Héritage mortel
172 pages
Français

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Héritage mortel , livre ebook

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Description

Dystopie - 340 pages


Je me disais que la vie ne pouvait pas être pire. Monumentale erreur ! La roue tourne, soi-disant... mais dans mon cas, elle m’entraîne davantage vers l’horreur.


Qu’y a-t-il de plus terrible que de perdre ses parents à dix-sept ans ? Peut-être d’apprendre que son père a créé un fléau invisible qui pourrait tous nous anéantir.



Ce que je dois faire ? Me battre pour la survie de mon jeune frère... et pour celle de l’humanité tout entière.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 7
EAN13 9782379613623
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Héritage mortel


Tasha Lann
Tasha Lann


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-362-3
Concept de couverture : Didier de Vaujany
Au premier homme de ma vie.
À toi, Papa.
Je t’aime.
PROLOGUE
Thierry Rohal



Aéroport de Cheerville
La sueur perle sur mon front. Je m’essuie rapidement d’un revers de manche pour ne pas trahir ma nervosité.
L’hôtesse qui me fait face pianote sur son clavier avec dextérité. J’observe discrètement les alentours. Rien de suspect. Pour le moment.
— Il reste une place pour un vol direct à destination de Bambari. Êtes-vous sûr de ne pas vouloir choisir votre destination ?
Elle me regarde d’un air suspicieux, mais cela ne suffit pas à me faire changer d’avis.
— Oui, le premier avion qui décolle sera le mien.
Mon sourire tendu ne semble pas la convaincre. Je n’ai jamais été bon comédien. Pourtant, en parfaite professionnelle, elle prépare mes documents.
— Vous devriez vous dépêcher…, dit-elle en me tendant enfin mon billet.
Après l’avoir remerciée d’un hochement de tête, je me précipite vers la zone d’embarquement préalablement repérée.

Tandis que je m’affale sur mon siège en classe économique aux côtés d’un touriste empestant la transpiration, mon cœur bat la chamade. Je ne me connaissais pas cette endurance, la peur m’a fait pousser des ailes.
Une main posée sur la poitrine, j’essaie de respirer calmement. Peine perdue. Du moins, tant que je n’aurai pas quitté le sol.
Installé loin du hublot, j’aperçois seulement le ciel voilé à travers la vitre. Aussi terne que mon destin. Lorsque débutent les instructions de sécurité, je me sangle prestement alors que mon voisin tente d’engager la conversation. Il est impatient de profiter de ses vacances. J’esquisse un mince sourire, pas vraiment d’humeur.
Pendant qu’il se la coulera douce, moi, je tenterai d’éviter un cataclysme. Je n’ai pas d’autre choix que de tout quitter : ma famille, ma maison, mon travail. C’est d’ailleurs ce dernier qui est à l’origine de ma fuite. Et qui entraînera prochainement ma fin.
Quelques secousses. De la vitesse. Les pneus quittent enfin l’asphalte. Je retiens mon souffle, craignant un changement brutal de direction et un atterrissage en urgence. Car ils me cherchent déjà, cela ne fait aucun doute. Et ils me trouveront. La traque ne fait que commencer… Mais le temps sera mon allié.
Extraits de journaux du monde entier, durant les quatre années suivantes



Le Monde , Paris, faits divers
« Toujours aucune piste sérieuse dans la disparition de Thierry Rohal, scientifique renommé.
Père de famille aimant, Thierry Rohal n’était pas un homme à problème…
La piste de l’enlèvement n’est pas privilégiée. Thierry Rohal n’avait pas d’ennemi connu et sa vie était, selon son épouse, relativement paisible : il travaillait beaucoup et aimait profondément ses enfants.
Son absence reste inquiétante pour ses proches, la thèse d’un suicide est avancée par ses confrères qui craignaient déjà de le voir sombrer dans une dépression nerveuse depuis quelques mois. L’enquête s’oriente donc dans ce sens… »



Africa Times , Centrafrique
« Bombardement français inexpliqué.
Alors qu’ils survolaient notre pays avec autorisation, les militaires français ont lâché leur première bombe au cœur de la forêt tropicale. Nous ignorons toujours ce qui a motivé une telle attaque, il semblerait que le dossier soit classé « secret défense ».
Notre pays est-il la cible d’un complot international ?
Les frontières sont temporairement closes. Personne ne peut entrer sur le territoire de la République centrafricaine ou le quitter, le temps que nos dirigeants éclaircissent la situation.
La mobilisation est sans réserve. L’armée, des associations caritatives ainsi que des civils volontaires sont déjà sur les lieux pour rechercher d’éventuels rescapés. Si aucune ville ne se trouvait au cœur de l’explosion, plusieurs villages ont été soufflés par la déflagration. Les autorités estiment heureusement davantage de pertes matérielles et environnementales qu’humaines.
Il reste à espérer que peu de personnes se trouvaient dans la jungle ce jeudi… »



Daily News , New York
« Les ressortissants américains bloqués depuis quelques semaines à Bambari, en République centrafricaine, vont bientôt pouvoir regagner leurs foyers. Aucune victime n’est à déplorer parmi eux. Ils sont attendus pour jeudi au plus tard. Leurs proches sont hébergés non loin de l’aéroport international John F. Kennedy, impatients de revoir ceux qui ont échappé de peu à ce qui semble être un bombardement d’essai, un test non répertorié qui n’aurait fait l’objet d’aucun contrôle. La France se confond en excuses. La séparation imminente de leur armée et du gouvernement en deux États distincts engendre de véritables catastrophes. Il est temps que les Français prennent le problème à bras le corps… »



Korean News , Corée du Sud
« Ils sont enfin de retour. Après avoir été bloqués durant un mois à Bambari, en Centrafrique, et parcouru 10 000 kilomètres en avion de ligne, nos compatriotes sont de nouveau chez eux.
Les retrouvailles ont été particulièrement émouvantes. Espérons qu’un tel incident ne se reproduise jamais. »



The Australian , Australie
« La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit, affirme le dicton populaire.
Cela n’est désormais plus vrai.
Les trois citoyens australiens rescapés de la tragédie africaine viennent de trouver la mort dans un crash d’avion en plein océan Indien.
Motivés et volontaires, Olivia, vingt-trois ans, Emily, vingt-six ans, et Riley, trente ans, avaient passé dix-huit mois en Centrafrique pour aider à reconstruire les villages dévastés. Faisant montre d’une humanité hors du commun et d’une empathie à toute épreuve, ils ont démontré que l’unité faisait la force et que solidaires, les hommes pouvaient surmonter bien des épreuves.
Leur mission humanitaire venait tout juste de s’achever. Ils ont embarqué hier matin, mais pour une raison encore inconnue, leur avion s’est écrasé. La rédaction partage la peine des familles des 108 voyageurs qui se trouvaient à bord de l’appareil.
Selon les premiers indices, toute communication avec les pilotes a été brusquement interrompue avant la descente aux enfers. Les boîtes noires sont activement recherchées et les enquêteurs espèrent qu’elles fourniront des explications quant au déroulement de ces funestes événements. »



Le Monde , Paris, faits divers
« Le sort s’acharne sur les survivants de l’attentat à la bombe en Centrafrique. Deux ans après ce tragique événement, le pays vit de nouveau un drame de grande envergure.
La population souffre d’un mal étrange qui ravage tout sur son passage. Les frontières étant minutieusement contrôlées, voire closes pour certaines, il nous est difficile d’en savoir plus. Plusieurs équipes de secours s’apprêtent à rejoindre cette nation endeuillée. La France se doit de fournir toute l’aide dont elle est capable pour rattraper son erreur passée. Même si rien n’effacera jamais la tragédie dont nous sommes responsables… »
CHAPITRE 1
Alix
 

 
— T’es pas mon père !
— Ta gueule ! 
J’ai beau m’y attendre, la claque qui s’abat sur moi me fait tressaillir. Je fusille du regard, non pas mon agresseur, mais ma mère, qui assiste à la scène, prostrée dans un coin de la cuisine. C’est toujours pareil !
À la mort de mon père — il y a presque quatre ans –, elle s’est jetée sur le premier type venu, désireuse de conserver une famille traditionnelle avec deux parents. Résultat, nous sommes tous régulièrement passés à tabac sans qu’elle ne lève le petit doigt. Je crois qu’elle ne se rend même pas compte de la gravité de la situation. Elle est tellement… méconnaissable depuis qu’il est entré dans sa vie ! La femme au foyer dynamique et attentionnée a laissé place à un fantôme sans ambition.
Je serre la mâchoire. Ce coup-ci, c’est différent. Il s’agit d’un plan minutieusement préparé. Se laisser frapper dans l’espoir de faire cesser cet enfer est assez risqué, mais je n’ai rien trouvé de mieux pour nous sauver.
— T’as quelque chose à rajouter ingrate ? Ta mère t’a dit non, alors tu obéis ! 
Malgré moi, des larmes commencent à me piquer les yeux. Tant de douleur que de crainte. Déterminée, je parviens tout de même à les refréner avant le déluge. Je ne lui donnerai pas satisfaction. Pas cette fois. C’est terminé !
— J’irai à cette soirée avec ou sans son accord. 
Je n’ai pas le temps de recevoir son poing dans l’estomac que maman est sortie de sa torpeur et lui retient le bras.
— Chéri, après tout, qu’elle y aille, nous serons en amoureux ! minaude-t-elle.
— Hors de question ! C’est mon autorité qu’elle défie ! beugle-t-il.
Elle lui caresse alors le biceps d’une main incertaine. Erreur que j’attendais. Il lui assène aussitôt un torrent de coups et d’injures. Telles des briques de béton, ses poings s’abattent sur son corps frêle. Elle se recroqueville au sol en position fœtale, le suppliant d’arrêter.
Je serre les dents. J’en ai assez de voir ça. Mon point de rupture est atteint. C’est ma mère, merde ! Pas celle que j’ai connue durant les treize premières années de ma vie, lorsque mon père était vivant, mais ma mère tout de même.
Les cris secouent la maison. C’est un cauchemar. Tout le quartier entend, mais personne ne vient à notre secours. Prétendre ignorer les problèmes d’autrui est la stratégie unanimement adoptée par tous nos voisins. Chacun ses soucis ! Lorsque j’ai compris que personne ne se risquerait à nous venir en aide, j’ai décidé de prendre les choses en main. Que pouvais-je bien faire d’autre ? Le destin de ma famille est entre mes doigts tremblants. Si je ne l’arrête pas, il va la tuer.
Je ne réfléchis plus. Il doit payer. Il va payer. Je vais lui faire payer . Je me répète cette litanie pour nourrir mon courage, ma force et taire mes faiblesses. Je vais l’arrêter une bonne fois pour t

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