Dragon Love, tome 3
203 pages
Français

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Description

Avalon vit en reclus dans les contrées reculées de la Russie depuis des siècles. Loin de tout, loin du monde, il se protège de la cruauté et des humains qui l'ont un jour blessé. Lorsque l'on fait appel à lui pour une mission importante, cependant, il n'a pas le droit de refuser. Engagé dans une course pour sauver les semi-immortels, il rencontrera sur son chemin Ereann, une jeune femme qui va lui hanter le cœur. Toute en opposés, elle est force et fragilité, courage et danger. Amie... et ennemie.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 262
EAN13 9782379601132
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lil Evans



Tome 3 : Bleu Acier
© Lil Evans et Livresque éditions pour la présente édition – 2019
© Thibault Benett, pour la couverture
© Mélodie Bevilacqua-Dubuis, pour la correction
© Jonathan Laroppe , Suivi éditorial & Mise en page

ISBN : 978-2-37960-1-132
Tous droits réservés pour tous pays

Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
À Laura, merci pour ton aide précieuse.
À mon chéri, c’est moi qui t’aime plus !
Prologue
L orsqu’il était enfant, Illitch écoutait ses parents lui raconter des histoires. Il était subjugué. Fasciné par ces récits épiques, glorieux, sanglants de l’âge d’or des humains. D’après leurs dires, les ancêtres du garçon avaient réussi à maîtriser les Dragons, à les enchaîner pour les dompter, et les réduire en esclavage. Les frissons qu’il ressentait encore à présent, en imaginant cela, enflammaient le chasseur en lui. Le danger était une véritable drogue qui parcourait ses veines et le rendait accro depuis des années.
Détenir un ascendant sur des créatures aussi sauvages et puissantes revenait à être investi d’un pouvoir sans limites. Celui de gouverner le monde. Qui aurait pu croire que tous vos ennemis s’agenouillaient à vos pieds lorsque vous teniez dans vos mains les chaînes s’enfonçant dans la chair d’un Dragon ?
L’idée même de soumettre ces animaux à son autorité l’excitait férocement depuis la toute première histoire qu’on lui avait contée.
Animé d’une volonté féroce de revenir à ces temps anciens, Illitch avait commencé à faire des recherches sur les méthodes pour capturer un Dragon. Cependant, ces derniers étaient devenus des êtres farouches, dangereux et téméraires. De puissants semi-immortels qui gouvernaient avec justesse et évitaient les foules. Rien de ce qu’il avait découvert à leur sujet ne mettait en avant un quelconque point faible qui lui aurait permis d’en enlever un.
Et cela l’avait beaucoup ennuyé.
Jusqu’à ce qu’il rencontre Ievgueni au détour d’un bar, au fin fond de la Russie, et que cette rencontre ne change totalement sa vie.
Ievgueni était de ces types à n’approcher sous aucun prétexte. Il respirait le danger, les ennuis, et une menace sous-jacente couvait dans ses yeux sombres. Son corps tout en muscles était couvert de tatouages révélés par les manches de son pull, relevées sur ses bras. À ses doigts, de nombreuses bagues en or aux angles durs brillaient sous les lumières tamisées du petit établissement. Elles portaient encore des taches de sang et Illitch lui avait demandé à qui il appartenait.
— À l’imbécile qui a cru pouvoir m’échapper, avait rétorqué le grand brun.
C’est là que Ievgueni s’était tourné vers lui, et l’avait détaillé sans la moindre trace d’émotion, de regret, ou de tristesse sur le visage. Illitch avait compris que tous les deux se ressemblaient beaucoup, à ce moment-là. Blesser les autres ne leur procurait aucuns remords.
Les deux s’étaient jaugés un long moment du regard, et Illitch avait été le premier à baisser les yeux. Avant de réaliser, horrifié, qu’il se tenait juste à côté du meurtrier le plus dangereux de toute la Russie. Ievgueni était le patron de la Mafia Rouge, un titre qu’il portait avec brio, à en juger par la façon dont le sang séché ternissait les éclats dorés de ses bagues.
Les deux hommes ne s’étaient pas liés d’amitié. C’était impossible, lorsque l’on n’avait pas de sentiments. Mais Illitch avait commencé à travailler en tant que mercenaire pour le Tsar, comme il se faisait appeler, et peu à peu, leurs intérêts s’étaient mis à converger vers les semi-immortels.
Illitch était obsédé par le fait d’asservir les Dragons, et cela avait aiguisé l’intérêt de Ievgueni qui s’était lancé à son tour dans des recherches sur ces créatures afin d’étendre son empire. Le puissant chef de la Mafia souhaitait dominer plus que son pays. Et pour cela, il comptait sur le Nemedyn, ses Sentinelles, leurs forces et leurs faiblesses.
Le Tsar avait envoyé ses hommes, mercenaires comme scientifiques, intégrer des équipes clandestines partout à travers le monde.
Puis un jour, ils avaient enfin découvert des informations capitales pour les aider à progresser dans leur quête. Celle de mettre les Dragons à nouveau à genoux devant eux.
Un savant fou, vivant en reclus dans un manoir près de Pittsburg, tentait de mettre au point une substance pour tuer les semi-immortels. Et il y était parvenu.
Le savant et ses alliés avaient même réussi à enlever un Dragon pour leurs expériences, et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agissait du Nemedyn en personne ! Tout leur avait explosé à la figure bien rapidement, cependant. Les ennuis avaient commencé à l’instant même où Teren Silver avait eu les menottes aux poignets. Le Dragon noir s’était libéré, et avait retourné sa colère contre toute personne travaillant pour Mase, le savant fou. Il avait pris en chasse scientifiques comme mercenaires, si bien qu’Illitch avait dû se rendre à Pittsburg pour récupérer le produit par lui-même.
Le Sérum.
Il avait profité du chaos qui régnait pour s’immiscer dans la partie de chasse et usurper des documents importants. Tenter de les expédier en Russie n’était pas chose facile, puisque rapidement, les Sentinelles avaient repéré ses hommes et s’étaient mis à les traquer à leur tour.
Qu’à cela ne tienne. L’équipe du Tsar était douée, et Ievgueni était à présent en possession de plusieurs formules chimiques capitales pour créer son propre Sérum. Et plus important encore, le mercenaire était parvenu à récupérer les toutes dernières doses du produit avant de filer à l’anglaise pour échapper aux semi-immortels.
Si le but d’Illitch était d’apprivoiser un Dragon, de le forcer à s’agenouiller devant lui, celui de Ievgueni était bel et bien de les soumettre aux humains. D’en faire des soldats pour son armée. Et honnêtement, ces créatures féroces et sanguinaires feraient des recrues excellentes, il n’y avait aucun doute là-dessus. Il en savait quelque chose. Depuis que les Dragons l’avaient pris en chasse, Illitch passait son temps à fuir et à tenter d’échapper à ses ennemis bien trop dangereux.
Les Sentinelles ne reculaient devant rien pour tenter de récupérer les fioles restantes, et les loups à ses trousses avaient passé des nuits entières à hurler en se rapprochant de lui, l’empêchant de dormir plus de dix minutes consécutives.
Il était tellement fatigué, épuisé, qu’il tenait à peine debout, à présent. Et pourtant, il lui faudrait puiser dans ses dernières ressources pour fuir encore une fois quand il atterrirait. Heureusement, la tension et sa terreur le tenaient bien éveillé.
Le vol qui le ramenait vers la Russie était long, mais cela n’avait rien à voir avec les heures passées au-dessus de l’océan, puis des terres Européennes. Non. C’était plutôt dû aux deux immenses Dragons qui suivaient l’avion de près. De très près. De trop près.
Illitch faisait les cent pas dans le petit espace que constituait l’allée du jet privé. Il était en sueur, effrayé même, comme jamais il ne l’avait été. Sa vie était menacée, et bon sang, ce n’était rien à côté des semaines de torture qui l’attendaient s’il se faisait attraper. Ou si sa mission échouait.
Après des jours d’une traque intensive, alors qu’il pensait s’en être tiré et les avoir semés, le Nemedyn et l’une de ses Sentinelle l’avaient retrouvé, juste au moment où son vol décollait d’un petit aéroport privé et discret. Il ne savait pas quelle erreur il avait commise pour qu’on lui mette la main dessus, néanmoins, il était mal barré.
Comme toutes les cinq minutes depuis que l’avion avait quitté la piste d’envol, Illitch se rendit au grand hublot dans le fond de l’appareil, et se pencha pour regarder à travers la vitre à moitié couverte de givre.
Ils étaient toujours là. Les deux Dragons le prenant en chasse battaient frénétiquement des ailes pour tenter de s’approcher au plus près. Heureusement pour lui, le jet était plus rapide que ces créatures.
Illitch s’essuya le front d’un revers de main. Son cœur tempêtait si fort dans sa poitrine qu’il entendait à peine le bruit des moteurs qui ronronnaient en continu.
Les deux semi-immortels qu’il observait étaient tellement immenses qu’ils dépassaient de loin la taille de son avion. L’un d’eux avait les écailles noir ébène, et un regard à vous glacer le sang. Ses yeux vairons, l’un bleu-vert, l’autre bleu et doré, le regardaient avec une haine qui l’aurait fait rire, s’il n’était pas dans une situation aussi désespérée.
Le second Dragon était de la couleur d’une opale de feu. Un mélange d’orange sombre et d’ocre parcouru de reflets mordorés. Son poitrail, en nuances de ciel d’orage, se soulevait avec force, faisant s’écarter les écailles qui découvraient des sillons de lave en fusion.
Des deux créatures, ce dernier était celui qui semblait le plus déterminé à le massacrer. Il le voyait dans son regard perçant, inquisiteur. Dans la façon dont ses ailes tentaient de battre l’air toujours plus vite pour le rattraper.
Le Nemedyn, le Dragon noir, avait un corps élégant bien que massif. Son énorme tête et son cou épais voguaient à chacun de ses mouvements. Les deux semi-immortels avaient l’échine parcourue d’os pointus et courts, tandis que ceux de chaque côté de leurs crânes étaient longs, comme les cornes d’un ankole. Celles de Teren Silver semblaient être faites d’obsidienne, alors que les cornes de sa Sentinelle, plus courtes et saillantes, étaient comme sculptées de motifs tribaux.
Et si jamais ils décidaient de faire crasher l’appareil ? Bon sang, et s’ils le dévoraient pour leur simple plaisir, après tout ce qu’il leur avait infligé ?
Non. C’était impossible. Il devait se calmer et réfléchir à la situation au lieu de paniquer. Les Dragons savaient qu’il était précieux, car il avait des informations à propos de Ievgueni, l’ennemi public numéro un dans le monde des Élémentaires.
Illitch soupira un grand coup, se détourna du spectacle et réajusta le sac contenant les dernières fioles de Sérum attaché à sa cuisse. Cela faisait des jours qu’il cherchait un moyen de semer les Dragons dans le but de protéger le produit et de le ramener en Russie. Malheureusement, le laboratoire clandestin où ses hommes avaient tenté de le dupliquer avait été découvert au moment même où il avait pu le rejoindre. Par un coup de chance extraordinaire, Illitch avait récupéré les dernières doses du précieux liquide et semé le semi-immortel lancé à ses trousses, avant que dix autres ne se mettent à le prendre en chasse. Il avait réussi à avoir quelques longueurs d’avance jusqu’à ce que ces créatures féroces ne s’envolent à sa suite. Et…
Il n’en pouvait plus de les entendre hurler dans les cieux glacés.
Il n’en pouvait plus de craindre pour sa vie.
Heureusement qu’il en était à la phase finale de son plan. Plus rien d’autre ne comptait à ses yeux que d’apporter le produit à Ievgueni.
Le mercenaire était dans un tel état de fatigue qu’il avait du mal à réfléchir correctement. Il passa une main dans ses cheveux châtain désordonnés, et capta son reflet dans le métal éraflé du mini-bar, près du hublot. Les cernes noirs sous ses yeux bruns lui donnaient l’air effrayant, et son visage émacié faisait peur à voir. Depuis qu’il était arrivé aux Etats-Unis, les courses poursuites s’enchaînaient et il avait perdu beaucoup de poids.
Illitch, adossé aux sièges de cuir crème du jet privé, contempla un long moment son reflet. Avant de baisser les yeux, las de l’image épuisée qu’il renvoyait. Le tapis sous ses pieds était d’un rouge éclatant, parsemé de taches plus sombres, du sang. À qui appartenait-il ? Il ne valait mieux pas le savoir. Son patron en avait bien trop versé pour s’apitoyer là-dessus, de toute façon. Tant qu’il ne finissait pas par répandre le sien, tout irait bien.
Mais il était de moins en moins sûr de lui.
Désormais, il se retrouvait poursuivi et tremblait de tous ses membres tant les hurlements des Dragons déchiraient le ciel. Les flammes rougeâtres qui s’échappaient de leurs gueules béantes étaient dirigées vers les nuages, mais cela ne l’empêchait pas d’angoisser à chaque fois que ses poursuivants hurlaient.
Le mercenaire se détourna du hublot et retourna à l’avant de l’appareil après s’être servi dans le mini-bar. Là, il se laissa tomber sur l’un des sièges et avala d’un trait une petite bouteille de vodka. Le liquide transparent brûla ses lèvres fendillées, sa gorge, son estomac. Il ferma les yeux et attrapa son téléphone dans la poche arrière de son jean. Il composa le numéro de Ievgueni, qui décrocha dès la première sonnerie. Il était temps de donner quelques nouvelles à son employeur. Mieux valait ne pas mettre sa patience à rude épreuve. Le Tsar avait le sang chaud, et la gâchette facile.
Sa voix, tranchante comme les couteaux qu’il affectionnait tant, lui provoqua quelques frissons douloureux.
— Illitch, qu’est-ce qu’il se passe, bon sang ? Cela fait des jours que j’essaie de te joindre. Si tu as eu le cran de me doubler, sache que je vais lancer mes chiens à ta poursuite, et qu’à la seconde même où ils auront flairé ton odeur, ils te feront payer ton audace.
Son accent était aussi chantant et lent que cet homme était cruel. Ievgueni l’avait toujours terrifié. Travailler avec lui était comme de flirter avec le diable. C’était un jeu dangereux, une partie d’échecs constante qui ne se terminait jamais bien. Peu importe ses sourires, il pouvait vous trancher la gorge à n’importe quel moment, s’il était clément.
Ses ennemis passaient parfois des jours à hurler avant qu’il ne finisse par les achever.
— Je ne t’ai pas doublé, patron. J’ai pu récupérer le Sérum, et il n’en reste que peu de doses. Le problème, c’est que tous nos amis ont été arrêtés, et que j’ai dû fuir de mon côté en solitaire.
— Et ?
— Et… Je n’avais plus de soutien, d’alliés ou de planques.
— Tu es censé être un professionnel, non ? lança-t-il d’un ton léger.
Trop léger. C’était signe d’ennuis.
— Bien sûr, mon Tsar, souffla Illitch. Ce que je veux dire, c’est qu’il m’a fallu prendre plus de temps pour échapper à mes poursuivants, car je n’avais personne pour leur barrer la route. Mais tout va bien à présent. Sauf que… les semi-immortels sont à mes trousses.
— Où es-tu ? gronda Ievgueni.
— Dans ton jet, qui est sur le chemin du retour. Le plan de vol n’a pas changé. J’ai besoin d’une voiture sur la piste d’atterrissage dans deux heures.
— Très bien. Tu l’auras. Un autre souci à me signaler, peut-être ? susurra le Tsar.
Illitch se l’imagina dans son fauteuil de bureau, les muscles crispés, prêt à bondir sur la moindre proie à sa portée telle une panthère des neiges affamée.
Il était temps de passer aux bonnes nouvelles, ou sa gorge serait tranchée d’un bout à l’autre dès qu’ils se retrouveraient. Le problème, c’est qu’il n’en avait aucune.
— J’ai le Sérum, comme je te l’ai dit…
Insister sur cette information lui garantirait la protection de Tsar.
— Cependant, je suis poursuivi de près par deux Dragons. Deux Dragons très, très énervés.
— Merde.
— Je vais devoir tenter de les semer, ne t’inquiète pas. Je connais notre terrain de chasse comme ma poche. Je ne mettrai pas notre planque en danger.
— J’espère pour toi que tu réussiras, mon ami.
Ievgueni raccrocha, mais la tension augmenta dans le corps d’Illitch. La dernière phrase de son employeur sonnait comme une banalité amicale, alors qu’il s’agissait d’une menace criante. Ses chiens – les mercenaires qui s’occupaient de son business à Moscou – auraient tôt fait de le déchiqueter s’il ne parvenait pas à semer les Dragons. C’était peut-être mieux ainsi. Se retrouver entre les mains du Nemedyn en étant en possession du Sérum n’était pas une bonne idée. Et entre les mains de Ievgueni en ayant échoué dans sa mission était bien pire.
Heureusement, le Russe savait exactement ce qu’il allait faire pour se débarrasser du problème.
Lorsque l’avion amorça sa descente, plus tard ce jour-là, Illitch accrocha sa ceinture et avala un autre flacon de vodka, avant d’abandonner la bouteille à ses pieds. Il avait besoin de se donner le courage qui lui faisait défaut en ce moment même. Il allait devoir fuir à toutes jambes et abandonner le Sérum pour échapper aux griffes des Dragons. Détourner l’attention de lui, c’était devenu l’une de ses spécialités, et c’était également le meilleur moyen de survivre, même si cela causait la mort de tant d’autres personnes. Des dommages collatéraux. Mieux valait ces inconnus que lui, de toute façon.
Les semi-immortels lâcheraient probablement leur traque en comprenant qu’il n’avait plus le précieux liquide en sa possession. Cela lui permettrait de se dédouaner auprès de Ievgueni quand il l’aurait rejoint. Puis il se trouverait une petite planque où couler des jours heureux pour le reste de sa vie, avec un Dragon à dresser et de quoi le faire obéir une fois le Sérum dupliqué.
Soudain, une petite alarme se déclencha dans l’appareil.
Stridente, elle le força à plaquer les mains sur ses oreilles et l’avion s’effondra dans les airs. Illitch s’agrippa aux accoudoirs de son siège. Il n’avait jamais aimé voler. Que ce soit en avion, en hélicoptère ou même sur n’importe quel manège de fête foraine. Son truc, c’était la terre ferme. Et la terre de ses ancêtres, la Russie, lui manquait plus que tout. Quel dommage qu’il doive y retourner de cette manière. Comme un voleur. Ce qu’il était, bien sûr, mais il aurait préféré être le héros aux yeux du Tsar.
Après quelques turbulences dues probablement aux hurlements des Dragons qui se rapprochaient trop près de l’appareil, le jet se stabilisa et l’alarme cessa de hurler.
Par le hublot, l’on apercevait la vaste forêt aux feuillages si denses que les sentiers étaient invisibles. Le soleil ne pouvait probablement pas effleurer les sols de mousse tendre et de terre fraîche. La piste, en mauvais état, formait une longue cicatrice grisâtre au milieu de la verdure sombre et semblait bien trop courte pour accueillir un engin aussi gros. Le pilote devait être chevronné pour être capable de l’utiliser. Le bout de chaque aile pourrait effleurer les branches des hêtres qui bordaient la route.
La vodka commençant à faire effet, le mercenaire se détendit légèrement. L’avion toucha la piste de goudron dans un fracas étourdissant quelques minutes plus tard et Illitch se leva tout de suite. Il vacilla jusqu’à la porte, tandis que l’appareil tout entier était en branle, et l’homme qui l’accompagnait lui jeta un regard torve depuis son poste de garde, devant la porte de la cabine de pilotage.
— Va te rasseoir, l’abruti. Tu vas finir le cul par terre, lança-t-il.
Ses origines méditerranéennes ne faisaient aucun doute, que ce soit dans le noir de ses cheveux trop longs, de ses yeux brillants, ou à sa peau tannée. Son attitude nonchalante était cependant déplacée. Ici, à bord de cet avion, c’était lui le chef, et ce crétin ferait bien d’apprendre le respect avant de jouer avec le feu.
— Ouvre la porte, ordonna Illitch sans se préoccuper de ses conseils.
L’humain n’avait jamais été un intellectuel, un artiste ni même un homme respecté. En fait, il avait travaillé pour des minables parce qu’il était lui-même un minable, mais Ievgueni avait fait de lui un chef. Et c’était son rôle de lancer les ordres, désormais. Jamais il n’autoriserait qui que ce soit à lui donner des directives à nouveau. Jamais. Hormis le Tsar lui-même, bien sûr.
— T’es malade ou quoi ? L’avion ne s’est pas encore arrêté ! protesta le brun.
— J’ai dit : « ouvre la porte », gronda-t-il en sortant son Beretta pour le pointer sur la tête de son camarade. Et commence à faire descendre l’escalier. Tout de suite.
Le mercenaire face à lui, un homme assez grand et à la barbe noire proéminente, jura et se leva immédiatement du siège de fortune où il était installé. Il tituba jusqu’au tableau de commandes et ouvrit la lourde porte métallisée. L’air s’engouffra aussitôt dans l’appareil, les gelant jusqu’aux os, mais Illitch ne pouvait perdre la moindre seconde quand les Dragons piquaient du nez vers lui.
Malgré le froid, il était brûlant de fièvre. Sa vie se jouerait dans les quelques secondes qui allaient suivre. Son cœur battait à tout rompre et il observa les deux immenses reptiles aux écailles brillantes filer droit vers lui.
Je vais mourir. Bordel, ils vont me massacrer.
Le mercenaire fit sortir les escaliers tandis que l’avion ralentissait. Illitch ne prit pas le temps de réfléchir et s’agrippa à la rampe de métal avant de descendre les quelques marches jusqu’à être sur la dernière d’entre elles. L’avion perdait de plus en plus de vitesse et ils dépassèrent la voiture que Ievgueni lui avait fait apporter. Il s’agissait d’une Jeep, parfaite pour les chemins forestiers qu’il avait l’intention d’utiliser et qui se trouvaient en bordure du sentier s’enfonçant dans les fourrés.
Illitch prit une profonde inspiration et pria deux fois les dieux avant de faire ce que seul un fou ferait. Il sauta de l’appareil. Abandonnant aux Dragons les deux autres hommes à bord du jet privé.
Son statut d’humain se rappela à lui lorsque son corps heurta douloureusement le macadam gris et glacial. Les bras en avant pour amortir sa chute, ses paumes s’éraflèrent jusqu’au sang et il roula de nombreuses fois avant de pouvoir reprendre le contrôle de ses muscles et de s’arrêter. Son corps était complètement meurtri. Il grimaça en tentant de se relever. Le sang coulait le long de son visage, sa veste de costume était déchirée et, pour couronner le tout, l’une de ses chevilles était douloureuse.
Mais la vue des deux Dragons arrivant droit vers lui lui fit oublier toute trace de douleur. Illitch se précipita en boitant vers la Jeep, tandis que son camarade lui hurlait de l’attendre. Il n’en avait rien à faire. Pas question de passer une seconde de plus sur cette piste alors que le danger approchait à la vitesse de l’éclair.
La clef de la Jeep se trouvait déjà dans le démarreur. Il la tourna d’un geste malhabile. Ses poignets étaient meurtris. Le sang se répandait à flot sur sa chemise blanche qui sentait la transpiration et sa peur.
Derrière lui, un grondement féroce s’éleva et le sol trembla brusquement. Le Nemedyn et sa Sentinelle venaient d’atterrir.
Dans une sorte de curiosité morbide, déplacée, il osa un regard vers les créatures magistrales qui dépassaient en taille le jet de Ievgueni ; leur fureur était terrifiante. Teren, qui grondait doucement, faisait vibrer la carlingue de l’appareil tandis que sa Sentinelle, furieuse, poussait des cris rauques en donnant des coups de griffes puissants dans le métal blanc.
D’un coup de patte agressif, il fit tournoyer l’avion sur place, les roues brûlant le macadam dans un grincement dérangeant. L’appareil s’arrêta lorsque la porte du jet fut face aux semi-immortels.
Le mercenaire resté sur place, en pleine panique, poussa un cri féroce en voyant les créatures s’approcher de lui. Il se mit alors à courir pour tenter de fuir, mais le Dragon couleur opale de feu le rattrapa facilement dans sa grande gueule et un craquement d’os, suivit d’un silence de mort, berça ce petit coin de monde reculé.
Le sang rougeâtre, épais, s’écoula de ses dents gigantesques, roula sur ses écailles tandis qu’il tournait son regard gris droit vers Illitch.
Son cœur tempêtait si fort dans sa poitrine qu’il lui faisait mal.
Il ne perdit pas une seconde supplémentaire.
La voiture démarra tout de suite et, dans un crissement de pneus, il se mit en route.
La piste d’atterrissage était en mauvais état. Située dans l’extrême Nord du pays, inutilisée sauf pour les vols privés et illégaux, elle était entourée d’une vaste forêt dans laquelle serpentait un minuscule chemin terreux où la Jeep s’engouffra dans un nuage de poussière.
Dans le rétroviseur, il avisa les Dragons furieux et sursauta quand ils se mirent à hurler au même instant, leurs énormes têtes tournées vers lui. Ils ne pourraient jamais le rattraper dans ces bois étroits, du moins, pas sous leur forme animale.
Le Russe ricana en entendant les branches fouetter la carrosserie de la voiture. Les Dragons, ainsi privés de leur vue à cause des cimes hautes et garnies, seraient contraints de reprendre leur forme humaine pour se déplacer. À pieds, ils perdraient leur précieux avantage sur lui et il les distancerait rapidement.
Il roula près d’une heure à une vitesse affolante, sinuant entre les arbres comme s’il connaissait le chemin par cœur et c’était un peu le cas. Illitch travaillait pour Ievgueni depuis des années désormais, ce qui l’avait conduit à utiliser la piste d’atterrissage de nombreuses fois. L’une de ces fois, il y a près de cinq ans, il s’était fait surprendre à l’arrivée par ses créanciers. Pas n’importe quel genre de créanciers, mais des types plutôt obsédés par les armes à feu et qui n’appréciaient pas les dettes. C’est de cette façon qu’il était entré pour la première fois dans la forêt primaire qui bordait la mer de Kara. Il avait couru comme un fou durant des heures, à errer près d’une journée entière avant d’enfin pouvoir souffler et se retourner.
Sur Ereann.
La jeune femme avait été comme une illumination. Une illusion. Il avait cru rêver devant sa beauté pâle et ses longs cheveux blonds. Sa robe blanche transparente qui révélait une absence totale de sous-vêtements. Cette créature avait toujours été naturelle, simple.
Mais surtout, il avait vu en elle le moyen parfait d’échapper à ses poursuivants. Inventant une histoire bancale où il était la victime, cette idiote l’avait accueilli chez elle et l’avait caché durant près de trois jours. Il l’avait charmée, mais cela n’avait pas été difficile. Ereann vivait loin de tout, isolée du monde, et elle avait un besoin presque maladif de contact et de tendresse.
Loin d’être doux, pour sa part, il l’avait écoutée parler durant des heures, maudissant ses sourires et brûlant du besoin de la prendre à même le canapé où elle le faisait dormir. Il avait été si facile de la convaincre d’aller plus loin, cependant, que c’était à peine gratifiant. Illitch lui avait dit qu’elle était merveilleuse et qu’elle l’avait sauvé. Qu’elle était la femme la plus remarquable qu’il n’ait jamais rencontrée. Ces simples mots lui avaient ouvert les portes de la chambre.
Il était retourné la voir près d’un an après, puis quelques autres fois quand il se sentait seul et qu’elle le pensait un héros. Il avait couché avec elle dès l’instant où elle lui avait ouvert la porte et il était reparti aussitôt après, ignorant ses grands yeux bleus embués. Cette conne se laisserait sûrement avoir à nouveau. Mais aujourd’hui, il avait besoin de davantage qu’une idiote avec qui coucher. Il lui fallait un pigeon.
Ereann serait un dommage collatéral qu’il allait sacrifier sans une once de remords. Ces dix heures passées enfermé dans un avion avec les Dragons à ses trousses lui avaient ouvert les yeux.
Il devait abandonner son rôle de mercenaire et refiler ses problèmes aux autres. S’il demandait de l’aide, et qu’il retournait auprès de Ievgueni en lui expliquant qu’il n’était plus responsable du Sérum, sa vie serait sauve. De toute façon, c’était cela ou fuir, et où qu’il aille, le Tsar le retrouverait. Il avait gagné ce surnom en devenant l’Empereur de la Mafia Rouge, régnant sur presque toute la Russie ainsi que sur une grande partie de l’Europe de l’est et du nord. Chaque goutte de sang versée par ses hommes lui était imputée. Il dirigeait tout dans son univers. Chaque arme entre les mains des mercenaires, chaque larme versée par les victimes de ses crimes odieux. Ievguéni était un requin, un prédateur assoiffé de pouvoir et sans la moindre humanité.
Illitch attrapa de nouveau son téléphone portable et composa un numéro qu’il ne connaissait que trop bien.
— Howell, gronda la voix rauque de son interlocuteur.
— C’est Illitch. J’ai des soucis. Je viens d’atterrir en Russie où le patron m’attend, mais j’ai eu un contretemps. On m’a volé le Sérum que j’avais finalement récupéré, néanmoins, j’ai réussi à activer une micro-puce qui se trouve sous les fioles. Tu auras le signal dans quelques minutes. J’ai besoin que tu le localises, que tu retrouves la voleuse, que tu te débarrasses d’elle avant de récupérer le Sérum. Tu le rapporteras au QG de Ievgueni, je t’y attendrai.
— Pourquoi est-ce que tu ne t’en occupes pas toi-même ?
— Je… Je n’ai plus d’arme, et elle est dangereuse. Si elle me tue et qu’elle parvient à comprendre que je l’ai retrouvée grâce à la puce, elle la désactivera et Ievgueni sera…
— Enragé. Et personne ne survivra si nous mettons en péril ses projets, râla Howell.
— Tu as tout compris.
— D’accord, je vais la retrouver pour toi, lança l’homme de main de leur ami commun. Mais je te préviens, tu me devras une énorme faveur, Illitch. Et tu n’auras pas la possibilité de dire « non » quand je te la demanderai.
— Marché conclus.
Howell était un ancien prisonnier américain, incarcéré pour trafics divers et qui avait réussi à s’échapper de sa cellule. Il s’était planqué à Moscou trois ans plus tôt, et était tombé sur quatre des gardes de Ievgueni qui lui avaient tendu un piège pour l’attraper et réclamer la rançon offerte par le FBI pour sa capture. Il les avait tués tous les quatre en à peine une minute, sans arme. Ievgueni avait vu en lui un atout et l’avait engagé en échange de sa protection. C’était un tueur froid, consciencieux, et Ereann n’aurait pas la moindre chance face à lui.
— Et Howell, je n’ai pas besoin de te dire que c’est urgent, ajouta Illitch.
— Je m’occupe de la femme dans une heure à tout casser.
— Parfait.
Il raccrocha sans se départir de son sourire. Mentir faisait partie de sa nature profonde, et il était aussi doué à ce jeu, qu’à la survie.
En ralentissant la voiture, il ouvrit la sacoche nouée à sa cuisse et y fourra la main pour activer la balise GPS qui devait servir en cas de problème. Discrète, à peine perceptible, elle émettrait jusqu’à ce que l’un des hommes du Tsar la désactive lui-même.
Illitch arriva finalement aux abords d’une clairière qu’il reconnaissait bien. Il gara la Jeep à une centaine de mètres du cabanon perdu au milieu de nulle part et qu’il souhaitait rejoindre, puis il continua son chemin à pied. Ses chevilles endolories le faisaient boiter et sa tête le lançait de façon soutenue. Pourtant, il avait le sourire aux lèvres en pensant à Ereann. Oh, la pauvre allait sûrement déguster quand Howell mettrait la main sur elle. Il ne devait pas se trouver très loin d’ici, puisqu’il était l’homme de confiance du Tsar. C’était lui qui avait amené la Jeep, après tout.
Quoi qu’il en soit, il le débarrasserait du problème « Ereann » en un rien de temps, et le Sérum se retrouverait en sa possession après cela. Soit les Dragons le traqueraient et le détruiraient, auquel cas, lui n’y serait pour rien. Soit il le rapportait à Ievgueni, et tout se terminerait bien. Cela n’avait plus d’importance à ses yeux. Dans quelques secondes, Illitch serait un homme libre et pourrait rejoindre le Complexe sans être pris en chasse comme un animal.
Discrètement, il vérifia que la puce de localisation dans la sacoche fonctionnait correctement, en regardant les données sur son téléphone. La puce passait inaperçu pour des yeux non exercés et Ereann vivait dans cette forêt, loin de la technologie de pointe et surtout, loin de tout le monde. Trop crédule, elle était parfaite pour son piège.
Les fioles tintèrent légèrement quand il accéléra le pas. Elles étaient protégées par un rembourrage en mousse pour éviter tout accident, mais elles avaient probablement bougé quand il avait sauté de l’avion en marche. Tant pis, ce n’était plus son problème.
Illitch déboula devant chez la jeune femme quelques minutes plus tard, et grimaça en observant la demeure décrépie qui croulait à moitié. Elle lui donnait envie de vomir. D’une main tremblante, il étala le sang qui ruisselait sur son visage, et prit cet air abattu qui la ferait craquer sans nul doute.
Ses plaies à la tempe et aux paumes le brûlaient, mais au moins, elles corroboreraient ses allégations.
— Ereann ! hurla-t-il en arrivant près de chez elle.
Son cri déchira sa gorge, et fit cesser le piaillement joyeux de tous les oiseaux de la forêt qui entourait la demeure.
Le petit sentier, sur lequel il se trouvait, serpentait et se perdait un peu plus loin dans la nature sauvage et luxuriante.
La jeune femme, affolée, sortit à toute allure de sa chaumière et quand elle le vit, sa bouche forma un « o » parfait sur ses lèvres pulpeuses. Comme elle semblait troublée de le voir ici. Et outrée de le découvrir en sang, le dos courbé, un genou au sol comme s’il allait s’écrouler.
La terre mouillée, à ses pieds, était froide et spongieuse. La rivière qui serpentait sous la maison gardait les lieux constamment humides et presque insalubres.
— Illitch ! Par tous les dieux, que t’est-il arrivé ? hurla-t-elle en courant vers lui.
Ses longues jambes de déesse étaient masquées, ce jour-là, par une robe blanche qui lui donnait des allures de vierge effarouchée. Elle lui faisait envie.
Ses oreilles, légèrement pointues, se cachaient sous ses longs cheveux blonds peignés à la perfection.
Elle était de ces créatures fascinantes pour le commun des mortels, et si elle n’avait pas été un tel atout pour lui aujourd’hui, il l’aurait traînée jusqu’au repaire de Ievgueni pour aller la vendre sur le marché noir. Pourquoi n’y avait-il jamais pensé ? L’imbécile…
Le prenant délicatement dans ses bras pour l’aider à se redresser, la jeune femme se mordilla les lèvres. Sa tristesse était si flagrante qu’il avait envie d’exulter.
À sa main gauche, elle portait une bague représentant une pieuvre aux yeux fermés. Un tentacule descendait le long de son doigt pour s’arrêter au niveau de son ongle, et un autre s’enroulait autour de son poignet tel un bracelet doré. Le bijou lui avait toujours paru souple, comme si le métal était flexible et se calquait sur chacun de ses mouvements. C’était peut-être de la magie. Après tout, elle était une Élémentaire de l’Eau.
— Ereann, écoute-moi, c’est important, la coupa-t-il tandis qu’elle commençait à se lamenter. Je vais avoir besoin de toi, ma jolie. Tu es la seule à pouvoir me sauver, encore une fois.
Attentive, elle hocha la tête, ses longs cheveux brillants et soyeux effleurant son visage. Autour de sa tête, la jeune femme portait toujours une couronne fine et élégante faite de coraux blanchis et de perles d’or. Cela faisait ressortir le bleu foncé de ses grands yeux de biche si innocents.
Ereann était de ces femmes que tout passionnait. Avide de contact, de compagnie, elle ne cessait de s’émerveiller à chaque mot qui sortait de sa bouche lorsqu’il la rejoignait dans sa demeure en berne. Il lui racontait mensonge après mensonge pour l’attendrir et l’attirer, ce qui pimentait pas mal leurs ébats. Pour elle, il était un agent des forces de l’ordre à la recherche de tueurs sanguinaires. Pour elle, il était un homme d’honneur acculé par la mafia et qui vivait peut-être ses dernières heures.
Aujourd’hui, il n’avait cependant pas de temps à perdre avec cette idiote. Les Dragons ne tarderaient pas à retrouver sa trace. Il devait les semer rapidement.
Il se redressa, défit les sangles autour de sa cuisse gauche d’une main tremblante. Le sac qui y était rivé contenait les dernières fioles de Sérum, et serait bientôt loin d’être l’un de ses soucis.
— J’ai des problèmes. De gros problèmes et tu dois m’aider, continua Illitch d’une voix sèche.
Il s’agenouilla devant Ereann et sortit un poignard de son étui, rivé à sa ceinture. Ereann faisait confiance aveuglément à n’importe qui. Sa nature douce et ...

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