Celui qui n a pas de nom
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Français

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Celui qui n'a pas de nom , livre ebook

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Description

Les ambitions de « celui qui n’a pas de nom » sont sans limites. Il est prêt à tout et n’hésite pas à se servir de ses pions pour obtenir ce qu’il veut. Les meurtres s’enchaînent, tandis que le mystère continue de planer sur cet homme.


Constance, adjointe pour la ville de Cambrai, est chargée par une de ses victimes de poursuivre l’enquête qu’il n’a pas pu terminer. Elle est alors entraînée dans un complot de maires au cœur du Nord de la France, qu’elle devra résoudre pour retrouver la paix dans son département !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782381535654
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Celuiqui n’a pas de nom

LaSAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires deproduction participant à la réalisation de cet ouvragene sauraient être tenus pour responsables de quelque manièreque ce soit, du contenu en général, de la portéedu contenu du texte, ni de la teneur de certains propos enparticulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ilsproduisent à la demande et pour le compte d’un auteur oud’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entièreresponsabilité.
CoraliePirez-Moysan
Celuiqui n’a pas de nom
Thriller
À Justine et Alexandre,votre amour est ma force.
À Jean-Marc, ton amourme portera toujours
Je vous aime…
Lespersonnages et les situations de ce récit, étantpurement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou dessituations existantes ou ayant existé ne saurait êtreque fortuite.
« Le pouvoirpolitique ne tient qu’à un fil, mais un fil solidementtenu par des hommes et des femmes prêts à tout. »
Alexandre Romanès
Sedqui iam se a uitiis abnegat, exquirendae ei uirtutes sunt inquibus crescat.  
Maiscelui qui dès maintenant renie ses vices doit rechercher lesvertus dans lesquelles il grandira .
Extraitde l’Homélie de Cambrai, réaliséeentre 763 et 790 après Jésus-Christ.
«   L’imaginationet l’inspiration sont des petites lumières qu’ilfaut savoir trouver dans les choses du quotidien.   »CPM
Chapitre 1
Ilétait aux environs de 19 heures, quand la berline noirede Paul Lovois passa les grilles en fer blanc de son pavillonindividuel   ;celui-ci était situé à la sortie de la ville deNoyelles sur Escaut, dont il était devenu le maire, quelquesannées auparavant.
Ence début de soirée du mois de juin, le soleil étaitencore haut dans le ciel bleu   ;il était porteur d’un espoir un peu fou que les journéesà venir seraient elles aussi pleines de chaleur et deluminosité, dans ce département du Nord, où lagrisaille faisait partie, du paysage ambiant de ces habitants.
Legravier crissa sous les pneus de la voiture de Paul, quand celui-cise gara dans la cour de sa propriété   ;la maison, couleur crème, baignait dans une lumièreflamboyante   ; lesfenêtres en PVC blanc étaient ouvertes, laissantentendre et s’envoler les rires de petites filles et la musiqueentêtante d’un jeu vidéo mettant en scèneun plombier et son frère. Paul sourit, les meilleures chosesqu’il avait réussies dans sa vie se trouvaient dans cehavre de paix.
Ilavait acquis cette maison avec sa femme Christine, pour une bouchéede pain. Un divorce qui avait mal tourné, leur avait permis defaire une offre en dessous du prix du marché, les ancienspropriétaires souhaitant se débarrasser le plusrapidement possible de tout ce qui avait fait leur vie d’avant.Ça n’était pas très moral, mais ne dit-onpas que le malheur des uns fait le bonheur des autres   ?
Il en avait rêvéde ce bâtiment en pierre calcaire et au toit d’ardoisegrise, bien loin des standards immobiliers aux murs en brique rouge.La maison était imposante et claire, elle étaitcomposée de quatre chambres et de deux salles de bain àl’étage, et d’une suite parentale aurez-de-chaussée   ;le salon, quant à lui, était très grand etcomplètement ouvert sur une cuisine américaine derniercri.
Paul s’étaitapproprié la dernière pièce du bas, pour enfaire son bureau et ainsi travailler sur les dossiers les plusépineux de la ville   ;celle-ci était de taille moyenne, mais très lumineuse,elle donnait sur le parc arboré de la propriété,des portes-fenêtres à glissière lui permettaientde s’aérer, sans automatiquement devoir sortir de sonbureau.
Il était assezfier de son espace de verdure, il avait commencé par faireinstaller une terrasse en bois des îles, en prolongement de lamaison et sur toute la longueur de celle-ci   ;une table en fer forgé et des chaises assorties terminaientl’ensemble. Du côté du bureau de Paul, il y avaitune allée composée de galets de marbre blanc etrehaussée de traverses en ardoise grise   ;celui-ci cheminait sur le terrain vert, entourant les parterres defleurs colorées entretenus par Christine, et menant àun kiosque en pin massif et son toit en shingle marron foncé   ;cet endroit était la cachette secrète de ses filles, oùelles passaient le plus clair de leur temps. Le reste du jardin étaitun mélange de sapins, d’acacias, et d’une haie dethuya géant, de plusieurs mètres de haut, entourantl’ensemble de la maison, d’une barrière naturelle.
Mais l’endroitqu’il préférait, se situait tout fond du jardin,où un espace dégagé entre les conifèreslui permettait d’accéder au rivage du canal del’Escaut   ;sans vis-à-vis, il y avait fait installer un banc en boisbrut, afin de pouvoir profiter, en toute quiétude, du douxclapotis de l’eau et du paysage bucolique.
Paul coupa le moteur desa voiture et soupira.
Après desjournées comme celles qu’il venait de vivre, latentation de tout plaquer et de partir très loin étaittrès forte, mais la raison l’emportait toujours sur sesémotions   ;un jour peut-être aurait-il le cran de laisser le destin leguider et choisir pour lui.
«   Ding   »   !
Une onomatopéede son téléphone le ramena à sa réalité.
C’étaitHélène Léanac, sa première adjointemunicipale…
«   Tuas oublié le dossier sur les éoliennes en partant, jele laisserai à ta secrétaire à la mairie.N’oublie pas la réunion demain pour la finalisation del’inauguration du centre social, c’est important. Tesmains et tes caresses me manquent, j’aimerai tellement que tune sois pas obligé de partir chaque fois, je t’aime, àdemain.   »
Le message étaitlimpide sur les relations que Paul entretenait avec Hélène.
Il soupira.
Il était dansune situation qui ne lui plaisait pas, mais il en était leseul responsable   ;la relation intime avec son adjointe durait depuis plusieurs moismaintenant, il savait aussi que c’était un secret depolichinelle et que la plupart des conseillers municipaux de la villedétournaient simplement leur regard sur leur intimité.
Il appuya sur lacorbeille pour effacer le message   ;sa femme ne devait trouver aucune trace, lui permettant de demanderle divorce pour faute, et récupérer l’ensemble deleurs biens. Mais surtout, il était hors de question, qu’ellesoit en droit de demander la garde exclusive de leurs deux filles.
Il rangea son téléphonedans la poche intérieure de sa veste, se passa une main sur lefront, les journées municipales l’épuisaient.
Il sortit de saberline, et appuya sur le bip de fermeture du portail électrique   ;d’un pas empreint de lassitude, il se dirigea vers l’entréede la maison.
C’est le momentque choisit Christine pour ouvrir la porte et sortir.
Elle était belleet féminine dans sa robe fourreau rouge, qui mettait en valeurses formes généreuses, ses hauts talons noirs faisaientcrisser le gravier. Elle le salua d’un mouvement de têteet se détourna pour se diriger vers la Mini coupé grisequ’il lui avait offert. Paul comprit qu’il allait encorepasser la soirée seul avec ses filles.
Comment en étaient-ilsarrivés là tous les deux   ?
Ils avaient tout pourêtre heureux, des métiers qui les passionnaient, uncapital économique important, une belle maison, et ils avaientconstruit une famille dont ils auraient dû être fiers   ;mais que leur avaient-ils manqué pour être heureux etcomblés   ?
Dieu seul le savait…
Il tenta d’entamerla conversation.
— Turentreras tard ce soir   ?
— Qu’est-ceque ça peut te faire  ?
La phrase avait claquécomme un fouet dans la douceur du soir.
Paul baissa les yeux,perdant encore une fois la bataille de leurs regards quis’affrontent.
Il aurait dû laretenir, lui parler, mais il était épuisé etn’avait pas la force d’affronter une sempiternelledispute.
La journée avaitété mouvementée, ponctuée de bonnesnouvelles, de problèmes de voisinage, de refus de subvention,mais l’apothéose avait été le rendez-vousavec le détective privé qui avait confirmé sespires craintes.
Il avait étédupé par plus fort que lui   ;cette révélation lui laissait un goût amer dansla bouche.
Tout à seserrances intérieures, il ne remarqua pas tout de suite que safemme, avait eu le temps de monter dans sa voiture et de mettre lemoteur en route   ;c’est au moment où les pneus crissèrent sur legravier et que la voiture le frôla en partant qu’il sereconnecta avec la réalité.
L’espace d’uninstant, il aurait pu croire qu’elle avait tenté de lerenverser…
Il soupira.
Le mieux étaitde la laisser partir, de toute façon, il y a longtemps qu’ill’avait perdu   ;résigné, ce fut d’un pas lourd qu’il gagnala porte d’entrée d’où lui parvenaient lesrires de ses filles.
***
Mélanie Gradonse gara sur le parking situé derrière la mairie deCambrai, celui-ci était désert   ;elle coupa le moteur de sa voiture et jeta un coup d’œilà sa montre.
20 h 17…que lui voulait «   Celuiqui n’a pas de nom   »   ?
Elle avait étésurprise de cette convocation de dernière minute. Mais quandle maître appelait, l’esclave accourait. Elle détestaitdevoir se prosterner comme une catin, devant cet homme qui l’écœuraitau plus haut point.
Mélanie arrivadans le hall du bâtiment de pierre, l’endroit étaitmal éclairé et tranchait avec la luminosité dudehors   ; un frissonl’a parcouru, elle ne sut si cela venait de l’humiditéambiante de ce vieux bâtiment ou bien de la crainte qu’elleressentait . Mélanieétait une femme forte avec un caractère bien trempé   ;elle avait dû s’imposer, tricher, menacer pour arriver làoù elle en était, mais face à «   celuiqui n’a pas de nom   »,elle n’était plus rien qu’une petite choseinsignifiante qui perdait tous ses moyens. Elle avait les mainsmoites, l’estomac noué par le stress et la peur dans leregard, elle ressemblait à un animal traqué qui sent ledanger venir à elle.
Ses talons claquaientsur le carrelage, rendant sa présence moins discrètequ’elle aurait voulue   ;elle passa dans un open space, les bureaux croulaient sous lesdossiers, attendant d’être traités, agraféset tamponnés, mais personne n’était làpour s’en occuper   ;Mélanie regardait ce décor figé, ennuyeux etsans vie   ; elledétestait cet endroit.
Ses pass’alourdissaient au fur et à mesure qu’elle sedirigeait vers «   Celuiqui n’a pas de nom   »   ;la porte à double battant de son bureau était ouverte,elle pénétra dans l’antre de la bête, lesrelents de tabac froid, mélangé à la fuméede cigarette chaude, la prirent à la gorge, une nauséelui monta   ; elleinspira profondément cette odeur pour s’y habituer etentra dans le bureau du maire de Cambrai.
Illui tournait le dos, un frisson de dégoût et de haine laparcourut   ; elle ledétestait cordialement, mais c’est grâce àlui qu’elle avait réussi le coup de maîtred’emporter ce village machiste qui lui tenait tant àcœur . Pour changerles mentalités, il fallait être à l’intérieurmême du problème   ;car quand une femme était à la tête d’unecommune, les hommes avaient tendance à accepter des décisionséquitables avec beaucoup plus de facilité, et se plieraux quatre volontés de la féminité.
Le prix de cettevictoire était l’allégeance sans borne, qu’elleavait accepté de prêter à l’homme devantelle.
Mélanie frappadeux coups secs sur la grande porte en bois du bureau.
Le maire se retourna,il eut une moue de dégoût, Mélanie Gradon venaitd’entrer, elle se tenait là pleine de défiance etde fierté, le menton relevé prête à endécoudre. Il regrettait sa décision de lui avoir donnél’occasion de remporter les dernières municipales   ;il s’était laissé avoir par sa beauté, etses formes féminines, il avait laissé sa masculinitéprendre le dessus sur sa raison   ;quel idiot il avait été de laisser son deuxièmecerveau choisir le corps plutôt que la raison  ! Il lui avait donné sur un plateau d’argent la commune laplus riche du Cambrésis après Cambrai, et maintenant ildevait faire avec elle.
— BonsoirMélanie.
Il la regardait lesbras croisés dans le dos, interdisant tout geste de politessede base, Mélanie fit deux pas pour rentrer dans le bureau etattendit que ce juge local assène sa sentence.
— BonsoirMonsieur le Maire. Je suis venue dès que j’ai eu votremessage.
— Je vousattendais plus tôt, j’ai failli donner la charge qui vousest destinée à quelqu’un d’autre.
Elle le regardasurprise, c’était son tour, il l’avait choisi poureffectuer la prochaine besogne   ;elle redoutait ce moment depuis qu’elle avait étéélue. La peur étrilla le creux de son ventre et luiprovoqua des crampes, elle ne laissa rien paraître, de peur demontrer ses faiblesses à «   Celuiqui n’a pas de nom   ».
Il sourit desatisfaction, le regard de Mélanie était rempli decette peur, qu’il aimait voir dans les yeux de sesinterlocuteurs   ; iltenait fermement les fils de cette marionnette, et allait pouvoir lafaire danser à sa façon.
— Qu’importe.Vous savez quand je vous ai choisi pour reprendre la ville deNiergnies, j’avais une confiance aveugle en vous   ;je vous voyais entreprendre de grandes choses, j’ai étéun peu déçu de certaines de vos décisions,mettant en péril la ville de Cambrai.
— Il fallaitbien que je pense en premier lieu aux habitants de ma commune…
— Non   !Vous avez accepté de m’obéir   !
Ces mots avaient claquédans la pièce comme un fouet, et ne permettaient aucuneréplique.
Mélanie baissales yeux, comme un enfant pris en faute.
— Je vousprie de bien vouloir accepter mes excuses, maître…
— Je préfèrecela, n’oubliez pas à qui vous vous adressez.
Mélanie gardaitla tête vers le bas, le dos courbé en signe dedéférence.
— Je nel’oublie pas, maître. Que puis-je faire pour satisfairevos désirs   ?
Il prit le tempsd’aller s’asseoir devant son bureau encombré depapiers, il aimait ce moment quand un de ses vassaux fléchissaitle genou et était prêt à se soumettre à lamoindre de ses volontés.
Assis sur son trône,il croisa les mains sous son menton et s’adressa àMélanie d’une voix douce.
— Fermez laporte, derrière vous, je dois vous parler d’une missionque je veux vous confier…
Frissonnante de dégoûtet de peur, Mélanie se retourna pour fermer la porte àdouble battant en bois   ;elle inspira profondément pour se donner du courage, et seretourna vers son maître.
— Je vousécoute, qu’attendez-vous de moi…
Chapitre 2
Par un beau dimanche dedébut d’été, une fête, autour del’inauguration du centre social de Noyelles sur Escaut, avaitété organisée par la municipalité . Les personnes présentes riaient, parlaient forts’embrassaient et semblaient vraiment ravies de se rencontrer   ;certaines pour la première fois, d’autres pour desretrouvailles chaleureuses, le temps ne leur permettant pas de sevoir depuis plusieurs mois.
Tout le monde sesuivait «   àla queue leu leu   »,afin de visiter les bâtiments flambant neufs, des «   ah   »et des «   oh   »fusaient de part et d’autre. Les pièces sentaient encorela peinture fraîche, mais personne n’avait l’air des’en incommoder. Le petit tour se faisait au pas de course etsous une chaleur étouffante   ;des sourires de soulagement s’échappaient des lèvresdes gens qui sortaient de cette fournaise en béton, le petitvent frais du canal de l’Escaut chatouillant leur visage.
Constance Mazac faisaitpartie de ces gens-là, mais comment avait-elle pu se laisserembarquer dans cette galère   ?Elle n’était même pas de la commune   !Mais pour faire plaisir à Paul Lovois, le maire de Noyellessur Escaut, elle avait, bon gré mal gré, décidéde venir   ; pourl’occasion, elle portait, un jean slim, un chemisier blancvaporeux, une veste noire et des talons hauts bleus électriques   ;alors que si elle avait eu le choix c’est en robe àfleurs et avec des tongs qu’elle aurait préféréarriver pour cette inauguration. Malgré son mètresoixante-dix, Constance adorait porter des talons hauts, elle aimaitmettre en valeur ses jambes fuselées et la cambrure de sondos. La conséquence fâcheuse de cette passion, c’étaitqu’elle avait déjà mal aux pieds et la journéene faisait que commencer…
Un sourire par ici, unepoignée de main par-là  ; on l’interpella, c’était Didier Dois le maire deProville, une petite commune bobo chic de l’arrondissementcambrésien où se côtoyaient de jolis pavillonsindividuels posés dans des écrins de verdure .Il avait la cinquantaine bien engagée, des cheveuxblancs, un visage prognathe et des petits yeux verts cruels   ;il brillait par sa volonté de toujours critiquer ce que lesautres faisaient. Râleur jusqu’au bout des ongles, ilétait éternellement insatisfait   ;une légende urbaine disait même de lui que Walt Disneys’en serait inspiré pour créer le personnage deGrincheux dans le dessin animé de «   BlancheNeige et les sept nains   ».
— Constance,comment allez-vous depuis le temps que l’on ne s’est pasvu, et votre patron se porte bien   ?Dommage qu’il brille encore par son absence…
— Didier   !Bonjour, vous vous portez bien à ce que je vois, toujours àfaire des remarques…
— Mais voussavez bien que ce n’est pas méchant, je ne fais queconstater un fait.
— Avec vous,énoncer des faits s’apparente plus à des jets defléchettes empoisonnées qu’à de la sincèreobjectivité.
— Vous êtestoujours aussi susceptibles, vous avez vraiment un tempéramentde feu, vous ne devez pas être facile à vivre auquotidien   ?
— Personnene s’est jamais plaint. Bon, sur ces paroles pleines de douceuret de bienveillance, je vous laisse, j’ai d’autrespersonnes à saluer. Au revoir Didier   !
— Au revoirConstance, au plaisir de vous revoir   !
— Oui, c’estça…
Constanceeffectua un demi-tour tout en élégance, du moins autantque ses talons pouvaient le lui permettre, et se retrouva face àune foule de gens qui ne lui permettait pas d’esquisser lemoindre mouvement   ;elle n’avait aucune échappatoire, elle allait devoirattendre et encore attendre, en sentant derrière son épaulele regard mauvais de Didier Dois.
Nete retourne pas, ne te retourne pas, pensa-t-elle. Cet homme estvraiment imbu de lui-même   !Comme dirait ma grand-mère : «   siles cochons ne le mangent pas, on n’en fera rien quand même   »   !Elle sourit à cette pensée.
Avecbeaucoup de difficulté, la foule se décida à semouvoir   ; uncouloir de sortie s’ouvrit devant Constance, elle s’engouffrasur le chemin et parvint, après des centaines de «   Pardon   »et des centaines de «   Excusez-moi   »,à rejoindre le bitume de la départementale quitraversait Noyelles sur Escaut.
Lesoleil chauffait l’air de plus en plus et il n’étaitque onze heures du matin, la chaleur commençait à êtreétouffante et l’humidité importante   c’était une des particularités du Nord   ...

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