L héritier des vêpres
216 pages
Français

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L'héritier des vêpres , livre ebook

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Description

Depuis des siècles, de jeunes hommes payent le prix fort dans l’espoir d’intégrer le Temple de Valnon en tant qu’Oiseaux Chanteurs. Tous les douze ans, deux d’entre eux, une Alouette et une Grive, sont apurés afin de préserver leurs voix célestes. Mais rares sont ceux qui parviennent un jour à accéder au rang convoité de Colombe, l’avatar de Saint Alveron lui-même. Depuis la création du Temple il y a environ six cents ans, Willim est seulement la troisième personne à devenir Colombe au prix de son sang. Quasi prisonnier du Temple durant la totalité de son mandat, Willim ne se soucie que d’une chose : remplir sa mission en chantant pour Valnon.


Mais tout bascule le jour où son fidèle garde du corps est assassiné. Willim, quant à lui, est sauvé de justesse par Nicholas Grayson, un mercenaire qui porte avec lui des rumeurs de scandales et des prophéties. Hanté par les fantômes et les cauchemars, trahi par un autre Oiseau Chanteur et poussé à l’exil, Willim s’efforce tant bien que mal de déchiffrer l’histoire enchevêtrée du titre de Colombe, afin de mieux comprendre ses devoirs envers Valnon, et son Saint...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 10
EAN13 9782375740194
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L.S. Baird
L'héritier des vêpres
Les Oiseaux Chanteurs t1



Traduit de l'anglais par Marie A. Ambre


MxM Bookmark
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre :
L'HERITIER DES VÊPRES
MxM Bookmark © 2016, Tous droits résérvés
Illustration de couverture © Vtas et MxM Création
Traduction © Marie A. Ambre
Relecture @ Lorraine Coquelin et Samantha De La Rosa
Correction © Emmanuelle LEFRAY.

Chapitre 1

Les rues de Valnon n’avaient pas été planifiées par un homme sain d’esprit. En fait, l’idée que Valnon ait pu être planifiée par quelqu’un, indépendamment de ses facultés mentales, était une notion qui mettait à l’épreuve tout bon sens. Valnon s’était tout simplement installée partout où c’était possible. Les bâtiments avaient depuis longtemps débordé de l’île en dessous d’eux et s’enroulaient maintenant dans une fantastique écume de murs et de ponts, tandis que les routes se tordaient sur la surface comme un écheveau de fil qui se serait emmêlé dans les rochers. Le résultat était une ville qui s’accrochait à un perchoir précaire au-dessus des vagues et festonnant sur les rochers blancs, comme certaines colonies criardes de bernaches.
Les avis étaient divisés sur qui, ou quoi, avait causé cette confusion. Certains de ses citoyens disaient que ses rues avaient été construites sur les fragments des routes de l’antique Hasafel, routes qui menaient autrefois à d’autres îles désormais noyées sous la mer. D’autres présentaient ces routes comme le résultat d’une fantaisie de St Alveron, ou de l’arrogance d’Antigus le Terrible, ou de l’errance sans but d’un grand nombre de moutons inconnus et cruellement sous-estimés.
Quoi qu’il en soit , ce n’étaient que des conneries, purement et simplement , pensa Nicholas Grayson en lançant, sous l’averse glaciale, un regard furieux aux volets fermés d’une taverne qui aurait dû être le Fromager sur la route d’Eastgate. Les moutons, les saints et les tyrans avaient tous quitté Valnon des siècles auparavant, et en ce moment, les routes secondaires hasardeuses de la ville n’existaient que pour le contrarier dans son entreprise. Cela faisait des mois depuis la dernière fois qu’il avait senti la pluie sur sa peau, et plus longtemps encore qu’il n’était pas allé dans les rues supérieures. La chambre de Grayson était une humble pièce au-dessus de la Perle d’Argent, une taverne en bord de quai qui était posée en dessous du toit énorme de la caverne de la Ville Souterraine de Valnon, et ni la pluie ni la neige ne chargeaient jamais ses avant-toits.
Mais la bière était tolérable, le lit confortable et Grayson avait appris de lui-même qu’il n’avait pas besoin du ciel. Il en voyait une tranche suffisante tous les jours, par la grande bouche de pierre béante du port de la Ville Souterraine, et il se pensait aussi satisfait qu’un homme puisse l’être dans sa tombe.
Seul le caractère familier et discordant de ce nom, écrit avec cette inclinaison à gauche, l’avait tiré de son tombeau dans la Ville Souterraine et l’avait amené, à cette heure indue, dans les rues pluvieuses de la surface.
La lettre était signée Rouen , même si Grayson savait que ce n’était plus le nom de l’homme. Il était Crécerelle maintenant, Lord Crécerelle, l’Oiseau Prieur du Temple et le prochain en lice pour devenir Haut Oiseau Prieur. La liste complète de ses titres actuels et passés aurait quadruplé la longueur de la lettre. Mais il l’avait signée du seul nom par lequel Grayson l’avait toujours appelé.
Sur le cachet à côté de sa signature, une alouette tenait un orbe encerclé dans ses ailes. Elle semblait se recourber sur elle-même comme si elle souffrait, et le chiffre qui aurait dû apparaître entre le bout de ses ailes était une tache coagulée par la cire de plusieurs messages récents. Le parchemin était éclaboussé d’encre, les lettres hâtives, brèves.
Nicholas
Viens vite. J’ai besoin de toi .
Rouen
Quatorze ans s’étaient écoulés, sans un seul mot.
Grayson n’était même pas sûr de savoir comment Rouen avait su où le trouver. Enfin, Rouen n’était plus le garçon que Grayson avait laissé toutes ces années auparavant, et tout Valnon était à portée de sa main. Si l’Oiseau Prieur Crécerelle voulait Nicholas Grayson, alors Nicholas Grayson il aurait.
Mais Grayson n’aurait emprunté pour aucun Oiseau Prieur la route du Marché Noir, quittant ses ombres sèches pour entrer dans l’averse. C’était plutôt pour l’Oiseau Chanteur que Rouen avait été autrefois. À cette époque, Grayson n’avait éprouvé de désir que pour des cheveux roux et une Alouette zibeline. Il avait rêvé de serments, de dévouement, d’honneur. Ces choses avaient peu de signification à ses yeux à présent, mais pour Rouen, il irait. Quatorze ans plus tard, les extrémités de la Terre n’étaient pas trop lointaines pour qu’il fasse le voyage pour ce nom.
Bien sûr, ses chances d’atteindre les extrémités de la Terre étaient assez minces, lui qui ne pouvait même pas naviguer dans un bloc de la ville avec un succès quelconque. Il était de nouveau de retour à la taverne fermée. Il jura longtemps et avec force, d’une manière que l’on entendait rarement dans une partie si respectable de la ville, quand la pluie coula à travers le rembourrage de sa cuirasse, et se pressa, froide et humide, contre sa peau. Grayson soupçonnait que le bâtiment bougeait pendant qu’il ne le regardait pas, déterminé, d’une manière un peu insensée, à lui bloquer la route.
La surface n’était pas comme la Ville Souterraine, où il y avait peu d’espace pour démolir et reconstruire fréquemment et pas d’intempéries pour user les murs. À la surface de l’île de Valnon, le changement était inévitable   ; quatorze ans, c’était trop long, et il dut admettre qu’il ne connaissait plus le chemin. S’il pouvait accéder à un terrain plus élevé, il pourrait chercher la flèche du Temple, mais étant donné son rythme actuel, il était plus susceptible de se retrouver au fond du port. Il n’y avait rien d’autre à faire que de faire marche arrière encore une fois.
Il se retourna et enfonça immédiatement sa cheville dans un caniveau débordant. Il secoua sa botte et fronça les sourcils devant le ruissellement d’eau, certain maintenant que l’ensemble de la ville avait un grief personnel contre lui. Les bains de la ville, estimant peut-être que le déluge n’était pas suffisamment désagréable, avaient vidé leurs réservoirs pour la nuit. C’était une petite consolation que la pluie ait déjà emporté au loin la saleté quotidienne et que l’eau qui se tenait là ne soit pas plus dangereuse qu’un flot incongru, fantomatique, de pétales de rose. Grayson les regarda en clignant bêtement des yeux un instant, se demandant si ces derniers lui jouaient des tours. Les pétales dans le caniveau n’avaient rien du cramoisi ostentatoire ou du rose provenant du jardin d’un noble, fanés depuis longtemps maintenant. Ils étaient en argent, teintés de violet foncé sur les bords, vifs et frais comme de minuscules coracles 1 flottant sur le courant. Les roses des Vêpres ne fleurissaient que longtemps après les premières gelées, et seulement dans les jardins du Temple. L’eau souillant l’ourlet du manteau de Grayson ne venait d’aucun baquet commun de la ville.
Avec l’urgence d’un chien enfin sur sa piste, Grayson pivota et fit trois enjambées rapides vers la source de l’écoulement. Il n’alla pas très loin. Avec ses yeux fixés sur le caniveau et sa capuche baissée pour se protéger de la pluie, le claquement sauvage d’un pas attira son attention trop tard. Grayson leva les yeux, glapit un avertissement qui resta lettre morte, et entra en collision avec une haute silhouette encapuchonnée. L’impact fut suffisant pour les envoyer sur les côtés opposés du trottoir. L’étranger chancela plus loin en arrière à cause de l’eau du caniveau, titubant, déséquilibré, avec un gémissement de douleur, à peine capable de tenir sur ses pieds. Son manteau s’ouvrit pendant un moment, donnant un aperçu de la tunique en dessous. Sous son manteau miteux, il portait assez de perles pour étouffer toutes les putes

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