DUO émotions Frédéric Livyns - Le résident & Entrez...
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Description


2 titres Fantastique paranormal - 350 pages


LE RÉSIDENT : Les maisons ont-elles une âme ?


Derrière leurs vieilles tapisseries usées, sous les charpentes de leur grenier, leurs murs peuvent-ils libérer d’anciennes colères, des drames oubliés ?


Alice et ses parents vont le découvrir à leurs dépens.


... Lorsque l’emprise devient cauchemar !



ENTREZ... : De la nouvelle fantastique au conte noir, ce recueil contient des histoires terrifiantes.


Possession, hantise, folie, phobie : tels sont les ingrédients majeurs de cet ouvrage.


Insidieusement, l’auteur nous entraîne dans les méandres de l’épouvante et nous nous laissons prendre au piège de l’horreur.


Alors, vous qui êtes sur le seuil de l’inconnu, laissez-vous tenter. Entrez...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782379611964
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DUO émotions Frédéric Livyns – Le résident & Entrez…


Frédéric Livyns


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-196-4
Le résident

Frédéric Livyns
Chapitre 1




Bertrand acheva de préparer le petit déjeuner. Il vérifia que rien ne manquait et, satisfait de sa rapide inspection, décida d’appeler sa fille.
— Alice ! cria-t-il du bas des marches de l’escalier menant au premier étage.
Il n’obtint aucune réponse confirmant que son appel avait été bien réceptionné mais, de toute façon, il n’en attendait pas.
Il tira à lui une des chaises disposées autour de la table et s’y assit. Il ne lui restait plus qu’à patienter. C’était chaque matin la même sérénade : Alice traînassait dans son lit et, suite à cela, c’était la course. Sur ce point, elle tenait bien de sa mère.
Cette dernière éprouvait également d’énormes difficultés à s’extirper de ses draps et s’apprêtait toujours à la dernière minute.
Il y avait cependant une amélioration par rapport aux autres jours étant donné que son épouse se trouvait déjà sous la douche.
Bertrand réitéra son appel et obtint un « oui » ensommeillé. Alice se trouvait encore dans son lit et allait arriver une fois de plus en retard à l’école !
— Je ne sais pas si tu as vu l’heure, mais il est temps de t’activer un peu ! cria-t-il du bas des marches.
— Ouais, ça va ! J’arrive !
À en juger par le ton employé, Bertrand était sûr que sa fille était maintenant tout à fait réveillée.
Delphine, son épouse, entra à ce moment dans la cuisine.
— Bonjour, chéri ! lui dit-elle en bâillant.
— Salut, ma puce. Tu as bien dormi ?
— Comme un loir ! Et toi ?
— Ça peut aller.
— Tu as l’air bien nerveux.
— À qui la faute ? Je ne voudrais pas te stresser, mais il est temps de se dépêcher si on ne veut pas rater le train.
— Calme-toi ! Si on manque celui-là, il y en aura bien un après.
— Comme tu veux ! capitula Bertrand, voyant bien qu’il ne servait à rien d’insister.
Bertrand et Delphine travaillaient dans le même ministère et bénéficiaient d’un horaire flottant au sein de celui-ci, ce qui leur permettait de s’organiser comme ils le désiraient.
— Alice ne s’est pas encore levée ? demanda Delphine.
— Je suppose que si. Je l’ai déjà appelée deux fois.
— T’a-t-elle entendu ?
— Si j’en crois la façon dont elle m’a répondu, je répondrais par l’affirmative. C’est tout juste si elle ne m’enguirlande pas parce que j’ose la réveiller.
— Il faut dire que tu as toujours eu le chic pour réveiller les gens en douceur.
— Si elle ne mettait pas autant de temps pour se lever, je ne serais pas obligé de donner de la voix.
— Bah ! S’il est trop tard pour qu’elle prenne le bus, nous la conduirons à l’école en allant à la gare. Cela ne nous fera qu’un petit détour.
— Il faudrait quand même que cela ne devienne pas une habitude ! Il serait temps qu’elle apprenne à se lever dès que le réveil sonne. Si elle a déjà une telle propension à la flemmardise à son âge, je préfère ne pas imaginer ce qu’il en sera quand elle vieillira.
— Elle est perturbée par le déménagement. Mets-toi à sa place. Elle change de maison, d’école et d’amis. Ce n’est sûrement pas évident à gérer pour une fille de son âge.
— Arrête un peu ! Elle a 15 ans ! Ce n’est plus une gamine ! Elle est assez grande pour comprendre certaines choses.
— Je ne dis pas le contraire ! Je souligne juste que c’est un changement…
— Pour nous non plus, ce n’est pas facile ! l’interrompit Bertrand. Nous nous sommes éloignés de notre lieu de travail et nous voilà obligés de faire la navette. Si tu penses que ça m’amuse de prendre le train tous les jours ! C’est un rythme de vie totalement différent pour tout le monde, mais il suffit d’y mettre un peu de bonne volonté pour s’adapter.
— Ce n’est pas le même pour elle.
— Elle était quand même bien contente de venir habiter ici !
— Tu as raison, mais ce n’en est pas moins perturbant pour autant. Bon, je vais voir si elle est bientôt prête.
— Laisse, je vais y aller. Déjeune à ton aise.
— Et toi ?
— J’ai déjà eu tout le temps étant donné l’heure à laquelle je suis descendu.
— Tu as encore des problèmes d’insomnie ?
— Non, non. J’ai quitté mon lit par plaisir ! J’adore arpenter la cuisine pendant que tout le monde dort !
— Ce n’est pas la peine d’être sarcastique ! Nous n’y pouvons rien si ton sommeil est systématiquement troublé. Il est néanmoins temps de faire quelque chose pour y remédier.
— Tu as entendu le médecin comme moi. Tant que je ne prendrai pas quelques jours de repos, cela n’ira pas mieux. Et comme il est hors de question actuellement de prendre congé au bureau, je ne suis pas près de me reposer.
— Les certificats médicaux ne sont pas faits pour les chiens. Le médecin voulait bien te couvrir une semaine ou deux mais tu as refusé.
— Tu connais mon chef. J’imagine déjà sa réaction si j’ai le malheur de m’absenter.
— Nul n’est indispensable. De plus, si tu fournis une attestation, il ne peut rien faire de plus que t’envoyer le médecin contrôle.
— Je préfère ne pas tenter le diable.
— D’accord. Il y a une autre solution.
— Laquelle ?
— Si tu laissais tomber temporairement les travaux que tu as entrepris dans la maison et mettre tes soirées à profit pour te relaxer ?
— Si je fais cela, Dieu seul sait le temps durant lequel nous vivrons dans ce chantier !
— Tu exagères ! Ce qu’il reste à faire est secondaire. Il suffit de réaménager les caves et le grenier. Le plus important est fait.
— Si tu le dis !
— Ce ne sont quand même pas des pièces dans lesquelles nous vivons ! Je ne vais à la cave que lorsqu’il me faut des conserves ou des boissons. Quant au grenier, nous n’y avons pas encore mis les pieds depuis que nous avons emménagé.
— Je n’aime pas laisser les choses inachevées.
— Non, mais regarde-toi ! Tu ne pourras pas tenir le coup fort longtemps dans de telles conditions.
— Tu as probablement raison. Je vais quand même prendre congé pour la fin de la semaine.
— À la bonne heure !
À cet instant, Alice pénétra dans la pièce.
— Salut tout le monde !
— Déjà levée ? dit ironiquement Bertrand.
— Eh oui ! Comme quoi tout arrive !
— À qui sait attendre ! renchérit Delphine.
— Ça va ! Ne vous moquez pas de moi. Je suis complètement crevée.
— Tu n’as pas passé une bonne nuit ? demanda sa mère.
— Et longue, surtout ! ajouta son père.
— Je n’ai pas arrêté de faire cauchemar sur cauchemar.
— Ça se voit à ta tête, dit Bertrand.
— Ouais, je sais ! On dirait que je sors tout juste de la nuit des morts-vivants.
— Et encore, le mot est faible, pouffa Delphine. Ceci dit, tu ferais un très joli zombie.
— N’en rajoutez pas, merci !
— Allez ! Dépêche-toi un peu.
— Je n’ai pas faim.
— Mange quand même un petit quelque chose. Il n’y a rien de plus mauvais que de ne pas déjeuner.
Alice avala péniblement un croissant et but une tasse de café.
— Bon ! On va y aller, déclara Bertrand.
— Je vais chercher mes affaires, dit Alice.
Elle remonta dans sa chambre et en redescendit presque immédiatement. Ses parents avaient déjà enfilé leur veste.
— Tu es prête ? demanda son père.
— Ça y est, dit-elle en s’engouffrant dans son manteau, on peut y aller.
Bertrand sortit la voiture du garage. C’était une BMW dernier modèle. Delphine avait consenti à ce qu’il s’octroie cette petite folie. Après tout, ils avaient reçu l’un et l’autre une promotion et la différence de salaire ainsi engendrée le leur permettait. Alice fut la première à prendre place tandis que sa mère vérifiait une dernière fois si tout était bien éteint dans la maison. Elle avait contracté cette manie dès le début de leur vie de couple. Bertrand trouvait cela irritant, mais ne cherchait en rien à corriger cette marotte. Une fois tout le monde installé, il prit le chemin de l’école. Ils arrivèrent à destination en quelques minutes.
— Si mademoiselle veut bien se donner la peine de descendre, dit Bertrand pour taquiner sa fille.
— Je dois ouvrir la portière moi-même ? Décidément, les serviteurs ne sont plus ce qu’ils étaient !
Alice avait un sens de l’humour fort développé. Un simple mot suffisait à déclencher une avalanche de traits d’esprit que l’on pouvait très difficilement interrompre. Elle tenait cela de son père. Cette faculté l’aidait grandement à relativiser les choses. Lorsque quelque chose la tracassait ou la peinait, elle démystifiait systématiquement son angoisse ou sa douleur.
— Sois sage ! lui dit sa mère.
— Ne t’inquiète pas, je le serai plus qu’une image.
Sur ces mots, elle descendit de la voiture. Elle esquissa un petit signe de la main et s’en alla sans se retourner.
Ses parents redémarrèrent et, une heure plus tard, arrivèrent au travail.
Chapitre 2




Alice regarda sa montre. Il lui semblait que le cours de mathématiques durait depuis une éternité alors qu’il n’y avait qu’un quart d’heure qu’il était commencé. Il faut dire que cette matière ne l’avait jamais enthousiasmée. De plus, le fait que le professeur s’exprime sur un ton monocorde incitait plus à dormir qu’à être attentif. De toute façon, elle ne pigeait rien à ses exposés. Elle regardait d’un air résigné les graphiques au tableau sans même chercher à les comprendre. Sa voisine de classe était forte dans cette branche et elle lui permettait de copier sur elle lors des contrôles. De cette manière, elle réussissait ses interrogations sans avoir à mémoriser cette matière rébarbative.
Elle prit son mal en patience se disant que, après tout, le cours se terminait dans une demi-heure. Ces derniers se donnaient par tranche horaire de quarante-cinq minutes.
— Mademoiselle Deltend !
Alice sursauta. Le professeur venait de l’interpeller. Il avait déposé son feutre sur le bureau et la regardait d’un air contrarié.
— Oui, Monsieur ?
— Si mon cours vous ennuie, n’hésitez surtout pas à me le dire !
— Je suis désolée.
— Je n’en doute pas. Vous seriez bien aimable de nous faire partager les pensées qui vous ont entraînée hors du chemin de la connaissance. Elles devaient sans nul doute être passionnantes.
— Je ne pensais à rien de spécial. C’est juste que je suis fatiguée.
— À dix heures du matin ? Peut-on en connaître la raison ?
— J’ai très mal dormi.
— Pourtant, à votre arrivée dans la cour de récréation ce matin, vous paraissiez en pleine forme. Vous n’étiez pas la dernière à rigoler.
— Disons que, le temps passant, la fatigue s’accumule.
— Vous voulez jouer au plus malin avec moi ?
— Je vous assure…
— Très bien. Remettez-moi votre journal de classe. J’y écrirai un mot à l’attention de vos parents à la fin du cours. Vous le ferez signer pour le prochain, c’est-à-dire demain.
— Mais…
— Et pour vous faire passer l’envie de réclamer, vous me copierez cinq pages pour la même date.
Alice sentit les larmes lui monter aux yeux.
C’était trop injuste ! Elle n’avait rien fait ! Elle fouilla dans son cartable à la recherche de son journal de classe. Impossible de remettre la main dessus.
— Alors, mademoiselle Deltend !
— Je ne le trouve pas.
— Vous l’avez oublié ?
— Non, non.
— Apportez-le-moi, en ce cas !
Alice commençait à s’énerver. Elle était pourtant certaine de l’avoir rangé dans la pochette extérieure de son cartable la veille au soir. À moins qu’une de ses amies ne lui ait fait une blague ? Si tel était le cas, il était plus que temps qu’elle lui rende discrètement sinon le professeur serait vraiment en colère.
Alice n’avait pas l’habitude d’être prise à partie par les enseignants étant donné que son comportement était généralement docile et concentré.
L’accès d’humeur de son instituteur ne lui en paraissait que plus effrayant. Quant à la réaction de ses parents suite à une remarque négative d’un de ses enseignants, elle osait à peine l’imaginer. Elle se doutait néanmoins que la sanction parentale serait pire que celle infligée par le professeur.
Elle devait cependant se rendre à l’évidence, son journal de classe ne se trouvait pas dans son cartable.
— Je suis désolée, Monsieur, mais je ne sais pas où il est.
— Merci, mais je crois que nous l’avions tous remarqué ! Voilà plus de cinq minutes que vous empêchez vos camarades d’assister à mon cours ! Mais ne vous inquiétez pas, je rédigerai une lettre pour signifier à vos parents que, non contente de rêvasser durant la classe, vous faites de plus preuve d’un manque d’ordre navrant. De là à en déduire un évident désintérêt pour les activités scolaires, il n’y a qu’un pas. Je vous prie de croire que la remarque adressée à vos parents sera corsée.
Le cours se poursuivit dans un silence glacial que seul l’exposé du professeur brisait, jusqu’à ce que la sonnerie annonçant la fin des cours retentisse. Les élèves n’osèrent cependant pas se lever pour quitter la classe, de peur que l’instituteur ne s’énerve encore plus.
— Voilà ! Par vos facéties, vous m’avez empêché de donner entièrement la suite de la matière ! dit-il brusquement à Alice.
— Mais…
— Et arrêtez de discuter ! Votre impertinence dépasse les limites admissibles !
Il la toisait d’un air réellement furieux. Alice n’osait plus bouger.
— Vous pouvez quitter la classe, annonça le professeur aux élèves.
Ces derniers ne se le firent pas dire deux fois. Alice remit toutes ses affaires en place et s’empressa de rejoindre ses camarades.
Sur le pas de la porte, elle fut rappelée par le professeur.
— Quant à vous, mademoiselle Deltend, vous viendrez chercher votre petit cadeau après la récréation. Je désire le voir signé par vos parents pour demain sans faute.
Alice quitta les lieux sans même lui répondre. Il ne restait plus qu’une heure de cours cette matinée. Elle la brosserait, ainsi que l’heure d’étude qui suivait, en prétextant un malaise et rentrerait chez elle. De toute façon, elle était tellement énervée qu’elle serait dans l’incapacité de suivre les cours normalement. Il valait mieux stopper là les dégâts.
Elle téléphonerait à sa mère pour la prévenir qu’elle rentrait plus tôt. En lui présentant bien les choses, elle n’y verrait certainement aucun inconvénient. Dans un premier temps, tout au moins. Quand elle prendrait connaissance de la remarque négative adressée à sa fille, elle changerait probablement d’opinion. Il serait toujours temps d’aviser à ce moment, se dit Alice.
Chapitre 3




Bertrand regarda l’heure. Il constata avec surprise qu’une heure à peine le séparait de la pause déjeuner. Il n’avait pas vu le temps passer. Ce n’était guère étonnant vu le nombre important de dossiers qu’il avait eus à gérer dans le courant de la matinée.
Il ne s’était même pas octroyé de pause cigarette, ce qui lui arrivait très rarement. Il mit un signet pour bien repérer l’avancement de son travail et se leva pour se rendre au fumoir situé à l’étage supérieur.
Il n’avait pas fait trois pas que son collègue le plus proche l’apostropha. Ces derniers temps, il avait l’impression que son confrère tentait d’approfondir leur relation alors qu’ils ne s’étaient quasiment jamais adressé la parole en cinq ans de travail commun, excepté pour des raisons d’ordre professionnel. Ce changement d’attitude eut lieu peu après que Bertrand et sa famille aient déménagé. Ils habitaient maintenant dans le même village que ledit collègue qui se prénommait Jean. En fait, ils étaient voisins : leurs maisons n’étaient séparées que par la rue. Ce revirement comportemental ne dérangeant aucunement Bertrand, des liens plus étroits s’étaient créés.
— Tu vas en fumer une ? demanda Jean.
— On ne peut rien te cacher.
— Attends-moi, je t’accompagne.
— Si tu veux.
Ils empruntèrent l’ascenseur. Avant, ils prenaient toujours les escaliers, surtout pour un seul étage. Ils perdaient énormément de temps à attendre que la cabine parvienne à leur niveau, étant donné que d’autres stoppaient sa course à différents paliers, mais ils devaient s’y résigner.
Récemment, la direction avait décidé de sécuriser le bâtiment et avait fait installer des lecteurs de badge à l’entrée de toutes les cages d’escaliers. Cette mesure empêchait désormais les visiteurs de s’égarer sans raison dans les étages où ils ne devaient pas se trouver. Les instances supérieures avaient d’ailleurs engagé à cet effet une dizaine d’hôtesses d’accueil. Elles escortaient chaque visiteur vers le service apte à le prendre en charge et un agent dudit service lui téléphonait lorsque l’entrevue était terminée pour raccompagner la personne à l’entrée.
Bertrand et son collègue poussèrent la porte du fumoir. Il était vide. Il faut reconnaître que les réformes structurelles au sein du ministère ne présentaient pas que des défauts.
Auparavant, quand on entrait dans le petit local réservé aux fumeurs, on suffoquait quasiment tant les volutes de fumée qui s’en échappaient prenaient à la gorge ceux qui osaient s’y aventurer. Depuis, un extracteur de fumée avait été installé.
Les fumeurs avaient accepté de bon cœur d’être cantonnés à l’écart des autres pour ne pas les intoxiquer, étant donné que cela s’était fait dans des conditions convenables.
— Les travaux avancent dans ta maison ? demanda Jean.
— Pas aussi vite que je le voudrais, répondit Bertrand.
— Tu as encore beaucoup à faire ?
— Les caves et le grenier. Le principal est fait.
— À voir les photos que tu as amenées la semaine passée, tu as l’air bien installé.
— Je ne suis pas trop mécontent, en effet. Il était temps que cela s’arrête, je suis de plus en plus crevé.
— Maintenant, tu pourras peut-être te la couler un peu plus douce.
— C’est ce que ma femme me conseille de faire. J’en suis arrivé à un tel stade de fatigue que j’ai du mal à m’endormir.
— Pardon ?
— Oui, je sais, ça m’a semblé bizarre également quand le médecin me l’a expliqué, mais il paraît que c’est courant.
— Tu as quel médecin ?
— Le docteur Pirson. Tu le connais ?
— Et comment ! Tout le monde le connaît dans notre région ! Il a fait les gros titres dans la presse il y a une vingtaine d’années, répondit Jean d’un air bizarre.
— À quel sujet ?
— Je n’aime pas trop en parler. D’ailleurs, aucun habitant du village ne t’en parlera de bon cœur. Ils ont préféré effacer ce sombre passage de leur mémoire. Si tu veux, tu n’as qu’à consulter les journaux de l’époque.
— On a quand même conservé des traces de cette histoire dont personne ne parle et ne veut entendre parler ?
— Oui. On peut enfouir ces faits au plus profond de sa mémoire tout en en conservant les témoignages.
— Et où puis-je les trouver ?
— À la bibliothèque.
— J’irai voir un de ces jours.
Ils écrasèrent leur mégot et retournèrent dans leur bureau.
Le temps les séparant de l’heure de table s’écoula rapidement.
Bertrand alla rejoindre sa femme au mess. Delphine l’attendait à leur place habituelle. Bertrand se dit qu’elle tirait une drôle de tête.
— Visiblement, ta journée a mal commencé ! dit-il en s’asseyant.
— Non, ça peut aller.
— Tu n’en donnes pas l’impression.
— C’est juste qu’Alice a téléphoné.
— Que s’est-il passé ?
— D’après ce que j’ai pu comprendre, elle s’est fait enguirlander par son professeur de mathématiques. Il a rédigé une lettre à notre intention et lui a donné une punition à faire pour le prochain cours, c’est-à-dire demain.
— C’est un véritable imbécile. Et comment va Alice ?
— Tu peux imaginer à quel point elle est énervée. Elle s’est fait porter malade et est revenue à la maison.
— Malade ? C’est ridicule. Elle aurait pu attendre un petit peu, elle n’a quand même pas cours cet après-midi.
— Je suppose qu’elle n’avait pas envie de patienter plus longtemps. De toute façon, elle n’a jamais raté qu’une heure de cours et une d’étude.
— Ah bon ! Le malheur n’est pas bien grand.
— Je pars à deux heures, je n’ai pas envie de la laisser toute seule. Elle avait l’air vraiment à bout.
— J’ai assez de crédit d’heures pour en faire autant. Je vais avertir mon chef que je m’absente cet après-midi. Je sais que cela ne lui plaira pas, mais il me semble que ce sont des circonstances exceptionnelles. Tu as prévenu Alice ?
— Non, on lui fera la surprise.
Ils achevèrent leur repas. Bertrand s’empressa d’avertir son supérieur et se rendit à la gare en compagnie de sa femme.
Chapitre 4
 
 
 
 
Delphine chercha la clef de la porte d’entrée dans sa sacoche. C’était à chaque fois la même chose : il y avait tellement de fourbi dedans qu’elle mettait un temps infini à trouver ce qu’elle cherchait. Elle avait beau les avoir toutes accrochées à un porte-clefs de dimension conséquente, elle avait toujours autant de mal à les retrouver.
Bertrand, quant à lui, venait de rentrer l’auto au garage. Une alarme stridente lui signala le verrouillage de l’habitacle. Il arriva auprès de son épouse avec un sourire malicieux : il faisait sauter ses clefs de maison dans sa main. Delphine ne releva pas l’ironie.
Bertrand ouvrit la porte et se retira pour laisser Delphine passer.
Ils enlevèrent leurs vestes et les accrochèrent au portemanteau prévu à cet effet.
— Alice ! appela Delphine.
Elle n’obtint pas de réponse. Bertrand l’appela à son tour et n’eut pas plus de succès que son épouse.
— Où peut-elle bien être ? demanda Delphine.
— Qu’est-ce que j’en sais, répondit son mari.
— Elle est peut-être sortie pour se changer les idées.
— Appelons-la sur son portable, on verra bien.
Joignant le geste à la parole, Bertrand composa le numéro du téléphone de sa fille. Il raccrocha peu après, l’air inquiet.
— Elle n’a pas répondu ? demanda Delphine.
— Je suis directement tombé sur la messagerie. Il est sûrement coupé.
— Elle a probablement envie d’avoir la paix.
— Elle pourrait quand même nous prévenir.
— Peut-être a-t-elle laissé un mot sur la table de la cuisine.
Lorsqu’Alice s’absentait de chez ses parents, elle y laissait toujours un petit mot pour éviter qu’ils ne se tracassent.
Bertrand eut beau faire le tour de la pièce, il ne vit aucun mot rédigé à leur attention.
— Il n’y a rien, dit-il à sa femme.
— C’est bizarre.
— Disons que ce n’est pas dans ses habitudes. Elle l’a peut-être oublié tant elle était énervée.
— C’est possible. N’empêche que je n’aime pas la savoir dehors et ignorer où elle se rend.
— Bah ! Elle est quand même assez grande pour se débrouiller un peu seule.
— Elle n’a que 15 ans. Si on commence à être trop permissif à cet âge, on ne sait pas où cela risque de s’arrêter.
— Il ne faut pas exagérer ! Moi, quand j’avais son âge…
— C’est différent ! l’interrompit Delphine. Tu es un garçon !
Bertrand préféra couper court à cette discussion.
— Elle est peut-être dans sa chambre, dit-il.
— Avec son casque sur la tête et la musique à fond.
— Ce ne serait pas la première fois qu’elle ne nous entend pas quand nous l’appelons.
Ils gravirent les marches menant au premier étage et poussèrent la porte de la chambre de leur fille. Ils stoppèrent net, interdits, sur le seuil. Alice n’y était pas, mais il régnait dans la pièce un tel capharnaüm qu’un chat n’y aurait pas retrouvé ses jeunes. Les étagères étaient couchées sur le sol, des livres éparpillés dans toute la pièce. Le lit également était retourné et les draps roulés en boule. Les rideaux et les tentures avaient été arrachés des fenêtres et le rail auquel ils tenaient était décroché du mur.
— Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? s’emporta Delphine.
Bertrand n’eut pas le temps de répondre que la voix de leur fille retentit dans le hall d’entrée.
— Papa ! Maman ! Je suis rentrée !
Ses parents redescendirent quatre à quatre au rez-de-chaussée. Delphine, furieuse, apostropha sa fille.
— Dis-moi, jeune fille ! Où étais-tu passée ?
Interloquée, Alice regarda sa mère. Son visage s’allongea et le sourire qu’elle arborait en rentrant disparut de ses lèvres.
— J’étais juste sortie prendre un peu l’air. Comme j’ignorais que vous rentriez plus tôt, je n’ai pas pris la peine de vous rédiger un mot.
— Et pendant ce temps, ton père et moi nous inquiétions inutilement.
— Je n’en suis pas responsable ! Si vous m’aviez prévenue de votre retour, je vous aurais tenus au courant de mes déplacements. Je ne peux pas deviner quand vous avez envie d’écourter votre journée de travail.
— À ta place, je serais moins impertinente ! dit Delphine.
— C’est de votre faute ! Vous m’agressez alors que je n’ai rien fait ! J’ai déjà eu plus que ma dose de réprimandes pour aujourd’hui.
Delphine allait répondre quelque chose, mais Bertrand l’en empêcha.
— Au lieu de dépenser ta salive en remontrances à notre égard, tu pourrais peut-être l’employer à meilleur escient. Tu pourrais, par exemple, nous expliquer comment il se fait qu’un tel désordre règne dans ta chambre.
— Si on peut encore appeler cela une « chambre » ! On dirait la tanière d’une bête sauvage.
— Pardon ?
— Ne fais pas l’idiote ! Qu’est-ce que tu as foutu ? Si tu piques des crises, va te défouler dehors au lieu de tout saccager dans la maison !
— Mais de quoi parlez-vous ?
— Tu continues à faire l’imbécile ? Très bien ! Accompagne-nous à l’étage !
Ne comprenant pas ce que ses parents voulaient dire par « chambre en désordre », Alice les suivit. Certes, elle se rappelait bien que quelques magazines traînaient au pied de son lit étant donné qu’elle aimait les feuilleter avant de s’endormir, mais cela ne justifiait nullement une telle excitation.
Ses parents avaient déjà maintes fois constaté ce fait sans lui adresser le moindre reproche alors pourquoi de tels débordements aujourd’hui ?
Arrivés devant la porte, Bertrand et Delphine laissèrent à leur fille le soin d’en pousser le battant. Alice s’exécuta de bonne grâce. Elle fit tourner le loquet et pénétra dans la chambre. Elle s’arrêta et regarda autour d’elle. Elle se retourna ensuite vers ses parents, l’air interrogateur.
Ceux-ci contemplaient la pièce, stupéfaits. Tout y était parfaitement normal. Nul désordre n’y était constatable excepté celui que peut avoir une adolescente normale, toutes proportions gardées.
— Que… commença Delphine.
— Je peux savoir ce qui se passe ? demanda Alice.
Bertrand, lui, restait sans voix. Il ne comprenait pas comment une telle chose était possible.
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? demanda Delphine.
— Je ne comprends pas de quoi vous voulez parler, dit Alice.
Bertrand prit la parole.
— Quand nous sommes rentrés, il régnait ici un incroyable fourbi.
— Pourtant, tout est resté comme je l’avais laissé en partant ce matin à l’école.
— C’est une blague ? C’est ça ? s’emporta Delphine.
Ne comprenant pas le comportement de ses parents, Alice ne savait que répondre.
— Il est impossible que tout se soit remis en ordre comme par magie, dit Bertrand.
— Tu ne nous aurais pas joué un mauvais tour avec une de tes amies ? demanda Delphine.
— Quel mauvais tour ? Quel désordre ? Je ne comprends rien à ce que vous me racontez ! Vous vous shootez ou quoi ? Ça ne vous réussit pas en tout cas !
— Et elle se paie notre tête en plus ! dit Delphine à son mari.
— Si elle a eu recours à une complice, cette dernière n’a pas eu le temps de tout ranger et de se cacher ailleurs que dans le lieu des événements, répondit Bertrand.
Joignant le geste à la parole, il entreprit de fouiller la pièce.
Il ouvrit les placards, la garde-robe, vérifia derrière les habits qui y étaient suspendus si personne ne s’y dissimulait. Il alla même jusqu’à regarder sous le lit afin de s’assurer que personne ne s’y trouvait, mais il dut se rendre à l’évidence : nul complice ne se cachait dans la chambre. Il se retourna vers sa femme et leva les bras en signe d’incompréhension, ce qui irrita Delphine un peu plus. Elle apostropha violemment sa fille.
— Bon ! Tu vas te décider à nous dire la vérité ?
— Mais quelle vérité ? s’emporta Alice. Je ne capte rien à vos histoires !
— Bien ! Si tu le prends comme cela, s’interposa Bertrand, tu resteras consignée dans ta chambre jusqu’au moment où tu seras décidée à nous expliquer de quoi il retourne !
— Je n’ai plus 10 ans, je te signale ! J’ai passé l’âge d’être cloîtrée selon votre bon vouloir !
— Tu fais ce qu’on te dit, point final !
Delphine et Bertrand quittèrent la pièce, furieux. Dépitée, Alice regarda la porte se refermer.
Elle s’assit sur le lit, les jambes coupées, se demandant ce qui se passait.
— Ce n’est vraiment pas mon jour, se dit-elle. J’aurais mieux fait de rester couchée.
Après son professeur de mathématiques qui la prenait en grippe, ses parents y allaient de leur petite psychose. Elle se mit à la recherche de son journal de classe. Elle fouilla vainement les tiroirs de son bureau. Une demi-heure plus tard, ayant passé en revue les moindres recoins de sa chambre, elle dut se rendre à l’évidence : elle l’avait perdu.
À moins que l’hypothèse formulée au cours de la matinée ne s’avère exacte : une de ses camarades l’avait subtilisé pour lui faire une blague. En tout cas, elle ne trouvait pas cela très drôle. Elle passa en revue les compagnes de classe susceptibles de lui jouer ce tour pendable. Il y en avait fort peu. Si les choses s’étaient passées comme elle l’imaginait, le vol avait dû se produire durant la récréation. Les sacs restaient dans la classe de cours sans surveillance. En y réfléchissant bien, elle constata que seule Stéphanie n’avait pas été constamment à ses côtés pendant la pause, toutes les autres ne l’ayant jamais quittée.
Alice décida donc de téléphoner à la coupable présumée.
Elle décrocha le combiné et s’aperçut qu’elle n’avait aucune tonalité. Son père avait certainement débranché la prise de dédoublage au salon. Les deux postes se trouvaient sur la même ligne. Ses parents avaient accepté qu’un téléphone se trouve dans sa chambre pour préserver l’intimité de ses conversations. Cette ultime liberté venait de lui être enlevée. Alice se résolut à prendre son mal en patience en écoutant un peu de musique.
Bertrand et Delphine étaient dans la cuisine. Ils ne s’étaient pas encore tout à fait remis de leurs émotions. Delphine avait décidé de faire un hachis parmentier, le plat préféré de sa fille. Elle ne savait pas quoi faire pour se racheter. Son comportement avait été inacceptable, elle en avait conscience. Quoi que sa fille ait pu faire, elle n’aurait pas dû réagir de la sorte. D’autant plus qu’Alice avait vraiment l’air sincère quand elle déclarait ne pas comprendre ce qui se passait. Delphine avait donc décidé de mettre à profit le temps qu’elle avait gagné en rentrant plus tôt du travail pour lui faire plaisir.
— Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? demanda-t-elle à Bertrand.
— Je l’ignore.
— Tu penses toujours à une blague ?
— Plus j’y réfléchis, moins je me dis que c’est possible. Comment veux-tu qu’une personne puisse remettre aussi vite la chambre en ordre ? C’est impossible. De plus, le rail des tentures était remis en place, comme s’il n’avait jamais été décroché. Tu as constaté comme moi que les tentures arrachées n’étaient plus abîmées. C’est incompréhensible.
Il épluchait les pommes de terre afin d’aider sa femme. Il avait l’air perplexe, songeant aux événements qui s’étaient produits. Lui non plus n’arrivait pas à trouver une solution satisfaisante à défaut d’en trouver une logique.
— Je ne vois qu’une explication, dit-il à sa femme.
— Laquelle ?
— Nous avons été victimes d’une hallucination.
— C’est ridicule ! Cela ne nous est jamais arrivé.
— Il faut un début à tout.
— À quoi cela serait-il dû ?
— Qu’est-ce que j’en sais ! La fatigue peut-être. À moins que le stress des derniers jours ne soit responsable de tout cela.
— C’est possible. Toujours est-il que le mieux à faire est de ne plus y penser.
— Tu as raison.
— Va chercher Alice. Le repas est bientôt prêt.
Bertrand arriva en haut des marches de l’escalier menant au premier étage. Il frappa à la porte de la chambre d’Alice, mais n’obtint nulle réponse. Il se dit qu’elle tirait sûrement la tête.
Lorsqu’elle était punie, Alice pouvait entrer dans des phases boudeuses dont la durée était parfois assez conséquente.
— En cela, elle a bien le même caractère que sa mère ! se dit-il.
Il entrouvrit doucement la porte. Alice était assise en tailleur à même le sol, le dos tourné à l’entrée. Elle écoutait de la musique, le casque posé sur ses oreilles. Bertrand fut rassuré : sa fille ne boudait pas.
Sentant une présence derrière elle, Alice se retourna et vit son père. Elle ôta le casque et éteignit la chaîne stéréo.
— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d’un ton lourd de reproches signifiant qu’elle n’avait toujours pas digéré les remontrances que ses parents lui avaient adressées.
— On va bientôt souper.
— Je n’ai pas faim.
— Tu sais, ta mère et moi sommes désolés pour tout à l’heure.
— C’est nouveau ça !
— Essaie un peu de comprendre…
— De comprendre quoi ? Que je rentre à la maison en pensant récupérer d’une matinée infernale et que mes parents m’engueulent pour des choses auxquelles je ne comprends rien !
— Si cela peut te rassurer, nous non plus, nous n’avons rien compris.
— Ça, c’est la meilleure !
— Ça peut te paraître bizarre, mais je te jure que lorsque nous avons ouvert la porte de ta chambre avant ton retour, la pièce nous est apparue dans un désordre indescriptible. Ce qui explique notre emportement.
— Vous avez eu une hallucination ou quoi ?
— On n’en sait rien. Bon, tu viens manger ?
Alice observait son père. Il avait l’air plus ennuyé qu’autre chose. Comme la rancune n’était pas un des défauts prédominants dans son caractère, elle décida de faire semblant de rien.
— Qu’a-t-on pour souper ?
— Du hachis parmentier.
— Maman essaie de se racheter ?
— Elle fait du mieux qu’elle peut.
Alice se leva et accompagna son père au rez-de-chaussée.
En entrant dans la cuisine, elle sourit à sa mère qui la regardait du coin de l’œil et s’assit à sa place sans mot dire.
Delphine avait dressé la table sur le temps où elle était restée seule.
— À propos de tout à l’heure…, commença Delphine.
— Laisse tomber, c’est oublié.
— Tu es sûre ?
— Oui, oui. Il n’y a pas de problème.
— Je suis désolée. Ni ton père ni moi ne comprenons ce qui a bien pu se passer.
— Bon. On passe à table ? demanda Bertrand.
Alice adressa un petit sourire à son père en guise de remerciement. Elle n’avait pas envie de prolonger ce pénible échange de propos. Delphine remplit les assiettes et chacun mangea en silence.
Aucune parole ne fut prononcée au cours du repas. Celui-ci fut expédié en quelques minutes.
Tant Alice que ses parents avaient l’habitude de manger rapidement en raison du...

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