Hier reviendra
312 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Hier reviendra , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
312 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Parents comblés à qui tout sourit, le ciel d’Éric et Barbara s’assombrit le jour où un drame emporte leur univers et fait basculer leur vie. Lorsqu’arrive le temps de la reconstruction, ils sont alors confrontés au comportement étrange de l’un de leurs fils. Pour tenter de le comprendre, ils vont s’efforcer de regarder le monde à travers ses yeux d’enfant et se lancent dès lors dans des recherches qui ne cesseront de les surprendre autant que les bouleverser. Par amour pour leur petit garçon, ils abandonneront peu à peu leurs repères. Mais jusqu’à quel point seront-ils prêts à changer leur perception de la réalité et jusqu’où iront-ils pour libérer leur fils de ses tourments ?


Hier reviendra est un voyage au-delà des convictions, l’histoire d’une différence et la quête d’une reconstruction intime.




Née en 1987, Julie Broly s’est découvert une passion pour le monde hispanique après des études de langues et plusieurs voyages à l’étranger.



Depuis douze ans, elle enseigne l’espagnol dans son Nord natal auquel elle est attachée.



En 2017, à l’aube de ses trente ans, elle se lance dans l’écriture d’un premier roman, Caliéor, publié aux Éditions de la Rémanence.



Amoureuse de la nature et férue de randonnée, elle aime se ressourcer et puiser son inspiration dans les écrins de verdure d’ici et d’ailleurs.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379661204
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Julie BROLY

 
 
HIER REVIENDRA
 

 Les éditions L'Alchimiste
 
Cet ouvrage est une production des Éditions L’Alchimiste (originellement sans DRM).

© Les Éditions L’Alchimiste - 2021
Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation conjointe des Éditions L’Alchimiste et de l’auteur.
ISBN:  9782379661204
Dépôt légal à parution.
Photo de couverture: Adobe stock
Mise en page Les éditions L'Alchimiste

www.editionslalchimiste.com 
Chapitre 1
1 + 1 = 4

― Vas-y, souffle ! Et fais un vœu !
Léo fête ses six ans aujourd’hui, mais sur l’énorme gâteau d’anniversaire que le pâtissier a passé la matinée à préparer, sa mère n’a disposé que cinq bougies. Elle n’est pas étourdie, elle voudrait juste effacer du calendrier l’année qui vient de s’écouler.
Léo ferme les yeux et prend une grande inspiration. Il n’a qu’un seul souhait mais il hésite, il a peur de trahir sa mère. Il sent bien qu’elle a du chagrin et que c’est à cause de lui. Il la regarde furtivement et se dit finalement qu’elle n’en saura rien. Alors il souffle. Les bougies s’éteignent du premier coup, il formule son vœu tout bas : que l’objet de ses pensées, souvent absent ces derniers temps, ne l’abandonne pas.
Léo soupire, la tête ailleurs.
― À quoi songes-tu ? lui demande sa mère en lui caressant les cheveux tendrement.
Le blondinet baisse le menton et ne lui répond pas. Il n’a pas envie de lui faire davantage de peine.
― Encore lui  ? murmure-t-elle avec mélancolie.
Léo se mord les lèvres. Elle a deviné.
― Il compte... bafouille-t-il.
― C’est fini maintenant . Il est loin et ne reviendra pas. Tu dois l’oublier !
La bouche de sa mère frémit. Elle est troublée, une fois de plus. Il savait que ce vœu allait lui attirer des ennuis. Ce garçon lui avait bien dit de ne plus jamais parler de lui.
Léo s’en veut. Honteux, il se tourne vers son père qui le déculpabilise aussitôt.
― Ne t’inquiète pas, fiston. Tout va rentrer dans l’ordre, il faut simplement donner encore un peu de temps à maman.
Son père lui entoure l’épaule de son bras rassurant et lui sourit. Lui l’a toujours compris et ne l’a pas sommé de tirer un trait sur ses souvenirs. L’autre soir, après l’avoir bercé délicatement, celui qu’il appelle en secret son héros lui a même dit toute sa fierté et lui a promis que bientôt, leur famille serait de nouveau heureuse et très unie. Alors en attendant, Léo rêve que sa mère redevienne comme avant.
 
Douze mois plus tôt.
 
Barbara s’agite derrière les fourneaux. Pour une fois, elle a décidé de préparer un vrai repas et s’est juré de ne pas faire appel au traiteur chinois du bas de l’avenue, celui chez qui elle se rend quasiment tous les jours depuis un an. Aujourd’hui, c’est dimanche, elle a le temps et veut faire plaisir à ses enfants. Théo, son ado de fils, lui a réclamé un hachis Parmentier et Léo, son petit dernier qui s’apprête à fêter son cinquième anniversaire, lui a commandé un trio de desserts. Elle a déjà cuit la tarte aux fruits et enfourné le fondant au chocolat. Reste les sablés, qu’elle nappera de confiture de lait.
― Les garçons, descendez m’aider ! leur crie-t-elle du fond de la cuisine.
Pas de réponse. Aucun mouvement. Comme d’habitude, ses enfants rechignent à venir mettre la table. Qu’importe, elle le fera dès qu’elle aura terminé la préparation du repas. Pour l’occasion, elle a acheté des jolies serviettes en papier argent et or – les préférées de Léo – et des confettis métallisés « Happy Birthday » qu’elle disséminera sur le chemin de table. Elle a aussi prévu d’accrocher des ballons imprimés aux dossiers des chaises et de sortir les assiettes à liseré doré chinées dans un vide-greniers. Elle veut que cette journée d’anniversaire soit parfaite, elle tient à voir son fils heureux. Pas de grande fête, pas d’invités, juste un déjeuner en famille, rien qu’eux quatre. Parce qu’à quatre, ils ont trouvé leur équilibre. Ils se suffisent. Dans cette ville où ils ont emménagé l’an dernier, à des centaines de kilomètres de là où ils habitaient autrefois, ils se sentent chez eux, ils sont bien. Ensemble. Ils n’ont besoin de rien d’autre.
Dans la cuisine surchauffée par l’utilisation intensive des appareils de cuisson, Barbara commence à étouffer. Malgré le froid extérieur, elle ouvre la fenêtre aux vitres couvertes de buée et respire avec soulagement l’air frais qui pénètre dans la pièce. Elle en profite pour faire un signe de la main à son mari, occupé dehors à couper du bois près de la remise. La vue des arbres dénudés et de la pelouse prise par le givre l’apaise. Elle a toujours aimé l’hiver. Ne manque plus que la neige, qui tarde à se montrer cette année.
 
**
 
Les mains endolories par le manche de la vieille hache, Éric rentre du jardin, les bras chargés de bûches. Il va pouvoir allumer le tout premier feu de la saison, dans la cheminée qu’il a pensé à faire ramoner le mois dernier. Jusque-là, la chaudière installée au début de l’automne assurait à sa famille une douce chaleur, mais aujourd’hui, il veut faire une surprise à Léo – qu’il sait fasciné par l’ondulation des flammes dans la cheminée – en lui offrant pour ses cinq ans le spectacle réconfortant du bois qui crépite dans l’âtre rougissant.
― Bon boulot, mon chéri ! Avec toutes ces bûches, on a de quoi tenir un siège !
Éric sursaute et aperçoit Barbara, qui l’a rejoint au salon. À son air malicieux, il comprend qu’il en a encore trop fait. Il la connaît par cœur et l’aime toujours autant après quinze années d’union. Un mariage précipité, peu avant la naissance de son fils aîné, pour respecter la tradition et s’éviter les foudres de ses parents, fervents croyants. Mais il ne l’a jamais regretté.  
― Le déjeuner est prêt. Tu m’aides à mettre le couvert ? Les enfants ne sont pas très motivés pour le faire, lui demande-t-elle en l’enlaçant.
Éric lui dépose un baiser sur le front et ne peut s’empêcher de plonger son regard dans ses yeux profonds. Le jour de leur rencontre, par un bel après-midi d’été, c’est ce qui l’avait attiré chez elle. Il se souvient comme si c’était hier de ses grands yeux saphir ensoleillés qui l’avaient transporté instantanément sur les lagons aux mille reflets bleus de ces îles paradisiaques où les cocotiers se balancent au rythme des alizés.
― Accordé. Je lance le feu et ensuite, je te donne un coup de main. Mais tu sais que la décoration n’a jamais été mon fort…
― Tu sauras bien gonfler quelques ballons et plier des serviettes en papier. Et puis, je préfère que tu excelles dans un autre domaine, lui chuchote-t-elle en frôlant son entrejambe de ses doigts délicats.
Éric lui attrape le poignet et prend un air faussement effarouché.
― Doucement, les enfants pourraient nous voir !
― Nos deux monstres sont vissés sur leurs écrans. Aucun risque qu’ils nous surprennent !
 
**
 
Léo éteint la télévision. Son émission préférée a été déprogrammée. La mine renfrognée, il quitte la mezzanine, traverse le couloir et fait irruption dans la chambre de son frère.
― Tu me prêtes ta console ?
― T’es trop petit, c’est pas pour toi ! Va jouer ailleurs ! lui assène Théo sans même le regarder, absorbé par le jeu vidéo qu’il a reçu à Noël dernier.
Léo le saisit par la manche de son pull, en prenant garde à ne pas filer les mailles. La dernière fois qu’il s’est énervé sur son frère, c’était avant-hier. Ce jour-là, il avait troué son sweat-shirt et avait dû subir les longues remontrances de ses parents. De son père, surtout, qui lui avait dit sur un ton très sérieux que s’il recommençait, il serait privé de dessins animés à tout jamais.
&#

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents