La Brigade des loups - Episode 3
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Description

2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Le procès du capitaine de la Brigade s'ouvre alors que la haine anti-lupins ne cesse de croître. Les extrémistes, qui gagnent du terrain, deviennent une véritable menace. Au milieu de la tourmente qui se lève, l'avenir de la Brigade est de plus en plus incertain...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 14
EAN13 9782364751972
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lilian Peschet
La Brigade des loups
Épisode 3

Éditions Voy’el
Collection E-courts
Présentation
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Le procès du capitaine de la Brigade s'ouvre alors que la haine anti-lupins ne cesse de croître. Les extrémistes, qui gagnent du terrain, deviennent une véritable menace. Au milieu de la tourmente qui se lève, l'avenir de la Brigade est de plus en plus incertain...
La Brigade des loups
Épisode 3
Jurnalul National , 12 décembre 2078
« Le procès qui s’ouvre aujourd’hui est un moment important dans l’Histoire de la Roumanie : jusqu’à maintenant, notre pays était à la pointe de la protection lupine en Europe. La mise en quarantaine, les soins palliatifs et l’intégration des lupo-positifs dans le monde du travail n’ont pas d’égal chez nos voisins européens. Et pourtant, cette singularité roumaine, cette fierté nationale, est remise en cause par un sordide fait divers. Sans en avoir conscience, le capitaine Vasile Trescu, et le terrible crime qu’il a sans doute commis, vont servir de grain à moudre aux plus virulents détracteurs du système de protection lupine. »
Mircea Hasdeu.

Romania Globe , 15 décembre 2078
« En tant que porte-parole du PPCD (Parti populaire chrétien-démocrate), Ion Copusu, fils de Corneliu Coposu, invité sur une grande chaîne nationale a déclaré au sujet de ce procès : "Il sera mis en évidence combien ces malades sont hors de contrôle ! On ne peut continuer à se voiler la face ! Il faut rapidement prendre les mesures qui s’imposent sinon demain, ce seront vos femmes et vos enfants que ces loups dévoreront !" »
Marius Gramada.

Gardianul , 15 décembre 2078
« Les derniers sondages prouvent l’hostilité de la population à l’encontre des lupo-positifs. Il faut dire que l’augmentation des malades ces deux dernières années (+ 20 % sur le territoire national), due principalement à l’arrivée de lupins étrangers, a de quoi inquiéter. Les résultats sont explicites : 80 % des sondés réclament leur enfermement, alors qu’ils n’étaient que 30 % il y a tout juste un an. Et sur ces 80 %, un tiers serait pour leur euthanasie.
En s’incarnant dans ce qu’il y a de plus rassurant, à savoir la police, la menace lupine est devenue, aux yeux des sondés, insupportable. »
Timotei Ciurcu.

Nebunii , 18 décembre 2078
« Le PGR (Parti de la Grande Roumanie) vient d’investir 200 000 euros pour concevoir un site internet et effectuer des web-conférences dans tous les pays. Des tracts vont être placardés dans toutes les villes afin d’inciter la population à prendre les armes contre les loups.
D’après nos dernières informations, des jeunes commenceraient à former des milices.
Les forces de police, qui prennent très au sérieux cette menace, entreprennent de rassembler les malades pour assurer leur protection. On ne parle pas encore de camps, mais de "centres".
Jusqu’à quand ? »
Ana Rebreanu.
Dragos, membre de la Brigade des loups.
Mon père m’a appris beaucoup de choses. D’ailleurs, je ne me souviens que de ce qu’il m’a appris. J’ai comme… oublié le reste. Tout est embrumé. Embrouillé. Mais ce que mon père disait, c’est clair comme de l’eau de roche.
C’est vraiment clair, l’eau de roche ?
Par exemple, il m’a dit « Il faut faire du sport pour évacuer ». Il avait raison. Quand je travaille sur une affaire, j’accumule du stress. Alors, quand je rentre à la maison, je fonce dans « ma pièce ». J’y ai entreposé les restes d’une salle de sport. Il y a quelques machines, rudimentaires, mais fonctionnelles. Elles sont vieilles. Elles ne fonctionnent pas avec des élastiques ou des pompes à airs, mais avec des chaînes et des poids en fonte. Elles sont solides. Elles sont simples. C’est sans doute pour ça que je les aime.
Pour me détendre, je passe à l’action : huit séries de développé couché, huit séries de barre torsadée pour les biceps, entrecoupées d’exercices pour les jambes, huit séries de butterfly, huit de pull-over, des épaules, des triceps, des quadriceps, le but, faire travailler au moins trois fois chaque muscle. Puis, une fois la fatigue installée, finir sur quatre séries d’abdominaux et quatre séries de dips. Normalement, mon corps ne répond plus. Mon cerveau est comme anesthésié. Je bois beaucoup. Je mange un peu. Et je vais me coucher.
Il m’est arrivé une fois que les voisins se plaignent du bruit des machines. Apparemment, elles grincent. Je n’y fais pas attention : dans l’effort, je suis concentré sur ma respiration, sur mon geste.
Bref, après une courte discussion, j’ai promis de graisser les chaînes. Les voisins avaient l’air content. Un d’eux m’a demandé si mon travail allait bien. J’ai répondu que oui. La brigade est toujours efficace. Il avait l’air satisfait. J’ai pas compris pourquoi. J’ai pas cherché d’ailleurs, il me restait des séries à faire.
Puis j’ai dormi.

Deux semaines ont filé depuis l’attentat du NRM. On entendait parler que de ça. Puis est tombée la date du procès du cap’. Là, les journaux ont changé leur fusil d’épaule. Le visage du cap’ est apparu partout. La brigade s’est faite toute petite pour ne pas aggraver la tension. Mais malgré notre discrétion, on sent qu’elle monte. Jusqu’à ce matin, où la sonnerie du téléphone me réveille :
Oui ? dis-je.
Pavel. Nous avons besoin de toi au palais de justice. Viens en civil.
OK.
Il raccroche.
Il est comme ça Pavel, il parle peu. Il aime pas le téléphone. Il préfère de loin écrire. Ou communiquer par la radio, surtout dans le feu de l’action.
Je me prépare, rassemble mes affaires et, au moment de refermer la porte, je m’aperçois que quelqu’un a dessiné une croix blanche dessus.
Une croix ?

Je n’aime pas conduire. Il y a tellement de choses auxquelles il faut faire attention : des panneaux, des feux, des piétons, des vélos, des rollers, et j’en passe. J’essaie de bien regarder dans tous les coins, de voir tout ce qui doit l’être, d’analyser comme un bon conducteur, pour ne rien abîmer, mais non, j’y arrive pas. Ce mois-ci, j’en suis à cinq accidents. En deux semaines. Pour autant, le cap’ a toujours voulu que je poursuive mes efforts. Et Yakov est du même avis. Comme si conduire était important…
Le cap’ insistait aussi pour que je lise. Il m’apportait tous les mercredis un livre pour enfant et ensemble, nous le lisions. Puis, lorsqu’il me jugeait trop fatigué, il m’arrêtait. Il était patient. Jamais il ne m’a crié dessus, au contraire, il cherchait à faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en moi. Il voulait que je devienne quelqu’un de bien. Que je redevienne quelqu’un de bien. Parce qu’il connaissait mon ancien moi, celui que j’étais avant le traitement, avant que je ne m’installe dans cet appartement, avant que je me mette à parler à mon père, à travers cet ordinateur, avant que je ne lui obéisse totalement, pour guérir un jour. Parce que mon père est médecin. Il porte toujours une blouse blanche. Il surveille ce que je mange. Il me demande de me piquer. De placer des gouttes de sang dans un appareil qui est caché dans la salle de bain. Mon père s’inquiète tout le temps pour ma santé. C’est sa manière de m’aimer, je crois.
Mon père aussi connaît mon moi d’avant, mais il ne m’en a jamais raconté quoi que ce soit. Il espère peut-être que mes souvenirs reviendront par eux-mêmes ?
Mais reviendront-ils un jour ?
J’en doute.
Et mon père, reviendra-t-il un jour ? Ça fait maintenant deux mois qu’il ne me parle plus. L’ai-je déçu ?
Arrête de t’éparpiller Dragos ! Concentre-toi sur ta conduite !
Comme les quais sont à sens unique, je remonte le boulevard Unirii, l’un des plus beaux de la ville, avec ces arbres autour, et ces dizaines de fontaines au milieu.

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