sur la planete Gigante. Ethnologue de renom, il se passionne pour de mythiques geants qui auraient peuple Gigante autrefois.


Mais on l’attend, on l’acclame pour tout autre chose : son « fils », un certain Zaslo dont il ignorait l’existence, est un dieu vivant. Il aurait sauve la vie a des milliards de Gigantins en les avertissant de la menace d’un orage electrique phenomenal.


Koeb se decouvre meme un petit-fils, Drek, adolescent sur de lui, qui exige qu’ils aillent ensemble a la recherche de son pere disparu depuis des annees.


Que faire alors? S’en tenir a sa passion ou partir en quete de « sa » famille ?



L’univers et les personnages de Gigante ont ete concus conjointement par Pierre Bordage et Alain Grousset. Dans la collection « La Dentelle du Cygnee », lisez aussi Gigante, Au nom du pere de Pierre Bordage. Ou vous suivrez le periple du fils de Koeb...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 septembre 2013
Nombre de lectures 8
EAN13 9782367932088
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Alain Grousset

AU NOM DU FILS
GIGANTE


Le monde et les personnages de Gigante
ont été créés en collaboration avec Pierre Bordage.
Au présent roman répond celui de Pierre Bordage :
G IGANTE
A U NOM DU PÈRE




L’ATALANTE
Nantes
À mon Munch préféré,
toujours disponible avec son esprit si fécond
CHAPITRE PREMIER
K OEB M ERTICANT ouvrit les yeux mais ne vit rien. Il fallut plusieurs secondes avant que la lumière lui vrille le cerveau. Des boules lumineuses s’agitaient autour de lui dans un ballet frénétique qu’il ne pouvait contrôler. Tout bougeait, tanguait à lui donner la nausée. Où était-il ? Quelque chose niché au fond de son ventre l’obligea à se redresser d’un coup de la table en inox sur laquelle il était allongé.
Il se mit à vomir sans retenue de longs jets d’un liquide verdâtre.
— Bien, fit une voix sortie de nulle part. Plus vous rejetterez les cryoconservateurs, moins de toxicité restera dans votre corps.
Koeb eut encore plusieurs crises de spasmes qui lui retournèrent douloureusement l’estomac, puis cela se calma. Cramponné au rebord de la table, un filet de bave pendant à ses lèvres, l’homme commençait à reprendre ses esprits.
Je suis arrivé !
Cette pensée lui fit oublier ses souffrances, qu’il savait passagères. Lentement, il tourna la tête pour apercevoir en enfilade plusieurs dizaines de tables comme la sienne où, sur chacune, un homme ou une femme se tenait à peu près dans la même position que lui, en train de recommencer leur vie.
Tout lui revint en mémoire, telle une porte qui s’ouvre sur une bibliothèque accueillante.
Il venait de passer quarante ans dans ce vaisseau stellaire, le Velox , en direction de la planète Gigante. Quarante années de cryogénisation. Il porta soudain une main au niveau de son cou à la recherche d’une vilaine cicatrice qu’il ne trouva pas. Il poussa un petit soupir de soulagement. Il se rappelait que, pour un gain de place, on l’avait endormi puis on avait découpé son corps afin de ne conserver que sa tête. Les cryoconservateurs avaient remplacé son sang pour empêcher des cristaux de glace de se former au moment où on l’avait refroidi.
Quarante ans après, grâce au processus de régénération, le reste de son corps avait été reformé à l’identique puisqu’il avait souscrit à cette formule. D’autres, plus fortunés, payaient très cher pour une procédure qui leur redonne une nouvelle jeunesse.
La nanotechnologie avait exploré les moindres recoins de sa tête, réparant d’éventuels dégâts. En résumé, il était quasiment neuf. Cette pensée lui arracha un petit sourire, et il examina ses mains puis ses pieds pour admirer le résultat.
Un servirobot s’approcha silencieusement et lui offrit un verre d’un liquide ambré. En patient obéissant, il avala le breuvage, qu’il trouva très fade mais qui lui donna un bon coup de fouet. Il constatait que ses forces lui revenaient rapidement.
Quand il pensa être prêt, il posa un premier pied au sol, puis le second. Il dut se cramponner à la table. Il sentait ses jambes flageolantes incapables de le porter, encore moins de marcher. Il se raidit, serra les dents, se redressa peu à peu. Il finit par lâcher la table pour trouver son équilibre. Son cerveau lui sembla mieux décoder les informations que lui envoyaient ses plantes de pied, car il se mit à donner les bonnes instructions à ses muscles qui n’avaient pas été atrophiés pendant le voyage puisqu’ils venaient d’être créés.
Enfin Koeb osa marcher. Il se sentait dans la peau d’un bébé dévoré par l’envie d’aller rejoindre les bras tendus de sa mère, mais empli de la peur de tomber. Il se mit à tourner autour de la table jusqu’à ce que sa démarche devienne assurée. En jetant un œil dans la salle, il constata que les autres étaient en train de faire le même exercice.
Jugeant son allure correcte, la voix synthétique l’encouragea une nouvelle fois et l’invita à se rendre à la douche. Il ne s’était pas écarté de quelques mètres qu’il vit une armée de bras articulés récurer son emplacement tandis qu’un long tiroir s’ouvrait sortant le passager suivant. Il est vrai que ressusciter douze mille migrants était une lourde tâche.
Koeb se dirigea nu vers la salle de bains tout en effectuant des exercices d’assouplissement.

L’eau qui lui tombait sur le dessus de la tête et ruisselait le long de son corps était relativement fraîche, mais elle lui nettoyait la peau autant que l’esprit. Elle semblait emporter avec elle son ancienne vie. Il goûtait à la renaissance qu’il avait tellement désirée. Lui, l’ethno-archéologue qui passait son temps à classer des os sur Azadée, sa planète d’origine, sans jamais aller sur le terrain, lui qui était marié à une femme qu’il n’aimait plus, lui qui se sentait chaque jour davantage pris au piège d’une existence plate et morne, avait décidé sur un coup de folie de tout plaquer en achetant un billet pour Gigante.
La douche s’arrêta d’un coup, signe qu’il avait atteint son quota d’eau contingentée sur le vaisseau. Koeb serait bien volontiers resté plus longtemps à laver ses souvenirs, mais il savait qu’il n’obtiendrait rien de plus. Il sortit de la cabine d’un pas décidé : il était temps d’aller affronter l’avenir.
Il trouva une pile de vêtements près d’une serviette de bain. Les servirobots avaient de nouveau frappé ! Koeb enfila des sous-vêtements blancs et une tenue de sport bleu pâle. Ses chaussettes se montrèrent quelque peu récalcitrantes à se placer sur des pieds encore humides. Enfin une paire de chaussures de sport à lacets magnétiques compléta le tableau. Il accrocha pour finir le badge qui l’identifiait.
— Avancez jusqu’à l’ascenseur, puis rendez-vous au sixième étage sur le pont supérieur.
Koeb obéit aux consignes. Il monta dans l’ascenseur avec trois autres voyageurs habillés comme lui. Ils échangèrent un hochement de tête et un sourire. Pendant la montée, ils retrouvèrent aussitôt leurs réflexes d’hommes civilisés qui les faisaient courir leurs yeux au plafond ou sur leurs pieds afin d’éviter de croiser de nouveau le regard des autres. Un léger tintement les soulagea de cette petite angoisse. Les portes s’ouvrirent sur une salle immense que Koeb ne se rappelait pas avoir traversée au moment du départ. Peut-être avait-elle été agencée juste pour l’arrivée, car des centaines de personnes en survêtement s’y trouvaient déjà. Il en arrivait sans arrêt d’autres par les nombreux ascenseurs.
Douze mille migrants à réveiller, cela fait du monde, pensa Koeb.
Au milieu de cette foule planait un brouhaha.
Qu’est-ce que les gens ont à se raconter après quarante ans de sommeil avec seulement la tête congelée ? s’interrogea-t-il avec une pointe de mépris.
Certains tentaient de se frayer un passage en jouant des coudes et regardant partout. Manifestement, ils cherchaient des membres de leur famille ou des amis. Par endroits, des groupes plus compacts s’agglutinaient auprès d’une personne. Koeb soupçonna qu’il s’agissait de communautés religieuses heureuses de se retrouver collées à leur gourou, telle une batterie de poussins autour de leur mère poule.
Koeb était seul et bien content de l’être. Pour tuer le temps, il entreprit de se diriger, non sans difficultés, vers le point opposé, en direction d’un vaste buffet qui avait été dressé à leur intention. Il parvint à se faufiler jusqu’à l’immense table, réussit à attraper un jus d’orange et un morceau de gâteau. Il retraversa la foule dans l’autre sens à grands coups de « pardon ! » et dénicha un coin moins fréquenté. Il but une gorgée du jus, qui se révéla être tout sauf de l’orange ; du coup, il regarda avec une légère suspicion le cake avant d’y planter ses dents.
Pas fameux non plus.
En voyant sa grimace, un homme amusé le rassura :
— Nous n’avons pas encore retrouvé toutes nos facultés gustatives. Tout nous semble amer, fade ou absolument pas en adéquation avec nos souvenirs. On m’a assuré que cela reviendrait vite.
— Cela fait longtemps que vous êtes là ? Qu’attendons-nous ?
— J’ai été réveillé ce matin, enfin si cette notion de matin veut dire quelque chose. Je crois que le commandant va bientôt s’adresser à nous.
Koeb répondit à ces paroles par un petit hochement de tête. Ses yeux avaient été attirés par une femme d’un âge certain qui pourtant arborait un corps de rêve. En voilà une qui avait payé un supplément pour arrêter rapidement le processus de régénération.
— De toute beauté, n’est-ce pas ? fit l’homme qui avait suivi son regard.
Un trille musical retentit soudain dans la salle, interrompant net toutes les conversations. La lumière diminua d’intensité et le plafond noir s’éclaira pour laisser la place à un écran géant. Un individu souriant, les tempes grisonnantes, apparut aussitôt. Chacun reconnut le commandant Quinwest.
— Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureux de vous annoncer que nous sommes arrivés à bon port !
Un cri d’allégresse jaillit de la foule, suivi par un tonnerre d’applaudissements. Le commandant attendit la fin de ce débordement de joie avant de continuer :
— La phase de réveil a été déclenchée ce matin à 6 h 00 TU et va se poursuivre pendant trois jours. Vous faites partie de la première vague à descendre sur Gigante. Un système de navettes est déjà mis en place. Les premières ne tarderont pas à nous aborder. Ceux dont le badge clignotera seront invités à rejoindre le pont inférieur où ils seront embarqués. Que personne ne s’inquiète. Vos bagages vous suivront. Pour ceux qui ont du matériel plus conséquent, celui-ci sera débarqué dès l’atterrissage du Velox .
Un murmure d’étonnement parcourut la foule.
— Mais ce genre de vaisseau reste constamment dans l’espace, commenta l’homme aux côtés de Koeb. S’il atterrit, le Velox ne pourra jamais repartir.
— Je comprends votre surprise, reprit le commandant. Cela mérite quelques explications. Vous imaginez sans peine que pendant les quarante ans de votre voyage interstellaire la technologie a évolué. Des découvertes majeures en mécanique quantique permettent désormais l’utilisation d’une énergie

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