L Être des Nuages TOME III
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L'Être des Nuages TOME III , livre ebook

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Description

Will est devenu Être des Terres. Il peut enfin sortir de l’école et retrouver ses parents.
Mais, il veut découvrir qui s’en prend à lui. Il décide alors d’entreprendre un voyage au royaume d’Omane.
Va-t-il découvrir la vérité ? Que va-t-il se passer ensuite ?
L’Être des NuagesTOME III : Will et le royaume d’Omane Après mes trois ans d’école, je rentrai enfin chez moi. Même si j’étais passé en coup de vent en fin de deuxième année, je n’avais pas vraiment pu profiter de mes parents, de mon frère, de sa femme et de ma petite nièce.Lorsque je poussai la porte, Maria et Georges m’attendirent dans le salon. Leurs yeux s’éclairèrent quand ils me virent. Ils m’enlacèrent. Au moment où l’émotion retomba un petit peu, je pris la parole.Maman, papa, je voudrais vous…Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que Sylvie sortit de la cuisine, me sauta au cou et m’embrassa de force.Will ! lança-t-elle, toute joyeuse.C’était ce moment précis que Julie avait choisi pour apparaître.Will ! Qu’est-ce que tu fais ? cria-t-elle. C’est qui celle-là ?J’essayai tant bien que mal de repousser Sylvie, mais elle resta accrochée à mon bras et me fixa.Qu’est-ce que ça veut dire, Will ?J’étais dans un sacré pétrin. Comment allais-je m’en sortir ? Mes deux admiratrices se regardèrent, furieuses.T’es qui toi ? demanda Sylvie.Je suis sa petite amie, répondit Julie. Et toi ?Moi aussi.Puis, elles se tournèrent toutes les deux vers moi, hors d’elles.Julie ne put en supporter davantage. Elle avait pourtant cru qu’il était différent. Elle pensait qu’il était un homme bien. Jouait-il avec elle depuis le début ? Était-il vraiment amoureux ? Elle partit en courant.Avant qu’elle ne sorte, je perçus dans son regard, quelque chose s’éteindre, ainsi que beaucoup de déception. Je pris peur. Je devais la rattraper, lui expliquer.Je repoussai violemment Sylvie.Tu as vu ce que tu as fait ? criai-je. Je croyais que tu avais compris. Je ne t’aime pas. Retourne chez toi.Mais, Will ? sanglota-t-elle.Tu es un peu dur là, lança ma mère en prenant la jeune femme dans ses bras.C’est vrai, j’avais été méchant, mais je m’en moquai. Je ne pensai qu’à Julie. Je sortis alors pour la chercher.Julie ? criai-je en courant partout dans les rues.Je la retrouvai dans un parc situé à proximité de chez moi. J’étais soulagé, mais aussi extrêmement angoissé. Et si je n’arrivai pas à la convaincre qu’elle est la seule qui compte à mes yeux ? Elle pleurait, assise sur un banc. Je m’installai à côté d’elle et laissai passer quelques secondes. Je ne savais pas par où commencer.Je sortais avec Sylvie avant de venir à l’école. J’ai été trop lâche pour rompre. Je pensais qu’elle finirait par m’oublier avec le temps. Je ne l’aime pas, Julie. Tu es la seule et unique qui compte pour moi.Julie pouvait-elle le croire ou allait-il mener une double vie avec Sylvie ? Pourtant, il avait l’air si sincère avec elle et elle voulait espérer.Si c’est vrai, alors tu dois rompre convenablement avec elle.Quoi ? Mais… je viens de le faire.Elle savait que je ne disais pas tout à fait la vérité.Correctement ? demanda-t-elleOui bon, j’ai peut-être été un peu dur, mais je l’ai fait.C’est toi qui es lâche, Will. Tu lui dois bien ça.D’accord. Est-ce… est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? Je la vis hésiter. J’avais réussi en partie à la reconquérir, mais quelque chose la bloquait encore.Romps d’abord avec elle !Je compris alors qu’elle ne pourrait pas revenir vers moi tant que je n’aurai pas fait le nécessaire.Arrivé chez moi, je laissai Julie dans la maison et demandai à Sylvie de m’accompagner dehors. Après des pleurs et de la colère, elle s’en alla en me reprochant de ne pas lui avoir dit plus tôt que je voulais la quitter et qu’elle avait perdu trois ans de sa vie à y croire et à attendre.En rentrant, je vis que Julie et mes parents avaient eu le temps de faire un peu connaissance.Ce n’est pas comme ça que je tenais à vous présenter Julie, lançai-je.Ce n’est pas grave, fiston, elle est charmante, dit ma mère. Le mage blancMatt était venu dormir à la maison une semaine, avant de retourner chez lui.Après un mois de repos bien mérité en compagnie de ma famille et de ma bien-aimée, le mage blanc passa me voir. Nous avions convenu d’un temps de trêve avant que je parte avec lui.Tu es prêt à aller au royaume d’Omane ? me demanda-t-il.Oui.Je viens avec toi, lança Julie.Non, c’est trop dangereux. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, dis-je.Tu croyais que j’allai rester là, les bras croisés ? Je suis Être des Terres moi aussi, je te rappelle, dit-elle en haussant le ton.D’accord, capitulai-je.Mon père me prit à part avant notre voyage.Elle a du caractère la petite, me lança-t-il avec un clin d’œil.Que répondre à cela ? C’était vrai. Parfois, j’adorais ça et des fois, elle m’énervait.Après avoir dit au revoir à mes parents, nous partîmes donc tous les trois pour un long périple.Arrivée au royaumeNous avons volé pendant trois jours et trois nuits pour arriver devant l’océan pacifique. Je n’avais jamais vu la mer humaine et je trouvais ça à la fois magnifique et effrayant. Nous atterrîmes sur le sable chaud. C’était une sensation étrange. J’aimai enfoncer mes orteils à l’intérieur. Chez nous, tout notre monde était fait en nuage.Le mage blanc prononça une incantation et un gouffre immense s’ouvrit sous nos pieds.On doit sauter là-dedans ? lui demandai-je.Aurais-tu peur ? me regarda Julie d’un air de défi.Non… euh… pas du tout. C’était juste pour savoir.Je dois vous prévenir que vos pouvoirs disparaîtront dans ce royaume, lança le mage.Il faisait bien de nous le dire.Et les vôtres ? questionna Julie.Ils seront fortement affaiblis. Je ne pourrais réaliser que des incantations mineures. Allez, sautez !Julie se jeta la première, me défiant toujours du regard avec un petit sourire. Grrrr… ce qu’elle pouvait m’agacer ! Mais, cela me donna le courage nécessaire pour y arriver à mon tour. Elle savait comment me stimuler.Nous glissâmes alors dans une sorte de toboggan. Julie et moi ne pûmes nous empêcher de crier.Aïe, me plaignis-je en me frottant les fesses, une fois en bas.Puis, en relevant la tête, la vision de ce royaume me fit oublier ma douleur.Devant nous se dressait une immense ville, constituée de multitudes d’hommes, de femmes et d’enfants miniatures. Certains s’amusèrent à se transformer au gré de leurs envies.Le ciel était composé… des fonds marins. Il y avait les étoiles de mer, les coraux, les hippocampes, les poissons de toutes les couleurs, les raies, etc. à la place de nos constellations, nos nuages ou nos oiseaux. Ils vivaient dans une immense bulle de terre et de verre. Je vis certains rayons de soleil traverser la couche d’eau pour finir dans leur royaume. Il ne devait pas être trop profond, pensai-je. De plus, tous les bâtiments étaient construits à notre taille. C’était plutôt curieux, étant donné leur grandeur. Je supposai que c’était à cause de leur pouvoir de transformation.Je ne pus apprécier ce paysage trop longtemps, car des protecteurs du lieu nous accueillirent tout de suite avec des lances et des armes en tout genre.Machinalement, je levai les mains en l’air. Mes deux compagnons ne bougèrent pas d’un pouce.Nous venons en amis, s’enquit de dire le mage blanc.Soudain, un des gardes attrapa mon bras et celui de Julie pour nous relever les manches et dévoiler nos tatouages d’Être des Terres. Les soldats semblèrent un peu plus soulagés, mais ne baissèrent pas leurs armes pour autant.Nous souhaitons voir la reine, ajouta-t-il.Sans parler, ils nous emmenèrent au palais. Les Omaniens ne devaient pas avoir l’habitude de voir des Êtres des Nuages arriver dans leur monde, car ils nous observèrent tous avec le plus grand intérêt. J’entendis des rires dans mon dos. En me retournant, je vis plein de Julie, de mage blanc et de… moi. Cela faisait un drôle d’effet. Parmi tous ces regards curieux, j’en pressentis quelques-uns de méchants et de vicieux. Je n’aurais su dire d’où venait cette sensation. J’observai alors partout autour de moi, cherchant une âme mauvaise, sans y parvenir.Au palais, nous fûmes accueillis par la secrétaire de la reine.Elle est absente pour le moment. Elle sera de retour demain. Mais, en attendant, nous pouvons vous offrir l’hospitalité.Avec joie, répondit le mage.Si ce n’est pas indiscret, où est-elle ? demanda Julie.Eh bien, notre chère souveraine se trouve dans le monde des humains. Elle y a monté une société et y est aujourd’hui la patronne.Personne ne fit de réflexion. Apparemment, elle avait une vie tranquille entre gouverner son royaume et gérer son entreprise. La seule chose que l’on pouvait lui reprocher c’était qu’elle volait l’emploi des humains, même si elle en faisait travailler d’autres. Elle avait un planning très chargé et nous devions attendre qu’elle revienne. On nous montra alors nos chambres. J’étais avec Julie dans la même. On nous expliqua que nous n’avions pas le droit de sortir du palais pour des raisons de sécurité.Heureusement, nous étions déjà en fin d’après-midi et nous étions très fatigués. On nous apporta des plateaux-repas. Nous nous étions endormis tôt, épuisés par notre voyage de la journée.

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Informations

Publié par
Date de parution 07 février 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782492410093
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0050€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L Être des Nuages Tome III
Will et le royaume d’Omane

Caroline COURTIN

2021
ISBN:978-2-492410-09-3
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Illustratrice de la couverture: Pia IMBAR
 
Retrouvez-là sur  http://piaimbar.com/
 
 
Qui est-elle?
Après avoir exploré divers univers graphiques, en passant par l’illustration, la scénographie, ainsi que par la peinture murale, Pia Imbar, artiste française née à Salzburg en Autriche, choisit de se consacrer essentiellement au dessin.
Ses oeuvres, principalement figuratives, refusent de se restreindre à cette seule représentation du réel.
Pia puise en elle des respirations graphiques et abstraites, lesquelles, voyageant au-delà de la matière, prennent leur inspiration dans l’observation de ses contemporains, de ceux qui manifestent une volonté de vie et de création.
Ainsi, danseur, musiciens, ou simplement acteurs de la vie quotidienne, deviennent ses sujets principaux à travers dessins et peintures, souvent dans de grandes compositions aux mouvements multiples, décrivant le corps du modèle dans son volume, ses élans et jeux d’équilibre.
TOME III: Will  et le royaume d’Omane
 

 
Après mes trois ans d’école, je rentrai enfin chez moi. Même si j’étais passé en coup de vent en fin de deuxième année, je n’avais pas vraiment pu profiter de mes parents, de mon frère, de sa femme et de ma petite nièce.
Lorsque je poussai la porte, Maria et Georges m’attendirent dans le salon. Leurs yeux s’éclairèrent quand ils me virent. Ils m’enlacèrent. Au moment où l’émotion retomba un petit peu, je pris la parole. Maman, papa, je voudrais vous…
 
Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que Sylvie sortit de la cuisine, me sauta au cou et m’embrassa de force. Will ! lança-t-elle, toute joyeuse.
 
C’était ce moment précis que Julie avait choisi pour apparaître. Will ! Qu’est-ce que tu fais ? cria-t-elle. C’est qui celle-là ?
 
J’essayai tant bien que mal de repousser Sylvie, mais elle resta accrochée à mon bras et me fixa. Qu’est-ce que ça veut dire, Will ?
 
J’étais dans un sacré pétrin. Comment allais-je m’en sortir ? Mes deux admiratrices se regardèrent, furieuses. T’es qui toi ? demanda Sylvie. Je suis sa petite amie, répondit Julie. Et toi ? Moi aussi.
 
Puis, elles se tournèrent toutes les deux vers moi, hors d’elles.
Julie ne put en supporter davantage. Elle avait pourtant cru qu’il était différent. Elle pensait qu’il était un homme bien. Jouait-il avec elle depuis le début ? Était-il vraiment amoureux ? Elle partit en courant.
Avant qu’elle ne sorte, je perçus dans son regard, quelque chose s’éteindre, ainsi que beaucoup de déception. Je pris peur. Je devais la rattraper, lui expliquer.
Je repoussai violemment Sylvie. Tu as vu ce que tu as fait ? criai-je. Je croyais que tu avais compris. Je ne t’aime pas. Retourne chez toi. Mais, Will ? sanglota-t-elle. Tu es un peu dur là, lança ma mère en prenant la jeune femme dans ses bras.
 
C’est vrai, j’avais été méchant, mais je m’en moquai. Je ne pensai qu’à Julie. Je sortis alors pour la chercher. Julie ? criai-je en courant partout dans les rues.
 
Je la retrouvai dans un parc situé à proximité de chez moi. J’étais soulagé, mais aussi extrêmement angoissé. Et si je n’arrivai pas à la convaincre qu’elle est la seule qui compte à mes yeux ? Elle pleurait, assise sur un banc. Je m’installai à côté d’elle et laissai passer quelques secondes. Je ne savais pas par où commencer. Je sortais avec Sylvie avant de venir à l’école. J’ai été trop lâche pour rompre. Je pensais qu’elle finirait par m’oublier avec le temps. Je ne l’aime pas, Julie. Tu es la seule et unique qui compte pour moi.
 
Julie pouvait-elle le croire ou allait-il mener une double vie avec Sylvie ? Pourtant, il avait l’air si sincère avec elle et elle voulait espérer. Si c’est vrai, alors tu dois rompre convenablement avec elle. Quoi ? Mais… je viens de le faire.
 
Elle savait que je ne disais pas tout à fait la vérité. Correctement ? demanda-t-elle Oui bon, j’ai peut-être été un peu dur, mais je l’ai fait. C’est toi qui es lâche, Will. Tu lui dois bien ça. D’accord. Est-ce… est-ce que je peux te prendre dans mes bras ?
 
Je la vis hésiter. J’avais réussi en partie à la reconquérir, mais quelque chose la bloquait encore. Romps d’abord avec elle !
 
Je compris alors qu’elle ne pourrait pas revenir vers moi tant que je n’aurai pas fait le nécessaire.
Arrivé chez moi, je laissai Julie dans la maison et demandai à Sylvie de m’accompagner dehors. Après des pleurs et de la colère, elle s’en alla en me reprochant de ne pas lui avoir dit plus tôt que je voulais la quitter et qu’elle avait perdu trois ans de sa vie à y croire et à attendre.
En rentrant, je vis que Julie et mes parents avaient eu le temps de faire un peu connaissance. Ce n’est pas comme ça que je tenais à vous présenter Julie, lançai-je. Ce n’est pas grave, fiston, elle est charmante, dit ma mère.
 
Le mage blanc
Matt était venu dormir à la maison une semaine, avant de retourner chez lui.
Après un mois de repos bien mérité en compagnie de ma famille et de ma bien-aimée, le mage blanc passa me voir. Nous avions convenu d’un temps de trêve avant que je parte avec lui. Tu es prêt à aller au royaume d’Omane ? me demanda-t-il. Oui. Je viens avec toi, lança Julie. Non, c’est trop dangereux. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, dis-je. Tu croyais que j’allai rester là, les bras croisés ? Je suis Être des Terres moi aussi, je te rappelle, dit-elle en haussant le ton. D’accord, capitulai-je.
 
Mon père me prit à part avant notre voyage. Elle a du caractère la petite, me lança-t-il avec un clin d’œil.
 
Que répondre à cela ? C’était vrai. Parfois, j’adorais ça et des fois, elle m’énervait.
Après avoir dit au revoir à mes parents, nous partîmes donc tous les trois pour un long périple.
Arrivée au royaume
Nous avons volé pendant trois jours et trois nuits pour arriver devant l’océan pacifique. Je n’avais jamais vu la mer humaine et je trouvais ça à la fois magnifique et effrayant. Nous atterrîmes sur le sable chaud. C’était une sensation étrange. J’aimai enfoncer mes orteils à l’intérieur. Chez nous, tout notre monde était fait en nuage.
Le mage blanc prononça une incantation et un gouffre immense s’ouvrit sous nos pieds. On doit sauter là-dedans ? lui demandai-je. Aurais-tu peur ? me regarda Julie d’un air de défi. Non… euh… pas du tout. C’était juste pour savoir. Je dois vous prévenir que vos pouvoirs disparaîtront dans ce royaume, lança le mage.
 
Il faisait bien de nous le dire. Et les vôtres ? questionna Julie. Ils seront fortement affaiblis. Je ne pourrais réaliser que des incantations mineures. Allez, sautez !
 
Julie se jeta la première, me défiant toujours du regard avec un petit sourire. Grrrr… ce qu’elle pouvait m’agacer ! Mais, cela me donna le courage nécessaire pour y arriver à mon tour. Elle savait comment me stimuler.
Nous glissâmes alors dans une sorte de toboggan. Julie et moi ne pûmes nous empêcher de crier. Aïe, me plaignis-je en me frottant les fesses, une fois en bas.
 
Puis, en relevant la tête, la vision de ce royaume me fit oublier ma douleur.
Devant nous se dressait une immense ville, constituée de multitudes d’hommes, de femmes et d’enfants miniatures. Certains s’amusèrent à se transformer au gré de leurs envies.
Le ciel était composé… des fonds marins. Il y avait les étoiles de mer, les coraux, les hippocampes, les poissons de toutes les couleurs, les raies, etc. à la place de nos constellations, nos nuages ou nos oiseaux. Ils vivaient dans une immense bulle de terre et de verre. Je vis certains rayons de soleil traverser la couche d’eau pour finir dans leur royaume. Il ne devait pas être trop profond, pensai-je. De plus, tous les bâtiments étaient construits à notre taille. C’était plutôt curieux, étant donné leur grandeur. Je supposai que c’était à cause de leur pouvoir de transformation.
Je ne pus apprécier ce paysage trop longtemps, car des protecteurs du lieu nous accueillirent tout de suite avec des lances et des armes en tout genre.
Machinalement, je levai les mains en l’air. Mes deux compagnons ne bougèrent pas d’un pouce. Nous venons en amis, s’enquit de dire le mage blanc.
 
Soudain, un des gardes attrapa mon bras et celui de Julie pour nous relever les manches et dévoiler nos tatouages d’Être des Terres. Les soldats semblèrent un peu plus soulagés, mais ne baissèrent pas leurs armes pour autant. Nous souhaitons voir la reine, ajouta-t-il.
 
Sans parler, ils nous emmenèrent au palais. Les Omaniens ne devaient pas avoir l’habitude de voir des Êtres des Nuages arriver dans leur monde, car ils nous observèrent tous avec le plus grand intérêt. J’entendis des rires dans mon dos. En me retournant, je vis plein de Julie, de mage blanc et de… moi. Cela faisait un drôle d’effet. Parmi tous ces regards curieux, j’en pressentis quelques-uns de méchants et de vicieux. Je n’aurais su dire d’où venait cette sensation. J’observai alors partout autour de moi, cherchant une âme mauvaise, sans y parvenir.
Au palais, nous fûmes accueillis par la secrétaire de la reine. Elle est absente pour le moment. Elle sera de retour demain. Mais, en attendant, nous pouvons vous offrir l’hospitalité. Avec joie, répondit le mage. Si ce n’est pas indiscret, où est-elle ? demanda Julie. Eh bien, notre chère souveraine se trouve dans le monde des humains. Elle y a monté une société et y est aujourd’hui la patronne.
 
Personne ne fit de réflexion. Apparemment, elle avait une vie tranquille entre gouverner son royaume et gérer son entreprise. La seule chose que l’on pouvait lui reprocher c’était qu’elle volait l’emploi des humains, même si elle en faisait travailler d’autres. Elle avait un planning très chargé et nous devions attendre qu’elle revienne. On nous montra alors nos chambres. J’étais avec Julie dans la même. On nous expliqua que nous n’avions pas le droit de sortir du palais pour des raisons de sécurité.
Heureusement, nous étions déjà en fin d’après-midi et nous étions très fatigués. On nous apporta des plateaux-repas. Nous nous étions endormis tôt, épuisés par notre voyage de la journée.
 
Le lendemain
Des gardes vinrent nous chercher pour aller voir la reine. Je m’attendais à la trouver sur un trône en hauteur, mais ce ne fut pas le cas. Elle était derrière un bureau avec des tas de papiers et une calculatrice. Je supposai qu’elle faisait les comptes financiers de son entreprise. Elle releva la tête vers nous. Majesté, s’inclina le mage blanc. Asseyez-vous, ordonna la reine en nous montrant des sièges. Merci. Nous sommes venus vous voir pour vous exposer un petit problème, dit-il. Ah oui ? Lequel ? s’intéressa la souveraine. Eh bien, voilà, le jeune homme ici présent, Will, dit-il en me désignant, a été violemment attaqué plusieurs fois par un Être des Terres ayant perdu son âme… En quoi cela me concerne-t-il ? En fait, il semblait dirigé par un Omanien. C’est impossible, nous sommes un peuple pacifiste. Je le sais très bien, c’est pour cela que ça m’a étonné, mais c’est pourtant bien le cas.
 
La reine réfléchit un moment. Peut-être que votre affaire pourrait avoir un lien avec la mienne finalement, lança-t-elle. J’ai entendu dire qu’un groupe de renégats Omaniens avaient décidé de s’en prendre aux humains. Justement, je dois voir un de mes informateurs. Il doit arriver demain. Si vous pouvez attendre jusque-là, il pourra sûrement nous renseigner. Je veux les arrêter à tout prix. Je n’aime pas du tout ce qu’ils font. Ce n’est pas bon pour notre réputation. Oui, je comprends. Bien sûr, je vous offre l’hospitalité d’ici là. Pouvons-nous sortir du palais ? demanda timidement Julie. Je ne suis pas vraiment contre si vous me promettez de ne pas faire d’histoires dans notre monde. Nous ne sommes pas venus pour ça, majesté. Très bien. J’en informe mes gardes.
 
La visite
Julie était contente de pouvoir sortir et visiter ce royaume inconnu. Finalement, il ressemblait beaucoup au monde des humains. À part cette manie pour certains de se transformer à tout bout de champ. Des rues, des maisons et des… marchés. Un de ceux-là se trouvait sur une grande place. Nous le parcourûmes. Il y avait un peu de foule.
Je m’arrêtai sur un stand rempli de livres. J’en feuilletai quelques-uns pendant que Julie, émerveillée, avait jeté son dévolu sur un joli foulard aux couleurs des fonds marins sur un autre étalage, un peu plus loin.
Elle se retourna vers le mage en comprenant que, dans ce royaume comme dans celui des humains, il fallait de l’argent. Est-ce que vous avez de la monnaie, mage ? demanda-t-elle Oui, attendez.
 
Il chercha dans sa toge et mon regard fut attiré par quelque chose de brillant. Il portait un médaillon. Cela m’importa peu et je me replongeai alors dans ma lecture. Merci. Je vous rembourserai, annonça Julie en courant déjà vers le stand de foulards.
Elle l’enroula autour de son cou, heureuse comme une petite fille à qui l’on avait offert un cadeau pour Noël. Cela me fit sourire. Viens ! me lança-t-elle en continuant rapidement sa route.
 
Je reposai le livre, non sans lire encore quelques lignes. Je la perdis quelques minutes dans la foule. Le mage, resté avec moi, chercha aussi. Là, me dit le mage en pointant une direction du doigt.
 
Julie réapparut devant un stand d’accessoires pour cheveux. Elle avait mis le foulard sur sa tête. Ah ! Te voilà ! Je commençai à m’inquiéter. Eh bien, tu vois, je suis là, me dit-elle dans un magnifique sourire.
 
Je la pris dans mes bras et l’embrassai dans le cou. Nous étions en fin de matinée et nous avions faim. Nous nous installâmes dans un restaurant. Le serveur, un Omanien, se transforma automatiquement en un bel Être des Nuages lorsqu’il nous aperçut. Il devait sûrement être persuadé que ce serait plus agréable pour nous. Enfin, surtout pour Julie, qui le regarda avec envie. Eh, je suis là, fis-je, jaloux. Ah oui, pardon mon amour, dit-elle sans conviction.
 
Ça fait plaisir, pensai-je. Un bel homme qui passe et je n’existe déjà plus. Cela me mit hors de moi. Je décidai de lui rendre la monnaie de sa pièce, au risque de m’attirer ses foudres pour un bon bout de temps. Alors moi, je vais voir Sylvie puisque tu me traites comme ça, lançai-je d’un air taquin. Oui, si tu veux, me dit-elle indifférente.
 
Julie aurait dû me sauter à la gorge rien qu’en entendant son prénom. Son attitude était bizarre. Est-ce que tu vas bien ? demandai-je, inquiet.
 
Elle me regarda, elle était pâle. Tu vas te moquer de moi, mais je crois que… j’ai le mal de mer. Mais, on est en dessous, pas dessus, ma chérie. Je sais bien, me prends pas pour une idiote, cria-t-elle.
 
Enfin, je retrouvai « Ma » Julie. Je ne me sens pas très bien. Pouvons-nous rentrer ? demanda-t-elle. Oui, bien sûr, dit le mage blanc, compréhensif.
 
Arrivée au palais, Julie se coucha sur le lit, sur le côté. Je m’installai alors derrière elle et l’enlaçai.

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