L inconsolé
118 pages
Français

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Description

Au cœur du XIXème siècle, Sacha Gabrilov, vampire arrogant et décadent, parcourt le monde en compagnie d’Henri Duplessis. Lorsque la route des deux dandys les amènent jusqu’en France, ils deviennent rapidement la coqueluche de tout Paris. Au cœur de ces mondanités, Sacha remarque la jeune et innocente Louise Delorme. Le somptueux vampire n’a alors plus qu’un désir : se rapprocher de la jeune fille afin de la posséder et de la pervertir. Dans l’ombre, l’immortel engage alors un jeu dangereux...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 24
EAN13 9782373420203
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L'inconsolé
Mélissa Restous
Éditions du Petit Caveau - Collection sang d'absinthe
Avertissement

Salutations sanguinaires à tous !
Je suis Van Crypting, la mascotte des éditions du Petit Caveau.
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R Prologue R
— Tiens, lui dit-il, tu as fait plus d’un heureux en m’aimant !
George Sand, La mare au diable
Sacha referma le roman qu’il venait de terminer et le jeta sur un guéridon avec un soupir agacé. Il avait perdu un temps précieux à lire les niaiseries de George Sand. C’était un sacré personnage dont il avait suivi les amours tumultueuses avec intérêt mais il estimait que ses talents littéraires laissaient à désirer. Les innombrables difficultés qu’il avait éprouvées pour trouver un livre français et récent à New York n’avaient servi à rien. Enfin, si. Le roman avait eu le mérite de tempérer son impatience. Depuis quelques jours, il ne tenait plus en place, trop pressé de quitter l’Amérique pour retrouver le vieux continent.
Il étira ses longues jambes avant de se lever et se posta, les bras croisés sur la poitrine, derrière la fenêtre qui surplombait une rue animée, un étage plus bas. Il observa les passants avec une lueur féroce dans les yeux.
— Qu’est-ce que tu regardes ? demanda une voix dans son dos.
Il ne répondit pas et se concentra sur une jeune fille blonde qui respirait la naïveté. Ses épaules étaient couvertes par un fichu coloré qu’elle tenait serré contre sa poitrine et elle se laissait entraîner par une femme plus âgée entre les échoppes des marchands qui vantaient leur camelote. Les lèvres de Sacha s’étirèrent en un sourire cruel. Le rideau se ferma brusquement devant lui.
— N’y pense même pas.
Il posa son regard clair sur le jeune homme brun aux yeux sombres mouchetés d’or.
— Même pas comme cadeau d’adieu ?
— Même pas comme cadeau d’adieu.
— Tu me gâches toujours mon plaisir.
— Je te connais si bien. Tes bagages sont-ils prêts ?
Sacha hocha la tête. Il enfila sa redingote puis saisit son chapeau, sa canne et ses gants. Il fit ensuite quelques pas vers la porte d’entrée mais, avant de quitter la pièce, il ne put s’empêcher de revenir à la fenêtre. Il écarta le rideau du bout de sa canne. La jeune fille avait disparu. Il eut une moue de déception puis se rappela qu’il laissait New York derrière lui pour une ville chère à son cœur. Une fois à Paris, il aurait tout le temps de faire de nouvelles rencontres et de goûter à des saveurs inédites.
R Chapitre 1 R
L’étranger était beau comme un ange, mais comme un ange tombé ; il souriait doucement, pourtant ce regard et ce sourire vous glaçaient de terreur et vous inspiraient l’effroi que l’on éprouve en se penchant sur un abîme. Une grâce scélérate, une langueur perfide comme celle du tigre qui guette sa proie accompagnaient tous ses mouvements ; il charmait à la façon du serpent qui fascine l’oiseau.
Théophile Gautier, « Le Chevalier double »
Sacha se planta devant un miroir pour observer attentivement son visage juvénile. Il avait toujours une peau blanche, pure et lisse comme le plus beau des marbres, et des yeux de bête sauvage. Mais où diable était passée son aura ? Auparavant, sa simple présence était aussi fascinante que terrifiante. Et maintenant ? Maintenant, il n’était qu’un dandy parmi d’autres. Il se démarquait peut-être par sa haute taille, pas moins de six pieds, et ses origines slaves… Ah s’ils savaient ! Sous l’apparente respectabilité se cachait un monstre tapi au plus profond de lui.
Il essaya de lisser une mèche de cheveux qui tombait sur son front. Il ne s’était pas soumis aux caprices capillaires de la mode et son visage imberbe était auréolé de folles boucles brunes que rien ne pouvait discipliner. Il s’arracha à la contemplation de son reflet pour terminer ses préparatifs. Il boutonna son gilet et passa son habit de soirée avant de s’admirer une dernière fois, satisfait de son élégance. Il avait l’allure d’un parfait gentleman .
Lorsqu’il fit son entrée dans la salle de bal, les invités étaient déjà éparpillés en petits groupes et observaient d’un œil critique les danseurs évoluer sous les lustres étincelants. Personne ne fit mine de le remarquer mais il ne pouvait passer totalement inaperçu ; il mesurait presque une tête de plus que la majorité des autres hommes. Il chercha Henri et le trouva en grande conversation avec une femme entre deux âges à la figure prématurément vieillie et vêtue comme si elle venait de fêter son vingtième anniversaire. Dieu qu’elle était laide ! Lui qui voulait de la chair fraîche, le voilà bien servi !
— Sacha, je te présente notre hôtesse, Mme Ledoux.
— Je suis ravi de vous rencontrer, madame.
Elle se cacha derrière son éventail, rougissant et minaudant, tandis qu’il la saluait.
— J’étais justement en train de dire à votre ami qu’il parlait un français admirable. Votre accent est également imperceptible, c’est incroyable ! le complimenta-t-elle.
— Sacha est né en Russie mais il a passé sa jeunesse en France, intervint Henri. C’est là même que nous nous sommes rencontrés pour la première fois.
Sacha écouta la suite de la discussion d’une oreille distraite. Henri excellait dans l’art de la conversation et il était un affabulateur hors pair. Il parlait un français parfait parce que, contrairement à ce qu’il affirmait, il n’était pas né en Louisiane mais à quelques kilomètres de Paris. Quant à Sacha, le français était sa langue maternelle. Il n’avait de russe que sa naissance et son nom. Il n’était pas retourné dans son pays natal depuis qu’il l’avait quitté, bien des années auparavant.
Il consulta sa montre de gousset, lassé des cancans de cette vieille rassie. Il était presque onze heures ; le moment que les débutantes attendaient pour faire une entrée fracassante. Il se tourna vers les portes grandes ouvertes du salon et attendit avec impatience le nouvel arrivage d’ingénues en robes blanches. Il vit surgir une sylphide blonde vêtue de mousseline vaporeuse qui adressa un sourire timide à l’assemblée. Elle n’était pas laide mais il avait soupé des sentimentales poitrinaires, tout autant que des autres fragiles sensitives et anémiques qui ne passaient pas l’âge de vingt-cinq ans. Cet idéal romantique, pâle fantôme qui vivait avec un pied dans la tombe, le déprimait profondément, lui qui avait déjà sauté à pieds joints dedans. Les autres jeunes filles n’étaient guère plus réjouissantes et se ressemblaient toutes, telles des poupées fabriquées dans le même moule. Il eut une moue de dépit et prit un verre de champagne sur un plateau d’argent qu’un valet lui brandissait sous le nez. Du coin de l’œil, il perçut un éclair blanc. Il tourna la tête, intrigué, et vit une nouvelle venue dont il ne distinguait que l’exquise nuque d’albâtre. Un léger mouvement de tête lui fit entrevoir son profil.
Une lueur haineuse passa dans les yeux de Sacha. Il dut faire un effort surhumain pour contrôler le déferlement d’une colère inexpliquée et le besoin de violence qui s’étaient emparés de lui. Sous la pression de sa main, le verre qu’il tenait éclata.
— Tout va bien ? s’inquiéta-t-on autour de lui.
— Oui, merci, répondit-il distraitement en essuyant ses doigts trempés avec un mouchoir.
Il ne quitta pas la jeune femme du regard jusqu’à ce qu’Henri l’entraînât un peu plus loin.
— Qui est-ce ? s’empressa-t-il de demander.
— Je ne sais pas mais elle sent bon, répondit son ami avec un sourire carnassier que Sacha lui avait rarement vu arborer.
Ce dernier garda le silence un instant puis déclara :
— J’ai eu une étrange impression en la voyant.
— Comment ça ?
— Il faut que je l’approche.
— Je ne comprends pas.
— Moi non plus.
— Si tu dois la tuer, sois prudent, chuchota Henri sur le ton de la plaisanterie.
Sacha savait pertinemment que cela n’en était pas une. Il traversa l’assemblée, bousculant au passage quelques jeunes gens, et se rapprocha du groupe où se tenait la jeune femme. Un garçon d’une vingtaine d’années, sanglé dans un costume noir un peu trop serré, s’avança vers elle pour l’inviter à danser et il put l’observer à son aise tandis qu’elle évoluait avec une certaine élégance malgré la maladresse de son partenaire.
Elle

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