Ephémères
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Description

Science-fiction - 253 pages


Oleyn est une île sacrée, centre d'une civilisation brillante et époustouflante, à la technologie inégalée. À son apogée, cette puissante nation va disparaître.


Plus de trois mille ans vont s’écouler, les raisons de cet effondrement sombrant dans l’oubli. L’immensité de la planète Jaëhria, berceau de ce peuple disparu, n’abrite plus désormais que quelques dizaines de milliers d’âmes.


Dǽlron a grandi au cœur des vestiges d'Oleyn. Il y a découvert, gravés sur d'antiques ruines, des inscriptions qu'il ne peut comprendre. Fasciné par ce mystérieux legs des ancêtres, il va parcourir trois océans et la moitié de la planète pour tenter d'en découvrir le sens, jusqu’à rencontrer la mystérieuse et renommée Dépositaire.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9791096384143
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ÉPHÉMÈRES – Tome 1 : Aardhen
M entions légales Éditions Élixyria http://www.editionselixyria.com https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/ ISBN : 979-10-96384-14-3 Corrections : Nord Correction Couverture : Marc Dufosset https://www.facebook.com/marc.dufosset.illustrateur/
Inspiration
À l’origine, Ephémères a trouvé son inspiration dans la série de dessins "Celestial exploring" de l'artiste japonais Kagaya Yutaka. Le récit, les personnages et l'intrigue ont par la suite pris l'ascendant, jusqu’à composer une saga indépendante, dont les racines orientales restent toutefois présentes en arrière-plan.
Dédicaces Sylvie, j'aurais aimé t'appeler en poussant des cris de joie, et te montrer ce texte, ce livre dont nous avions parlé, jadis. Je devrais hélas me contenter de quelques souvenirs, ceux de nos échanges et de tes encouragements. De là où tu es, maintenant, je suis certaine que tu me vois, et que tu souris, comme avant. René, j'aurais tant souhaité venir te rejoindre et, tout doucement, déposer ce livre sur l'accoudoir de ton fauteuil. Voir tes mains tremblantes s'en saisir, le feuilleter, et découvrir ton regard rempli de fierté. Sans vous deux, rien n'aurait pu se faire. Merci à vous d'avoir partagé un bout de chemin dans ma vie.
Remerciements Il y a des noms que l'on retient plus que d'autres, des rencontres qui vous frappent, telles certaines de mes lectrices, de mes amies, de mes connaissances. Florence, Noémie, Marie-T, Catherine… vous avez été mes premières lectrices sur ce texte. Vos encouragements, votre foi sans faille en ses capacités m'ont permis de ne pas lâcher prise. Nathalie, Elina, Aurore, Marie, et tant d'autres que je ne peux toutes citer ici… vous avez permis, d'une manière ou d'une autre, que ce rêve prenne vie. Didier, Laetitia… sans vous, ce texte ne serait pas là, concrétisé, réel à présent. Mille mercis d'avoir cru en moi. Sam, Lucas, Evan… votre patience envers moi et ces heures innombrables passées devant mes cahiers n'ont d'égal que mon amour pour vous. Du fond du cœur, à tous, à toutes : merci de donner vie à ce rêve.
Carte de Jaëhria
Prologue Le son des végétaux écrasés résonne au rythme de mes pas. J’avoue, je ne comprends toujours pas. De la main, j’écarte la végétation, je me fraye un éphémère passage parmi les hautes racines, les larges feuilles et les troncs odorants. Non, je ne comprends pas. Je ne le comprends pas. Pourquoi est-il parti, comme cela ? Les arbres s’espacent, l’horizon se dégage. Je marche plus librement, plus vite aussi à présent. La petite herbe a remplacé les feuilles et les tiges craquantes ; elle étouffe désormais le bruit de ma progression. Bientôt, entre les feuillages miniatures, apparaissent des grains de sable et des restes de coquillage. Je ne suis plus très loin. À l’orée de cette forêt, je m’immobilise. Face à moi s’étale le lagon, tout d’eau claire et limpide, si calme et si lumineux comparé à l’océan qui m’environne. Mais ce n’est pas l’eau turquoise que je contemple, non. C’est cette terre qui en brise l’uniformité, point montagneux culminant de notre monde. De mon monde. Cette île ceinturée d’îlots, centre des mystères et de notre passé. Celle que nous abordons avec respect, que nous protégeons avec patience. La terre autrefois bénie, à présent oubliée, sur laquelle nous veillons patiemment. Oleyn. C’est ainsi que nous la nommons. Pourquoi donc ai-je voulu la voir ? Je la connais ! Je devrais repartir. Il ne me sert à rien de rester là. Ça ne le fera pas revenir… Mon regard reste pourtant rivé à ces flancs de verdure exubérante, à ces falaises de végétation qui viennent se noyer dans notre mer intérieure. Et je persiste à la contempler. À la détailler comme je l’ai rarement fait. J’englobe ses pentes abruptes, les contrastes de couleurs, la flore multicolore, la crête dentelée. Je m’attarde sur la mince étendue sableuse, à fleur d’eau, d’où émergent ces restes en pierre d’un autre temps. Des ruines, il y en a beaucoup. Sous l’eau, nous les utilisons pour nos pépinières de corail. Sur terre, dans la couronne d’îlots, elles sont les bases de nos habitations et de nos traditions. Mais, là-bas, sur cette terre centrale… sur Oleyn… c’est autre chose. Du moins est-ce ainsi qu’il le percevait. Les vestiges de cette île ont une valeur sacrée pour nous qui veillons sur elle. Elles sont le témoignage d’un âge oublié, qui n’apporta que mort, souffrance et désolation. Lui ne voyait pas cela ainsi. Il les considérait comme une réponse à venir pour notre peuple et notre culture. Je détaille les colonnades brisées et usées par le temps, là-bas par-delà l’eau claire. Un soupir, le temps d’une ultime réflexion, peut-être ; et je quitte le couvert de la forêt pour le sable brûlant, le vent bruyant, le ressac constant. J’avance jusqu’à cette eau qui se dépose en rythme à mes pieds. Contre les colonnades débute un sentier sinueux, dont on peut deviner la progression parmi la verdure étouffante. Plus haut, il s’y perd entièrement, serpentant encore un peu avant de s’incliner pour longer le flanc de l’île… jusqu’à aboutir à un surplomb. Là, résiste vaillamment une ancienne construction. Posée juste au-dessus d’une cascade sans fin, elle est constituée d’une petite structure ronde et d’un amas de blocs polis par le temps et les pluies, enfouis dans la végétation envahissante, sur lesquels, en cherchant bien, on peut distinguer d’anciens tracés érodés par les éléments. Si je me fie à ses propos, le sentier continue encore plus loin, dans la montagne, jusqu’à atteindre ce pic contre lequel, dans de bonnes conditions atmosphériques, l’on peut apercevoir l’aplanissement pratiqué de main d’homme, jadis ; et où subsistent d’autres assemblages de cette époque perdue.
Ces ruines, cause de tout ! Il prétendait avoir découvert quelque chose dans ces traits à peine visibles sur les faces de ces vestiges. Il y allait inlassablement les étudier. Au soir revenu, il m’en parlait avec enthousiasme et je m’efforçais d’oublier les heures innombrables où j’avais vainement espéré qu’il m’aurait préférée à ces tracés anciens, à cette recherche obsédante qui, chaque jour, l’éloignait un peu plus de moi – ne serait-ce qu’une fois. Il s’en retournait dès l’aube, ignorant ma peine et mes attentes, y chercher d’improbables réponses. Faut-il être fou ! Je détourne le regard du lieu. Je ne veux pas y penser. C’est cela qui me l’a enlevé. Je n’aurais pas dû venir ici ! Rageusement, je quitte la plage pour le calme et le couvert de la forêt. À la brûlure du soleil succède l’apaisement de la mi-ombre. La lumière décroît quelque peu. Si je veux regagner mon abri ce soir, je ne dois plus tarder, sinon la marée me bloquera bientôt le passage. Après un dernier regard à cette plage où il se tenait ce matin encore, paré au départ pour cet ailleurs qui l’attirait tant, je m’enfonce parmi les arbres. J’enjambe les racines et les pierres, franchis les trouées d’eau machinalement, l’esprit ailleurs. Lui aussi empruntait ce chemin pour me rejoindre. Le village est juste là, au prochain tournant, petit amas de cahutes et de tentes par lequel il devait aussi forcément passer. Je m’arrête à la limite de ce coin arraché aux arbres et aux animaux. Les sons étouffés des conversations, l’odeur atténuée des feux me parviennent. Je pourrais presque percevoir sa haute silhouette s’avançant d’un pas décidé vers la demeure de Dao – la plus proche – et les entendre se parler brièvement. Il n’est pas difficile de l’imaginer ensuite se faufiler parmi les maisons et s’enfoncer sur ce sentier jusqu’à la demeure de Dǽgan et Denaël. Sans aucun doute aurait-il échangé un regard complice avec Dǽgan. Frères d’adoption par nécessité, Dǽlron et Dǽgan détiennent cette capacité que nous leur envions tous, de se comprendre sans un mot. À moins que les deux hommes n’aient été absents de leur maison, auquel cas il aurait passé son chemin et continué… plus loin. Je délaisse le village pour m’enfoncer de nouveau dans la forêt, environnée des sons et cris d’oiseaux, des odeurs de terre, d’humidité, de feuilles et d’animaux, et de la pénombre propre aux grands arbres. * * * Rapidement, j’atteins l’extrême limite de la forêt et une courte plage partiellement submergée par les vagues mêlées du lagon et de l’océan. Je bifurque alors pour traverser, de bloc en bloc rocheux, un bras de mer. J’y suis arrivée à temps, les vagues ne l’ont pas encore recouvert. Bientôt, « mon » îlot sera coupé du reste des Flottantes, ces petites îles qui ceinturent Oleyn et sur lesquelles nous vivons, pour quelques heures. Du dernier roc, je saute sur une langue de sable bordant un promontoire. Un large éboulis y détruisit jadis la plage qui s’étirait en contrebas, ne daignant en laisser que quelques restes souvent submergés. Grimper parmi ces roches est devenu une habitude et d’instinct, je trouve mes prises et progresse dans mon ascension. Dǽlron aussi s’élevait sans réelle difficulté, profitant de sa grande taille pour escalader rapidement. Peu avant le sommet de l’éboulement se devine un étroit passage entre deux gros rochers. C’est là que continue mon chemin, là que je m’engage, avant de cheminer entre les arbres qui ont poussé ici. Je me faufile parmi de nombreuses branches et racines avant d’atteindre une large zone dépouillée. Ma maison. Entre les troncs et quelques gros rochers est posé tout ce qui fait
mon quotidien : sièges, hamac, ustensiles, sacs et coffrets. Plus loin, en continuant, on aboutit à un amas de rocs fracassés, contre lesquels, en contrebas, l’océan extérieur se jette en vagues écumeuses et impressionnantes les jours de tempête. Mon univers de solitude et de quiétude. Alors que je me redresse face à ma demeure, il me semble encore le découvrir, incertain, émerger de l’amas de branchages, ainsi qu’il l’avait fait il y a quelques lunes à peine… Il avait surgi dans mon îlot à la nuit tombante. J’avais su par la suite qu’il avait passé la journée sur Oleyn, à explorer les vallons et la montagne, puis qu’il était allé visiter Dǽgan, Dao et Denaël avant de venir à moi. — Dǽlron ? m’étais-je étonnée. — Je ne reste pas longtemps, avait-il répondu en évitant mon regard. Le contempler me rappelait nos nuits ensemble, nos corps entremêlés et nos nages communes dans la mer. C’était ensemble que nous avions appris l’amour, auprès de moi qu’il avait trouvé réconfort quand Landran était décédé. Ses pensées suivaient le même chemin que les miennes, je le voyais au fond de ses yeux… Il avait cependant fait taire ses souvenirs, tout comme moi. — Je voudrais te montrer quelque chose. Sur Oleyn. Rejoins-moi demain matin, sur la plage. Ma plage. J’ai demandé aux autres de venir aussi. — D’accord. J’avais continué de le dévisager d’un air interrogateur, aussi avait-il battu rapidement en retraite vers les branches. — Dǽl... attends ! Mais il ne s’était pas retourné.
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