Insomnies
150 pages
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Insomnies , livre ebook

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Description

Un jeune écrivain cherche désespérément un remède dans le milieu underground parisien. Car il ne dort plus. Rien ne semble pouvoir guérir son mal, pas même les drogues, le conduisant dans un enfer peuplé d’abominations, ni Marianne, un ange semblant tombée du ciel pour le protéger. Rien. Ses cauchemars se confondent bientôt avec une réalité dans laquelle il perd pied. Rêve-t-il éveillé ? Une spirale infernale le tourmente de jour comme de nuit. Un pan caché du monde s’offre à ses yeux tourmentés.



Entre fiction et témoignage autobiographique, Insomnies dépeint les troubles et les espoirs des nouvelles générations dans une société décadente où la quête de sens, vitale, contrebalance la multiplicité excessive des expériences. Une fable noire, sans concessions, empreinte de mystères, qui offre un regard nouveau sur les ténèbres de la nuit et notre rapport à la folie.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782381241043
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Insomnies
 
Alexian Lipowiecz
 
 
 
FABRIQUÉ EN FRANCE
ISBN : 978-2-38124-104-3
© Juillet 2021, YOUSTORY
 
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
 
L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre.
 


© Lipowiecz Alexian Auteur, Illustration, Éditeur, 2021
 
«  Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants-droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
 
 
 
Alexian Lipowiecz
75011 Paris
www.lautremondefestival.squarespace.com
 
À ma m è re, Emmanuelle.
Et à mon amour, Magdalena.
 
 
Prologue
 
« L ’ autre ! L ’ autre ! » C ’ est ce que cria la femme à côté de moi pendant un de ses cauchemars.
Ce genre de terreurs nocturnes était devenu une habitude pour nous. Au bout de plusieurs années de relation, les cris en pleine nuit étaient fréquents. Je me réveillais en sursaut et lui tenais les épaules pour éviter tout mouvement brusque. Dieu sait ce que pourrait faire une personne en furie, dans le doute, entre la réalité et le cauchemar. Une fois calmée, nous parlions de ce qu ’ elle avait vu.
Fréquemment, c’était un démon, une créature noire aux immenses cornes, aux yeux jaunes et aux doigts crochus qui venait la tourmenter. Cependant cette nuit-là, contrairement aux autres nuits, mon aimée me regarda droit dans les yeux avec un air d ’ effroi et me murmura : « Cette fois, il s ’ est mis au-dessus de toi. Il commençait à t’étrangler… »
Elle se mit à pleurer. Je ne pus m ’ empêcher de la prendre dans mes bras. Je dis « m ’ empêcher » car, bien qu ’ elle se tînt comme souvent couchée à côté de moi, acceptant mon étreinte, je savais que cette nuit était la dernière. La femme m ’ avait quitté la veille, mais n ’ avait pu se résoudre à me laisser seul avec mes affaires avant le lendemain.
Sentant qu ’ elle s’était calmée et endormie, je me laissai aller à mon tour à un sentiment de tristesse qui, je le savais déjà, ne m ’ abandonnerait pas de sitôt.

 
 
 
 
Chapitre 1
Encore un réveil

 
 
Ma vie était, dans un sens, profondément changée depuis ma rupture avec cette femme. Je ne cherchais pas à me faire passer pour un énième grand martyre pleureur qui ne désirait que trouver une épaule sur laquelle s’épancher. Souvent, nous omettons notre part de fautes dans les raisons de la rupture.
Des erreurs, j ’ en avais fait, je ne pourrais jamais les cacher. Malheureusement, ce n’étaient pas mes actes qui m ’ avaient amené à cette solitude, cela aurait été trop simple. Tout ce que l ’ on peut garder à l ’ esprit d ’ un passé qui, pour moi, a constitué une représentation distincte du bonheur, est que j ’ ai aimé, réellement, profondément.
J’émergeai ainsi, comme trop de matins, avec un sentiment de vide profond. Une sorte d ’ errance propre à l ’ homme lorsque les émotions l ’ abandonnent, lorsqu ’ il interroge le sens de la vie après une bonne nuit de sommeil. Le sommeil, j ’ avais du mal à le côtoyer, Morphée me refusait ses bras depuis ce qui me semblait une éternité.
Il est amusant de remarquer, lorsque nous dormons peu, la sensation d ’ avoir encore de l’énergie, de se sentir comme « plus en forme ». Une énergie qui peut surprendre les autres, une vivacité étonnante, quelles que soient les circonstances. Et puis, après plusieurs nuits d ’ insomnie, notre état se dégrade. Nos gestes, sans que nous nous en apercevions, deviennent plus lents, nos pas, aussi lourds que nos paupières, vacillent au gré d ’ un vent que l ’ on n ’ avait jamais senti aussi fort, aussi glacial, jusqu’à nous rendre compte que notre flottement entre les minutes nous a fait passer de l’été à l ’ hiver.
Le monde devient plus rapide, les événements se bousculent, créant un vertige qu ’ une seule chose parvient chez moi à stopper : la cigarette. Bâtonnets aux allures mystiques, créateurs de pauses, ralentisseurs de monde. Combien de discussions ont-elles été créées, et combien d ’ humains sont-ils morts à cause d ’ eux ? Créateurs d ’ instants, ils étaient devenus des amis que je fréquentais régulièrement pour pallier ces insomnies. Chaque bouffée était un coup de poignard qui rappelait à chaque mégot écrasé que j’étais encore en vie, que je l’étais avant et que, malgré les dangers pour ma santé, je l’étais après…
Mes jours étaient gérés par cette morbide insomnie. Je ne faisais plus grand-chose de mon quotidien, laissant s ’ empiler un courrier mental dans un creux de ma tête, griffonnant de temps en temps sur un bout de papier des idées de récits que je finissais par perdre. Je fumais à nouveau, par la fenêtre, en pensant à tout ce que j ’ avais à faire. Dès que j ’ avais terminé ce temps avec moi-même, je sortais une autre cigarette de ma boîte, pour rallonger ma réflexion.
Bien sûr, parfois, je réussissais à me motiver. Je m ’ asseyais sur mon siège de bureau en bois, sortais un stylo de ma trousse et mon carnet. J ’ avais bien un ordinateur, mais lorsque l ’ inspiration me venait, une envie de retour aux outils rudimentaires se faisait ressentir.
Je retirai ainsi le capuchon bleu de mon stylo et posai la pointe sur la page vierge pour ne noter qu ’ un « rien ». « Rien », c ’ est tout ce que je réussis à écrire. Je regardai ce mot inutile, insignifiant, comme perdu sur un désert blanc, sans raison ni sens à sa propre existence. J’étais stupéfait. Les idées qui avaient germé dans mon esprit au point que je me remette à écrire, réduites à un bête mot : « rien ». Ce mot que je détestais, que je voyais comme le symbole du néant imaginatif. Inutile dans une phrase, il est plutôt révélateur que quelque chose manque. Après un long temps à ne vivre que du « rien », le « rien » m ’ inondait.
Parfois, j ’ acceptais qu ’ il soit si présent, au point de ne faire qu ’ un avec lui. Ce « rien » que j ’ avais écrit, en le pratiquant, en le mangeant, en le laissant m ’ isoler des autres.
 
Je m’énervai, seul dans mon appartement, jetant sur le sol les affaires posées sur mon bureau, d ’ un geste brusque. Le vacarme que tout cela provoqua me fit entrer dans une frénésie. Je ne pensais plus, je détruisais ce que je m’étais efforcé de garder rangé. Je m ’ arrêtai dans cet élan lorsque le téléphone sonna.
C’était Maxime, mon ami. Il me proposait d ’ aller boire un verre au café de la Bastille. Accepter me parut évident, la solitude me rendait vraisemblablement fou. Je pris ma veste en enjambant ce que j ’ avais, par un malin plaisir, renversé quelques secondes plus tôt.
Je claquai la porte, laissant derrière moi un appartement des plus simples, si simple que j ’ en ai oublié de le décrire. Ce n’était pas un endroit très accueillant, malgré mes efforts pour le rendre propre et ordonné. Parfois, on ne peut cacher la froideur d ’ un lieu, il finit toujours par divulguer, par un détail quelconque, ce que nous sommes vraiment. C ’ est peut-être pour cette raison qu ’ un ami avait une fois utilisé d ’ un ton railleur le terme de « tombeau ». J ’ avais ri jaune, mais il n ’ avait pas tort.
 
 
 


Chapitre 2
Un café, une clope et le temps qui passe
 

 
 
 
J'arrivai au café de la Bastille. Ce n’était pas son vrai nom, mais mes amis et moi avions pris l ’ habitude de l ’ appeler ainsi, par facilité. Nous sortions souvent à une époque, et aucun bar des différentes « rues de la soif » de Paris n ’ avait de secret pour nous.
J ’ aimais Bastille et sa rue de la Roquette qui symbolisait pour moi un mélange culturel. Non pas du fait des différentes ethnies qui peuplaient Paris, mais à travers la classe sociale des passants qui ne cessaient de défiler. Les personnes de classe moyenne se dépêchaient de rentrer chez elles pour profiter de leur vie de famille, comme on leur avait appris à le faire. Les plus aisées avaient tendance à se retrouver au même endroit, La Rotonde, un lieu à l ’ ambiance festive, avec boissons hors de prix et repas de luxe. Nous aurions aussi aimé nous asseoir à cette terrasse, pour nous sentir supérieurs aux autres et répondre à leurs regards envieux par un sourire légèrement moqueur, pour essayer.
Et puis, il y avait les autres, les rejetés volontaires, ceux qui n ’ attiraient pas l ’ attention, ou plutôt que l ’ on ne voulait pas voir. Ces sans-abri et ces punks, qui ne demandaient qu ’ une cigarette pour profiter encore un peu de leur journée creuse avec leurs chiens, leurs bières bon marché et leurs amis de fortune au crâne rasé et aux piercings rutilants. Ce tableau désolant à voir, pour celles et ceux qui les regardaient de travers, composait pour ces personnages marginaux la normalité. Ce que certains qualifiaient de misérable n’était autre que la vie dure et réelle pour eux.
Assis confortablement à une terrasse de café, je me sentais en dehors de ces classes préétablies. La fortune pouvait sonner à ma porte aussi vite que la misère, depuis que j ’ avais décidé de vouer ma vie à l’écriture. On pouvait jouir de tous les luxes et garder un esprit de rébellion, face à un conformisme et une vanité qui tiraient l ’ honneur humain vers les abîmes. Ce mode de pensée donnait l ’ avantage d’être accepté ou, du moins, de ne pas se sentir rejeté par qui que ce soit.
Je donnai une cigarette à deux jeunes punks assis à l ’ entrée d ’ une supérette et rejoignis mon ami Maxime au point de rendez-vous. Je le connaissais depuis longtemps, depuis la période du lycée plus précisément. Il était trapu, les cheveux courts et la barbe épaisse et allongée. Certaines choses étaient restées intactes, comme sa franchise, son écoute, son amour pour sa femme et un léger cheveu sur la langue qui rendait chacune de ses phrases uniques à l ’ oreille. Je le saluai et m ’ assis à la place en face de lui.
Pendant que je m ’ allumais une cigarette et qu ’ il remuait avec sa petite cuillère son café dans une tasse à moitié vide, je sentis qu ’ il m ’ observait de près. Il avait certainement remarqué mes cernes ainsi que ma perte de poids, et devait attendre que je fasse le premier pas dans la conversation. Je n ’ osai pas parler, aspirant plutôt de petites bouffées d ’ un mouvement remarquable de la gorge, comme une seconde nature.
La serveuse arriva pour prendre ma commande, ce qui brisa ce petit silence entre lui et moi. Il se décida enfin à sortir lui aussi une cigarette pour m ’ accompagner, puis sourit légèrement, comme pour éviter de me froisser :
— Comment tu vas ? commença-t-il.
— Plutôt bien.
— Tu n ’ en as pas l ’ air.
Je ne sus quoi dire. Il me connaissait assez bien pour voir que cela n ’ allait pas, même si je mentais. Le silence que j ’ espérais brisé s ’ installa à nouveau, laissant parler nos regards, lui essayant de déceler mon état mental et moi cachant le plus possible ce que les miroirs de mon âme pourraient révéler.
— Comment va Virginie ? lui demandai-je en tapotant ma cigarette au-dessus d ’ un cendrier déjà bien rempli par les restes de discussions d ’ inconnus passés.
— Elle va bien. Beaucoup de travail, mais elle ne devrait pas tarder à sortir du boulot. Je lui ai dit qu ’ on se rejoignait ici.
Avoir parlé de sa femme semblait avoir détendu l ’ atmosphère. Nous discutâmes ensuite du travail. Lui parlant des commandes et des nouveautés technologiques dont nous étions amateurs, moi de mes prochaines œuvres, qu ’ il avait hâte de lire. Il savait que je m ’ inspirais beaucoup des gens qui m ’ entouraient pour donner vie à mes personnages, et que mes prochains textes mettraient en scène un homme au caractère très proche du sien.
Après une bonne heure sur ce sujet, une jeune femme s ’ approcha derrière Maxime et l ’ entoura de ses bras avant de poser sur ses lèvres un tendre baiser, qu ’ il lui rendit. La demoiselle était la fameuse Virginie. Petite, cheveux sombres et tempérament de feu, qui se manifestait à travers un acharnement au travail et un goût prononcé pour la musique métal, que nous adorions tous les deux, au grand désespoir de Maxime qui ne jurait que par la musique électro.
Elle s ’ installa à côté de son époux et me fit un grand sourire. Nous lui résumâmes brièvement nos échanges, ce qui lui permit de s ’ intégrer parfaitement à notre dialogue en me racontant ses projets à venir, et en crachant son venin sur certaines de ses collègues superficielles. Ce genre de personnes hypocrites dont nous avons tous fait les frais. Comme les faux amis, qui cherchent tout d ’ abord à nous attirer dans leurs filets par un regard sympathique, pour mieux ensuite nous manipuler ou nous rabaisser, par jalousie ou uniquement par plaisir. Rencontrer des faux amis est la conséquence exécrable, mais inévitable de la recherche de l’épanouissement et de l ’ amitié véritable.
L’écouter parler de ces gens-là nous amusait et nous permettait de nous défouler en imaginant une réalité de leur vie minable qui expliquerait leur comportement : un mari coureur de jupons, un appartement trop petit et mal entretenu, un chien miteux et incontinent se soulageant régulièrement sur le même tapis laid. Ces tableaux nous faisaient beaucoup rire, car toujours plus poussés vers l ’ absurde : un jeune crevant les pneus de sa voiture par erreur le matin d ’ une réunion importante, ou l ’ annonce du départ de la maison de leur junkie de fille de quatorze ans, pour aller vivre avec un dénommé Roger, ancien clown de trente-sept ans, chômeur et père de deux enfants, sous prétexte que ses prouesses sexuelles méritaient que l ’ on fasse sa vie avec lui.
 
Le temps passa vite et avec lui, l’énergie que j ’ avais mise de côté pour notre rendez-vous. Ma vue se troublait légèrement à mesure que les cigarettes s’écrasaient et mes amis le remarquèrent.
— Ça ne va pas ? me demanda Virginie.
— Ça va, une fatigue passagère.
Ils se regardèrent du coin de l’œil et il se produisit comme un échange télépathique.
— Tu sais, si tu as du mal à dormir, Maxime et moi, on utilise des petits médicaments. Ils sont homéopathiques et très efficaces.
Virginie sortit de son sac à main rose et marron deux petites pilules bleues qu ’ elle posa sur la table. J ’ observai les pilules et les enfouis dans ma poche en silence.
Maxime et Virginie me saluèrent et partirent en me promettant que nous nous reverrions bientôt, ce que je promis de même. Cette pause dans le temps m ’ avait fait le plus grand bien, mais ma fatigue grandissait à chaque pas et mon bien-être disparut peu à peu, pour laisser place au vide que je ressentais à mon arrivée. J ’ errai à nouveau sur un chemin que je connaissais par cœur, jusque chez moi, où j ’ allais retrouver le désordre. J ’ espérais à chaque pas que je trouverais le sommeil pendant que, une main dans mon vêtement, je faisais glisser le don de mes amis entre mes doigts.
 

 
 


Chapitre 3
Entrez dans le noir
 
 
 
 
Posées sur mon bureau, les pilules attendaient. Je les fixai longuement, hésitant à en avaler une pour essayer de dormir. Au fond de moi, je n ’ avais pas envie d ’ en prendre : devoir ingérer un médicament pour résoudre n ’ importe quel désagrément de la vie courante me rebutait.
Nous, les êtres humains, avons tendance à tomber aisément dans la dépendance à nos propres créations chimiques. Nous devenons alors une sorte de bombe à retardement. Nous nous réveillons avec une tasse de café comme premier excitant, viennent ensuite les vitamines pour tenir une journée de travail, tout en continuant à ingérer le liquide noir à heures précises. Finalement, le stress d ’ une journée vide de sens amène à prendre des somnifères… Sans parler des drogues, excitantes ou sédatives que nous absorbons de manière récréative. Des bonbons interdits que nous aimons parfois plus que nos proches, car eux seuls nous « comprennent ». Ils constituent des rites de vie humaine, des clefs qui permettent d ’ accélérer ou de ralentir le cœur à notre guise.
Je détachai mon attention des pilules que je finis par ranger dans le tiroir de mon ...

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